‹ Le nom et les deux premières enceintes de GapChapitre 17 sur 28 · AA · texte numérisé non relu

AA

ii6

doigts

MO

NB'

Tou

435 doigts

Dans ce système, les principales valeurs sont :

AB = 435 doigts, A'B' — 261 doigts, MN « 174 doigts, AA'= 116 doigts et B'B = 58 doigts. Si l'on cherche le plus petit commun diviseur de ces valeurs, on obtient : AB= i5 X 29, A'B'^gX 29, MN =6 X 29, AA' = 4 X 29 et B'B = 2 X 29. Ce résultat est net. Il prouve que la distance des deux centres, O et O", de la tour et de son logis, égale au nombre premier 29, a été prise comme module. A Trêves, l'architecte des tours procède donc à peu près comme à Cologne. Mais, à Cologne, le logis et la circonférence de la tour étaient concentriques ; c'était donc la distance du centre de la tour au milieu de la courtine qui servait de module. Le nombre impair et premier 29 »^ 25 -|- 4» c'est-à-dire la somme de deux carrés.

A Gap, c'était le nombre premier i3 qui était choisi ; ce nombre était également la somme des deux carrés 9 -f" 4-

L'enceinte de Trêves est percée de deux portes : au nord, la porte noire, au sud, la porte de la Saarstrasse^ Le

* lbid,t pi. 4 et 5, fig. 5 et 9. Chacune des tours qui accostent les portes a io*a5 de large, sur 22*3o de profondeur. Or, io*25, c'est 32 pieds de o*323 à 10^ près. De plus, 22*3o, c'est 69 pieds. En effet, 32 X 0,323 = io"336 ; 69 x o,323 = 22"287. Le front total de la porte du sud-est est de 35"40 ; or, 1 10 x o,323 = 35"53. Si l'on passe aux ouvrages extérieurs qui couvraient les courtines (pi. 4 et 5 fig. 16), on voit qu'ils s'étendaient sur une profondeur de 3i"65. Or, 98 x o,323 — 3i'654.

D' Lehner rappelle que Trêves, cité fortifiée dès le temps de Tacite, l'était encore en 197'. Mais cette enceinte disparut au in« siècle pour faire place A celle qui subsiste maintenant. En 3[o, dans le paniî^rique qui s'adresse à Constantin I, on trouve cette phrase significative; video hanc eivitatem (ta cunctix mœnibus resurgenlem ut se quodammodo gaudeat olim corruisse '. 11 est évident que Tenceinie venait d'être rebâtie à la fin du lfl« siècle. El. à ce propos, le D' Lehner s'attache à réformer l'opinion que M. H. Nissen avait émise au sujet de Cologne ; il pense que l'enceinte de Cologne, comme celle de Trêves, date du début de la deuxième moitié du II!* siècle, c'est-àdire de Postume (258-267) ', Il cite à ce sujet un texte qui rappelle les constructions de cités et de châteaux élevées par cet empereur sur le sol barbare *. Ce texte cependant fa à rencontre de la pensée du D' Lehner ; car il ne parle des constructions nombreuses de Postume que pour rappeler leur destruction plus ou moins complète, par l'invasion germanique de 267, et leur réparation entreprise par LoUien (267). L'enceinte de Rome n'a été élevée que par Aurélicn (271-275) et achevée par Probus (276-a8a)": i'éten-

' IbiJ., p, ï6o.

■ IbiJ.. p. 36a. cap. Wll, 4.

• tbid.. pp. »6î-ï66.

* IbiJ.. p. a«. note 53, H{*l. Aug. Trig. Tyran., c«p. ji.

