iv-mt
• Orians, ■; juin 1639^7]. (Bibl- Vaiic. M>. Reg. lai. M6; a leni XI* siècle, (C 3-». bu r 6 r. — Cr. Maurice Prou ri Mtxandr^
VUitr. Recueil des chartes de l'abbaye de St-Bcnolt sur L^ire. tfasc. Orléans. H. Herluison, 1900. p. lo; Doc. publ. par la ! htawr. «t archMl. du OMinali. V).
* I. Çuieheriii. Vocabulaire de* noRis propres, p. 61.
nécessaire de connaître Taire de répartition de la désinence -incum.
M. Alfred Holder, dans son Trésor du langage vieux celtique, énumère les noms munis, soit du suffixe -iiiico, soit du suffixe -enco, soit du suffixe -inco^ A propos de ce dernier, il cite Acumincum, Alt-Sziankamen (Pannonie inférieure), Agedincum, Sens (Yonne), Alisincum, knxzj (Nièvre), arinca, espèce de grain, Arlincum, Ariane (Puyde-Dôme), Asincon (Corse), Audinnincum, Ounans (Jura), Ausinnincum, Oisenans (comm. Ruffy-sur-Seille, Jura), Bodincus, le Po, Bodincomagus, Monteù da Po, Businca, cours d'eau indéterminé, Condevincon, chez les Namnetœ Deminca, nom de personne, Donnincum, Doullens (Somme), Durotincum, Degoul (Isère), Ercilinciy nom de personne (Cornouailles), Glastincum, nom de personne, Gogincum, Gougens (Aude?), Grinincum, Grigny (Rhône), jovincus, jeune, Lastrinco, Lastens (Tarn), Lemincum, Lemens (Savoie), Lovincum, Louhans (Saône-et-Loire), Morincum, Moirans (Jura), Pe^incum, Pezens (Aude), Reginca (llle-e-Vilaine), Sabatinca (près de Rottenmann, en Styrie), Saninco, le Saninco (Corse), Savincum (Alpes Cottiennes),/ari>ico(?), Unnci(?), Va/inco, Valinco (Corse), Vapincum, Gap (Hautes-Alpes), Virinca^,
M. d'Arbois de Jubainville, de son côté, a cité en outre la rivière dite Bevinco (Corse), Bolincum, Bollengo (prov. Turin, cire. Ivrea), le hameau de Campinca (Corse), la montagne Stavolinca (Corse) 3. Il cite également ce fait intéressant que, dans le val de Calanca, en Suisse (cant. des (irisons), le suffixe -asca vient se grefîer sur un premier suffixe -anca, dans le cours d'eau dit Calancasca qui arrose cette vallée*.
' Alfred linliicr. Ali-ccllischer Sprachschaiz, l. 1, col, 1 37-1 38, col. i43<>. t. II, col. 39.
* Ibid. t. I. col. 33, .Sô, <)4. 21. S. 217, 2H4, 2()8, 457, 644, 1096, I2f>4, i3<».*». i3Hf'». 14.SH, aoa.S, 2o3i, 2041-2042; l. II, col. 69, 149, 175, 294, 63o, •»H|. I 107. ii<).S, i3HK.
' //. d'Avbnin de Jubainville. Les premiers habitants de l'Europe, sccnfiile cMition. t. 2. Paris, Thoriii, \^y\, pp. 95-97.
* Ibtd. p. <|S.
On peut ajouter à cette énumération la ville d*Inca qui existe dans Tile de Majorque et le rio Cinca, dans la province de Huesca^
C'est, en tout, une trentaine de noms de lieux placés dans Test de la France, en Piémont, en Corse et dans les Baléares.
Pour la ville Agedincon et pour le fleuve B<idr/xof,
comme pour Vappincum, on sait que la syllabe tonique
est l'attépénultième. Agedincon, capitale des Senones a
pris le nom de ce peuple : mais le fleuve du Piémont a toujours gardé le sien, à travers tous les changements qui se sont produits sur ses rives. Bô^tyxo^, Padus, Po sont les transcriptions du même nom en trois langues différentes : le Po, c'est le fleuve « qui a de la profondeur»', celui « dont on ne peut atteindre le fond ». Et ainsi se trouve vérifiée Tétymologie indiquée par Pline d après Métrodore de Scepsis et Poly be •.
On peut de même connaître la signification du nom de lieu Lemincum. iM. d'Arbois de Jubinville a dit que l'orme, en latin ulmus, en irlandais moderne leamh, était connu des ligures sous la forme lëmos^. Lëmincum a donc dû
son nom au voisinage d'un bois d'ormes. A en juger par ces deux exemples, le suffixe -incum indiquerait l'existence locale, de la qualité ou de l'objet indiqué par le radical qui précède ce suflixe.
* Le rio Cinct descend du Marboré et du lie de la Muftia. Il reçoit l'Ara, l'Esera et se jette dans le Segre, affluent de l'Ebre.
