‹ Le nom et les deux premières enceintes de GapChapitre 22 sur 28 · XVII, I · texte numérisé non relu

XVII, I

.i. XXVIII. ti/{. .

Celui de Mainhard (660™) en avait probablement 12 disposées de même manière*. Celui d'Alteburg près d'Arnsburg (640") en offre 1 1 placées sur ses trois portes, sur l'un des angles et sur l'un des fronts de la courtine*. Les châteaux de Miltenberg (65o™) en offrait probablement 18, sur les portes, les angles et les courtines*. Le château de Wiesbaden (600") en possède 28, c'est-à-dire deux sur chacune de ses quatre portes, une à chaque angle et quatre sur chaque front de courtine*. Enfin Niederbieber (920™) possède 48 contreforts de saillie extérieure : ceux des portes font également une saillie intérieure, mais ils ne forment des ours que sur la porte décumane". Il est aisé de conclure que les ouvrages de la médiocrité de Gap n'ont généralement pas de tours. L'Alteburg près de Heimbach et de Weiss (Bqo™) n'en a pas encore : Feldberg (33o«) en a déjà deux et le nombre croît avec la grandeur de l'enceinte. Wiesbaden (600"™) est le type qui comporte le développement complet.

Pour dater l'enceinte de Gap, il y a d'autres éléments d'information que sa forme.

Son établissement ne s'explique que par la proximité de la frontière. Ou bien, comme presque tous les châteaux permanents, celui de Gap se trouvef en arrière d'elle, pour tenir tête à une incursion possible des peuples voisins de l'empire, ou bien, comme quelques-uns, il se trouve au delà de cette frontière, pour occuper chez eux un point stratégique utile. Dans le premier cas, c'est un fort intérieur d'arrêt; dans le second, c'est une place extérieure de sûreté.

Il faut donc rappeler comment Rome arriva à s'annexer les Alpes. Du Rhône au Mont-Genèvre, en passant par les vallées de la Drôme, du Buëch, de la Luye et de la Durance, on rencontrait successivement les Vocontii (Drôme), les Segovn (Buiich), les Avantici (la Luye et la Vance),

* Cohausen.y Taf. XLIX.

« Ibid., Taf. VI.

3 /6iV/„ Taf. LI.

* /61V/., Taf. XXII, fig, a.

8 Ibid,, Taf. XXIX.

ii33]

iei Caturiges (Chorgts ei Embrun), les ()Kiiria/«(lcQueyr«) <t les Brigiani (le Briançonnais). Les StgovH ou Sogiontii. paraissent avoir été clients des Voconces' et les Ayantici, des Caluriges. La limite des Caiurif;cs el des Vo> conces^tait constituée, du nord au sud.ct dupicdc Burcàla Durancc, par la Sigouste, le torrent de Sigaud, la Manche deSéûse, les Scies. Sigoyer. la petite Séûse et le torrent de Séas ; aucune frontière n'est mieux marquée que celle-là. Le pic de Bure et la corniche de SéOse sont des bornes qui se voient de loin et tous ces noms qui se succèdent dans leur direction parlent clairement. Dès l'époque gauloise, Gap se trouvait donc sur une fronlièrc : c'était à peu près la dernière localité dépendant des Caturiges, pour qui se diri- {^t vers les Voconces et de la Durance vers la Drdme*.

* Oo connaît un Minnius Vcnusius, décurion de la cîti d«s Sogiontii, qui mourut k Siim-Romain-cn-G«l : il ^uit pire de Minnius Vesiinuï. fmjriie de la Xlli' cohorte urbaine, djcurion de Lyon, ei de Sextus Minnius Vilerianus |C. 1. L. Ml. 1S71 : Eêpiranditu. inscr. G«ll. N«rb.. p. 1 19, n" ioi5 ; cf. Obeniiter. p. 1Î7. n. 7),

* On le coniente trop nitément des teit» narratifs pour tcrire l'hisloirc antique. II n'e&i peui-firc pis hors ilc propos de Taire remarquer que les frontières de la confédéraiion des Voconcts sont encore irts eiictemcnt marquées aujourd'hui par les localités suivantes, r A l'oucsi. sur !■ Dtàme, la vallée de la Sye. qui aboutir i Aousie, ei Suie iDrômc. air. Die, cani. Cresi) ; Suze appartenait au diocèse de Dit et voisinait avec celui de Valence. *' Au sud-ouest, Suieite (Viuclust, arr. Orange, cani. Beaumes] : celle localité, du diocèse de VaisoD. voisinait avec La Roquc-Alric. du diocèse de Carpcniras, et fieaumes, du diocèse d'Orange, i' Au sud-est, Sigonce (Basse s- Alpes, •rr. et cani. t-orcalquien et les Sigoyers (comm. Sigoncel ; ces localités. du diocèse de Sisicron. étaient 1 ptoximiié de celui d'Api. 4* Puis, en

remontant du xud-csi t l'«st : Sîsteron, la (aite 1?). Sij,0}er-Malpoil iBastcs-Alpcs. atr. Siiteron, cant. Lt Moitti, lea Sigauds {comm. Mtixl, le torrent de Ces», la petite Séflse. Céas. Si^ojtr. )ts Scies. Séfiac, le lorreni de Si^aud. te lorieni <ie 1» Si^cviste. l' Au roid-eit et au nord-ouest, les noms similaires Icni défaut i il faut suivre les limites du diocèse de Die tti y joitnmt le massif d'Aurousc. Ces IlinllM englobent les Segorit ou SugUintii. De la Iiunncc à la DrAmc. b Itnit* septentrionale ei paniculiérc des Stgorti vers les Voccactf doit ttrt formée par SIgojcr. SéOse. la .Sunnnc et Si^otiicr. De icfme, Ss»-la-Pousie iDrAint, arr. Ck Wcntéllir.ar, (*ni. Sl-Faoll laice la limite de rricusfiiii vers Orange et Vaiion ( la Sifojjre |(cm. St-

Aus environs de l'an l'to ■.\v. J.-C, la dominaiioo de Rome pénètre dans la Gaule irunsulpine. par le liUoraJ;j alors csi créée la province romaine de la Gaule ultétHei quiembrassela vallée du Rhône jusqu'aux Allobrogcs.T< les peuples de cette vallée deviennent des sujcu de la cfté conquérante. Les grecs de Marseille et les gaulois Voconces sont admis, cependant, comme peuples fédérés: ces derniers, pense-t-on. par concession de Pompée t77'7*)''^i région montagneuse des Alpes restait indépendante.

Dès 130, par conséquent, la frontière romaine esl 14 kilomètres vers l'ouest de Gap. Le passage d'Italie Transalpine, par le littoral et la voie Auréliennc. éuJl k bon pour se rendre en Espagne. Mais, pour se diriger vi les Gaules au nord du Rhône, c'était un détourgénanl. 58, César traite avec Donnus qui régnait probablement Suse et qui, ainsi, détenait l'accèsde la Durance; Il obtii de passer librement par le Moni-Genèvrc cl, en com; sation concède le droit latin à ce chef. Après César, son adoplif Octave, gouverna la province. Venant plus! fois dans les Gaules len 40, l'hiver de 35 à 34, à la Bi 37 à Narbonne, à Lyon du milieu de l'an 16 au milieu l'an i3, puis en 10 et en 8), il s'applique â organi: province narbonnaise et à développer le réseau des voi Le iC janvier 727 (27 av. J.-C.), il revoit le surnom d'. guste. Des deux côtés des .Mpes, on le voit donner son m nouveau aux postes qu'il créait ou qu'il agrandissait côté de l'Italie, en partant du Pô. trois routes principales' dirigeaient sur les Gaules par les cols de Tende, du M< Genèvre, du petit et du grand Saint-Bernard; en face chacun de ces cols, à proximité des montagnards qui dominaient, Auguste met un poste. Vers les Alpes Pi nés. en 25 av. J.-C., c'est Augusta Prœtoria Salasti

Chrisiol. Vtuclusc, arr. Cupemras, cini. Stulil forme celle i VulgitnUt iiiOQ. J'Apt) vers les MeminI (Hoc. Ctrpcntru) 1 SogioHiii {Sisteron).

< Q. Bloch. Let origines, la Gaule indépendante et la Gaiti» I maine. Pari», Uachcue, igoi, pp. So-Si. (Eni. Latiim, France, I. I, Use. II).

(Aoste). Vers ks Alpes Maritimes, c'est Augusta Bagiennorum (Bene Vagienna); vers les Alpes Colticnnes, c'est Augusta Taurinorum (Turin).

Le long du littoral, la voie AuréUenne allait aboutir 1 Arles, centre muni, comme Fréjus, Orange et Vienne, d'une colonie dans les derniers temps de la vie de César (sept, 4(j-Tnars 44). D'Arles partait vers Nîmes et Narbonne U voie Domiliennc créée en 122 av., parle consul Cn. Domitius Ahenobarbus. Auguste engagea le fils cl successeur du roi Caius Julius Donnus. qui s'appËlait Marcus Julius Cottius, à construire entre Turin et Arles une voie se dirigeant le long de la Durance. Cottius devait la mener de Suseà Sisteron. par Briançon, Embrun, Chorges. Gap et Tallard. L'allié de Rome suivit certainement ce conseil, puisque la voie en question porte son nom'.

Du côté des Gaules, Auguste agit comme du ciMé de l'Italie. A travers le territoire des Voconces, peuple fédéré, il organise une route pour passer du Rhâne au Pâ, de l'ouesi à l'est et le long de la Drôme, De fait, à l'entrée du terroir des Voconces, c'est Aouste, puis Dca Augusta Vocontiorum 'Die'l ; puis, avant de sortir du terroir des Voconces. Lucus Augusti (Luc-en-Diois)*. Pareillement, de Lyon et de Vienne, deu.x routes devaient remonter l'une le Rhône, pour gagner Genève et le Valais, l'autre la Tarentaise. pour retomber par le petit St-Bernard sur ,\oste. Exactement aux frontières des Allobroges et de la Province, au point où les deux directions se séparent, on trouve la localité d'Aoste-<n-Bugey (Augusta AUobrogum}. Enfin, au sud, Augusta Tricastinorum |St-Paul-Trois-Châtcaux) et Julia Augusta Vasio Vocontiorum (Vaison) complétaient le système. Des deux côiés des Alpes et non loin des frontières, Augusta Tricastinorum correspondait à Augusta

• Sinbon. IV, I, J; IV. i. ta. — Ammicn Msrcellin. XV. 8. iS; 10. 1. — Tacite : 1,61,87; IV, 68. Julien, ad Aih. p. >86. — Ftntg. inc in Coruuni. 7, 3 ; Pancg. in Nu*r. ai, ». — Enaod. Itin. — C. I. L.V Xll. pp. ËiA^; I. V.p. 809.

* Cm. iltrxfig, Gtllic Narboneniii... hinoria... Lipsic 1K4, p. Çï.

Bagiennorum, Augusia Voconiiorum à Augusta Taurinorum et Augusta Allobrogum à Augusta Salassorum, Ces établissements aux frontières de la province, sous le nom d'Auguste, furent fondés de 27 à 22 av. J.-C. En effet, en 22, l'organisation de la province était considérée comme achevée: elle cessa d*étre une province impériale et Auguste la transmit au Sénat.

La via per alpem Cottiam, à travers les états du roi Cottius, devait servir de trait d'union entre les postes romains de la Cisalpine et ceux de la Transalpine. Mais le roi ne pouvait faire aboutir sa voie que d*accord avec ses voisins, notamment avec les Caturiges. La plupart des peuples alpins de la région, inquiets de se voir serrés de près et traversés, se révoltèrent contre cet essai de pénétration pacifique et Auguste, pour faire aboutir ses projets, se vit forcé de les soumettre en 14 av. J.-C. *. Quand cette opération fut achevée, le Sénat lui éleva sur la

« G. Btoch, p. i33.

M. Bloch, ajoute : « Les pays conquis étaient trop étrangers à la civilisation romaine pour être annexés à l'Italie ou même à la Narbonnaise. Ils ne formèrent pas non plus un gouvernement unique. Ils exigeaient la présence de nombreuses garnisons... Auguste... divisa CCS territoires en districts dont il remit l'administration à des fonctionnaires... choisis dans l'ordre équestre et n'ayant sous leurs ordres que des contingents auxiliaires, car on n'admettait pas qu'un chevalier fût un personnage assez considérable pour commander le corps proprement romain, la légion. Ils avaient le titre de préfet qui fut remplacé, depuis Claude et Néron, par celui de procurateur... Cottius... reçut, vers l'an 8 av. J.-C, le titre de préfet. Ce n'était pas une déchéance, mais une faveur insigne : un roitelet barbare était peu de chose auprès d'un préfet romain. » (/6t^., p. 134).

A cette époque, les légats des trois Gaules furent successivement: 22-21. Marcus Vipsanius Agrippa, qui fonde Mayence et Cologne et qui tîxc le système routier; 2i-i5, M. Vinicius; 15-14, Ti. Cltudius Noro. gendre d'Auguste, qui sera Tibère; 14-9, Drusus, frère de Tibère ; tH>. Tibère (/6t\/., p. i3i».

(Vcsi vers l'an 12. les Alpes soumises, que Drusus et Tibère se por^ tèrcnt vers la (îormanio (tbùi., p. i3ô). En 38, quand Agrippa fonda Cologne, ce turent les* l'biens. peuple dévoué à Rome, qu'il y installa, à titre auxiliaire, pour garder le Khin sur ce point contre tt Germanie (/^^/.. p. i?;).

frontière des Alpes-Maritimes un trophée à la Turbie (27 juin 7-26 juin 6 av. J.-C.)» énumérant tous les vaincus. Dans la lutte, Taide deCottius dut lui être utile et peut être, à ce moment, celui-ci se soumit-il expressément au protectorat de l'empereur.

Cottius possédait déjà les Segusini (Suse), sur le versant oriental, et les ÇwariWc5 (le Queyras), sur le versant occidental. En récompense, il reçut une partie des peuple^ vaincus, notamment les Medulli (Maurienne), les Caturiges (Embrun et Chorges), les Segovii ou Sogiontii (le Buëch), les AdanateSy ou Edenates (Ainac et Seyne ?), les Vesubiani, ou Esubiani (rUbaye?), les Veawiinii (Guillaumes?), les Egdinii (la Tinée). On voit que les Caturiges comportent \t^ Avant ici (Gap, la Vance) et les Brigiani (Briançon). En même temps, il eut, sa vie durant, le titre de préfet pour gouverner ses états agrandis. Par reconnaissance, il éleva à Suse, en l'honneur d'Auguste, un arc de triomphe qui subsiste toujours (27 juin 9-26 juin 8 av. J.-C). Auguste mourut: avant 44, M. Julius Cottius disparut et fut remplacé par son fils C. Julius Cottius. En 44, Claude augmente encore retendue du royaume. Puis, Suétone raconte que ce dernier roi mourut en 64 et que Néron annexa le royaume à Tempire, de manière à en faire une province spéciale. En 68 ou 69, Galba en sépare les Bodiontici (Digne) et les Avantici (Gap), pour les joindre à la Narbonnaise. Les Bodiontici devaient faire retour aux Alpes Maritimes; mais, pour les Avantici^ ce fut une mesure définitive.

Ainsi, Gap s'est trouvé sur la frontière de Tempire romain depuis Tan 120 av. J.-C. jusqu'à l'an 64 apr. J.-C. : la fondation du quadrilatère est forcément comprise entre ces deux dates.

