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Ces fractions pe'jvjnt se réduire aux dénominateurs suivants :
720" Tous ces dénominateurs sont des multiples du
de la circonférence pris comme unité et équivalant à 3<>, sinon cette unité elle-même.
Tous les numérateurs i3, 16, 19, 21, 25, 27 et 49 sont des nombres impairs ou des carrés.
Quant aux rayons de 6o'»833, 72'»5o et 95"», auxquels il faut ajouter sans doute celui de 66"»666 et très dubitativement celui de i07™5o, le plus petit équivaut à 187 pieds 17, le moyen à 223 pieds 07, le grand à 292 pieds 307.
Ces chiffres, pris en particulier, ne disent rien. Leur moyenne est de 234 pieds, 182. Or, 234 = i3 X 18.
Si aux trois rayons on ajoute celui de 66™666, équivalant à 2o5 pieds 126, la moyenne des quatre réunis est de 226 pieds 918. Cela ne donne rien ; mais, si on y ajoute finalement celui de i07°»5o équivalant à 33o pieds 769, la moyenne des cinq monte à 247 pieds 688. Or 247 = i3 X 19-
Pour les tours qui correspondent au rayon moyen de
223 pieds, on a vu que les angles de 40<>5 supérieurs à l'angle moyen de 89®, correspondent aux courtines A L, G F percées par l'entrée et la sortie de la voie de Provence.
Par analogie, pour les tours correspondant aux faibles rayons de 187 et 2o5 pieds, l'angle de Sg^*, supérieur à l'angle moyen de3i<>5, doit correspondre à une porte ou à une poterne sur la courtine H I. De fait, perpendiculairement à la rue de Provence et vers le sud-est, c'est là que venait déboucher jadis la rue du Muséum. Le pian de 1841 marque encore, sous la terrasse du Séminaire, le passage Aubert qui y correspond. Le passage public a disparu ; mais, l'ouverture de la porte demeure. C'est la grande entrée qui donne dans l'imprimerie VoUaire.
Au nord-ouest et perpendiculairement à la même rue de Provence, il devait exister une autre porte secondaire. Le grand angle de cette région est l'angle de 28<'5 qui, supérieur à l'angle moyen de 24<>5, porte sur la courtine B C. Il devait donc, par analogie, exister là une porte permettant d'accéder dans la cité.
Enfin, une dernière observation doit porter sur l'orientation. Les trois tours septentrionales C, D, E, ne peuvent correspondre par des diamètres aux deux tours méridionales K, 1, en passant par le centre O. Mais, fait remarquable, le rayon D O qui lie la tour D au centre O, porte exactement à go^ sur la diagonale A G qui lie les tours A et G.
La direction DO fait un angle de 2i<^ ou de 22^ avec la direction du nord absolu, vers le nord-ouest. Par suite, la diagonale A G fait un angle identique de 2i<> ou de 22<» avec la direction de l'orient et cet angle est tourné vers le nord-est.
Du côté de la rue Neuve, Télévation des murs d'enceinte subsiste encore à peu près pleinement ; mais les tours ont disparu. La rue Neuve forme fossé au pied du front extérieur de ces murs : le front intérieur supporte des terrasses élevées.
pection c du fSèwinaire.
Figure D
La coupe en profil * de ce mur, due à M. Peyrol, donne S^So d'élévation au-dessus de la rue Neuve pour le mur en ceruins endroits et lo'" en certains autres. L'élévation maximum de 10™ correspond environ à 3o pieds: celle de 8™5o à a6 pieds. Le niveau de la terrasse du Séminaire, adossée à l'intérieur du mur, s'élève à ■j'" au-dessus
< Voir la figun
du sol actuel de la rue Neuve, c est-à-dire à 21 ou 22 pieds.
Le fruit extérieur du mur donne à la base de la corniche o™45 de retrait sur Taplomb inférieur du sol : cela correspond à une pente de 97® environ. Le surplomb de la corniche regagne à peu près les o°>45 du fruit total.