* En grec, trv6ut{v, qui éveille l'idée de profondeur, de fond, de goufire, donne jSv9o; par radoucissement de la labiale forte n en labiale douce J3. {Paul Regnaud. Éléments de grammaire comparée du grec et du latin, r* partie : phonétique. Paris, Colin, 1895, pp. 98-99). Le 9 de p^Çy p^oç répond d'ailleurs à un groupe vh archaïque; ces mots doivent donc provenir de *9n>9^, ^iti^hfiç {Ibid, p. 87).
* Ligurum quidem lingua amnem ipsum Bodincum vocari quod significet fundo carentem.,, (Pline, III, | 122). Cf. d'Arboit 1. 1, p. 359.
Cf. le Buthier, affluent de la Dora, à Aoste.
* Les premiers habitants de l'Europe, t. 2, pp. 200- soi*
Par conséquent, Vàppincum^ ce serait la localité « placée dans un bas-fond »*.
* Vers i535, Aymar du Rivail écrivait : « in hoc Sigoeriorum agro... erat Argentina oppidum quod postea Vapingum, teste GerTasio, appeilatum fuit... A loci autem siiu Argentina nomen mutaTÎt et Vapingum, quod in valle pingui sit collocatum, dicitur ». (Aymari Ripallii delphinatis De Allobrogibus libri novem ex tutographo codicc bibliottecs régis editi cura et sumptibus yCIfredi de Terrebasse, Vienne Allobrogum, apud Jacobum Girard, bibliopoltm 1844, p. 140). En i835, Pierquin de Gembloux écrivait à son tour: « je n'hésiterais point à faire dériver le nom de Kap ou Gap des mots Val ou Vfal (heureux)... et de Alp (sommet)... ». Le plus bel hommage, qu'il soit possible de rendre à ce dernier auteur, est de reproduire le titre de son travail sans omettre une seule des qualités qui y suivent son nom (Lettre à M. Gautier, conseiller de préfecture des Hautes-Alpes, sur les antiquités de Gap, par M. Pierquin de Gembloux, membre de l'Institut historique, membre fondateur de la Société de commerce et d'industrie, de la Société royale des sciences, inscriptions et belleslettres de Toulouse, de la Société royale pour l'encouragement des sciences, des lettres et des arts d'Arras, de l'Académie royale des sciences, arts et belles-lettres de Dijon, de la Société royale des sciences, arts, belles-lettres et agriculture de Saint-Quentin, de l'Académie royale des sciences, agriculture, arts et belles-lettres d'Aix, de la Société française de statistique universelle, de la Société royale de statistique des Bouches-du-Rhône, de l'Académie royale de Marseille, de la Société philotechnique, de l'Athénée des sciences, des lettres et des arts de Paris, de la Société royale académique de Savoie, de la Société des sciences, lettres et arts d'Anvers, de la Société royale des antiquaires du Nord, de la Société d'agriculture du département de l'Isère etc., etc., etc., etc. Grenoble, imprimerie de J.-L. Bamel, place Neuve, 1837. 3 pp. ncli. -f- 4-32, in 8*; voir p. 24).
Entre Aymar du Rivail et Pierquin de Gembloux, c'est une heureuse surprise de rencontrer en 1798 les lignes suivantes dues sans doute i Farnaud : mais il est difficile de dire s'il avait trouvé lui-même la vérité ou s'il l'empruntait, soit aux manuscrits de Vallon-Corse, soit i tout autre auteur précédent : « Gap... est une cité très ancienne, on ne connaît point le temps de sa fondation, son nom primitif était Vap, mot celtique qui était la langue des Gaulois. Vap dans cette langue signifie un lieu enfoncé, une vallée profonde ; ce qui répond véritablement à la situation de cette ville, entourée de montagne... Les habitans sont d'un caractère naturellement tranquille, humain et honnête... » [Almanach du département des Hautes-Alpes, pour l'an sixième de la République française, pour l'an 1798, vieux style. Et cours du Papier-Monnoie ;... A Gap, chez J. Allier,.. Tan VI de la Hcpubliquc, pp. 89-92).
jHç! 3io
Le nom de Gaping Ghyll parait répondre à Tanglais to gapcj « se fendre, s'ouvrir, bâiller », et à ^ap, gasp, « crevasse, ouverture, trou ». Ces mots S apparentés à Tanglo-saxon chap « fente, crevasse, mâchoire, bajoue », au vieux haut allemand chaphèriy ca/ën « être séparé, bâiller », happa, habbà, « serpe, faucille », remontent aux formes primitives scafan « raser, couper » en anglo-saxon, scapaHy scaban, « couper, gratter, racler », en vieux haut allemand.