Ce quadrilatère est manifestement établi sur la via per alpem Cottiam déjà existante : il ne peut guère être antérieur à M. Julius Cottius qui Ta régularisée et à Auguste qui lui a tait exécuter ce travail. De 27 à 22 av. J.-C, Auguste établit la voie du Rhône au Buëch, le long de la Drôme et chez les Voconces. L'indépendance des peuples alpins dut

Tempëcher de la faire aboutir à la voie Cottienne avant leur soumission, c'est-à-dire avant Tan 14 au plutôt. Cette jonction, de la voie de la Drôme avec celle de la Durance, était certainement opérée quand fut élevé le monument triomphal de la Turbie, Tan 8 av. J.-C. au plus tard.

C'est à Gap, précisément, que la voie des Voconces gagne la voie Cottienne : au lieu de se présenter sur Tune des portes de lenceinte, elle arrive à angle droit sur la voie Cottienne*, à environ 65™, vers le sud-ouest du quadrilatère, en suivant le petit vallon du ruisseau qui garnit le front de ce côté. De plus, une autre voie, se dirigeant sur Grenoble par Romette et le Drac, s'embranchera sur la voie Cottienne, au passage de la Luye, à ôoo'" environ du front nord-est. Gap sera ainsi le point de jonction des vallées du Drac et de la Drôme vers celle de la Durance et, par suite, un point stratégique à avoir en main.

Si Ton recherche les bornes milliaires, en petit nombre, qui ont été retrouvées sur le parcours de la voie Cottienne, on peut en grouper cinq. Il en existe deux des Antonins, quand le royaume était déjà réduit en province: la troisième provient d'une réparation qui peut remonter à Tibère (14-37). Les deux plus anciennes de ces bornes* sont précisément d'Auguste et toutes deux du même moment de son principat. L'empereur César, fils du divin Jules, Auguste, Souverain Pontife, était alors consul pour XI I« fois, désigné pour son XIII< consulat, revêtu de l'empire pour la XIIII^ fois et du pouvoir de tribun pour la XXI^. Cet ensemble de qualités et de dignités convient à une date comprise entre le 27 juin de l'an 3* et le i" janvier de l'an 2 av. J.-C.*. Il parait évident

* Par la rue St-Arev actuelle.

* C. I. L. i. XII. n** 5497 et 55oo, — Maurice Besnier, Note sur une inscription de Pompéi. {Revue des études anciennes, t. VII, n* 1, janv.-mars iqoS, Bordeaux, Feret, p. 19 et n. 4I.

^ Date à laquelle Auguste assuma sa 21* puissance tribunicienne.

* Date à laquelle il inaugura son i3' consulat. Dès le mois d'octobre de l'an 3. au plus tard, il était désigné pour ce consulat nouveau. (Gagnât, (Sours d'épigraphie latine. 3* éd. Paris, Fontemoing, 1898, p. 92).

Ii39] i8o

que Ton prcxréda à un bornage des voies Aurélienne et Cottienne à Tautomne de Tan 3 av. J.-C.*. De l'autre côté des Alpes, on procédait au même moment à des travaux analogues, comme le prouve ce pont sur un domaine privé élevé alors près d'Aoste *.

Ainsi, Auguste fait, probablement en 22, établir par Agrippa, la voie de la Drôme sur le terroir des Voconces fédérés afin de gagner la Durance et le Mont-Genèvre. Cette route est jalonnée par Aouste, Die, Luc, comme de l'autre côté des Alpes, par Turin. Au milieu de Tan 16, l'empereur se rend de sa personne à Lyon et c'est à son passage, sans doute, qu'il ordonne d'élever l'enceinte de la colonie de Nîmes'. En l'an 14, il fait soumettre, par Tibère et Drusus, les peuples de la Durance, jusqu'alors indépendants et plus ou moins hostiles. D'abord neutre dans la lutte, le roi Cotiius apporte son concours à l'empereur et reçoit de lui, en récompense, avec le titre de préfet, les vallées du Buëch, de la Luye et de la Durance, depuis Séûse jusqu'au Mont-Genèvre.

Au milieu de l'an i3, Auguste quitte les Gaules. Il y revient en l'an 10, puis, pour la dernière fois en l'an 8 et, à

* C. I. L. XII, 5481-5484, 5488-5489, 5497-5500. Cf. Besnier, p. 19 et n. 3, 4. — Espérandieu, pp. 61 -85.

Il serait injuste d'oublier que Tune de ces deux bornes milliaires, trouvée k Apt, au quartier des Grands-Champs, a été publiée pour la première fois par Florian Vallentin, En effet, cet érudit fort attentif et méritant a remarqué avec soin un détail qui a sa valeur. Le titre de PATER PATRIAE, qui occupe la première ligne, a été gravé après coup au-dessus de l'inscription et en lettres plus petites. Cela s'explique très bien : les bornes, gravées à l'automne de l'an 3, venaient d'être mises en place ou allaient l'être, quand Auguste fut salué, le 5 février 752, du titre de Père de la Patrie. Le service de la voirie fit ajouter le nouveau titre sur les pierres (Florian Vallentin. Les Alpes Cottiennes et Graies, Géographie gallo-romaine. Paris. Champion, i883, p. 94 et n. 1).

* Giovanni Oberi^iner, Le guerre di Augusto contro i popoli Alpini. Roma, Lœscher, 1900, p. 35 et n. 8.

' [27 juin 16-26 juin i5]. Imperator Caesar, Divi filius, Augustus consul XI, tribunicia potesute VIII, portas muros colonise dat. (Ern, Her^og, GtU. Narb. historia, Appendix, p. a5, n* 95).

cette occasion, Cottius inaugure en son honneur Tare de triomphe de Suse. En 7 ou en 6, le Sénat consacre l*œuvrc d'Auguste dans les Alpes en lui élevant le monument de la Turbie. Enfin, dans les derniers mois de Tan 3, on achève de limiter les voies de la Narbonnaise.

Cette succession d^événements est très significative. Il est évident que le premier soin de l'empereur, après avoir soumis les Caturiges en 14, dut être d'assurer leur fidélité en établissant chez eux, près de la frontière et sur un poiQt stratégique, une garnison qui les tint en respect.

Vauban et Bourcet sont d'accord pour dire que la guerre ne peut guère être faite dans ce pays, de novembre à juin* ; les Romains devaient craindre au moins autant les Alpes que les ingénieurs modernes et la campagne d'Auguste contre les Caturiges se place sans doute de juin à octobre 14.

On peut donc être assuré que Gap fut le site choisi, au point de croisement des voies, et que cette place permanente fut établie dès le solstice d'hiver de l'an 740 (14 av. J. C), ou, au plus tard, au solstice d'été de Tan 741 (i3 av. J. C),

* Dans son Etat de Gap, daté du aa décembre 169a, Vauban dit : « Il est à remarquer que des armées n'oseraient hasarder d'entrer dans ce pays-ci depuis la Toussaint jusqu'à la fin de mars, crainte d'être coupées des neiges, ni depuis la fin de mars iusqu'à la fin de juin, la fonte des mêmes neiges faisant que la Durance n'est pas guéable ni les blés et fourrages assez avancés pour en pouvoir profiter notamment dans le Briançonnais et Embrunais; mais, depuis Gap en bas, les saisons avancent davantage et on pourrait y trouver quelques fourrages au mois de juin ». {[A. de Rochas] La campagne de 169a dans le Haut-Dauphiné. Grenoble, Maisonville, 1874, extrait du Bull, de la Soc. de statist. de l'Isère, pp. 1 16-117).

Quant à Bourcet, en 1775, il dit : « Seule, l'étendue des comtés de Beuil et de Nice fournit par la bonté de son climat le moyen d'y commencer les opérations de guerre dans le mois de mars et de les continuer jusqu'au mois de décembre, au lieu que la partie comprise depuis Barcelonnette jusqu'aux frontières des Suisses ne peut permettre aucune opération d'otVcnsivc avant la fin de juin et ne donne la liberté de les continuer que jusqu'à la fin de septembre ». (Ministère de la guerre. Principes de la guerre de montagne par M. de Bourcet... 1775. Paris, impr. nat., 1888, pp. 19-30).

mil

quand Auguste, consul pour la onzième fois ei empereur pour la dixlÈme. se trouvait dans sa dixième puissance Iribuniciennc. Au moment où il quitta le^ Gaules, au milieu de l'an i3, ce devait être acheva et en ordre.

On sait que l'équinoxe du printemps, en 45 av. J. C, quand fut établi le calendrier Julien, était observé le a5 mars'. Le solstice d'été était observé le 34 juin, réquinoxe d'automne, le 34 septembre et le solstice d'hiver, le a5 décembre'. Pour l'équinoxe de printemps. César conservait ainsi une date traditionnelle, qui depuis longtemps avait cessé de répondre à la réalité. Elle avait pu se trouver exaae au IV' et au ni' siècle avant J.-C, c'est-à-dire au moment où l'équinoxe de printemps avait cessé de correspondre, dans le zodiaque, au si^^nc du Bélier, pour passer au signe des Poissons ^, Au moment de la mise en vigueur du calendrier Julien, l'équinoxe de printemps tombait en réalité le 33 mars '. L'année Julienne de 365 jours 1.4 était trop longue de 1 1' 2" par rapport à l'année tropique et trop

' A. CiVv. Manuel Je Jiplomttiqae, Paris, Miitlieiie. 1894. p. 160.

* Gutendi a publié jadis le calendrier julien : son livre n'> pas caii i'itre utile. Il y en ■ de modernes cl de plus gros, consacrés à U chronologie, ob ce calendrier ne lîgure pis (Romaitutn CalendariuM uompcndioat eiposiluin, accetsii corollarium de rom*no Mirlyrolcigio, authore Petra Gassendo Dinivnsis ccc'esia; prKposilo. regio nutheuos professore- Pariiiii, apud viduam Malhurini Dupuis. lii Jacobel. sub iinna Coronc aurec M. DC. LtV. Cum priiil<^io Rqps, Jn-4- de 16 pp. nch, + 1-91 + 91 + 9«S + W + 97 + «fr^? •^ 100-1B9 -\- 1 p. nch). Le lexie du calendrier csi aux pp. it-îi. Cl. A. BoucKé-Lectercq, Manuel dex insiiiutions romaines, Paris. Hachetie. tSK, pp. 5R7-589. Cet auteur juge inutile de donner let leur» nuodimIu : au moins indiquc-t-il corrcctcmeni le bitïcxie (p. 5S7t entre le VI «t l« VII des calendes 4c mart. tandis que Giry (pp. 117. i33, 119, j3S, «41, 347 et liî) place par inadvertance ce bissexie entre le V cl te VI des caleiid«s.

' Anquetil. IliU. de France, nour. éd.. i. K, Paris. Janet el Cotelle. •A17, p. !>o3, tableau V. Situation de i*équinoxe de prinicmpt dans le lodttque.

* l¥i^.. p. 5<i), Ubieau VI ; Quiniiéme de l'équinoxe du printemps Iricr julien.

courte de 9* 11" par rapport à Tannée sidérale ^ Au temps du concile de Nicée^ en 325, c'était déjà au 21 mars que, par conséquent, se produisait Téquinoxe de printemps. Enfin, en i58i, Terreur accumulée avait fait remonter cette date astronomique au 11 mars*. La bulle du 24 février i58i/2, qui institua le calendrier Grégorien et donna une valeur plus exacte à la durée de Tannée, voulut ramener Téquinoxe, non pas au 23, mais au 21 mars : le pape tenait à être d'accord, non pas avec le cours réel des astres ou avec Jules César, mais avec le concile de Nicée. 11 supprima donc dix jours, au lieu d'en supprimer douze et le lendemain du 4 octobre i582 fut le i5 octobre en Italie; en France, on attendit deux mois de plus et on passa du 9 décembre au 20 décembre*.

Actuellement, les équinoxes et solstices sont fixés, en moyenne, aux 20 mars, 21 juin, 22 septembre et 21 décembre.

De Tan 45 à Tan 5 av. J.-C, les pontifes, par erreur, insérèrent une année bissextile tous les trois ans, quand il la fallait tous les quatre ans seulement. En Tan 4 av. J.-C., Auguste corrigea cette bévue qui avait déjà ajouté 3 jours de trop*.

Ces constatations faites, on rappelle qu*il y a huit dates possibles pour la fondation de Gap, suivant qu'on a observé le lever ou le coucher du soleil, soit sur l'horizon apparent, soit sur Thorizon astronomique.

Si l'observation inaugurale a été opérée sur Thorizon astronomique et au lever du soleil, cette observation a dû avoir lieu, de dix à onze jours avant ou de dix à onze jours après le solstice d'été. Au coucher du soleil, elle a dû avoir

< Au temps d'Hipparque, l'année tropique valait» en effet, 365 jours 5 heures 48'58**. Maintenant, elle ne vaut plus que 365 jours 5 heures 48*47**, soit ii*i3** de moins que Tannée julienne.

• A. Giry\ p. 162.

^ Ibid., p. i65.

* James Gow et Salomon Reinach. Minerva, 3* éd., Paris, Hachette, 1890, p. 146.

lieu, de dix à onze jours avant ou de dix à onze jours après le solstice d'hiver.

Si l'observation a été opérée sur l'horizon apparent et au lever du soleil, cette observation a dû avoir lieu de quatorze à quinze jours avant ou après le solstice d'été. Au coucher du soleil, cette observation a été opérée environ treize jours avant ou après le solstice d'hiver.

A cette époque, pour un équinoxe de printemps tombant réellement le 23 mars, les dates correspondantes des solstices sont celles du 24 juin et du 24 décembre. Les huit dates possibles sont donc :

i^ tirThoriMB aslroooQiiqiie, au lever, vers les i3 et 14 juin.

2® — — — vers les 4 et 5 juillet.

3^ — — au coucher, vers les 1 3 et 14 décembre.

4<> — — — vers les 3 et 4 janvier.

5^ tir rboriMD ap^real, au lever, vers les 9 et 10 juin.

6^ — — — vers les 8 et 9 juillet.

7^ — — au coucher, vers le 1 1 décembre.

8® — — — vers le 6 janvier.

Ces huit dates flottent entre le 1 1 décembre de l'an 14 av. J.-C. et le 9 juillet de l'an i3 av. J.-C.

Dans le calendrier romain, elles se transposent ainsi qu'il suit :

9 et 10 juin = V et IV Idus junii.

i3 et 14 juin = Idibus junii et XVIII Kl. julii.

4 et 5 juillet = IV et III Nonas julii.

8 et 9 juillet = VIII et VII Idus julii.

Il décembre = III Idus decembris.

i3 et 14 décembre = Idibus decembris et XIX Kl. januarii.

3 et 4 janvier = III et Pridie Nonas januarii.

6 janvier = VIII Idus januarii.

Régulièrement, les années 45, 41, 37, 33, 29, 25. 21, 17, i3, 9 et 5, auraient dû seules être bissextiles : en fait, les pontifes intercalèrent le bissexte dans les années 45, 42, 39, 36, 33, 3o, 27, 24, 21, 18, 1 5, I a, 9 et 6.

Pour les dates du 1 1 décembre 14 au 6 janvier 1 3 av. J.-C., il faut donc tenir compte d'un retard de trois jours ; pour

les dates du 9 juin au 9 juillet de l'an i3 av. J.-C., d*un retard de deux jours seulement.