§ 3. i4 quelle époque remonte l'enceinte polygonale. — La plus récente et la plus développée des enceintes de Gap se trouvait en ruines les 21 et 22 juillet 1762* ; elle fut démolie de 1807 a 181 1*. Au sud, elle coïncidait avec le tracé de Tenceinte polygonale; mais elle embrassait, en plus, tous les bourgs et tous les faubourgs qui étaient venus, principalement au nord-ouest et au nord-est, se joindre à lancienne cité comprise dans cette enceinte polygonale.
Elle fut constituée de 1406 à 1426 3. Dès 1392, Guillestre venait de se fortifier; dès ]36i. Embrun en avait donné l'exemple*. Entre les portes Saint-Arey et Garcine, ses courtines devaient avoir quatre palmes d'épaisseur*. Le prix-fait
* « De Chorgesà Gap la route est belle et traverse une plaine marécageuse que les habitans pourroient rendre très fertile en pâturages pour peu qu'ils fussent industrieux; mais le génie des Gapençois est bien différent de celui des habitants des autres parties du Dauphiné. »
« La ville de Gap est située dans un bassin très agréable ; elle est assez mal bâtie et les habitans n'ont point encore pu rétablir toutes les maisons incendiées en 1692, par le feu roi de Sardaigne, Victor- Amédée. Les murs d'enceinte de la ville menacent une ruine très prochaine. » (Tournée d'un intendant dans le Haut-Dauphiné, en juillet 1762; manuscrit inédit de Pajot de iMarcheval, publié avec des notes par M. Paul Guillemin ; Annuaire du Club-Alpin Français, a3* année 1898. Paris, Hachette, 1899, p. 336).
* J. Roman, Histoire de Gap, p. 280.
* Ibid., p. 73; cf. Paul Guillaume, Inventaire sommaire des Archives communales. Hautes-Alpes, ville de Gap, t. i", i" fasc, série A A et B B. Gap, L. Chaix, 1904, pp. 39-49, art. B B. 2-4.
* Camille Enlart, Manuel d'archéologie Française, i" partie. Architecture, t. II. Architecture civile et militaire. Paris, Picard, 1904, p. 424, note I.
^ Prix-fait du 10 mai 1424 (BB. 4 ; P. Guillaume, Ibid., p. 47).
d'une tour indique que ies fondations, sous terre, de cette tour devaient mesurer douze palmes d'épaisseur; depuis le niveau du sol jusqu'à la hauteur du chemin de ronde, son épaisseur devait être de neuf palmes. Enfin, au-dessus de ce chemin, jusqu'aux créneaux, l'épaisseur devait être réduite à six palmes ^ Cela revient à dire que la courtine devait avoir 0^974 d'épaisseur ; le mur de la tour, respectivement 2"^g22 à la base, 2°>ig2 du sol au chemin de ronde, i™46i du chemin de ronde aux créneaux*. On voit quelle différence cette faible enceinte présentait avec les courtines de douze pieds, c'est-à-dire de 3™go, de l'enceinte polygonale et avec les tours d'un diamètre de vingt-six pieds, c'est-à-dire de 8™45, de cette enceinte plus ancienne.
Cette profonde différence de construction, tout en faveur de la plus ancienne, invite à faire remonter celle-ci plus haut. 11 avait fallu, d'ailleurs, beaucoup de temps
< Prix-fait du 19 juin 1406 (BB. 2 ; Ibid., p. $9).