Ces formes primitives ne sont^pas sans rapport, ellesmêmes, avec le latin scalpo « idée de couper, graver* », le grec * Zypta^y doù vj&o^*, le sanscrit skar « séparer, couper* », Tanglo-saxon scear^. On peut supposer un primitif * çRee»^, d'où •xFa<nr, * cpasp*, * cvap^ Vap, Gap ci Gab. Ce radical primitif se rapprocherait davantage encore de^yFaxFi et du sanscrit gvabh, gabk « idée de plonger, s'enfoncer^ ». C'est par une évolution analogue qu'on a eu *xF«rVo»-, *cvaport\ papor 4c fumée". »
En tout cas, lexistence primitive et la permanence d'une gutturale initiale dans ce groupe empêchent absolument de le confondre avec le primitif *au*^ d'où le sanscrit ap « eau* », le celtique apa^^ (en pays actuellement
* Regnaud. Éléments, r* partie, pp. 199-soo.
« Ibid., p. 75.
^ P. Regnaud^ Eléments de grammaire comparée des principaux idiomes germaniques, Paris, Le Soudier, 1898, p. 145.
* Regnaud, Eléments de gramm. comparée du grec et du latin, r* partie, p. i55.
5 Ibid,, p. 65.
* Ibid.y p. 147.
^ Si le nom de la mer Caspienne devait être rapproché de cette forme archaïque, ce serait le cas de rappeler que ses bords se trouvent dans une dépression remarquable, à 26' au-dessous du niveau de la mer. En Espagne, au confluent du rio Guadalope et de TEbre, existe la ville de Caspe (prov. Zaragoza).
* Regnaud, i" partie,p. 142.
^ Ibid., p. 109.
<* Ce rapprochement de Vapincum et de apa a été fait récemment (Ernest Chabrand, ingénieur des arts et manufactures. O A., membre de la Société dauphinoise d'ethnologie et d'anthropologie, et de la
bas-allemand, c est-à-dire du Weser à la Flandre et de la mer du Nord aux sources du Rhin : apa ; en pays haut-allemand a/a^), Tirlandais ab {d*où abann^ rivière »), le gallois afon, le breton avon^ apen*, le gothique ahpa « rivière >», le vieux haut allemand aha^ (d'où €uz)^ Tanglo-saxon eah, « rivière » (d'où ea), le vieux nordique à*. De là, le grec ouPpo;, le latin imber, amnis, le sanscrit ambhas. Le latin aqua parait remonter à *ocu;, plutôt qu'à *e(wlf.
C'est à ce groupe que se rattache le nom de la Vance, Apantia, affluent de la Durance à Malcol (comm. Jarjaycs), dont le pays était habité par les Avantici et dont dépendait Gap.
Si les textes donnaient la forme Acantici, elle se rapprocherait de .4 ^ua; i4i^a, dans Avantici, rappelle davantage le gothique ahva et le breton avon.
On connaît plusieurs cours d'eau ou localités qui ont porté ce nom :
Avançon, Ardennes, arr. Rethel, cant. Château-Porcien. Avanches, Rhône, arr. Villefranche, cant. Tarare, comm.
Saint-Romain-de-Popey.
Avenches (Wifflisburg), Suisse, canton de Vaud. L' Avançon, affluent du Rhône, sur la rive droite à Bex
(Suisse, canton du Valais).
L'Kvcnçon, affluent de la Dora baltea sur la rive droite à
Verres (Italie).
Avenza, localité et cours d eau, Italie, prov. Massa-Carrara,
cire. Massa.
L'Avcns, affluent du Nar, sous-affluent du Tibre (Italie,
Ombrie).
Sociétc de statistique de Tlsèrc. Origine étymologique et signification du nom de Gap. Grenoble, Xavier Drcvet, [1904], 5 pp. nch. +6-19+ I p. bl. ; extrait du journal le Dauphiné).
1 Godefroid Kurth, La frontière linguistique en Belgique et dtns le nord de la France. (Ac. de Bruxelles, t. XLVIII, pp. 435-437).
* dWrbttix de Jubainville. Les celtes, Paris, 1904, p. 5o.
•* Regnaud. KIcmcnts de gramm. comp. des princ. idiomes germaniques, p. 20.
* Ibid., p. 62.
La Vcncc, atHuent de llsère, rive droite à St-Egrève, descend de Quaix où se trouve le lieu dit côte de Vence, le pont de Vence et le hameau de Vence •
La Vance, affluent de la Durance, rive droite à Malcol et
Avançon, localité sur ce cours d'eau.
Le Vançon, affluent de la Durance, rive gauche à Volone
(Basses- Al pes\ La Vence, affluent de la Berre, sous-affluent du Rhône
(Drôme, comm. Montjoyer, Réauville et Vallaurie). La villa A^en^a, (Hérault)*.
L'Avance, Charente-Inférieure, arr. Saintes, cant. Gémozac,
comm. Meursac.
L'Avance, Eurent-Loir, arr, Chàteaudun, cant. Brou,
comm. Bullou.
L'Avance, affluent de la Garonne, rive gauche, en aval de
Marmande (Lot-et-Garonne).
La Vansa, affluent du Segre, rive gauche (Espagne)*.