On eut donc,

par le fait et à tort :

En 14, XIX KL januarii

— XVII KL januarii

— XVI KL januarii En i3, VIII Idus januarii

— VIL Idus januarii

— V Idus januarii

— /// Idus junii

— Pridie Idus junii

— XVII. KL juin

— XVL KL juin

— Pridie Nonas julii

— Nonis julii

— VI , Idus julii

— V Idus julii

au lieu des dates correctes.

/// Idus decembris Idibus decembris XIX KL januarii

III Nonas januarii Pridie Nonas januarii VIII Idus januarii

V Idus junii

IV Idus junii Idibus junii XVIII KL julii IV, Nonas julii III Nonas julii VIII Idus julii VII Idus julii

Il y a moyen de réduire le nombre de ces dates possibles.

Pour les romains, Tannée se divisait en dies festin jours fériés, et en dies pro/esti, jours ouvrables. Les jours fériés étaient remplis par le culte des dieux: on ne pouvait vaquer qu*aux sacrifices, aux banquets et aux jeux offerts en leur honneur. Les jours ouvrables pouvaient seuls être consacrés, les uns à l'administration de la justice, les autres aux assemblées politiques, ou à la guerre s'il y avait lieu. Quand les devoirs publics étaient remplis, chaque citoyen vaquait à ses affaires particulières. Ce qui était permis pendant les jours ouvrables ne l'était pas pendant les jours fériés : aussi, ceux là étaient qualifiés de fastes, ceux-ci, de néfastes.

A celte organisation primordiale, vinrent s'ajouter, en raison des sentiments ou des souvenirs populaires, les dies atri, anniversaires funestes, les dies vitiosiy jours de fâcheux augure, les dies religiosi, consacrés aux morts et enfin les dies postridiani, ou lendemains de fête.

Tels éuient ceux qui ramenaient les ides de Mars (assasinat de César), le XV des calendes de Scxiilis (désastre de l'Allia), le IV des nones deScxtilis (désasire de Cannes), Tel, le IV des noncs d'octobre (jeune de Cérèsi. De mfime, tout ce qui rappelait le culte des moris iFeralia, Xll et IX des calendes de mars ; Lemuria. Vil des ides de mai ; Dits Manibas. Il des noncs d'octobre; Mundus paM, IX des calendes de septembre, III des noncs d'octobre et VI des ides de novembre). Un sénaïus consulte avait rangé parmi les jours de fâcheux augure tous les lendemains des calendes, des nones et des ides ; beaucoup se faisaient un scrupule d'agir le IV des calendes, des nones et des ides. Eniin. Auguste, dit-on, n'aurait rien entrepris le jour des nones : ce qui se conçoit d'autant mieux que. en principe, les calendes, les nones et les ides étaient des jours de fêtes.

Si l'on examine à ce point de vue les dates possibles pour la fondation de Gap, on note que le XIX des calendes de janvier est un dies postridianus. comme lendemain des ides ; le XVII des calendes de janvier, veille des Saturnales, était l'un des 184 jours de l'année où il était permis, en principe, d'assembler le peuple. Le XVI des calendes de janvier est le jour néfaste des Saturnales et leur premier iour,car elles en duraient cinq. Le Vlll des ides de janvier, lendemain des nones, est un dies poslridianus. Le VII des ides de janvier est un jour où il était permis d'assembler le peuple. Le V des ides de janvier est le jour nétaste des Agonalia. Le III des ides de juin est le jour néfaste des Siatralia: le 11 des ides de juin est également néfaste. Le XVll des calendes de juillet, Quando Stercus Delatum, Fas, était faste à dater du moment où le fumier était enlevé du temple de Vesta. Le XVI des calendes de juillet était un jour d'assemblée. La veille des nones de juillet était néfaste: consacré \ la Fortuna muliebria. ce jour ouvrait les Ludi Apollinares. Le VI et le V des ides de juillet, pendant les jeux, étaient en principe, des jours d'assemblée.

Sur quatorze dates possibles, il yen a déjà dix d'écar- Restent le XVll des calendes de janvier, le Vli des de janvier, le soir du XVII des calendes de juillelct

XVI des calendes de juillet.

Ces quuire dûtes, enire lesquelles il faut choisir, supi l'observation raile à l'horizon astronotniquc; les deux p ftiiferes, au coucher, les deux dernières au lever du soldl sur cet horizon. Comine le Tiiniierdu temple de Va n'était sûrement pas emporté avant le lever du soleil i XVII des calendes de juillet, cette date se trouve i éliminée.

Restent le XVII des calendes de janvier et le VII des M de janvier pour le coucher du soleil, onze jours avant \ après le solstice d'hiver. Reste également le XVI des ca^^ des de juillet pour le lever du soleil, dix jours avant te solstice d'été.

Puisque lesCaturiges ont été soumis de juin i octobre 14, le premier soin de Rotne a dû être d'asseoir sa domination en établissant chez eux le chAteau permanent de Gap. Il serait surprenant que, la soumission obtenue, 1 politique prévoyante ait laissé arriver et passer l'hiver s jeter les bases de cette domination. Il est donc fort peu p bable que la fondation de Gap doive être reculée jusqu^l XVI des calendes de juillet de l'an i3 av. J.-C. D'autre p comme l'arrivée de l'hiver était à craindre, il y avait (M de se presser le plus possible. C'est donc la date du XV des calendes de janvier, à la fin de l'an 14. qui demeure 11 plus probable pour l'observation inaugurale.

Fort souvent, l'automne est une saison qui oiïre encore de très beaux jours dans le pays de Gap : on y connaît cl on y apprécie l'été de la Saint-Martin. Les Romains, euxmêmes, connaissaient bien cette saison: à tel point qu'ils l'inscrivaient sur leur calendrier Ces jours calmcsct beaux, ce sont les jours alcyonicns. Depuis le III des ides de d cembre, ils s'étendent jusqu'au IX des calendes de janviaj ce sont les quatorze jours qui précèdent le solstice d'hîvl

Le mois, dédié à Vesta, est encombre de fêtes Les Ftl^ natta se célèbrent aux nones, les Agonalia le III des i la veille des ides, on Tétait Consus sur l'Avcntin. aux t^ Jupiter et la Terre. Les Contualia se cclébraicni le XV des calendes de janvier, les Salurnalia le XVI, les Opt le XIV, les Divalia le XII. les Lan-ntalia le X.

\ |147I iSS

Les danses des Agonalia étaieni faites, quatre fois l'an, I par les Salicns installés sur le Quirinal, colline d'origine [-Sabine' (9 janvier, 17 mars, ai mai, 11 décembre). Les f Salurnalia ( 17 déc.) fêtes des pères et des mères de tamîlle, les Opalia (19 déc.) rappelaient le culte de Saturne [Salurnus Consiyiusj ei de son épouse Ops Consivia : ce culte, attaché à la partie méridionale du Capitole et à la roche Tarpéienne, occupée jadis par les Toscans, avait été porté au calendrier romain quand le Capitole s'était trouvé joint à Rome*. Saturne était le dieu des semailles*. Les Faunalia (5 déc.), rappelaient le dieu Faunus. souille fécond Cl esprit prophétique, adore dans un bois de hêtres sur l'Esquilin'. Enfin, les Consuaiia (i5 déc), les Divalia ou Angeronalia (ai déc), les Latcntalia (33 déc.) rappelaient des cultes propres à la Roma quadrata du Palatin*. Tandis que le culte à' A ngerona et les cérémonies funèbres des ' Larentalia provenaient du Cennalus de Remus, le culte de I Conius, appartenait au Palatium de Romulua*. Cornus, qui vivifiait la terre, avait un autel souterrain que l'on découvrait trois fois par an (7 juillet, 31 aoilt, i5 décembre); les vestales et les pontifes éuient chargés de son culte. Ainsi, aux approches du solstice d'hiver, quand le soleil f allait renaître, Rome adorait la fécondité future et attendue. Sur l'Esquilin, c'était Faunus qui la promettait (5 déc); sur le Capitole. c'était Saturne (17 déc.) et Ops son épouse (19 déc.) ; sur le Palatin, c'était Cornus (i5 déc). Une ville nouvelle ne pouvait naître sous de plus heureux auspices que Gap, entre les réveils de Consux et de Saturne. Eu égard à de tels parrains, ses destinées ont été jusqu'ici bien modcstes. Si le grain était excellent, il faut croire que la terre roà il fut jeté manquait de force.

En somme, très probablement, Gap s'est trouvé fondé le

■ A. Bouchi-Lecltrcq, p. 491 c

■ tbid., p. 4S9.

■ Ibid., p. 6^";.

* ibUl., p. 4S6.

* Ibid., p. 4».

* IM.. pp. ^t-é^i.

sixième jour alcyonien, entre les Consualia ei les Satuma>fl les; c'est-à-dire le XVil des calendes de janvier, à la fin T du consulat de M. Licinius Crassus et de Cn. Corneliusl Lentulus. Auguste était revêtu de la puissance tribuniciennefl pour la X', consul pour la XI' et empereur pour la X< fois, f Le futur Tibère, lépat des trois Gaules et gendre de l'em- J pereur, Ti. Claudius Nero, vainqueur des peuples alpins, j allait abandonner la légation des Gaules pour inaugurer aux calendes de janvier son premier consulat, en compi gnie de P. Quinctilius Varus.

Dans le calendrier julien correct, cette date correspond 1 aux ides de décembre et, dans le calendrier julien suivant l'ère chrétienne, au i3 décembre de l'an 14 av. J.-C.

Fait à remarquer, dans le système des lettres nundinales, ce XVII des calendes de janvier de l'an 14 av. J.-C,, fui précisément un jour de marché. Les réunions plébéiennes se tenaient volontiers ce jour-là, qui n'était plus un jour férié et néfaste, peut-être depuis la loi Hortensia (287) ei en tout cas depuis la loi Clodia (58 av. J.-C)'.

Si les sept jours de la semaine eussent déjà été en usage, J au lieu des mindinœ àc huit jours, c'eût été un vendredii^ La lune devait être à son septième jour ou environ. Enfin, dans le calendrier grégorien, celte date équivaut, en réalité, au 1 1 décembre ; car, sur une surabondance de douze jours, la réforme papale n'en a fait disparaître que dix.

Le royaume de Cottius était soumis au protectorat de.l l'empereur : mais ce n'était pas une province romaine, f

* Le jour de marché revenait tous les huit jours. Pour djiermino] cette date, on emploie les huit lettres, A, B. C, D, E, F, Q, H i elles » succèdenl[du i" janvier au 3i décembre, de telle sorte que A correspond au i" janvier et E, par conséquent, au 3i décembre. Le biisexte, qui ne compte pas comme jour civil, ne comporte pas de lettre nundinale. La lettre A. désignant les jours de marché en ^5 av. J.-C., est remplacée successivement les années suivantes par D (44), G (43). B(4»t. E (41), H (4D),LC (39), F (38). A (3;) et ainsi de suite. Pir conséquent, en 14 av. J.-C, c'est (a lettre F, qui tombe le V] des 11 de décembre |8 déc.;, le XVII et te IX des calendes de janvier |i6

« Bouchi-Leclercq, p. 116, n. 1.

Aussi, dans toute son étendue on ne trouve aucune localité à laquelle Auguste ait donné son nom '. Gap ne pouvait prétendre à cetie fortune comme Aouste, Die ou Luc.

Placé sous la dépendance d'un préfet barbare, ce poste permanent ne pouvait être occupé, non plus, par des troupes prétoriennes comme Aoste. par des citoyens romains ou même par des contingents empruntés k un peuple fédéré comme l'étaient les Voconces. En effet, les fédérés n'étaient pas soumis à i"impôt foncier et, en raison de leurs privilèges, on ne les eût pas subordonnés à Cottius.

La garnison, qui était chargée de maintenir la province des Alpes Maritimes voisine, se composait de la première cohorte Ligure. Cette troupe auxiliaire comprenait des Ligures, auxquels se mélangeroni ensuite des Espagnols qui personnellement étaient citoyens romains. En [i5, cette cohorte sera transférée dans la Germanie inférieure'.

Puisque les Alpes-Marilimes étaient gardées par une cohorte de Ligures, M. Oberziner pense avec beaucoup de

< Auihoii, sur le Vançon, k l'extrémiié du diocèse de Gip et vers celui de Digne, oAre un nom qui pourrait faire penser k celui d'Autun. Mais, au lieu de représenier un Auguslodunum, cette localité doit répondre plutôt ï un Allonum. Le moni d'A-ousi ou de l'Aoust, sur les communes de Frejssinières et de Champctlla <J. Roman. Dict. lopofjr. p. 4), offre plus d'Intérfi. Les irois Gaules avaient un auiel de Rome ei d'Auguste à Ljon, la Narbonnaise avait le sien à Narbonne, les Germanies avaient le leur à Cologne, les Alpes- Maritimes i Cimiez. Si Cottius suivit cet exemple, il dut l'ériger à Suse. Cependant, des peuples montagnards qui vénéraient les cours d'eau et les sommets auraient pu dédier un de ces sommets à la divinité d'Auguste. Le mont d'Aoust est situé près de la siation antique de Rama, qui a laissé le nom de Rame. Ces constatations faites, il se peut fort bien que le mont d'Aoust n'ait aucun rapport avec Rome et Auguste.

' A propos des Alpes Maritimes. M. Oberziner dit: > Corne lutte te proviocie di confine, anche quesia ebbe le sue stabili guarnigioni, poichè... vi aveva residen» stabile unn coHors Ugurum che Tuiio chiama vetui lad auxilium. • (Oberziner, p. iBg). Cf. C. 1. L. V. a; n" 7.890, 7.891, 7.897 et Tacit. Hisl. Il, 14. L'auteur ajoute : c L'iscrizione n' 7.889 ricorda corne qui résidente la cohora I Ugurum e, per qualche tempo, la cohors I Ugurum el Hupanorum civium romanùrum, che l'anno 116 d. Chr. fu trasferita nella Germania ioferioreiC. I. L. 111, p. iiSi (lbid..p. iSg, n" 3).

raison que les Alpes Cottiennes devaient Têtre d'une manière analogue : pour cela, le roi-préfet dut recruter une cohorte auxiliaire parmi ses propres sujets. Un fait, qui se rapporte au règne de Tibère, en prouve Texistence : le prince se servait, à loccasion, de son appui quand quelque trouble éclatait hors des Alpes Cottiennes*.

Une partie de cette troupe résidait à Suse ; Tautre résidait forcément à Gap, à l'autre extrémité du royaume. Puisque le plan du quadrilatère gapençais est actuellement connu, il est d'ailleurs facile de se rendre compte de l'effectif prévu pour sa garnison.

On peut s'en rendre compte de deux manières : par le développement du front de défense et par la superficie du terrain compris dans Tenceinte.