* Le bâton de Briançon valait 2*192. La canne d'Embrun, divisée en six pieds ou en huit pans, valait 2*001, ce qui mettait le pan à o*25o. L*aune de Gap, Briançon, St-Bonnet et Veynes, valait 1*218. Elle comprenait cinq pans ; ce qui met le pan a 0*2436. La toise delphinale valait 2*046, ce qui mettait le pan à o*255 (Tables de comparaison entre les mesures anciennes du département des Hautes-Alpes et celles qui les remplacent dans le nouveau système métrique publiées par l'ordre du Préfet. A Gap, de l'imprimerie de Joseph Allier, petit in-4' de 5 pp. nch. -h (4} — (i3i) -H 5 pp. nch.). Ce livret porte, p. (i3i), la date du 3 thermidor an X, qui est celle de l'arrêté préfectoral précédant son impression.
La palme se confondait avec le pan, huitième partie de la canne ; le pan se subdivisait en huit menus. La canne de Provence, qui valait 1*988 à Aix, 2*046 à Arles, 2*012 à Marseille, correspondait à la toise royale de Paris qui valait i*949> (Tableau des anciennes mesures du déparlement des Bouchcs-du-Hhone, comparées aux mesures républicaines, publié par ordre du ministre de l'Intérieur. A Paris, de l'im primerie de la République, an Vil ; in-4* ^^ >2 PP-)- ^^ Dauphiné, la toise delphinale valait 2*046. (Tableau comparatif des mesures anciennes en usa^e dans le département de l'Isère avec les mesures nouvelles et des mesures nouvelles avec les mesures anciennes. In-4' allongé de 12 pp. A Grenoble de l'imprimerie J.-L.-A. Giroud, imprimé en vertu d'un arrêté préfectoral du 24 vendémiaire an X).
1451 Ai
pour que la cilé ^'augmcniàt de la surface des bour|;s et de:< faubourgs que l'enceime du XV« siècle vînt englober. Les plus anciens de ces bourgs, comme celui de la rue du Mazel et de la place Sl-Elicnnc, avaient pu éire garantis eux-mêmes par des murs, à l'instar de la cité, dès une époque ancienne. Primîiivçment les égYncs St-Etienne et Sie-Colombc se irouvaienl dans un quartier de vergers et de jardins, ce qui implique qu'elles étaient extra-mums. En r 1H4. un texte distingue la cité du bourg : il est fort probable que la cilé se composait des quartiers entourés par l'enceinte polygonale. Quant au bourg, une partie tout au moins allait être dominée par un mur. En etTet, le comte, réduisant à sa merci les Gapènçais qui s*étaienl révoltés contre lui, les oblige à construire une tour qui servira de demeure sûre à ses agents. On spécifie que la courtine aura huit palmes de largect quatre cannes de haut ; la tour aura seize cannes de haut et une épaisseur de douze palmes '. Cela équivaut à i"'çi^S d'épaisseur et 7"'795 de haut pour la courtine ; à ^"'923 d'épaisseur pour les murs de la tour et à 3i>"i68 pour la hauteur de cette tour. La colère du suzerain imposait à ses vassaux d'élever ainsi une tour de hauteur vraiment très considérable, pour que le baile comiai tMi désormais à l'abri de leurs atteintes. Mais, celte exagération du hauteur est voulue par les clrconstan-
< Sisteron. 1184: Inttr dinniHum Guitlttmum cnmilem ForcalcaHi et MÎIitts tt burgtnsen et pnpulum iciltett Vapinctnnem.... predictut popului.,. comili, m clvitate vel In burgii ubi et in fuo laco iptt malutril. lurrim faciant cufut muri debent tut huitudinii XII palmarum ait canHam, alliludlnit verv texdecim cannarum. Muroi vtro drbtnl /actre lirea turrim in ambila. iattludinù aelo palmarum, allitudini* quatuor cannarum, çuat muroi homîna eorlinam apptUanl. (Bauvhtx-Ju'P.h6ne, B- 191 ; C Amat. Uoe page infdlie de l*bisioire d« Gap. Bullttin rie la SocUte d'Etudn. 1" inn^, n' 3, 1881. pp. i85-r8St,
C«« hiuieur de Kciie cannes esi préctsémeni celle qa*mii à Arles U lout du Vallm ou de F»bre. (A. Vjnn. ArUt antique. Coogtis KcïtMopqav ât Vrance \UIT* testion. séinccx (lin^rilei icnue* il Afin «n 187G, par la Sotiiii franfiiM d'àKhMope, Tour*, P. Bou- Km, 18,-7. P' '7^> "^'^ '^
ces ; mise à part, si on considère seulement le plan par terre de la courtine et de la tour qui tiendront le bourg en respect, on voit que les mesures sont intermédiaires entre celles de Tenceinte du XV^ siècle et celles de lenceinte polygonale. Celle-ci est encore plus forte. Enceinte de la cité, elle remonte au delà de 11 84 : des textes montrent qu'elle existait déjà le 7 avril 1044 et le 9 mai io3o/i *.