Reste à savoir quel peuple a nommé le site de Gap. En raison du radical Vap et du suffixe incum, ce nom de localité appartient certainement à une langue de la famille indo-européenne. Or, il y a eu, dans l'Europe occidentale, trois principales migrations de peuples parlant des langues de cette famille.
La première, au XI I^ siècle avant J.-C., parait avoir été oomposée d'illyriens, provenant des bassins de l'Elbe et du Danube, appartenant à la race « dinarique » ^ parlant une langue aryenne et possédant la civilisation qui constitue le premier âge du fer. PZn Iulie, cette migration fonda Ameria en II 35 et son développement dans le sud obligea, vers
* C'est le O'Jr^reKv des Allobroges où Manlius Lentinus entra en conflit avec eux (Dion Cassius XXXVII, 47, 48; Florian VallentîH, Les Alpes Cottien nés et Grties. Paris, Champion, i883, p. 111-1121. Le Mont Cul (comm. Quaix) est à rapprocher de Cuioz et de Cuiaro^ nem (Grenoble).
* //. cT Artois de JubainvUU. Les premiers habitants de l'Europe, i. 2. p. 140. Cf. Eugène Thomas. Dict. lopogr. de rilërault. p. 10.
' Carte géologique des Pyrénées (Ann. du Club Alpin tSgn.
* J, Deniker. Les races et les peuples de la terre. Paris. C. Keinwald, 1900, carte entre les pp. 384-385.
3i3 KJ2:
io33, une partie des Osques à émigrer en Sicile. L'Ombrone et l'Ombrie doivent sans doute leur nom aux peuplei de cette migration. Non seulement ils s'enfoncèrent en lulie, mais ils traversèrent toute la France et pénârèreot en Espagne, au détriment de la race « cévenole» qui parlait une langue de la famille fînnoK)ugrique et, en Espagne, l'Ebre conserve leur nom. Enfin, ils franchirent la Manche et remontèrent l'Angleterre où le Cumberland et l'Humber paraissent garde le souvenir de leur occupation.
La deuxième migration entre 700 et Soo av. J.-C. parait avoir été composée des ligures de race « sub-adriatique » : en Italie, la présence des Etrusques, survenus en Ombrie, sans doute du Caucase, au X* siècle, ne leur permit guère de descendre plus bas que le Po et la Ligurie. Mais, en France, la Loire semble porter leur nom et ils se propagèrent jusqu'en Espagne.
Enfin, la troisième migration, vers 3oo av. J.-C. paraît avoir été composée des celtes de race « nord-occidentale ». En 379, Delphes est pillé par l'un des groupes de cette migration qui, franchissant le Bosphore, va se fixer en Asie Mineure et y donne naissance à la Galatie. En France, un autre groupe occupe le pays en deçà de la Loire et s'introduit le long du Rh&nc.
Il faut choisir entre ces trois migrations successives et ce n'est pas difficile.
En effet, le nom de Vâpincum comporte un p entre deux voyelles. Or. d'après les constatations faites par M. d'Arbois de Jubainville, la perte du p indo-européen, soit initial, soit intervocalique, était universelle chez les Celtes, au plus tard vers l'an 800 av. J.-C.'. Dans ces deux cas, la consonne se trouvait conservée en latin et en ombrien *. C'est ainsi que plènos, mot qui appartient au latin archaïque et à l'ombrien, était devenu *{ànoa en
< d' Artois de Jubùinvillt. I.es Celtes, p. 19.
' d' Artois de Jubainville, Les premiers fa(bit«ii(s de l'Europe,
iqire. De mémi;. la proposiiion super, en grec ûjiip, il devenue uer en jiaulois.
Le site de (jap a forcément été nommé Vapincum par les peuples parlant la langue de la première niigraiion nenne. survenue des bassins de l'Elbe et du Danube Ml' siècle av. J.-C. et dominante jusqu'à l'arrivée des ^res vers le VI" siècle.
Et. cela étant, on voit que les ombriens sont descendus llulie. jusqu'à Torrc Gaveta. en Espagne jusqu'à Jâvea: Ivoil qu'ils sont montés en Grande Bretagne jusqu'au pingGhyll. Le Gabel de Bohême se trouvait dans leur bs d'origine, e soni les peuples de cette migration qui ont nommé re. en souvenir de l'Iser, affluent de l'Elbe, et de l'Isar, ■ncnt du Danube. Ce sont eu.v qui ont nommé le t souvenir de la Drnve, la Drôme en souvenir un, l'Eygues en souvenir de l'Eger, affluent de l'Elbe ! risker. alDuenl du Danube. Ce sont eux qui ont i les tombes circulaires de Chabesian.
oncluslons. — Au terme de ces recherches topojphiques et loponymiques. il convient de grouper les ihats acquis.