D'après les fouilles faites sur la ligne du Rhin, le G** de la Noê note que « la disposition intérieure des castra et des castella permanents avait la plus grande ressemblance avec celle des camps passagers, telle que nous la font connaître Polybe et Hygin : l'ordre et la régularité présidaient à leur établissement. Une voie continue régnait le long du vâ//t/m; elle correspondait à la rue du Rempart de la fortification moderne. D'autres voies parallèles et perpendiculaires aux

^ A propos des Alpes Cottiennes, M. Oberziner ajoute très justement ce qui suit : « Poichè la posizione ominentemente strategica dî questo territorio fa nccessariamente supporre che Augusto stesso ed 1 suoi succcssori abbiano preso délie energiche misure per impedire nuove sollevazioni. Bcnchè quindi dalle lapidi non ci sia attestato, è verosimile che anche a Susa, corne in tutti gli altri terrrtori alpîni conquistati, vi fosse, fin daH'cpoca d'Augusto, di presidio una spéciale coorte coziana. La spéciale posizione fatta a questa provtncia, per esscr stata lasciata sotto l'amministrazione prefettizia dell* antico suo rc, è forse causa, che fosse lasciata in custodia di miiizie paesane ...prima dcl terzo secolo, i coziani non furono ascritti aile legioni perché mancavano del diritto di cittadinanza romana... L*csistenza di una coorte coziana soiio Tiberio è categoricamente attestata da Suetonio. (776., 3;), dal qualc risulta pure che essa era sotto il diretto comando deir imperaiore. Poichè egli narra che il popolo di Pollenzo, non per» mcttcndo che passasse in piazza il funerale d'un caposquadra... vi mand6... una coorte da Roma cd un' altra dal regno di Cozio... Ibid. p. 170).

i5ij 191

côtés de Tenceinte divisaient l'espace intérieur. L*unede ces voies, parallèle au côté tourné vers lennemi, partageait le camp en deux parties principales, Tune destinée à l'installation des troupes, l'autre réservée au prétoire, à la questure et à quelques autres bâtiments tels que magasins, bains, etc. Dans les camps passagers, la partie occupée par les troupes était la plus voisine du point d'attaque. On a pu constater qu'il n'en était pas toujours ainsi dans les castelta permanents où l'on parait leur avoir affecté la région la plus basse, celles où s'écoulaient les eaux grasses, suivant la remarque de M. de Cohausen. Comme on n'y a trouvé aucune trace de maçonnerie, on doit en conclure que les hommes étaient installés sous des baraques. Dans l'autre partie au contraire, ces traces étaient nombreuses ; c'est ainsi que, dans le castellum de Wiesbaden, on a retrouvé les substruaions d'un portique, d'un atrium, du prétoire, de deux établissements de bains. A propos du prétoire qui occupait toujours le centre des castella, M. de Cohausen a soin de faire remarquer que jamais cet édifice ne s'est rencontré soit placé sur une surélévation du sol, soit entouré d'un mur ou d'un fossé ' )».

Le plan de Wiesbaden montre, en effet, la partie, qui est au nord de la voie principale et la plus élevée, divisée en trois rectangles : chacun d eux est garni d'édifices et le prétoire se trouve sur celui du milieu. La partie, qui est «lu sud de la voie et la plus basse, est divisée en deux rectangles dont chacun est subdivisé en trois sections. C est la partie vide de monuments et destinée aux troupes •. Ce plan est absolument pareil à celui de Gap, comme disposition intérieure ; il en est le meilleur commentaire qu on puisse voir.

Hygin est un guide qui donne toute satisfaction 3, quand on étudie avec son aide* le plan du quadrilatère gapençais,

* W de la Noi, fasc. II, pp. 94-95.

* Ibid., pi. Vlll, fig. 19.

* Le Gai de la Noë caractérise bien sa valeur en disant que c'est un géomètre décrivant avec détail les choses de son métier, {/bid., p. i8».

* Hygini gromatici liber de munitionibus castrorum herausgegeben und erklârt von Alfred von Domaszewski, Leipzig, S. Hirzel, 1887, mit 3 ufeln.

tel que les indices topoyraphiqucs ont permis de le reconstituer.

Autant que faire se peut, les châteaux, dit-il, devront être des rectangles dont la largeur vaudra les 2/3 de la longueur et, ainsi, le souffle de la brise délassera Tarmée de sa fatigue : ce plan normal est celui d'un castrum teriiatum. Si, au lieu de valoir i/3 de plus que la largeur, la longueur est proportionnellement plus grande, ce seront des châteaux dits classica et l'appel de la trompe dans le tumulte ne pourra parvenir facilement jusqu'à la porte décumane. Si c est la largeur qui est proportionnellement plus grande, il s agit d'un château dont la forme se rapproche de celle d'un carré*. Ce dernier cas est celui de Gap. Les angles de l'enceinte sont labattus*.

De tous les côtés, il faudra avoir un cours d'eau dont les crues ne soient pas menaçantes ou une fontaine*. C'est le cas de Gap^ entre la Luye, les ruisseaux Saint-Arey et des Eyssereines, la source Saint-Arnoux.

Le sol renfermé dans l'enceinte est divisé en deux parties par la voie principale, placée entre les portes de droite et de gauche*. A Gap, cette voie est la rue de Provence qui représente le parcours urbain de la voie Cottienne.

L'assiette la plus favorable qu'on puisse adopter est celle où le sol s'étend en pente douce ** : la porte décumane est alors placée sur le point culminant.

Cette assiette jugée la plus avantageuse est celle de Gap. La voie et la porte décumanes y sont représentées par la rue

' Si latiora fucrint proxime quadraluram sequens est dictatio(//x'^/fi, p. i3 % 21^.

* An^ulos castrorum circinari oportei... {/bid., p. 28 g 54).

•* Quocumquc latcre tlumen sive fontem haberi debebit. {Hygin, p. 29 I 56).

* Via principalis qua; est inier portas dexteriorem et sinistriorem. qu,T a principiis nomcn obtinei. {Ibid., pp. H-q 5 14).

'" (^)u()d aiiincl ad soli elcciioncm in staïucnda metatione primum locum liabcni qu;t ex cainpo in cmineniiam Icniier attolluniur in qua posiiionc porta dcciniana cmincniissimo loco consiiiuiiur ut rcgioncs c.istris subjaccant. Porta pntioria scmper hostem spectare débet {/bid., p. 29 || 56).

du Séminaire qui va déboucher sur la place Saint-Arnoux, en montant vers Tangle septentrional le plus élevé. La voie et la porte prétoriennes y sont représentées par la rue disparue laquelle descendait du prétoire vers le passage Aubert et la rue Neuve.

Par analogie avec le plan de Wiesbaden, à Gap le prétoire se trouvait sur la rue de Provence, entre les rues de la Cathédrale et du Séminaire, tn c d 88 go *, sous les n*** 40, 42, 44 et 46 du plan de 1841 . Le jour où on opérera sur cet emplacement des fouilles à quatre ou cinq mètres de profondeur on en retrouvera sans doute les restes, à moins que ses bâtiments n*aient été construits en bois. Du même côté de la voie que le prétoire, entre les rues de la Cathédrale et de rOdéon, du Séminaire et du Connétable, on retrouverait les bâtiments consacrés aux services publics, comme la questure, les magasins, les bains.

Enfin, la partie basse placée vers la rue du Jardin des Plantes et sous le Séminaire donnerait sans doute moins de traces d'habitations. C'était la partie consacrée au logement des troupes et elles devaient être abritées sous des cabanes en bois.

Hygin détaille la composition de la cohorte et de la demi-cohorte montées, de la cohorte et de la demi-cohorte à pied.

La cohorte montée se composait de dix centurions, de dix centuries de fantassins, de 240 cavaliers ; elle tendait i36 tentes*. La demi-cohorte montée se composait de six centuries à pied et des autres éléments pour moitié.

La cohorte à pied se composait de dix centurions et de dix centuries : elle tendait 100 tentes. La demi-cohorte à pied comprenait six centurions et six centuries •.

* Voir fig. J, sur la pi. III hors texte.

* Habet itaque cohors equitata miliaria centurias X peditum, équités CCXL, turmas, decuriones X. Tendunt papilionibus CXXXVI ; ex eis centuriones et decuriones singulis papilionibus utuntur. Cohors equiuta quingenaria habet centurias VI, reliqua pro parte dimidia (Hygin, pp. i5-i6, { 27).

'Cohors peditata miliaria habet centurias X, tendit papilionibus C; ex eis centuriones singulis. Item peditata quingenaria habet centurias VI, reliqua ut supra (!bid,, p. 16, | 28).

igS [154J

La centurie pleine était de 80 hommes. Chaque tente couvrant 8 hommes, c*étaient 10 tentes par centurie au complet*. Et, puisque la cohorte à pied tendait 100 tentes, on voit qu'elle comportait 800 hommes, c'est-à-dire dix centuries pleines, plus 80 décurions, 10 centurions et un chef de corps, soit un effectif total de 891 hommes. La demi-cohorte à pied comportait donc 6 centuries pleines, c'est-à-dire 480 hommes, plus 48 décurions, 6 centurions et un chef de corps, ce qui porte leffectif total à 535 hommes.

Pour les troupes montées, il y a une différence. Hygin spécifie que la cohorte montée comprend 240 cavaliers et 760 fantassins', soit en tout 1.000 hommes de troupe. Puisque ces 760 fantassins composent dix centuries, on voit que les centuries des troupes accompagnées de cavalerie se trouvaient réduites de 80 à 76 hommes, c'est-à-dire de 5/100.

Les centurions avaient, chacun, leur icMc ; les décurions étaient également à part.

Mais, comme le quart de leffectif montait la garde de nuit, le nombre des tentes des hommes de troupes se trouvait ainsi réduit aux 3/4, ou, tout au moins, aux 4/5; cela permettait de faire place aux tentes des sous-officiers dans le quartier des troupes sans augmentation d'étendue sur le terrain.

* Plena centuria habei milites LXXX.

Papilio unus occupât pedes X, accipit incrementum tensur« pedes II, tegit homines VIII. Plena centuria habct milites LXXX; erunt papilioncs X qui decurrunt in longitudinc pedum CXX. Nam, quod ad latitudinem hemistrigii pedum XXX attinct, papilioni dantur pedes X, armis pedes V, iumentis pedes IX; fiunt pedes XXIV; hoc bis: XLVIII quoniam cum compare tendent. Kfficitur striga pedum LX ; reliqui pedes XII, qui convcrsantibus spatio sufficient. Hkc pedatura ad plenam centuriam est computata. Kx quibus, in vigiliis singulis, quaterni erunt et non plus quam octonos papiliones singulc tendunt. lia fit, ut centurio eorum in cadem pcdaiura eorum papilionum tensionem accipint ; alioquin plus dari oportuissct iHygin, pp. i-a, ) i).

* llabct itaquc cohors cquitaia iniliaria équités CCXL... Accedunt ex ea cohorte miliaria, dctractis equitibus reliqui pedites DCCLX... (Ibiii., p. i.S, I 25).

En somme, la cohorte montée de i.ooo hommes comportait :

i® Le chef de corps 1 tente

20 10 centurions 10 —

3® 240 cavaliers 3o —

4<» 760 fantassins* gS —

Total i36 tentes

De plus, un cheval tenait la place de i homme 1/2 ; par conséquent l'espace nécessaire aux 240 chevaux équivalait à celui de 36o hommes ou à celui de 43 tentes

Total général 181 tentes

Chaque tente couvrait 12 X 24 = 288 pieds carrés et même 12 X 3o = 36o pieds carrés, en comptant lespace nécessaire à la circulation.

Il fallait donc à une cohorte montée 180 X 36o = 64.800 pieds carrés. Cet espace étant la moitié de la surface du château, répond à 129.600 pieds carrés pour la superficie totale de la place. C'est la superficie d'un carré de 36o pieds de côté, c'est-à-dire de 1.440 pieds de pourtour*.

* Sur ces 760 fantassins, le 1/4, soit 190 hommes, montaient la garde : cela faisait gagner plus de 20 tentes et l'espace de ces 20 tentes servait à dresser celles des 80 décurions. II y avait donc 4 décurions par tente : ou même, 3 seulement, si le quart d'entre eux se joignait à la garde de nuit.

* M. J. Roman a examiné jadis le camp des Baumettes, au Serrela-Croix. Suivant lui, son parallélogramme mesure i25" sur io5" ; il est entouré d'un palium de terre de i"5o à 2" de haut et il est garni, à chaque angle, d'une tour circulaire dont les murs sont en pierres bâties à mortier. Le fossé a environ 2" de profondeur. Au bas de la colline, existe une villa romaine qui parait être de la fin du 111* ou du IV siècle (J, Roman, Répert. archéol., col. 89-go). Ce camp permanent qui serait à étudier de près aurait pu, par ses dimensions, suffire à une cohorte montée de i.ooo hommes.

Pour la demi-cohorte montée :

i® Le chef de corps i tente

2^ 6 centurions 6 —

3^ 120 cavaliers i5 —

4» 456 fantassins Sy —

L*espace de 120 chevaux 22, Sternes

ioi,5tentes Soit 100 X 36o = 36.000 pieds carrés.

Cet espace répond à 72.000 pieds carrés de superficie totale et à un rectangle de 200 X 36o pieds, c*est-à-dire de 1.120 pieds de pourtour.

Pour la cohorte à pied :

i^ Le chef de corps i tente

2° 9 centurions 9 —

3^ 60 décurions i5 —

40 600 hommes de troupe 75 —

Total 100 tentes

Le détachement de garde, commandé par un centurion, se composait du quart de l'effectif, c'est-à-dire de 20 décurions et de 200 hommes de troupe.

Ces 100 tentes couvrent 100 X 36o = 36.ooo pieds carrés.

On voit que le château, d'un circuit de 1.120 pieds, pouvait abriter indifféremment une cohorte à pied ou une demi-cohorte montée.

Pour la demi-cohorte à pied :

1° Le chef de corps i tente

20 5 centurions 5 —

30 36 décurions 9 —

49 36o hommes 45 —

Total 60 tentes

Le détachement de garde, commandé par un centurion, se composait du quart de {^effectif, c'est-à-dire de la décurions et de 120 hommes de troupe.

Ces 60 tentes couvrent 60 X 36o = 21.600 pieds carrés.

Le double, 21.600 X 2 = 43.200 pieds carrés, équivaut à un rectangle de 120 X 36o pieds, d'un circuit de 960 pieds.

Il y a donc à choisir entre trois périmètres : le premier de 1.440 pieds, le second de 1.120 pieds et le troisième de 960 pieds.

Le choix est facile à faire. D'après le plan reconstitué du quadrilatère de Gap, le périmètre du fossé extérieur peut être de 1.222 pieds environ, c^lui de laberme de 995 ou 996 pieds, celui du front extérieur de la courtine, de 976 ou 977 pieds. 'Le front extérieur du chemin de ronde du parapet est de 937 ou 938 pieds, celui de la terrasse qui y est adossée, de 938 ou 939 pieds et enfin le front extérieur du chemin de ronde, au bas de cette terrasse, de 863 ou 866 pieds.

Il suit de là que le front de la ligne de défense, — celui du parapet, — est de 960 pieds environ ; le front du terrain urbain et habité, de 863 pieds environ.

Ce circuit de 863 pieds équivaut à celui d'un carré de 216 pieds de côté et cela paraît bien répondre aux intentions du constructeur; car, dans le sens de la largeur, on a 99 -f- 18 -f- 99 = 216 pieds.

Il faut laisser l'espace de la voie libre. Si donc on se borne à la largeur de 99 pieds pour la longueur de 216 pieds, on obtient 99 X ^^6 = 21.384 pieds carrés.

L'espace nécessaire pour le logement de la demi-cohorte à pied est de 21.600 pieds carrés.

Il ne manque donc que 21.600 — 21.384= ^'6 pieds carrés.