En réalité, il en est de Gap comme de toutes les autres cités : ses murs le protégeaient déjà au début du VIII« siècle. On en a la preuve pour Narbonne, Agde, Béziers et Nîmes-. On en a la preuve pour Avignon*. On en a la preuve pour Suse^ et, si Suse avait les siens, Gap ne devait pas être moins bien doté.
A I époque mérovingienne, on s'est contenté, en général, d entretenir et de réparer les enceintes existantes. Les indications tirées des textes historiques permettent, ainsi, de croire que Tenceinte polygonale de Gap remonte à l'époque gallo-romaine.
Il en est de même pour deux cités voisines. Die et Grenoble.
Ce qu'on sait le mieux de l'enceinte de Uie, c'est qu'elle
* Gap, 7 avril 1044: ... medietatem civitatis que voc^tur Vapincum^ secundum hoc quod mûris ciauditur. (Bouchcs-du-Rhône, B. iSjS).
Gap, 9 mai io3o : ... unum mansum situm propc mcenia civitatis subtus ecclesiam sancti Erif^ii, (P. Guillaume. Documents inéaits sur le prieuré de St- André de Gap, p. lo).
• 737: ... Narbonensem... ipsam urbcm celebcrrimam... obscdit... munitionem in girum in modum arietum instruxit, regem Sarracinorum... ibidem reclusit. (Frédegaire, p. 177). Tous ces termes nécessitent la présence d'une enceinte.
737 : Urbes famosissimas Nemausum, Agatem, hac Diterris funditus muros et mania destruens, igné subposito concremavit... suburbana et castra illius regionis pastavit. (Ibid., p. 178).
• 737 : Ipsud oppidum et suburbana prœoccupant munitissimam civitatem obsedunt,.. muros circumdat.. cum machinis et restium funibus super muros et edium mania inruunt, urbcm munitissimam ingredientes succendunt. (Predegaire, p. 177).
* Suse, 3 mai 739 : /n vallc Sigusina, tam infra muros ipsius civitatis quam et in ipso pago,.. (Cipolia. Monum. Novaiit,
t. I, pp. 20-20-
irré en grande abondance des inscriptions funéraires aines, des colonnes et des chapiteaux provenant de tcmplesoude monuments païens, notainmentdesrraj;mcnts de porphyre rouge et de serpentine verte, des fragments de sculpiure en marbre blanc, statues ci bas-reliefs> plus ou moins mutilés'. Cette enceinte, telle qu'elle s'est ainsi consei^ée dans son état actuel, est donc forcément postérieure au rescrii des empereurs Honorius et Arcadius qui. le 1 "■ novembre 397. permirent l'entretien des cnccinïes ou leur relèvement avec les matériaux provenant de la démolition des édifices consacrés au culte païen ' et qui, le 34 mars 396. venaient de municipaliscr cet entretien '.