Une race brune, brachycéphale, de grande taille', de langue aryenne', descendit du Danube vers le bassin du , Ahône au XII' siècle avant J.-C.; cette migration se com- Mit de pasteurs qui préléraieni la chasse à la pèche. Ils ient domestiqué le chien, le bœuf et peut-être aussi la re, le mouton, le porc cl le cheval. Ils avaient inventé I i bœufs, te canot creusé dans un ironc d'arbre ; ils •i&saient la poterie faite au tour et construisaient d«s , munies d'un toit et d'une porte, soit lacustres, K>il
e de i*M « l'jt en moT<one : indice céphalique de KJ à M ; I bnnu Ml nain, anduléi ; veux foncii. lourcilx drmii ; Unt , net 6n, droit nu aquilin ; leint ld|t^i^i>o< b«uiie {lit-
tngiw éi*it probabtsmeni l« (Uc< {Uaae Taylor. L'wijcinc £tn4 II. de VurlKiiv. Vtri*. Rtniitlt. t^ii. pp, iSStl ifigi.
terrestres. Ils cueillaient des noisettes, des faines, des glands et, accessoirement, de lorge ou du froment sans le cultiver * : ils savaient broyer et rôtir ces graines pour s*en nourrir. Sans doute, ils adoraient déjà le ciel et la terre, le soleil et la lune, Teau et le feu ^. La base de la famille était le patriarcat polygamique^ Ils savaient compter par dizaines, sur leurs doigts, jusqu'à cent ei, probablement, même jusqu'à millet Ils se trouvaient à la première période de rage du ter. Enfin, ils enterraient leurs morts, sur les basses terrasses qui dominent les cours d'eau, dans des tombes circulaires : cela tendrait à indiquer qu'ils croyaient déjà à la vie permanente de l'esprit. Aux funérailles, ils sacrifiaient d'ailleurs volontiers des victimes humaines: une partie du corps de ces victimes était déposée sur le cadavre du mort et, sans doute, le surplus, qui ne s'y retrouve pas, servait à repaître les assistants'. Après quoi, chaque convive déposait une dent dans la tombe *.
Ces hommes, plus civilisés alors que tout autre peuple d'Europe, nommèrent l'Isère, le Drac et le D^auzet^ la Drôme, l'Eygues, en souvenir de l'Isar et de l'Iser, de la Drave, des Traun, de l'Eger et de Tlsker.
* Tayior, pp. 237-245.
* Ibid., pp. 3o6-3o7.
» /61V/., pp. 186-187.
* \bid., pp. 188, 192, 197.
s Au premier siècle de l'ère chrétienne, les Irlandais, étaient anthfx>pophages (Strabon, I. IV. c. 5 { 4). A la fin du IV* siècle, saint Jérôme témoigne que les Atticoti, dans la Grande Bretagne Tétaient encore ; ce peuple fournissait des contingents militaires cantonnés dans les Gaules et on devait y redouter leur voisinage : « Cum ipse adolescentulus in Gallia viderim Atticotos gentem britannicam humanis vesci carnibus ; et» cum per silvas porcorum greges et armentonim pecudumque reperiant, pastorum nates et feminanim papillas soient abscindere et has solas ciborum delicias arbitrari. » (Adtftrsus Jovinianum. Il, | 7). Ces témoignages significatifs ont été cités par M. d'Arbois de Jubainville (t. 2, p. i3 et note 4).
^ G. de Manteyer, Fouilles de Champcrose (Bull, de la Soc. d'Etudes, 1904, p. 139).
7 Affluent du Buëch, rive gauche, descend de SéQse, par Châtillonle-l)ésert. CbAteauneuf-d'Oze et Furmever.
igSJ • 3i6
Au sud de la vallée du Drac et à lest de la vallée du Drauzet, un site attira Tattention des nouveaux venus.
Le cours de la Luye, moins élevé que ceux du Drac et du BuSch, se trouve entouré de pentes placées aux environs de 1000°^ d*altitude* : son bassin supérieur est très ouvert, son bassin inférieur très encaissé. Dans son bassin moven et d*un point dominant, comme des pentes supérieures de Charance, on distingue deux collines qui sallongent en forme de saillies isolées et parallèles*: entre ces collines disparait la Luye.
Telles, dans un langage primitif et imagé, les lèvres d*une bouche qui souvrent et laissent deviner, entre elles, les profondeurs du gosier, c*cst-à-dire du gape, comme Ion disait en vieux français '. Ce site profond où coule la Luye entre deux collines fut dénommé Vàppincum par
les pasteurs venus du Danube et munis du poignard à antennes^.
On rencontre près de cent cinquante exemples de localités portant des noms analogues, depuis Gabel en Bohême, jusqu'à GapingGhy 11 en Cumberland, Jàbea en Espagne
* Château vieux-sur-Tal lard, 946' ; Fouillouse, 1024* ; Sigoyer, 960" ; Pelleautier, 996'; La Freissinouse, 965 ; Quint, 1 io3" ; Charance, 963' ; Romette, 91 5" ; La Eâtie-Neuve, 853" ; Rambaud, 977" ; Jarjayes, 996" ; La Roche-de-Jarjayes, 919".