En réalité, la tente du chef de corps se trouve au-delà de la voie, c'est le prétoire. Les 21.600 pieds carrés voulus se réduisent finalement à 21.600 — 36o = 21.240. Puisqu'on dispose de 21.384 pieds carrés, il y a donc un excédent de 21.384 — 21.240 = 144 pieds carrés; cela correspond à un rectangle vraiment insignifiant de 9 X ^^ pieds, ou à un carré de 12 X 12 pieds.

En ce qui concerne la ligne de défense derrière le parapet, on a calculé qu'il faut compter 6 pieds de front par homme et qu*il y en avait deux, l'un derrière l'autre, prêt à le remplacer*. Pour un front de gSS pieds, c'est-à-dire, en somme, de 960 pieds, c'est 160 hommes en première ligne et 160 autres derrière eux, c'est-à-dire Sao hommes au rempart. Ce nombre répond exactement aux 2/3 de l'effectif et il reste 1/3 de cet effectif, c'est-à-dire 160 hommes en réserve.

Ces résultats sont vraiment probants *.

• € Pour défendre un retranchement, on peut placer les hommes sur un ou sur deux rangs. Chaque homme, bordant le parapet, doit occuper un espace qui peut varier depuis deux pieds jusqu'à quatre... Cette considération n'est pas la seule à laquelle il faut s'attacher dans le calcul de l'étendue d'un retranchement : il faut encore que sa capacité intérieure soit assez grande pour que chaque individu destiné à sa défense y trouve séparément, pour ses mouvements personnels, un espace de six pieds de long et de trois ou de quatre pieds de large au moins ; et, quand on peut donner à cet espace particulier assigné à chaque homme, six pieds en tout sens... c'est seulement alors qu'il règne dans le retranchement toute l'aisance dont on a besoin pour se mouvoir... » (M. de Foissac, Traité théorie-pratique et élémentaire de la guerre des rctranchemens, t. I. Strasbourg, [1789J Levrault, pp. i5-i6).

* En fait de monnaies, on a trouvé sur les pentes de Puymaure un denier des Allobrogcs et, sur les pentes de Saint-Mens, un denier de DIASVLOS provenant, soit des j€dui, soit de leurs clients les Ambarri (J. Roman, Réperi. archéol. col. io3 ; Adrien B/âiicAe/,Traité des monnaies gauloises, Paris, Leroux, 1905, p. 407). Pour trouver des monnaies gauloises dans Gap même, il faudrait creuser assez profondément. M. Plat, d'Orpicrre. possède un denier du monétaire L. Cassius Longinus (vers 54 av. J.-C.) trouvé à Gap (Babeion, t. I, pp. 33i-333, Gens Cassia, n' 10). Dans les fouilles faites à la fin de 1866 et au début de 1H67 pour établir la crypte de la nouvelle cathédrale, on rencontra des moyens bronzes d'Agrippa (37-12 av. J.-C), Auguste (a3 av. J.-C.-I4 apr. J.-C), Marc-Aurèle (161-180), des petits bronzes de Gallien (253- 2t*)8), de Claude II (268-270), de Constantin (3o6-337), de Constance (323-36i). De celte provenance, jM. J. Roman a publié, en particulier, un petit bronze, d'un diamètre de 19"" et d'un poids de 3 gr. i, au type de Constantia (323-326). (J. Roman, Médaille unique de Constantia, femme de Licinius, Paris, Kollin, 1868). Les bronzes d'Auguste à Marc-Aurèle étaient en petit nombre, ceux de Claude II et de Constantin étaient beaucoup plus abondants. (Ibid., p. 7; cf. Répcrt.

Le quadrilatère de Gap a donc été fondé au carrefour des voies venant de la Drôme et du Drac, dans la direction delà Durance et du Mont-Genèvre, vers le i3 décembre de Tan 14 avant J.-C. rXVII des cal. de janvier 740 de Rome), un jour de marché, sous les auspices des dieux qui, à Rome, assuraient la fécondité, pour servir de garnison à une demi-cohorte pédestre auxiliaire, sous les ordres du roi-préfet Marcus Julius Cottius^ La présence de cette

archëol., col. 104). En mars 1899, vers le milieu de la rue Grenette, à 3* de profondeur, sous une couche de terre noirâtre très compacte, se sont rencontrés, avec deux tuiles à rebord, deux bronzes très frustes. {Ann, des Alpes, 2* ann., 5* livr., p. 272). L'un d'eux parait remonter à la XXII* puissance tribunictenne de Marc-Aurèle (168) ou d'Antonin (159). L'autre, avec le surnom de Germanicus, pourrait être de Commode (176-192).

* Il serait intéressant de déterminer quel effectif fut alors prévu pour la garnison de Suse, de l'autre côté du Mont-Genèvre. Malheureusement, M. Ferrero, dans sa belle monographie de l'arc dédié à Auguste, ne donne pas le plan entier de cette cité. On mesure environ aïo mètres de la tour placée sur la cathédrale de San-Giusto à celle qui est placée sur le Corso dei Fossati et 824 mètres de ce dernier point jusqu'au Corso lungo Dora : c'est là un côté, semble-t-il, de l'enceinte édifiée à la fin du 111* siècle ou au début du IV*. Sur ce front, l'enceinte aurait couvert une base de 1.000 pieds gaulois. On mesure environ 110 mètres de la via dei Mercanti à la via Pala\\o di Città^ le long de la via Marchesa Adelaide; mais il est impossible de dire, d'après le fragment du plan, si c'est là un des côtés du rectangle primitif. (Ermanno Ferrero. L'Arc d'Auguste à Suse, publié sous les auspices de la Société d'Archéologie et des Beaux-Arts pour la province de Turin. Turin, Bocca, 1901, in-folio, avec 19 pi. hors texte, p. i5K Le plan manuscrit de Suse, daté du 23 février 1704, par M. Desbordes (480"" de long X 384"" de haut), à l'échelle de 3oo toises {Arch. du Château de Manteyer, Fonds d'Abon, papiers du Colonel d'Abon, directeur des fortifications en Piémont ; liasse cotée : cartes et pians relatifs aux mémoires, reconnaissances etc., concernant l'Italie, le Piémont, les isles du levant, etc.), indique, beaucoup moins exactement que le plan moderne du cadastre, la disposition de la topographie urbaine. Mais ce plan est précieux pour connaître les défenses de la cité, du château, des faubourgs, de la citadelle et des redoutes qui barraient la vallée contre Turin. L'enceinte polygonale de la cité, munie de vingt tours circulaires, y compris les cinq du château, se développait sur un triangle à base concave et à sommet arrondi. Le front rectiligne, sur la Doire, ne présentait que deux tours circulaires.

aoi-28i [i6o

troupe devait maintenir dans la soumission les Sogiontii, les Avantici, les Caturiges fraîchement soumis à la majesté romaine. Ces peuples se trouvaient annexés par le fils du divin Jules au royaume des Alpes Cottiennes qui, désormais, s'étendait de Suse à Séûse sous les ailes dominatrices de laigle latine.

III. Le nom de Gap. — Après avoir déterminé la date de fondation du château permanent de Gap en pays soumis au protectorat romain, restent à connaître la signification et l'origine du nom de cette place forte.

Gap se trouve sur le parcours de la voie Cottienne. Les itinéraires les plus anciens de cette voie, qui aient été conservés, passent par Cavaillon, Apt, Sisteron, Gap, Chorges, Embrun, Briançon et Turin : ils sont gravés sur des gobelets d'argent, découverts à Vicarello^ au-dessus du lac de Bracciano. Cette localité répond à l'emplacement d'une station d'eaux jadis très fréquentée, celle des Aquœ Apotlinares, On y venait des extrémités de l'Espagne et quatre personnes de Cadix, leur cure achevée, y laissèrent, au premier ou au second siècle, par reconnaissance, ces gobelets avec lesquels, sans doute, elles avaient pris les eaux salutaires : elles les y laissèrent après y avoir fait transcrire le long itinéraire qu'elles avaient suivi pour s'y rendre. Le gîte de Gap y figure, entre celui d'i4/a6o;2/e(LeMonétier-Allemont) et celui de Caturigomago (Chorges). Le premier vase, qui cnumère les gîtes à l'accusatif, fournit VAPPINCVM; les trois autres, au locatif, fournissent VAPPINQVO, VAP-

Le front concave, entre la Doire et le chAteau. comportait les quatre tours circulaires qui défendaient la porte de Savoie : des bastions carrés formaient l'angle de ce front vers la Doire. Enfin le troisième front, vers la redoute de Crouaille et les Cordeliers, était garni de neuf tours circulaires. Le triangle théorique, qui servait de base à cette enceinte, sensiblement équilatéral, mesurait environ 3a5 mètres de côte. On ne se trompera âonc guère en disant que l'importance de Suse, au III* siècle, était deux fois plus grande que celle de Gap : en effet, l'enceinte polygonale de Gap mesurait i.3oo pieds de développement et celle de Suse au moins S.ooo pieds de o">325.

PINCO et VAPPINQVO^. En langue vulgaire, le premier texte qui fasse connaître les formes modernes du nom est le roman de Gérard de Roussillon : le ms. de Paris donne Gap et le ms. d'Oxford, Gab *.

Ces formes modernes permettent d*assurer que, dans Vajh pinco, la voyelle tonique est celle de lantépénulticme syllabe; il faut donc écrire Vappinco et non pas Vappinco.

Dans l'Europe occidentale, il existe un certain nombre de localités dont les noms, sous leur forme aauelle, se rapprochent de Gab et de Gap. L*énumération suivante ne vise pas à les indiquer toutes : mais elle indique toutes celles que l'occasion s*est présentée de relever.

Gabach, Lot-et-Garonne, arr. Marmande, cant. Tonneins,

comm. Lafitte.

Gabach, Lot-et-Garonne, arr. Agen, cant. Beauville, comm.

Tayrac.

Gabache, Gironde, arr. Libourne, cant. Pujols, comm.

Gensac.

Gabachou, Ariège, arr. et cant. Foix, comm. Freychenet. Gabachou, Lot-et-Garonne, arr. Villeneuve-sur-Lot, cant.

et comm. Cancon.

Gabachou, Lot-et-Garonne, arr. Marmande, cant. Tonneins, comm. Clairac.

Gabachou, Lot-et-Garonne, arr. Agen, cant. Port-Ste-Marie,

comm. Lusignan-Grand.

Gabachous, Haute-Garonne, arr. Villefranche, cant. et

comm. Nailloux.

* Desjardinty Géographie de la Gaule, t. IV, pp. ii-i3.

Le tiers de son mérovingien de type marseillais, frappé à Gap, porte -h VAPINCO FIET (A/. Prou, Catal. des monn. franc, de la Bibliot. nat. Les monnaies mérovingiennes. Paris, Rollin et Feuardent, 1892, p. 5ii, n* 2479 et pL XXXIV, n* 29). Ce serait une erreur de croire que les tiers de sou du monétaire Ailamundus, Atemundus ou Almundus aient été frappés à Gap : ces tiers de sou, émis dans le Vadinnaco ou Vatunaco vico, sont de type auvergnat (Ibid,, p. 38S 386, n- 1863-1866 et pi. XXVII. n" 8. 9).

* y. Roman, Dict. topogr. du départ, des Hautes-Alpes. Parts, impr. nat., 1884, p. 70.

383 lôî!

Gabachous, Tarn-et-Garonne , arr. Casteisarrazin , cani.

Verdun-sur-Garonne, comm. Bourret.

Gabada, Espagne, prov. Tarragona, juzg. Faiset^ Gabaldôn, Espagne, prov. Cuenca, juzg. iMotilia del

Palancar.

Gaballe, Haute-Garonne, arr. Muret, cant. Le Fousserci,

comm. Marignac-Lasciares.

La Gabarre, Dordogne, arr. Bergerac, cant. Issigeac, comm.

Monsaguel.

Les Gabarres, Haute-Garonne, arr. Villefranche, cant.

Nailloux, comm. Calmont.

Gabarret, Haute-Garonne, arr. et cant. St-Gaudens, comm.

Labarthe-lnard.

Gabarret, Gironde, arr. Libourne, cant. Branne, comm.

Naujan.

Gabarret^ Landes, arr. Mont-de-Marsan. C'était jadis Gayar-

retum, chef-lieu du pays de Gabardan.

Gabarret, Basses-Pyrénées, arr. Pau, cant. Garlin, comm.

Mouhous.

Le Gabas, affluent de l'Adour* ; s'y jette, rive gauche, en

amont de Toulouzette (Landes). Ce cours d'eau portait jadis le nom de Gabarus^, Gabas, Basses-Pyrénées, arr. Oloron, cant. et comm.

Laruns.

Gabas, Espagne, prov. Huesca, juzg. Boltafla. (Jabàs, Espagne, prov. Lérida, juzg. Sort.

Gabasa, Espagne, prov. Huesca, juzg. Benabarre. Gabat, Basses-Pyrénées, arr. Mauléon, cant. Saint-Palais.

* L'indication des localités espagnoles est empruntée à A/. Dia\ Vaiero, Diccionario geogrâtico, judiciu! y estadfstico, primera ediciôn, Madrid, tip. Herres, 1898.

< J.-L. Dupain-Triel. Tableau géographique de la navigation intérieure du territoire du rovaumc de France offrant le cours soit de ses fleuves, rivières et ruisseaux, soit de ses canaux tant exécutés que projettes dans ses 8(') départcmens, 1824. Paris, J. Goujon. Revu, corrige et augmenté pour tout ce qui concerne la navigation des rivières et des canaux par M. V. Dubrena, ingénieur-géographe.

> Longnon. Atlas hist. de la France, pi. Vil.

Les Gabax, Ariège, arr. Pamiers, cani. Mirepoix, comm.

Limbrassac.

Gabax, Ariège, arr. Saint-Girons, canl. St-Lizier, comm.

Montjoie.

Gabbi, Italie*, prov. Torino, cire. Torino, comm. Chia-

iamberto.

Gabbia, Corse, arr. Ajaccio, cant. Salice, comm. Scanafa-

ghiaccia.

Gabé, Basses-Pyrénées, arr., cant. et comm. Pau. Gabée, Bouches-du-Rhône, arr., cant. et comm. Aix. Le montGabel, Italie, prov. Saluzzo, cire. Cuneo, comm.

Sampeyre, sur le terroir de Bellino. Ce mont, coté

2873™, est dominé par le mont Faraut de 3044™*. Gabel, Bohême, bassin de TElbe, au nord de Tlser'. Gabelas, Hérault, arr. St-Pons, cant. St-Chinian, comm.

Cruzy.

Gâbelbach, Suisse, cant. Bern, par Bûmpliz.

Gabelegg, Suisse, cant. Luzern, par Udligenswil. Gabelegg, Suisse, cant. Schwyz, par Kûssnacht. Gabelin, Savoie, arr. Chambéry, cant. Chamoux, comm.

Bourgneuf.

Le GabelluSy cours d'eau dans la Gaule Cispadane ^ ; c'est

sans doute la Gambella, affluent de la Setta, sur la

rive droite, et sous-affluent du Reno (prov. Modena,

cire. Pavullo nel Frignano)'.

Gabelspitzalp, Suisse, cant. Bern, par Sûderen près Thun. Gabelspitzloch, cant. Bern, par Sûderen près Thun. Gabet, Espagne, prov. Lérida, juzg. Tremp.

* Carta topografica del Regno, f* 41» Chialambeno II. ' Carte de l'intérieur. Feuille xxvi-29.