Pour l'enceinte de (irenoble. il n'en est pas de même. On a bien trouvé trois inscriptions lunéraires dans les fondations de ses portes ' : notamment celles d'un dccurion et d'un questeur de la colonie de Vienne. Mais on ne parait y avoir trouvé aucun débris d'édifices publics de l'époque romaine, sauf peut-être un ftlt isolé de colonne. M. Albin Gras a reconstitué le tracé approximatif de cette enceinte et décrit la nature de sa construction '. M. de Rochas a pfiécisé quelques détails importants de cette construction '.
• l.-D- Xjoag. Rectierchei 1 VocaitlUtu. Parii. imprimen tome II, de la 11' série d« TêCtdieût dt% ini-frîplions ci
• Cod. Theod. lîv. XV, I. I-
' /« antiquilis romainet du payt dt»
Nationale. 1^9. pp. 114-119. (Etiniid u ï prcitcnift par diveri stvanis ' ; tires).
XXXVI (ed- Godcfroy, p. 1^71
I bcll
rtW., loi X.tXIV (cd. Godefroy, p. Ï451 ; cf. Ciinille Enlm, 1. Il, Arckiltclurt cirilt et militaire, 1904, p. 460, note 1.
' ErnestusHi^rxOK, Gatlitt Narbonenth provineice rnmanir hiitnrialiptix. B. G. Teubncrj, rH64, Appendii, pp. 1 16, 1 18. n'' 544, ^47, 5M'
* Dans Ie Bullttin dt la SociéU dt ilatmiqut dei icicoccs naturelles t( de> ans industriels du département de l'Isère, t. II. Grenoble, Pradhomme et Blinchei, if^43. pp. 143-146, séance du 70 norcmbre 1841. Dan»» ratme volume, se trouve un iraporlani travail de topopaphie de M. Piloi. auquel se trouve nnncié le plan de Grenoble, dressé entre ib'il et l.^6l. (S'nllce sur lei et «ur un ancien plan de la ville de Grenoble, avant son agrandiMc. : par Le»di|tiii(tcs en lÎQ* ; tbid.. pp. iS5-3j>, •léiini.'e dit 1^ ai. cembre itt4i, *iec le grand plan hors teiie i la lin du vulumci.
Albtrl dr fiiK^iu-Aielun. Notice historique tur les rortiticallnn?! d< Qrenobic iBnlleltn det.Kcadémit dJphiittlt, î' titit. lome It"
Selon M. Albin Gras, « i*enceinte romaine présentait la forme d'un ovale dont le grand axe serait dirigé de Test i l'ouest ; elle comprenait à peine neuf hectares. L'épaisseur de la courtine, à la base, était de 4i"5o ; plus haut elle n'était que de 2°^25. » Selon M. de Rochas, la construction se compose « presque partout d'un blocage de moellons disposés par assiles horizontales dans un bain très épais de chaux grasse mélangée avec de la brique pilée. Cependant, en certains points, notamment derrière le chœur de l'église Notre-Dame, ce genre de maçonnerie ne commence qu'au niveau du sol actuel et la partie inférieure, jusqu'à 3°^5o au-dessous, est formée d'une maçonnerie beaucoup plus compacte où la chaux mêlée de briques est remplacée par un solide mortier de chaux et de sable. Le niveau du sol s*est exhaussé de plus de 3^ depuis l'époque romaine. Le parement était en moellons de petit appareil sans chaînes de briques. » Aux constatations de ces deux auteurs, on peut ajouter que, pendant le mois d'août 1896, à la suite des travaux de dégagement du palais de justice, une tranche de la courtine pouvait se voir dans la rue Cujas, percée vers le quai entre la rue du Palais et la place des Cordeliers ou de BéruUe. Cette tranche, qui se présentait un peu de biais,