* Saint-Mains, 979" ; Puymore, 9o3".
' Le mot vieilli, mais encore usité de gavion, dérive de l'ancien français gave,
* Le nom de la Luye, AUodia, se rapproche, par sa désinence actuelle, de TEsduye, affluent de la Bléone (Mirabeau) et de TEnnuye, affluent de rAigues(Curnier). 11 se rapprochait du nom des AllobrO' get par ses deux premières syllabes et du nom de Die, par les deux dernières. En comparant les formes que revêt la souscription de TéTéque de Die, au concile de Nicée en 325, dans les versions grecque, latine et syriaque, on voit que le Anoi* de Ptolémée {d'Arbois, t. 2 p. 271) était devenu Aovia {Dont. G. Sforin. D'oii était évéque Nicasius Tunique représentant des Gaules au concile de Nicce; Rev. bénédictine, i6' année, février 1899. Maredsous. pp. 72-75). l-a Luye, Allôdeua, puis Ailoduia, ce pourrait être « Tautre déesse » où « la déesse d'ailleurs ». Dans les îles Britanniques, quatre cours d'eau au moins portent le nom do Dec (ifArbois, Eléments de la grammaire celtique 1903, p. 68».
et Torre Gaveta en Campanie: leur dispersion permet de mesurer jusqu*où s*étendit la propagation du langage aryen, parlé par la race qui avait abandonné TElbe et le Danube. Le site de Gaveta, sur le Fusaro, non loin du Vésuve, a cela d'intéressant que son existence a dû précéder la fondation du marché phénicien de Cumes vers 1049 ^^* «'•*^* Mais sa fondation était alors très récente, car elle a dû, également, coïncider avec la poussée ombrienne qui obligea, vers io35, lesosqucs a émigreren Sicile.
On ne s'éloignera donc pas beaucoup de la vérité en pensant que le nom de Gap a dû prendre naissance au XI 1^ ou au XI^ siècle avant J.-C. Ceux de Digne et de la Javie doivent dater de la même époque que Gap ; il est à croire qu'ils sont antérieurs à Dénia et à Jàbea, comme Gap l'est à Gaveta.
Vers le Vl« siècle, les ligures vinrent dominer les ombriens: au llh siècle, les gaulois vinrent se superposer aux ligures. En 14 av. J.-C., Rome, qui rénovait la vieille souche ombrienne, vint subjuguer toutes les races primitives qui occupaient les Alpes, afin de relier la Transalpine à la Cisalpine. Les Caturiges (Embrun, Chorges), les Avantict (Avançon, Gap), les Sogioniii (bassin supérieur du Buéch) furent placés sous l'autorité du roi-préfet Marcus Julius Cottius et sous le protectorat de la métropole latine. Vers le i3 décembre de cette même année (XVII des cal. de janvier 740 de Rome), aux approches du solstice d'hiver et sous les auspices des dieux qui assuraient la fécondité, Tibère, légat d'Auguste, fonda sur le sol de Gap un camp permanent destiné à une demi-cohorte pédestre d'auxiliaires, afin de maintenir dan> Tobéissance les peuples récemment soumis. Le choix du site de Gap était commandé par les convenances stratégiques: placé sur la voie cottienne, i proximité de la frontière, c'était là que convergeaient vers la Durance, les directions prolongées de la Drôme et du Drac.
L'emplacement du château occupe le sommet nivelé d'une croupe et son versant sud-ouest : c'est un adrech, La croupe domine la Luye vers le sud-est, le béai des Eyssc-
reines au nord-esl, le bca) Sainl-Arey au sud-ouest. Au nordouesi. sur le point dominant, surgissaient deux sources dont la moindre, d'un débit d« i i5ao litres par jour, suffisait à alimenter la garnison.
L'architecte, chargé d'établir l'enceinte a pris la voie cottienne, large de i8 pieds romains, comme base dccumane. Déterminé à employer dans ses calculs, autant que possible, des nombres impairs et premiers ou carrés, il a utilisé comme module, ou plus petit multiple de base, la valeur de 3 pieds romains.
Observant le coucher du soleil sur l'horizon astronomique, une dizaine de jours avant le solstice d'hiver et se plaçant sur ia voie, aux points o et o' pris comme centres, il a construit un rectangle géométrique idéal, mesurant aSa pieds de large et 270 pieds de long, de telle sonc que les bissectrices de ses quatre angles se joignent deux par deux en et en o'. La largeur vaut les 14 lâ" de la longueur.
Puis, de 0,. à mi-distance entre o et 0'. il a construit un quadrilatère  angles rabattus, ou plus exactement un dodécagone rcel, tracé dans le rectangle idéal, de telle sone que trois de ses côtés s'y superposent, que les bissectrices de huit de ses angles se l'oignentdeux à deux sur quatre points R, R', Q". Q avec les bissectrices de ce rectangle, de telle sorte également que quatre de ses angles soient seni^iblcment orientés sur les quatre points cardinaux par leur bissectrice ; de telle sorte, enfin, que deux autres soient perpendiculaires par leur bissectrice au cours apparent du soleil. Le périmètre de ce dodécagone est de 976 pieds 3/3.