' Plus à l'est, se trouve Gablonz, dans un bas-fond, entre deux collines, vers la source de la Neisse, affluent de l'Oder {Elisée Recius. Nouv. géogr. universelle 111. l'Europe centrale. Paris, Hachette, 1878, p. 448, carte n' i23).

^ L, Quicherat. Vocabulaire latin-français des noms propres de la langue latine. Paris, Hachette, p. 62.

* Bâcler Dalbe, Cane générale du théâtre de la guerre en Iulie et dans les Alpes. An 6, Milan, Feuille xtiii.

Gabet, Loire, arr. et cant. St-Etienne, comm. La Talau-

dière.

Gabet, Savoie, arr. et cant. Chambéry, comm. St-Cassin. Gabet, Savoie, arr. Chambéry, cant. Les Echelles, comm.

St-Thibaud-dc-Couz.

Les Gabets, Allier, arr. Moulins, cant. Le Montet, comm.

Le Theil.

Les Gabets, Nièvre, arr. Nevers, Pougues-Ies-Eaux, comm.

Nolay.

Gâbi, Suisse, cant. Bern, par Bunderbach près Frutigen. AI Gabi (am Gstein), cant. Wallis par Simplon. Gabian, Hérault, arr. Béziers, cant. Roujan.

Gabiano, Italie, prov. Alessandria, cire. Casale Monferrato. Gabica, Espagne, prov. Vizcaya, juzg. Guernica. Gabicce, Italie, prov. Pesaro-Urbino, cire. Pesaro. Le lac de Gàbii, ou Gabio, dans le Latium, entre Rome et

Palestrina * ; actuellement, lac de Castiglione (prov.

et cire. Roma).

Gabin, Espagne, prov. Orense, juzg. Puebla de Trives. « Gabin », Gard, arr. Uzès, cant. et comm. Remoulins*. Les Gabins, Bouches-du-Rhône, arr. Arles, cant. et comm.

Eyguières.

Gabioles, Tarn, arr. Castres, cant. Lacaune, comm. Viane- La Gabiotte, Haute-Saône, arr. Lure, cant. St-Loup-sur.

Semouse, comm. FougeroUes.

La Gabiotte, Vosges, arr. Remiremont, cant. Plombières-

les-Bains, comm. Bellefontaine.

La Gabisse, Allier, arr. Montiuçon, cant. Hérisson, comm.

Cosne-sur-l'Œil.

< H37 « ... cpiscopus Gauinensis ecciesie » (L. Aiiodi e G. Ltui, Il regesto Sublacense Koma, i885, p. loi, n* 60; Bibiioteca délia R. Società romana di storia patria).

* Kcmoulins, 21 septembre 1282 : « qui orti sunt in Guabino, in tenemento de Kcmoiinis » (G. Charpet, Cartulaire de Remoulins, Alais, lyp. J. Manin, 1873. in-8'. pp. 33-34). L'éditeur ajoute, dans sa note 4 : « Gabin, en provençal, s'applique à un terrain marécageux, à des bas-fonds humides >. Cf. R. P. Xavier de Fourpières, Lou pichet trésor; dict. provençal-français et français-provençal. Avignon. J. Roumanille, 190a, p. 406.

La Gabiule, Suisse, cant. Genève par Corsier près Genève.

La GabiuIIe, Suisse, cant. Genève, par Vésenaz.

Gabot, Lot-et-Garonne, arr. Villeneuve -sur -Lot, cant.

Tournon-d'Agenais, comm. Bourlens.

Les Gabots, Puy-de-Dôme, arr. Issoire, cant. Sauxillanges,

comm. St-Quentin.

Gabouas,Var, arr. Toulon, cant. La Seyne-sur-Mer, comm.

Six-Fours.

Gap, Hautes-Alpes.

Gap, Basses-AipesS arr. Forcalquier, cant. de Reillanne,

comm. St-Martin-de-Renacas.

Le Gap, Drôme, arr. Die, cant. Sailians, comm. Vercheny. Le Gap, Ardèche*, arr. Privas, cant. Villeneuve-de-Berg,

comm. Rochecolombe.

« Gap Francès *, Lozère '.

Gap Hill, Irlande, King s County, à 4 milles au nord-ouest

de Clare*.

Le Gapeau, Gapèou, cours d eau qui prend sa source sur

le terroir de Signes (Var), descend par Méounes,

Montrieux, Belgentier, Soiliès, la Farlède, la Grau et

Hyères; se jette au mouillage de Salins, entre le port

Pothuau à Test et Tancien port d*Hyères à Touest. Gapennes, Somme, arr. Abbeville, cant. Nouvion. Gapf, Suisse*, cant. Appenzell, près de Hundwil. Gapf, Suisse, cant. St-Gall, près de Gqssau.

* Carte de rintérieur. Feuille XXIII-33.

t Jbid,, Feuille XXI-3o.

* Voir Ferd. André. Notice historique sur la commanderie de Gap Francès et chronologie de ses commandeurs {Buil, Soc, agr. Lozère, XV, 1864, p. 393). Cf. Ul. Chevalier. Répert. Topo-bibliographie, col.

^ James A, Sharp. A new gazetteer: or topographical dictionary of the British islands... London, i85a, t. I, p. 747. Une dizaine ide localités ont reçu le nom de Gap dans les colonies de langue anglaise. Ainsi, il en existe trois dans les Etats-Unis, état de Pennsylvanie ; une dans le Canada, prov. Albena ; deux dans la Nouvelle Galles du Sud, une dans le Queensland {Adolf Stieler's Hand atlas 1896; Alphabetisches Namensverzeichniss, p. 60).

* Postlexikon der .Schweiz, Bern, I-ack Acschlimann et Josi, 1896.

287 fi66.

Gapf, Suisse, cant. Thurgovie, près de Romanshorn. Gapian, Hautes-Alpes, arr. Embrun, cant. Chorges, comm.

Espinasses*.

Gapian, ou Gapiau, montagne, entre Chorgeset Espinasses^ Gapillac, Vaucluse, arr. Orange, cant. Valréas, comm.

Grillon* Gapillon, Isère, arr. La Tour-du-Pin. cant. Boui^in,

comm. Succieu.

Gaping Ghyll, gouffre où se jette le Fell-Beck, sur Ingle-

borough Hill, Grande-Bretagne, Yorkshire, près

Clapham *.

Gappen, Suisse, cant. Berne, par Homberg, près de Stef-

fisburg.

Les Gaps, Vaucluse, arr. Carpentras, cant. Mormoiron,

comm. Flassan.

Gaube, Landes, arr. Mont-de-Marsan, cant. Villeneuvede-Marsan, comm. Perquie.

Gaube, Landes, arr. et cant. de Mont-de-Marsan, comm.

St-Perdon.

Gaube, Lot-et-Garonne, arr. Nérac, cant. Damazan. comm.

Puch.

Gava, Espagne, prov. Barcelona, juzq. St-Feliû Llobregat. Les Gavaches, Dordogne, arr. Bergerac, cant. et comm.

Cadouin.

Les Gavaches, Gers, arr., cant. et comm. Lectoure. Les Gavachs, Lot-et-Garonne, arr. Nérac, cant. Damazan,

comm. Buzet.

Gavand, Jura, arr. Lons-le-Saunier, cant. St-Amour,

comm. Balanod.

Gavanon, Tarn, arr. Castres, cant. Lautrec, comm. Peyre-

goux.

Gavardin, Saône-et-Loire, arr. Charolles, cant. Gueugnon,

comm. Rigny-sur-Arroux.

« J. Roman, Dict. topogr. des H.-A., p. 70.

t Carte de fintérieur. Feuille XXIV-3o.

3 t\-A. Sfartei. Sous terre (huitième campagne 1895): Marble arch, Irlande, et Gaping Ghyll, Angleterre (i4nnuairf du Club Alpin français 22' année, 1895, Paris, Hachette, 1896, pp. 171-209).

Gavardo, Italie, prov. Brescia, arr. Salô.

Gavarnie, Basses-Pyrénées, arr. et cant. Pau, comm. Jurançon.

Gavarnie, Hautes-Pyrénées, arr, Argelès-Gazost, cant. Luz.

Gavarre, Dordogne, arr. Bergerac, cant. Issigeac, comm. Monsaguel.

Gavarret, Gers, arr. Lectoure, cant. Fleurance.

Gavassa et Gavaseto, Italie, prov. Reggio neirEmilia, dans le bassin du Rodano*.

Gavaudun, Lot-et-Garonne, arr. Villeneuve-sur-Lot, cant. Monflanquin.

Le Gave, affluent de TAdour. Le Gave principal, dit Gave de Pau, descend du Port de Gavarnie (Hautes- Pyrénées). Il reçoit le Gave d'Assoué, sur sa rive gauche, le Gave de Héas* et le Gave de Barrèges sur sa rive droite, le Gave de Cauterets et le Gave d'Aucun, sur sa rive gauche. 11 reçoit également le Gave d'Oloron, formé du Gave d*Aspe et du Gave d'Ossau. Gabas se trouve au pied du Pic du Midi, d*oû descend celui-ci. De même, au pied du Vignemale, d'où descendent les branches du Gave de Cauterets, se trouve le lac de Gaube.

Gavello, Italie, prov. Rovigo, cire. Polesella.

La Gaveou, Hautes-Alpes, arr. et cant. Briançon, comm. Cervières*.

* Bâcler Dalbe. Carte générale, feuille xviii.

* Fr. Schrader, Pyrénées centrales avec les grands massifs du versant espagnol. Carte à Téchelle du 1/100.000' en 6 feuilles {Ann, du Club Alpin français: Feuille i, Mont-Perdu, Gavarnie, Ann. de 1887, Paris, Hachette, 1888; Feuille 2, Posets, Monts-Maudits, Ann. de 188a, Paris, i883| Feuille 3, Vallée d'Aran, Ann. de i883, Paris, 1884; Feuille 4, Rio Ara (Bolufia), Ann. de 1901, Paris, 190a; Feuille 3, Cotiella, Turbon, Ann.de i883, Paris, 1884; Feuille 6, Nogueras, Ann. de 1893, Paris, 1894 : cf. Bulletin n* ta, déc. 1894). — Cf. Emm. de Margerie et Fr, Schrader, Carte géologique des Pyrénées, à réchelle du 800.000'. (Ann. du Club Alpin fr., 18* année, 1891, Paris, Hachette 189a). Cette carte géologique indique, entre le Gave de Pau et l'Ara, une monugne du nom de Gabalo qui, sur la feuille 4 de Schrader, paraît correspondre à la Punta de Ceballos.

* J, Roman. Dici. lopogr. des H. -A., p. 72.

Le Gavesetto, affluent du Secchia, rive gauche, (sousaffluent du Po*.

Gavet, Ain, arr. Belley, cant. Ambérieu, comm. TAbergement-de-Varev.

Gavet, Isère, arr. Grenoble, cant. Le Bourg-d*Oisans, comm. Livet-et-Gavet.

Chez Gavet, Haute-Savoie, arr. Annecy, cant. et comm. Thorens.

Torre Gaveta, Italie, prov. Napoli, cire. Pozzuoii.

Gavi, Italie, prov. Alessandria, cire. Novi Ligure.

Lac de la Gavia, surmonté par la pointe de la Gavia, Italie, prov. Torino, cire. Pinerolo, vallée du Chisone, terroir de Roure*. La pointe délia Gavia est surmontée par la Rocca Nera (2652™) et par la pointe di Mezzodi (2773™).

Rocca Gavia, Italie, prov. Turin, cire. Pinerolo, vallée de Torre Pellice, terroir de Rora, sur le ravin de Peiret. Cette pointe, de 2000™ d'altitude*, est dominée par la pointe de Cavallo (21 53") et parle mont Frioland (2522™).

La Gavie, Hautes-Alpes, arr. et cant. Briançon, comm. Cervières.

Les Gavies, Hautes-Alpes, arr. Briançon, cant. Aiguilles, comm. Ristolas.

Gavin, Espagne, prov. Huesca, juzg. Jaca,

Gavion, Pas-de-Calais, arr. Béthune, cant. Houdain,comm. Hersin-Coupigny.

Gavoi*, Italie, prov. Sassari, cire. Nuoro.

* Bâcler Daibe. Carte générale» Feuille ziii. « Carte de l'intérieur. Feuille XXVI.28.

3 Cette pointe ne figure pas sur la feuille XXVI-ag. En voir l'indication sur la Carte Historique des vallées Vaudoises, par A. de Rochas d'Aiglun, à réchclle du i/ioo.ooo*. (A, de Rochas d* A igtun. Les vallées Vaudolses, étude de topographie et d'histoire militaires avec une carte en cinq couleurs. Paris, dir. du spect. militaire, 18S1).

* (>ette localité forme une paroisse du diocèse de Galtelii-NuorOt sous le titre de San Gavino. On ne pouvait trouver de saint mieux designé par son nom pour servir de patron À cette église. ^Circoa-

L169] ago

Les Gavots, Basses-Alpes, arr. Digne, cant. et comm.

Vaiensole.

Les Gavots, Vaucluse, arr. et cant. Apt, comm. Saignon. La Gavotte, Bouches-du-Rhône, arr. Aix, cant. Gardanne,

comm. Les Pennes.

La Gavoty, Var, arr. Toulon, cant et comm. Ollioules. Les Gavouets, Bouches-du-Rhône, arr. Aix, cant. Marti-

gues, comm. Gignac.

Gôppingen, royaume de Wurtemberg, sur le Kocher,

affluent du Neckar.

Guap, Vaucluse, arr. Apt. cant. et comm. Pertuis*.

Le Guavuo, Suisse, cant. Vaud, par Flendruz, près le

Château d*Oex.

Jibea ou Javea, Espagne, prov. Alicante, juzg. Dénia.

Le Jabron, affluent de la Durance, rive gauche, descend du

terroir des Omergues (Basses-Alpes) et se jette en

aval de Sisteron.

Le Jabron, affluent du Verdon, rive gauche, descend du

terroir de Peyroules (Basses-Alpes) et se jette à

Trigance.

Le Jabron, affluent du Roubion, prend naissance sur le

terroir de Comps (Drôme) et se jette à Montélimar

non loin du Rhône.

Le Japt, Drôme, arr. Valence, cant. Chabeuil. comm.

Montmeyran.

Le rio Javalôn, Espagne, prov. Ciudad-Real, affluent du

Guadiana, au nord de la Sierra Madrona et de la

Sierra Morena.

Javaux, Isère, arr. et cant. Grenoble, comm. Eybens.

L ouille de la Jave, vallon de Lenta, vallée de TArc ; Savoie, arr. St-Jean-de-Maurienne, cant. Lans-le- Bourg, comm. BonnevaP.

cri^ioni ccciesUstiche in reiazioné colle circoscrizioni amministra* tive secondo il censimento dei 3i dicembre 1881. Roma. Stab. dell* Opinione i885, p. 197).

« Carte de rintirUur. Feuille XXin-34.

« Feuille XXVI-a;.

Javet, Isère, arr. La Tour-du-Pin, cant. Bourgoin, comm.

Succieu. Javet, Hautes-Alpes, arr. Briançon, cant. Le Monétier,

comm. La Salle*.

Le mont Javi, Hautes- Alpes, arr. Embrun, cant. Chorges

comm. Théus*.

La Javie, Basses-Alpes, arr. Digne. Jadis, Gavtda,

Les Javions, Puy-de-Dôme, arr. Riom, cant. et comm.