Grenoble, Prudhomme, 1873, pp. 3-3 1, avec un plan hors texte). Cette notice est un discours de réception lu le 12 janvier 187a. L'homme éminent qui en est Tauteur, lié par les convenances de ce genre de littérature, ne pouvait guère sortir des généralités. Heureusement la note i4, placée en appendice aux pp. 23-25, fait connaître nettement les constatations faites par lui, aprcs celles de M. Albin Gras. Le plan hors texte, placé entre les pp. 3o et 3i et intitulé : Plan des enceintes successives de Grenoble, permettrait à la rigueur de tenter une restitution du tracé théorique, en s'aidant d'un bon plan à plus grande échelle, tel que le précieux document publié par M. Pilot, en 1843. Malheureusement, ni M. Albin Gras, ni M. de Rochas, ne paraissent avoir été à même de lever exactement une seule des tours antiques. Si ce dernier parle de tours <^emt-circulaires* distantes les unes des autres d'environ 25 mètres, il semble donc que ce soit d'après le plan du Wl* siècle et non pas d'après la réalité qui reste ignorée. Il va de soi que le plan du WV siècle a besoin d'être contrôlé : son auteur ne se proposait pas de faire connaître l'enceinte gallo-romaine mais l'enceinte moderne*
et sur le front extérieur de laquelle s*appuie la maison placée à l'angle de la place et de la rue, mesurait 3°^23 d'épaisseur. Elle se composait d*un blocage de gros galets du Drac et de pierres assez grosses à ciment de la Porte de France ; ce blocage était noyé dans un mortier épai^ et dur de chaux et de brique pilée, ce qui lui donnait un teint rosé. Le revêtement, si jamais il exista, avait disparu. La hauteur de cette courtine atteignait le niveau inférieur du balcon placé au-dessus de l'une des deux fenêtres du rez-de-chaussée, sur la rue, de cette maison adossée contre l'enceinte. Cette hauteur pouvait équivaloir à environ 4™ : en y ajoutant les 3°>5o du sous-sol, la hauteur totale qui subsistait pouvait atteindre y^^So.
Ainsi, comparée aux enceintes romaines de Die et de Grenoble, c'est celle de Grenoble dont l'enceinte de Gap se rapproche davantage. En plus delà forme ovale du périmètre, c'est surtout le genre de construction qui invite à reconnaître cette similitude. A Gap, comme à Grenoble, la construction se compose d'un blocage de galets. Le mortier de chaux avec brique pilée se trouve généralement à Grenoble. Mais le mortier à sable y fait son apparition, derrière Notre-Dame ; le mortier à brique pilée a été constaté à Gap derrière la cathédrale. Ni à Grenoble, ni à Gap, il n'y a de chaînes de brique, ni de matériaux abondants, provenant d'édifices païens religieux. A Grenoble, seules quelques épitaphcs ont été retrouvées : on peut croire qu'il en serait de même à Gap, si les fouilles pouvaient être moins brèves que celles déjà faites. A Grenoble, le sol s'est exhaussé de 3°»5o ; à Gap, de 3™55 pour la tour d'Aspremont.
Qui plus est, l'architecte de Grenoble, pourrait avoir comme celui de Gap, employé le pied de o™325. En effet, les seules mesures relevées à Grenoble sont celles de 4°^5o, 3"»23 et 2™25. Or, o,323 X H "=* 4™522
L'enceinte de Grenoble, avec les édifices publics qu'elle renfermait est due à « NN. SS. César G. A. V. Dioclétien, pieux, heureux, toujours victorieux Auguste, et
46 [Soi
César M. A. V. Maximien, pieux, heureux, toujours victorieux Auguste * ». Le César Maximien devint Auguste et collèguede Dioclétien, le i«r avril 286: tous deux donnèrent le titre de César à Constance Chlore et à Galère, le i^'^ mars 292 *. Ces deux derniers ne figurent pas dans les inscriptions de Grenoble où les Augustes Dioclétien et Maximien paraissent encore comme Césars ; il n'est pas douteux que Cularo, en face de son site primitif, n'ait été bâti et entouré de murs sur la rive gauche de Tlsère, entre le i^ avril 286 et le i^ mars 292. La dyarchie n'était pas encore devevue la tétrarchie : c'est Maximien qui, de Milan, gouvernait l'Occident.