L'enceinte, établie sur ce périmètre. de\'ait mesurer 66 pieds d'épaisseur, en comptant un l'ossé de 36 pieds, une berme de 3 pieds, une counine de n pieds, une terrasse de 13 pieds est un chemin de ronde de 9 pieds. Le front de la bcrme était de 996 pieds : pour un parapet de 3 pieds dont l'épaisseur était prise sur celle de la courtine, le front de combat offrait un développement de 9^8 pieds, suffisant h 330 hommes sur deux rang, c'est-à-dire aux 3/3 de l'etfcctif. Le dernier tiers restait en réserve.
L'effectif total était de 535 hommes ; il se composait d'un
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chef de corps, de 6 centurions, de 48 décurions et de 6 centuries pleines, c'est-à-dire de 480 hommes.
Mais, comme le quart de lefTectif montait la garde hors des quartiers, 60 tentes suffisaient, une pour le chef de corps, cinq pour les centurions, neuf pour les décurions et quarante-cinq pour 36o hommes au repos. Chaque tente rectangulaire couvrait 12 X 24 = 288 pieds carrés et il lui fallait, au total, 12 X 3o = 36o pieds carrés, en tenant compte de Tespace nécessaire à la circulation : les quartiers de la troupe n'occupaient que la moitié de la surface du camp, du côté le plus bas du sol. Pour Sg tentes, il fallait 21240 pieds carrés, en dehors du prétoire destiné au chef de corps : or, déduction faite de la voie prise comme base décumane, la moitié de la surface intérieure du château de Gap correspond à peu près à un rectangle de 216 pieds de long sur 99 pieds de large, couvrant une surface de 21384 pieds carrés. Il ne reste de disponible qu'un rectangle de 6 X 24 = 144 pieds carrés, équivalant à une demi-tente : si erreur il y a, cette erreur n'est pas grande. L'arpenteur, chargé de diviser le terrain urbain, parait l'avoir réparti préalablement en rectangles de 9 pieds de large, de l'est à l'ouest, sur 33 pieds de haut du nord au sud.
Utilisant la ligne décumane, constituée par la voie cotticnne, comme voie principale du château, Tarchitecte traça, indépendamment du chemin de ronde, quatre voies secondaires de neuf pieds de large, perpendiculairement à la direction du soleil couchant. L'une d'elles (rue du Séminaire) montait à la porte décumane: une autre, actuellement disparue, descendait en sens opposé à la porte prétorienne. Au-dessous de la voie principale se trouvaient les quartiers des troupes ; au-dessus, le prétoire et les différents édifices consacrés aux services administratifs.
A la fin du \\\^ siècle, les cimes des Alpes ne suffisaient plus à couvrir TEmpire contre les convoitises germaniques: Aurélien et Probus se hâtèrent de mettre Rome à l'abri (271-282) ; puis, sous Maximien Hercule (285-292), les passages des Alpes furent barrés par des enceintes neuves. Grenoble reçut la sienne et également Suse et également
Gap : ce n'éiaient plus lies quadrilatères mais des polygones, selon les préceptes de Vitruvc.
L'architecte du polygone de Gap emploie le pied gaulois subdtvisii en 16 doigts, plus fort que le pied romain d'un dixième: il s'attache de préférence, comme celui du quadrilatère, aux nombres impairs, aux nombres premiers et aux carrés. 11 utilise notamment les nombres 3 et 7, plus volontiers encore le nombre i3 dont la valeur mystique pouvait protéger la cité. Lu module parait être de 1 pieds ou plutôt de Js doigts, parce que 33 = 3*.
Pour établir l'enceinte, il se porte sur la voie en un point central O, à peine éloigné de a"5o du centre o choisi trois siècles plus tillpourle quadrilatère, et. avec un rayon moyen de sSo pieds, ou plus exactement de 247 parce que 347 = i3 X 19. il se met en devoir de tracer la circonférence idéale où s'inscrira le polygone voulu. Mais le développement de la cité était moins grand dans les quartiers bas, vers la Luye, que le long de la voie et sunout que dans les quartiers hauts, vers le nord, 11 emploie donc cinq rayons successifs. Aux débouchés de la voie, avec un rayon de 333 pieds, il trace deux arcs LAB.