> Ix pifrimëtre dv l'enceinte due à Aurélien, forme un lieiagone étoile Cl incguUcr Ae ii93j'ia qaj éiaîi garni de 383 tours qusdriDguidret. Lc« murs. fonJés sur Jet bloci de pipétia, sont en bloctge aite revêtement de briques. Ce» briques, iriaaguliirei, ont de o"M9,, è o,a33 A'iptMxaT; ['«paiiscur des liis est de 0,oi5 i 0,028. L'ë. psisteur de )• courtine, t 1« bue, est de 3*85 li V : •«■ niveau du chemin de ronde couvert, le mur du front eiiéfieur se réduit k 1*11 d'ép«isseur, Entre les portes Salini et Pinciam, !■ hauteur de la counlne, k partir du niveau de la plale-fofme supérieure et découverte du parapet, est de 10*70. Quand le sol extérieur est plus bat que le sol intérieur, ceiie hauteur ii l'etiéricur peut atteindre i8''7S. La courtine est maisive sur une hauteur de S'jS au-dessus du wl eiiérieur. L'ne tour a ai'ÎS de haut sur l'eitiiritur ; une autre, i6"4i. La Urfteur moyenne d'une tour ut de if> pieds, m saillit de 11 pied*. (Léon Uofflo. Euai lur It rignr Je rempertur .lurrf/iM, Part*, FoBtemoing. 1904, pp. «<&}a4).

duc (r6i contidér&ble embrasiée par renceinie de Trtves fcir penser que, quand cette cité fui ainsi fortifiée, clic était déjJt choisie comme capitale de la préfeaurc des Gaules, des fCipa^nes cl d» Bretagne^. Ce choix parait èire dû i U traniformalion de la dyarchie des deux Auj{Usles, en tétrarchie, par la création des deux Césars, te i*'' mars 293. L'Au({uitc Moximicn, tixant sa résidence à Milan, mil U portion de l'empire placée en Occident et hors de rilalii) nous l'autorité directe du César Constance Chlore et ccliil-ci alla résider 1 Trêves.

Ainsi, l'enceinte de [tome date de 371 AaSs; celle de Orenoblu de aH6 k 291 ; celles de Trêves et de Cologne prohnblement de 391 à 3oS.

Il paraît probable que celle de Gap doit être à peu pris contemporaine de celle de Grenoble. Après avoir mis Rome Immédiatement à couvert, on couvrit les passages des Alpes oecldeniule.s ; puis l'elTort se porta sur les frontières kl pluK éloifinécs pour y renouveler les enceintes hors d'usafie.

Les analogies, qui se présentent dans le plan des tours et dam le mode de construction des murs, sont incontesté* blés djins toutes ces enceintes. L'emploi du pied gaulois. tu lieu du pied romain, peut surprendre pour ces con»iruciinnx impériales. Mais, en somme, ces constructions ■e font dans les Gaules: ce grand pays venait d'avoir ses empereurs A lui. Il pouvait bien avoir ses architectes, «tnployant son système populaire et national de mesures.

Les tours circulaires de Gap sont conformes à ce qui se faisait alont dans les Gaules; cependant, on peut se demander %i le moilc de construction de ses murs est bien de cette épi^guu. Le mortier est d'une consistance caractéristiqtK : niais, autant qu'on en peut juger, ces murs ne prtsenuicni pas de (urtment appareillé à part. Les assises c\térieurcs, ldeiiltt]ues t celles du bloca^ intérieur sont simplement ifUi^eï. Cl font corps avec lui. Les lits et les joints ne lMra>s»<nt pas lîlctés. Cette «implicite solide, mais atseï Mimmaire, est-elle bien romaine }

Au point de vue du mode de Miir, toutes les r^oos de IVnipIre ont pâ ne pM suivre cxactemcaiks tntates prooé-

dés. Le meilleur type à comparer est toujours le plus proche, quand il est abordable. Dans la région de la Durance, la station la plus nenement romaine est celle de l'Escale, en ce sens que, de construction romaine, elle a été isolée du sol habité dOs l'époque romaine. Incendiée, elle a été ensevelie sous 'i'" de terre el. si la Durance, dont le lit actuel est encore plus profond, n'était venue saper par sa base l'ancien niveau romain, cette station serait encore ignorée. Un amateur y a trouvé, sur place, cent cinq monnaies romaines en plus de quelques oboles massaliètes ; voici leur répartition chronologique ' :

I" siècle av. J.-C. (la plus ancienne, de 78 av. J.-C.). 2

i«r siècle apr. J.-C 7

4« — (la plusrécente,deGratien 375-383). 24

Une rapide visite faite sur les lieux, le 33 oaobre 1S98, en l'aimable compagnie de M, David Martin, conservateur du musée de Gap, a permis de faire les constatations suivantes.