Malheureusement, il a été impossible d'étudier jusqu'à présent les tours antiques de Grenoble. Sur le plan du XVI^ siècle publié par M. Pilot, celles qui se trouvent dans le tracé du mur d'enceinte alors subsistant sont figurées comme semi-circulaires. Elles sont figurées ainsi sur le plan de Gap au XVI« siècle, publié par M. Roman '. Cela n'empêche pas que les tours antiques de Gap ne soient circulaires et il est probable qu'à Grenoble il en était de môme. En effet, sur le plan du XVI« siècle de cette dernière cité, la tour de la trésorerie, celle de l'évêché, celle de la cathédrale, qui sont de fondation antique, sont de plan circulaire.
En Provence *, Fréjus est un bon exemple de l'incohé-
* Herzog, Appendix, p. ii5, n* 542.
' René Cagnat, Cours d'ipigaphie latine, 3* éd. Paris, Fontemoing 1898, pp. 210-214.
> J. Roman, Histoire de Gap, p. 281.
^ L*cnceinte gallo-romaine d'Antibes a fait l'objet d'une monogra' phie accompagnée d'un plan général. L'épaisseur de la courtine, à la porte de l'Orme, est de 2*25 ; la tour d'angle sur plan circulaire, dénommée la Tourraque a 8* de diamètre. Les tours sont pleines jusqu'à une certaine hauteur. Le périmètre, en forme de rectangle très allongé, dominant la mer. embrasse moins de deux hectares. La dalle funéraire d'Albucius Scœvianus sert de linteau à l'une des portes. I-e mortier est de chaux vive et de sable lavé. (Hippolyte Ha^in, ÏJk citadelle d'Antibes étude d'archéologie romaine ; Repue archéologique, Paris, Leroux, 1886, extrait de 11 pp. et 2 pi.).
Il y a deux portes principales dont les largeurs sont 2^90 et i"g5.
renct' qu'amèneni Ic^ observalicms sjfccssives quand ellei sonl peu préciser '. Les murs de cette colonie oni eu moins à souffrir de lu dévastation àts Sarrasins que du vandalisme irréiléchi des ingénieurs modernes, notamment quand l'ut établie la voie lerrée de la Méditerranée vers i86o*. Déjà, tn 1744. un gtinéral. qui avait à faire passer ses troupes sous la * porte de Rome >•, avait jugé bon de la démolir dans la crainte que la voùie de cette porte ne vint à choir au momeni de son passage : on eut bien de la peine à y réussir, en raison des crampons de fer qui en liaient les pierres, et on aurait moins perdu de temps à la consolider qu'à l'abattre. L'esprit de cet homme de guerre va de pair avec* celui des ingénieurs et entrepreneurs de la compagnie des chemins de fer qui, après lui cl après les Sarrasins, devaient passer à Kréjus.
L'attention se porte sur la « porte des Gaules » : selon Girardin elle oITrail deux ouvertures, selon Tester trois arcades. selon Petit deux seulement et. selon Aubenas, deux
Leurs hiuteurt lont de 3*Bi et 3* ; mail elles ont pu vtrier par mite d'un cliiiiigcmcni de nivcuu du sol.
Pour Arles, voir le travail de M. Auguilc Vêr>n, iniitulé Aria Anli^ut t^on^rès archéologique il Arlei. Tours, iH^. pp. i6j-a^i.