HGF, dont chacun égale 78" ou les de la circonfé-
rence : chacun des trois diamètreu LF. AG. BH détermineront deux points opposés du polygone. Puis, du cAlé du bos^fond. entre les angles L et H, il détermine l'angle Kpor un rayon de soS pieds et langle 1 par un rayon plus petit encore de [87 pieds. Du côté de la hauteur dominante, il détermine les angles C et E par un rayon de 393 pieds et l'angle O par un rayon encore plus grand de 33o pieds. Ce rayon maximum se trouve perpendiculaire sur le diamètre \G, qu'on peut considérer comme la base du plan : il faut donc noter que la direction OA de base fait un angle de it" ou 33" avec l'ouest absolu vers le sud. Et, si cette base GO.\ a été établie d'après le cours du soleil, it croire que l'observation a été faite, soit deux mois ^lon après l'cquinoxc de printemps, ou deux mois mt l'équinoxc d'automne, au lever du soleil ; soii dcpx
élever une tour haute de seize cannes (3ii°i68), avec des murs épais de douze palmes (2°^23) ; cette tour s'appuiera sur une courtine de quatre cannes de haut (j^jgS) et de huit palmes d'épaisseur (i°'948). Il est probable que cette défense devait tenir en respect le bourg de Saint-Etienne où la commune commençait à s'agiter. La dernière enceinte de Gap et, par conséquent, la plus grande fut élevée de 1406 i 1426 : ce devait être aussi la plus faible. Les courtines n'avaient que quatre palmes d'épaisseur entre les portes Saint- Arey et Garcine (o™974) et ses tours, douze palmes d'épaisseur aux fondations (2°^22), six palmes au sommet (i'°46i). En 1692, Vauban comparait plaisamment cette enceinte municipale « à un vieux manteau de gueux rapiéceté » et n'en faisait pas plus de cas que des murs de Nanterre* : elle fut démolie de 1807 à 181 1, sans jamais avoir pu servir à quoi que ce soit, comme défense utile, sauf contre les loups.
Les établissements d'Auguste et de Maximien n'avaient pas cette débilité : leurs débris surprennent les architectes
^ Etat de Gap, 22 décembre 169a. « La Ville de Gap... contenant 953 maisons, presque toutes à trois ou quatre étages, fort pressées... au pouvoir des ennemis, ils y mirent le feu, après avoir offert plusieurs fois de la mettre en rançon, ce qui en a consumé 798 maisons... Il y avait de plus 479 granges ou maisons dans la banlieue, où ils en brûlèrent 427... Le circuit de son enceinte est de 85o toises... il n'y a ni plan, ni fossé, ni rempart, ni solidité... toute sa muraille est inégalement élevée de 18, 20, 22 à 24 pieds, sur 3, 4 à 5, d*épais... de moellon brut disposé par assises de hazard en mortier pourri et très usé, où tout est disjoint et disloqué ; les encognures même sont de moellon, quelques endroits des fondements à demi râpés et déchaussés, plusieurs parties poussent et surplomblent les unes en dehors, les autres en dedans ; d'autres ont des parements écorchés de pied et pied et demi d'épais et d'autres sont ébréchés au sommet de a, 3, 4 et 5 pieds. » {[Aibert de Rochas]. La campagne de 1692 dans le Haut- Dauphiné. Grenoble, Maisonville, 1874, pp. 114-117). Le 23 sept. 1692, Catinat écrit au roi : « Cette ville a été brûlée purement par sa faute et la mauvaise conduite des consuls et principaux. » (Ibid,, pp. 74), Faute de s'arranger pour payer à temps les 3o.ooo livres exigées, il en coûta au roi 400.000 pour contribuer à rétablir Gap et les habitants en perdirent bien davantage, sans compter que, pendant dix ans, les maçons furent les maîtres du pays.
modernes trop portés à croire qu'un vieux mur est toujours pourri et qu*une bâtisse moderne est toujours solide.
Depuis que ce mortier s*est durci, près de vingt siècles ont passé ; plus de trente, depuis la venue des premiers aryens. L empreinte de Rome, ROMA AETERNA, demeure toujours sur le sol qu'elle avait conquis et, lui-même, le nom déjà vieux alors du site ombrien, respecté par elle, n a guère varié. Certes, ces maisons ont été rebâties souvent depuis Auguste ; mais les limites de leurs emplacements n*ont pas varié sensiblement et, quand on les rebâtit, leurs vieilles pierres dures se retrouvent, bonnes à servir encore, là où elles étaient tombées : sur les pentes glaciaires, d'excellents matériaux étaient descendus des sommets du Briançonnais au-devant de Thomme. Près de cent générations se sont succédé depuis les cannibales armés du poignard à antennes et, pour la durée des races humaines, ce n'est pas un temps qui soit très long. Pendant ce temps, en Europe, les progrès de la civilisation ont été merveilleusement rapides : pourtant, parmi ces races orgueilleuses de dominer, qui, sous les mêmes toits, se coudoient et se pénètrent, bien des dissentiments persistent, plus ou moins adoucis. En dehors de tout intérêt personnel et immédiat à sauvegarder, les dolichocéphales et les brachycéphales ont leurs querelles, comme aussi les chiens et les chats.
Manteyer, i2-3i décembre 1904, 9-20 mars, 22-29 J^î^
Georges de MANTEYER.