Quant on vient de Volone à l'Escale, en suivant le chemin ancien qui borde la Durance, on trouve, après avoir passé le grand torrent de Vilievieille, un petit sentier qui descend au bord de la rivière. Les pentes des berges sont escarpées el les eaux ont mis là h découvert, sur une longueur d'environ i5o à 200™. des substructions galloromaines. La base de ces substructions se trouve à 4» au-dessus du niveau actuel de la Durance. Celui-ci est à peu près celui de l'âge préhistorique, si l'on en juge par quelques haches en pierre polie qui y ont été trouvées par M. l'abbé Th. J.-B. Sauvaire, alors curé de l'Escale. La profondeur la plus grande du niveau gallo-romain, sous le sol actuel supérieur, est à peu près de i". Les ruines qui y sont ensevelies comprennent une cenaine quantité de maisons dont le pavement en béton, les parements intérieurs et une partie

• I.-M. Maure), Ilitloire de CEtcalt. Forcalquicr, Mb. Cmt. 189I. ift^", pp. i)-i5.

du mobilier lubiiMent. La twrf^c de la rivière constiiue une fouille verticale qui entraîne peu k peu les ruifws par éboulis. Dan» l'une de ces maisons resie une grande amphore rouge doni la pfltc est garnie de grains blancs. Plus loin, on remarque un aqueduc assez étroit ayant pu (pïûi. Des dibri» de tuiles à rebord, de poteries noli « rouge», quelques monnaies s'y voient, M. Manin trouve en passant un bronze de Gallien (353-268) tintion était assise sur des alluvions quaternaires et sur venant d'un lorrcnl qui allait se déverser à la Durai Elle a pcut-âtrc été dévastée par un incendie; maïs il évident qu'elle a disparu linalement et brusquement ptr suito de l'éboulcmcnt d'une masi^e de terre cl de pierres clinrriécs dans une crue du torrent voisin. L'amphore qui en est absolument comble ne laisse aucun doute à ce sujet. L'aqueduc observé en est également plein. La masse de Oravier et de terre entraînée a renversé la partie supérieure des nidiiuns et en a rempli le fond, Après avoir passé devant la maison oi^ est l'amphore, on rencontre deux blocs de mur qui, provenant de la station, ont été précipités dans In Duruncc. Ces murs sont construits d'un blocage de galets formant des assises régulièrement superposées, de o°>io environ de hauteur chacune, entre les lits épis de mortier bUnc dont lu dureté est forl grande. Ces murs ont, ao moins, i^io d'épaisseur : cependant, ce ne sont, selon toute apparence, que des murs de maison. Par une cassure, on volt que chaque rangée de galets a une épaisseur d'environ iS ft »o"". La construction du premier de ces pans de .1 murs n'c)>t pas tout à fait la même, dans ses assises ioférleurvs que dans ses assises !^upé^curcs. tvidcmmeni, les Miissft inférieures ont ét^ conduites pour servir de Food**

• a; LVi*)* '!•*■* uo «^f^ 'J* |trén«tk* i GALLIENVS AVQ. C)i«i»p I biuiv rtihi Vt fuinMd de IVmpmur. de pro&l i WJianrt . R,' IttHKit a»M «n «Kk Je e^ani» ; DIANAE CONS AVa t'.lMiup I boui.- WA ihtxvt paatMil .te proU I dunt. Ea bu, li

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