Menât.

Javols, Lozère, arr. Marvéjols, cant. Aumont. Jadis Anderitum, capitale des Gàbàli et du pays de Gévaudan. Javon, Vaucluse, arr. Apt, canton Gordes, comm. Lioux, Waben, Pas-de-Calais, arr. et cant. Montreuil. Le « Wapel », cours d eau qui se jette dans le golfe de

Jahde, au Grand-Duché d'Oldenbourg '.

Wapingthorn, Angleterre, S. Sussex, à 2 milles au nordnord-ouest de Steyning*.

\yappenswil, Suisse, cant. Zurich, par Bâretswil. Wapping, Angleterre, S. E. Middlesex, Ossulstone hund., village placé sur la Tamise, entre Londres et Grccnwich, à 2 milles est-sud-est de St-Paul*.

VVippingen, Suisse, cant. Fribourg. La forme romane de ce nom est Vuippens.

C*cst là environ cent cinquante localités : il est superflu de dire qu or ne peut penser à relever les formes présentées jadis par leurs noms dans les documents anciens. Cette abstention est forcée : pour la plupart, les localités dont il s agit n ont jamais été des centres d'habitation et ne sont représentées que par de simples quartiers ruraux,

< J. Roman. Dict. des Hautcs-Alpcs« p. 81.

< /bid.. p. 197. Ce lieu dit ne figure pas sur la Carte de l'Intérieur. •* « Hanc Frcsiiu partcm a Saxonia dirimit palus qua: Wapiinga di-

citur et Wirraho: tluvii ostia » (A/. Àdami Gesta Hammaburg. Pontif. Ub. 1 ; A/on. Germ. Hist,, Script, t. VII. p. 289. cf. note 33).

^ James .t. Sharp. A new gazeiteer ; or topo^raphical diaiontryof thc British islands, t. 2, p. 810.

• Dan. Ctarke. Voyages en Russie, en Tartane et en Turquie. Pâri$, Seguin, 1824, t. 1, p. 58, note 2. ^ James A. Sharp, Ibid., U a» p.8iu

ignorés de l'histoire : Gap est encore la plus importante d'elles toutes.

Elles se répartissent entre l'Espagne, la France. l'Italie, la Suisse. l'Autriche-Hongrie, l'Allemagne, la Grande- Bretagne et l'Irlande.

La plus méridionale en E^îpagne est Jivea, dans la vallée du Gorgos, entre le cap San Antonio au nord et le cap de ta Nao au sud. sur le rivage qui regarde l'Ile d'Ibiza*, l'une des Pityuses.

Le nom de Dénia, chef-lieu dont relève Sivea. ressemble beaucoup à celui de Digne. Dénia a été colonisée sous le nom de Hemeroskopeion, soit par les grecs de Rosas soil direaemeni par ceus de Marseille'. Placée plus au nord que Jàvea et également sur la côte, Dénia, consacrée à Diane d'Ephèse, se trouve entre la vallée de l'Fbo au nord et le mont Mongô au sud. Plus au nord, vers la Sierra de Ebo. se trouve une chaîne de montagnes où figurent les monts Segaria, Cabal et Negro. Or. à l'est de Di^e. se trouve la montagne du Cheval Blanc. Enfin Jàvea parait identique, comme nom, à la Javie, localité voisine de Digne.

11 y a là, certainement, un groupe d'analogies et miïmc d'identités dans le système loponymique, sauf pour le réseau fluvial, qui permet, avec quelque apparence de probabilité, deM)upçonner une origine analogue à Dénia et Jàvea d'une pan. à Digne et la Javie de l'autre.

La plus méridionale, en Italie, des localités étudiées, est Torrc Gaveta. En réalité, cette tour pone le nom de torre alta. parce que, placée sur une pointe rocheuse, elle domine au sud la plage de sable basse et boisée qui borne la lagune du Fusaro*. Ainsi, Gaveta semble être le nom de cette plage dominée par la tour. Au nord du Fusaro.un oppidum plus élevé que la tour garde les restes de Cumes. Enàn, au sud,

■ K. Badtk*r. Etpa|tn« ci Ponitgal, Leipilg, 19», p. JoS et la catti honicitc

t tfArb^iâ de Ju^ainmllt. Lti premier* htbiianu de l'Europe, »ec U. I. s. p. 3o8 Cl not. 7.

g WcWr Birtrj. Les Phénidcoi et l'Od^uëe, L II, Pari», Colia,

Torre Gaveta est dominée par le mont di Procida et, en

mer, se profile Ischia, l'une des Pîthécuses.

Dans les environs, quelques noms sont à remarquer. Parmi les cours d*eau, plus au nord, coulent le Voiturno, dans la plaine de Capua, et le Chiani. Le Monte Tabumo Mauro, au-dessus de Montie Sarchio, offre une désinence qui est celle du Volturno*. La localité de Cordua, audessus du lac Averno* est à rapprocher, pour cette raison, de Capua. Le Monte Vesuvio se trouve entre le Sebeto et le Sarno. Au Sebeto, qui vient se jeter en mer près de Naples, s'oppose le Sabbato, de Tautre côté du Monte Ciesco et du Monte Vergine. Il semble que le nom du Vésuve soit à rapprocher de celui des Esuvii, lesquels, du temps de César, occupaient le Calvados et TOrne'; il semble aus9i qu'il ne soit pas sans rapport avec celui des Esubiani ou Vesubiam\ lesquels occupaient Tune des vallées voisines du bassin de la Bléone. Cette vallée était peut-être celle de TUbaye, si Ton songe aux monts Viso, Visoulet et Visolotto qui, par dessus la Varaita, dominent le col de Longet et la source de TUbaye. Le mont Vésuve était un sommet dédié au dieu Esus. Son nom rappelle également celui de la Vésubie dont la vallée était probablement occupée par les Oratelli.

Vers 1049 ûv. J.-C, les phéniciens vinrent bâtir, au nord de Gaveta, leur ville haute de Kouma^. Les grecs, après avoir fondé, en ySS, Naxos de Sicile^ leur premier établissement occidental, vinrent les remplacer à Cumes vers le milieu du VI11<: siècle". Ce sont les grecs qui nommèrent n(OY}xoû(r(rae ou « iles des Singes », le groupe d*lschia' ; ce sont eux également qui, remplaçant les

* K. Bœdeher. Italie méridionale, onzième éd., 1896, carte entre les

pp. 86 et 87.

/bid., cane entre les pp. 90 et 91.

//. d'Arbois de Jubainville. Les Celtes. Paris, 1904, p. 66.

* V. Hérard. t. Il, pp. 114-118.

/bid,, p. 118.

« Ibid.y p. 162.

phéniciens à Ibiza*, la dénommèrent nct^ovoro^ ou « ile des pins», exactement comme celle de Saiamine*.

La plus occidentale des localités dont le nom, sous sa forme actuelle, se rapproche de celui de Gap, est Gabel, au nord de la Bohême, sur les pentes méridionales du Lausitzer Gebirge, entre Kamnitz et Liebenau, dans le bassin de TElbe, à lest de ce fleuve et au nord de son affluent de rive droite, l'iser. Le nom de cet affluent est le même que celui de l'Isère. Le nom de TEger, affluent de rive gauche, pourrait être rapproché de celui de TAygues '.

Enfln, la plus septentrionale des localités ainsi groupées est celle de Gaping Ghyll, dans la chaîne Pennine, entre le massif du Cumberland au nord-ouest et THumber au sud-est, c'est-à-dire dans le Northumberland.

La zone occidentale, où se rencontrent les noms de lieux apparentés à Gab et à Gap, se trouve donc limitée, au sud, par une ligne idéale joignant le cap de la Nao, d'Espagne, au cap Misène, en Italie : cette ligne passe par la Sardaigne. A lest^ la zone est limitée par une ligne idéale du cap Misène à la source de l'iser, en Bohême, et de là à l'embouchure du Weser, en Allemagne. Au nord, la limite passe par une ligne idéale tracée de l'embouchure du Weser aux monts Cheviots, entre l'Angleterre et l'Ecosse, et des monts Cheviots à la plaine centrale de l'Irlande. A l'ouest, la limite passe de la plaine de l'Irlande au cap Ortegal en Galice et du cap Ortegal, au cap de la Nao.

« V. Bérard, t. I, p. 44,

* Ibid., t. I, p. 221.

* Dans l'Aygues, nommé Egrum en 852» Equerit en 1218, Ecaris en 1272, Ycaris en i32i, il faut sans doute connaître r^Io-aeco; de Strabon, limite des Cavares, et le 2>two«^- de Polybe (Beretta. Les cités mystérieuses de Strabon ; Bull, de In Soc. d'archcol. de la Drôme, 1903. pp. 121-148). Il faut rétablir une forme primitive '^l9x«oo>.

La répartition de ces 147 localités est la suivante :

Espagne,

En Galice, prov. Orense, bassin du rio Sil, affluent

du Minho i

En pays Basque^ prov.Vizcaya, bassin du rio Guer-

nica I

En Aragon, prov. Huesca, bassin du rio Aragon,

affluent de TEbre 1

En Aragon, prov. Huesca, bassin du rio Cinca,

affluent de TEbre 2

En Catalogne, prov. Lérida, bassin du rio Noguera

Pallarese, affluent du Segre, sous-affluent de

TEbre 2

En Catalogne, prov. Barcelona, bassin du rio Llo-

bregat 1

En Catalogne, prov. Tarragona, bassin de TEbre. . i

En Castille, prov. Cuenca, bassin du Jucar i

En Castille, prov. Ciudad-Real» bassin du rio Jaba-

Ion, affluent du Guadiana 1

En royaume de Valence, prov. Alicante, bassin du

rio Ebo i

Total 12

soit onze lieux dits et un cours d'eau. *""""

Italie,

En Piémont, prov. Saluces, bassin de la Varaita, affluent

du Po I

En Piémont, prov. Turin, bassin du Po 1

En Piémont, prov. Turin, bassin du Chisone,

affluent du Po 2

En Piémont, prov. Alexandrie, bassin du Po i

En Piémont, prov. Alexandrie, bassin de la Servia,

affluent du Po 1

En Emijic. prov. Rcggio, bassin du Rodano, affluent du Cristolo, sous-affluent du Po 2

En Emilie, prov. Reggio, bassin du Gavesetto, affluent de la Secchia, sous-affluent du Po 1

En Lombardie, prov. Brescia, bassin du Chiese,

affluent de TOglio, sous-affluent du Po i

En Vénétie, prov. Rovigo, bassin de TAdige i

En Emilie, prov. Modena, bassin de la Gambella

affluent du Setta, sous-affluent du Reno i

Dans les Marches, prov. Pesaro-Urbino, bassin du

Foglia I

Dans la Campagne Romaine, bassin du Tibre i

En Campanie, prov. Naples, sur le Fusaro i

En Sardaigne, prov. Sassari, bassin du Tirso i

Total i6

soit onze lieux dits, trois montagnes et deu.x cours d*eau.

Suisse,

Canton du Valais, bassin du Toce, affluent du

Tessin, sous-affluent du Po i

Canton de Genève, bassin du Rhône 2

Canton de Vaud, bassin de la Sarine, affluent de

TAar, sous-affluent du Rhin 1

Canton de Fribourg, bassin de la Sarine, affluent

de TAar, sous-affluent du Rhin 1

Canton de Berne, bassin de TAar 4

Canton de Berne, bassin du Kander, affluent de la

Simme, sous-affluent de TAar 1

Canton de Lucerne, bassin de la Reuss 1

Canton de Schwyz, bassin de la Reuss 1

Canton de Zurich, vers le lac de Zurich 1

Canton de Thurgovie, bassin de TAach, sur le Bo-

den-See i

Canton de St-Gall, bassin de la Thur, affluent du

Rhin i

Canton d*Appenzell, bassin de la Thur, affluent du

Rhin I

Total 16

soit seize lieux dits.

'Ui

Bohême,

Bassin du Polzen, affluent de TElbe

Bassin de la Neiss, affluent de TOder

Allemagne,

Royaume de Wurtemberg, bassin du Kocher, affluent du Neckar, sous-affluent du Rhin

Grand-duché d'Oldenbourg, bassin du Weser

Total

soit trois lieux dits et un cours d*eau.

Angleterre,

En Sussex, sur la Manche

En Middiesex, bassin de la Tamise

En Northumberland, bassin de THumber

P^n Irlande, bassin de la Brosna, affl. du Shannon.

Total

soit deux lieux dits, un goufl^re et une montagne.

France,

Corse, bassin du Liamone

Hautes-Pyrénées, bassin du Gave, affluent de

TAdour

Basses-Pyrénées, bassin de la Bidouze, affluent de

TAdour

Basses-Pyrénées, bassin du Gave, affluent de

l'Adour

Basses-Pyrénées, bassin du Gabas, affluent de

TAdour

Landes, bassin de la Midouze, affluent de TAdour. Landes, bassin de la Gelise, aflluent de la Baise,

sous-artiuent de la Garonne

Gers, bassin du Gers, affluent de la Garonne

Haute-Garonne, bassin de la Garonne

Haute-Garonne, bassin de l'Ariège, affluent de la

Garonne 2

Ariège, bassin de l'Ariège, affluent de la Garonne. . i Ariège, bassin de THers, affluent de l'Ariège, sousaffluent de la Garonne i

Ariège, bassin du Salât, affluent de la Garonne i

Tarn, bassin de l'Agout, affluent du Tarn, sous- *

affluent de la Garonne 2

Lozère, bassin de la Truyère, affluent du Lot, sousaffluent de la Garonne i

Lozère, bassin du Lot ou du Tarn, affluent de la

Garonne i

Tarn-et-Garonne, bassin de la Garonne i

Lot-et-Garonne, bassin de la Garonne 6

Lot-et-Garonne, bassin du Lot, affluent de la Garonne 3

Gironde, bassin de la Dordogne, affluent de la

Gironde 2

Dordogne, bassin de la Dordogne, affluent de la

Gironde 3

Hérault, bassin de TOrb i

Hérault, bassin de THérault 1

Var, bassin de la Reppe 2

Bouches-du-Rhône, bassin de l'Arc 3

Bouches-du-Rhône, bassin de la Touloubre 1

Gard, bassin du Gard, affluent du Rhône 1

Ardèche, bassin de l'Ardèche, affluent du Rhône . . 1

Vaucluse, bassin de TAygues, affluent du Rhône . . 1 Vaucluse, bassin de la Nesque» affluent de TOuvèze,

sous-afâuent du Rhône i

Vaucluse, bassin du Calavon, affluent de la Du-

rance, sous-affluent du Rhône 2

Vaucluse, bassin de la Durance, affluent du Rhône i Basses-Alpes, bassin du Largue, affluent de la

Durance, sous-affluent du Rhône i

Basses-Alpes, bassin de la Bléone, affluent de la

Durance, sous-affluent du Rhône 1

Basses-Alpes, bassin de la Durance, affluent du Rhône

Drôme, bassin de la Drôme» affluent du Rhône . .

Drôme, bassin de la Véoure, affluent du Rhône . . .

Hautes-Alpes, bassin de la Cerveyrette, affluent de la Durance, sous-affluent du Rhône

Hautes-Alpes, bassin du Guil, affluent de la Dufance, sous-affluent du Rhône

Hautes-Alpes, bassin de la Guisane, affluent de la Durance, sous-affluent du Rhône

Hautes-Alpes, bassin de la Durance, affluent du Rhône

Hautes-Alpes, bassin de la Luye, affluent de la Durance, sous-affluent du Rhône

Isère, bassin de la Romanche, affluent du Drac, sous-affluent de Tlsère et du Rhône

isère, bassin de l'Isère, affluent du Rhône. .....

Isère, bassin de la Bourbre, affluent du Rhône

Savoie, bassin de TArc, affluent de Tlsère, sousaffluent du Rhône

Savoie, bassin du Gélon, affluent de Tlsère, sousaffluent du Rhône

Savoie, bassin de la Leisse, affluent du Rhône

Haute-Savoie, bassin de la Fillière, affluent du Fier, sous-affluent du Rhône

Ain, bassin de TAin, affluent du Rhône

Jura, bassin du Solnan, affluent de la Seille, sousaffluent de la Saône et du Rhône

Haute-Saône, bassin de la Lanterne, affluent de la Saône, sous-affluent du Rhône

Vosges, bassin de la Lanterne, affluent de la Saône, sous-affluent du Rhône

Puy-de-Dôme, bassin de TAllier, affluent de la Loire

Puy-de-Dôme, bassin de la Sioule, affluent de l'Allier, sou.s-aifluent de la Loire

Allier, bassin du Cher, affluent de la Loire

Loire, bassin de In Loire

Saône-et-Loire, bassin de TArroux, affluent de la

Loire

Nièvre, bassin de la Loire

Somme, bassin de la Somme

Pas-de-Calais, bassin de la Canche

Pas-de-Calais, bassin de la Lys, affluent de TEscaut

En résumé : Espagne 12

Italie 16

Suisse 16

Bohême 2

Allemagne 2

Angleterre 4

France 95

Soit 89 lieux-dits 89

De plus, le Gave (Hautes-Pyrénées, Basses-Pyrénées et Landes)

Le Gabas (Basses-Pyrénées et Landes), affluent de TAdour

Le Gapeau (Var)

Le Jabron (Basses-Alpes), affluent du Verdon, sous-affluent de la Durance

Le Jabron (Basses-Alpes), affluent de la Durance. . .

Le Jabron (Drôme), affluent du Roubion, sousaffluent du Rhône

Au total, avec ces six cours d'eau, 95

Au total 147 localités,

dont il faut défalquer dix cours d'eau, sept montagnes et une caverne.

3oi i8o

La répartition, par bassins fluviaux, est la suivante :

Ebo I

Guadiana i

Jucar I

Ebre 6

LIobregat i

Guernica i

Minho i

Liamone i '

Adour 10

Gironde 29

Orb I

Hérault i

Gapeau i

Reppe 2

Arc 3

Touloubre i

Rhône 38

Loire 7

Somme i

Canche i

Escaut I

Vers la Manche i

Tamise 1

Humber 1

Shannon i

Rhin 14

Weser i

Oder î

Elbe I

Adige I

Po 12

Foglia I

Tibre i

Fusaro 1

Tirso I

Total.. . 147

Ce qui frappe, cest la prédominance des noms apparentés à Gab ou à Gap dans les bassins du Rhône à Test, de la Gironde et de TAdour à Touest^ Elle est pareille à l'ouest des Alpes et au nord des Pyrénées. D'une manière moins marquée, le Po et le Rhin sont à rapprocher du Rhône, TEbre de la Gironde.

Au nord-est, ces noms s'étendent du Rhône au Rhin, jusqu'à l'Elbe et aux sources de l'Oder. Au nord, ils atteignent le Northumberland et l'Irlande. Au sud-est il s'étendent de l'Adige le long de l'Adriatique et, sur la merTyrrhénienne, du Latium jusqu'à la Campanie. Au sud-ouest, ils s'étendent sur le littoral septentrional de l'Espagne jusqu'en Galice et sur son littoral oriental jusqu'aux Baléares. En Corse, il s'en trouve un dans le bassin du Liamone, c'est-àdire à l'ouest de l'île, et, en Sardaigne, un dans le bassin du Tirso, c'est-à-dire également vers l'ouest. Il ne s'en est trouvé aucun, depuis le Var jusqu'au Tibre, sur le littoral de la Ligurie et de la Toscane, ni sur le littoral opposé et oriental de la Corse. Des recherches plus exactes pourraient, peutêtre, combler cette lacune : mais, en attendant, il faut la signaler.

La prédominance des bassins alpins et pyrénéens amène tout naturellement à constater que les habitants des pays plats désignent volontiers leurs voisins, les montagnards des Alpes et des Pyrénées, sous le nom de gapots et de gavaches. L'existence des lieux dits les Gavots et les Gavaches précise, sur quelques points, les bornes du pays de ces montagnards.

Dans les Alpes occidentales, les gavots s'étendent, tout au moins, de Toulon jusqu en Chablais*, sur le versant

* Il existe, en Angleterre, un Adur (Sussexl et trois Stour (Dorset, kent, entre l'Esaex et le Suffolk) qui peuvent se rapprocher de It Stoer dans le Schleswig-Holstein, de TAdour et des Asturies dtns le golfe de Gascogne, de It Stura dans le bassin du Po, de l'Astura qui, dans la campagne romaine, débouche près des marais Pontins.

' Lacroix, Le pays des Gavots (Congrès soc. sav. Savoie 1886, t. VIII, pp. 99-ioa). — Cf. Revue savois. 1887, t. xxviii, pp. a6o-s63 {Ul. Chevalier. Répert. Topo-bibliographie, col. 1274).

* ■ -tl

français. Dans les Pyrénées, les gavachos sont connus sur le versant espagnol, comme les gavaches sur le versant français. Dans la Gironde existent deux pays, Tun sur la Dronnc, affluent de Tlsle, sous affluent de la Dordogne, vers Coutras, dénommé la Grande Gavacherie^ Tautre sur le Dropt, affluent de la Garonne, à Monségur, dénommé la Petite Gavacherie^. Au XVl^ siècle, à la suite d*une épidémie, Henri 11 d*Aibret, roi de Navarre, repeupla la Petite Gavacherie avec des colons venant du Poitou et, désormais, ce pays se présenta comme une enclave de langue française en pays gascon*. Sûrement, ce ne sont pas les poitevins qui ont apporté avec eux de Poitou le nom du pays où ils se trouvent depuis lors. Ou bien ce nom est antérieur à leur venue, ou bien les bordelais l'ont donné au canton où ceux-ci ont été transportés, par analogie avec les gavaches des Pyrénées; parce que, comme les gavaches, les poitevins parlaient un idiome qui n'était pas exactement celui de Bordeaux.

Elntre les Pyrénées et les Alpes, se trouvent le massif central et les Cévennes. Les habitants des causses, dans les hautes vallées du Lot et du Tarn, portaient jadis le nom de Gabali : Anderitum en a retenu le nom moderne de Javols, comme capitale du Gévaudan. Les Gabali servent donc de trait d'union entre les gavaches des Pyrénées et les gavots des Alpes. Tous sont des montagnards. Presque toutes les localités dont les noms sont apparentés à Gab et à Gap se trouvent, d'ailleurs, en pays montagneux. Mais, dans les montagnes où elles se trouvent, aucune

* Théoph. Roussel, Sur la Gavacherie, le pays des Gtvtchet et leur idiome (Bull. soc. agric. Lozère. i858, t. IX ; p. 424).— Cf. ^7. Chera» lier, topo-bibliographie, col. 1273.

« « Près de la Réole, il y a un territoire de plusieurs communes (Monségur) qui est une enclave française dans le pays gascon : en effet, au XVr siècle, à la suite d'une épidémie, Henri II d*Albret, n>î de Navarre, y installa des colons venant du Poitou. Cest ce qu'on appelle la petite gavacherie. Les gascons disent : les Gabaches,., ; an fond, on ne connaît pas l'origine et le sens de ce mot. La grande gavacherie existe vers Coutras » {Cours de M. Paul Meyer à l'école des Chartes, 29 novembre 1892).

d'elles ne parait répondre à un poïntqui domine se& abords immédiats. Autant qu'on peut en juger, elles constituent plutôt, par rapport aux environs, des dépressions de terrains et des bas-fonds; elles sont pluiAt en rapport avec les thalwegs qu'avec les lignes de faite.

Sur cent quarante-sept exemples, il n'y en a que sept qui soient Tournis par des montagnes et ces montagnes ne sont pas des cimes maîtresses. Elles peuvent lirer leur nom de leurs Hancs et non pas de leur tôle. Ces flancs, au lieu d'éirc bombés, paraissent con.stituer la cuveite d'écoulement des eauK et sont garnis de ravins. C'est ainsi que, du côté d'Kspinasses. le mont Gapian domine un iiameau de ce nom placé dans riniérieur de la cuvette. I^ pointe délia (iavia de Roure domine le lac Gavia : c'est la pointe qui a tiré son nom du lac plutôt que le lac de la pointe.

Sur cent quarante-sept exemples, il y en a dix qui sont fournis par des cours d'eau'. Cela s'explique fort bien: l'eau s'amasse dans les bas-fonds et coun sur le thalweg. La rivière a donc pu tout naturellement prendre le nom de la dépression où elle circule, surtout quand cette dépression est fort étroite. Mais c'est une exception ei. en principe, il ne faut pas confondre la cuvetle avec l'eau qui en garnit le fond. Le Gaping Ghyll en est un excclleni exemple : Gaping est le nom du gouffre ei non pas celui du cours d'eau qui s'y jette. Le Fell-Beck est le nom de ce cours d'eau qui se précipite dans le gouffre et non pas celui du goutTre qui le reçoit.

Il apparaît donc que les gavaches. comme les gavots, sont, par dclinilion. les habitants des vallées, dans les Pyrénées et dans les .\lpes. et non pas les habiunts des hauteurs qui dominent ces vallées.

.\a sujet de Gap, en particulier, ce qui pr^-Me prouve que te site de Vappincum. choisi par les romains uir les bordsde la Luye, s'étaittoujours trouvé dans ce bas-

I de rapprocli«menli loriuiU pcutent rcnuniuer qu(. tlans It» Iles du Japon, les coun d'eau poneni le nom générique de jdM «i 1» lica celui At g»Xa. Inutile de dire qu'il n'j i rien h tirer d« It '. l'c n'eit pm un rapprochement il Turc.

fond, entre la colline de Puymore à Touest et la colline de St-Mains à Test. Le faite de St-Mains a pu être habité dès une époque plus ou moins ancienne et il Ta été certainement, ne serait-ce qu'au moyen-flge : la preuve en est donnée par le nom gapençais du hameau de Treschfltel, *Tran5 Casiellum, placé au-delà de St-Mains par rapport à Gap. Mais, si jamais on obtenait la preuve que ce faite a été le siège d'un oppidum préromain, il faudrait renoncer à lui attribuer le nom de Vappincum.

Les habitants de Gap sont des gavots, comme tous les alpins; le nom qui est proprement le leur, en tant que vivant à Gap, est celui de Gapians^ Ce vocable, "Gap-iani, est formé sur le dérivé de Vajhincum, exactement comme Brig'iani sur Brig-antionem*. Mais, la ville de Gap étant devenue la capitale d*un comté médiéval dénommé le Gapençais, exactement comme Briançon était le centre de la principauté de Briançonnais et Embrun celui du comté d'Embrunais, les habitants de la ville de Gap préfèrent depuis lors le nom de Gapençais à celui de Gapians.

Au début du XVI« siècle, vivait à Gap une famille Ga-

* La gavotte, « danse à deux temps, avec deux reprises de quatre à huit temps» {HatKfeld et Darmesteter, Dia. de la langue française, col. Il 56), est, à proprement parler, la danse des gavots. Dès 1611, le dictionnaire anglais de Cotgrave la cite : cela prouve qu'elle avait déjà fait fortune hors des Alpes et peut-être est-ce l'entremise de la Cour de Savoie qui l'avait mise à la mode en France. Les Gapians aimaient la ronde saccadée et vive du rigodon, mais rien ne désigne particulièrement Gap comme le berceau de la gavotte : cette opinion erronée a été émise en 1670 par l'abbé Pierre-Daniel Huet, devenu depuis évéque d'Avranches {Zayde, histoire espagnole, par M. de Segrais, avec un traité de l'origine des romans par M' Huet. Paris, CI. Barbin, 1670-1671, 2 vol. in-8'; cf. Traité de l'origine des romans, par M' Huet, huitième édition. Paris, Jean Mariette, 1711, pp. 159-160: « ...ces Martegalles et Madrigaux ont pris leur nom des Martcgaux, peuples montagnards de Provence: de mesmo que les Gavots, peuples montagnards du païs de Gap, ont donné le nom à cette dance que nous appelions Gavotte »).

• Cette remarque a été faite par M. F. Nicollet, professeur au lycée d'Aix-en-Provence, qui étudie depuis quelques années le dialecte alpin des environs de Gap (Lettre du 16 mars tQo5).

pian '. tn 1271s. dans le royaume de Napies et de Sicile, s service de Charles I", se trouvait, parmi les hommes d'armes, un Giraud de Gab'. Au début du XIII' siècle, un écuyer de Gap. du nom de Bertrand, frappé d'un coup de pied de cheval, revint à lui par les mc'rites du bienheureux Etienne, évèquc de Die, que l'on s'empressa d'invoquer. Bertrand ^lait originaire de Gap ; mais on ne peui dire qu'il ail porté le nom de celte cité'. A la fondation de l'abbaye de Fleury en Orléanais au milieu du Vil* si^le, Rgure parmi les assistants un nommé Vapîngus, qu^ pcut-«tre, était originaire de Gap*.

Dans les noms Ca^à/i et dï^ii. comme dans Vappim cum, la voyelle Ionique est celle de l'antépénultième syl-a labe. Dans ces deux premiers noms, la voyelle ainsi accen<« tuée est brève": on peut inférer de là, par analogie, qu'îH

I est de même pour Vâppt'nçum.

Après avoir cherché à grouper un certain nombre dçf localités dont le nom actuel se rapproche des formes Ga) et Gap données par le poème de Girard de Roussillon, il esjB

Gap. 11 j«nv. i5ia. Assemblée d» habitants; Mondonut Gappia hgatt le 1 JS' *ur 171 aMisunii 1 icic du noi' m' Cbudiuo F*b(iJ ieaUntl dt M. Àmat : rtgittrt coti Proccsiu) rerbtlii ci cicquui»> rulU f«ciui et formaïus super tniuportu scdis judictture Vapia»

ii a loco de -Scrro apud civitatem Vipincum, T iQ v*).

Pani Durrîtu. Les arcliives angevines de Naples. Elude » regisirti du roi Charlts '" it*6ï-uB5). i- ), p. 3» (Biblioth. des Ecolei| fr. d'Aihtn» ei de Rome, fasc. Si).

16 septembre iioS-S mai laJil Oe armtgtra rttiuctlalo. Poiioi «tmiger quidam Bcrtraodus nomine, de Vapinco, qui cnatt intuliui Ekcicndi ad Vapinci civiuiem cum eicrciiu dominî aui iter rai... Ilodnitii Cotvmbi manuaKcMis... Opvscvia varia... LvgdvniJ J^ De-Ville... 1668. pp. 345-34^. — V. Ueuiaud. Bertrand de GapT ieajtr iXIlt- si^le) ; Bull, de la Sac. d'Ëiudes. 6* année, n' 3, ittB7j

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