1 général. Iiora teue. «ntre les
i ïeraieni senii-circulaircs; entre
r U voie aurélienne. L'mteur
i'i5 d'£p«iiseur (p. >7*l : le
Ce iraTill ett accompagné <i'un plai:
pp. 177-173. d'après letiuel les t td pp. jSS el 289, le plan de la poni «e borne ù dire que la courtine me tracé de l'enceinte esi quadrnngutair
■ G|irardin}, Hîaloire de la rillt tl dt f/gliie dt Fri/us. Pu'it, veuve DeUulne. 17*9, a t. in-rj". — Charles Teiier, Mimairei lur la rilte tt le port de Fri/us. (Mémoires présentés par divers «avants 1 l'Académie île» inscriptions.»* série, i- 11. 1849. pp. ii^»77+ 6 pi,). — Victor Petit. Frijui, Forum tulU . note descriptive ici.-oinpa({née d'un plan d'une cane et de cent destins tntercalén dans l« te&te. ^ButUtin monamtntal, i865). - J.-A Aubena), llixtoirt dt Fr^/ut, Fomm Juin, «es antiquités, son pon laccompagiiée de trois ptanchol, Fréjus, Uuis Lcïdet, 18S1. in-B'.
■ Aubenas. p. }oo, note que Krfjus est un paT« où la pierre aboode. Lei dévaitaiions donc la Compagnie des ohemlns de fer s'est rendai coupable entre l'amphilliéllre et la porte des Uaules ilbid., p. }6i)t, sont Jonc sans excuse possible. tCf< Ibid.. pp, 3K*-}^).
' tHJ.. p. Î9ï.
qui n*étaient que des poternes. Cette porte est précédée d une demi-lune concave entre deux tours: selon Girardin, le circuit interne de cette demi-lune est de 90 pas, selon Texier son diamètre estdeSo™, selon Petit de 55°^ et selon Aubenas de So""^ ; quant aux tours qui la commandent, selon Girardin elles ont 24 pas de circonférence, selon Petit 9^40 de diamètre, selon Aubenas juste 10™. Selon Texier, lescourtines en général ont S^ de haut, sans compter un parapet et des créneaux de i™65: tous les 1 5™ environ, se trouve une tour dont le diamètre est de 9°**. Selon Aubenas, le
diamètre des tours est de 10™ hors d'oeuvre et elles sont distantes de 3o™ au moins, même de 36™ •.
Mais ces tours sont-elles vraiment des tours construites sur plan circulaire, ou bien des demi-tours ouvertes à la gorge ? La difficulté qui s'est présentée pour Tenceinte de Grenoble se représente pour Fréjus. En effet, Girardin parlait, semble-t-il, de tours circulaires *. Texier, sans hésitation, opte pour des tours demi-circulaires et Petit suit ce sentiment. Enfin, Aubenas, en opérant quelques fouilles, n'a pas de difficulté à voir que la vérité est du côté de Girardin •. Mais, ce n'est pas tout ; le graveur du plan dessiné pour Aubenas fait toutes les tours de l'enceinte demi-circulaires, sauf celles des portes *'. S'agit-il d'une tour lanterne coiffée d'une pyramide à pans coupés ? Pour Girardin, c'était un octogone " et pour M. Texier aussi dans son premier mémoire, à la p. 188*; mais, à la p. 202, cet octogone devient pour M. Texier un hexagone*.
• Ibid., pp. 370-373.
« Ibid., p. 368.
' Ibid., p. 436.
* Ibid.. p. 424.
* Ibid., pp. 42b et 421.
Plan de l'antique Forum Julii et de Fréjus moderne. Dressé par M. A. Méro, sur les indications de l'auteur. ICchelle de 1 ù 25oo. 7 Ibid., p. 494.
• Ibid., p. 495.
9 Ibid., p. 49»).
fW] 49
M. Petit rétablit Toctogone *. M. Aubenas, montre que, décidément, il s'agit d'un hexagone *.
Un pareil ensemble de contradictions fait naître Tincertitude dans l'esprit : il serait indispensable d*allcr voir Fréjus, avant qu'une nouvelle génération de démolisseurs n'ait fait disparaître les derniers restes de cette enceinte que les barbares n'avaient pu détruire. Ce n'est pas le soleil qui manque en Provence, pour y voir clair: mais il faut prendre la peine de regarder.
Selon le sentiment de M. Aubenas, le dernier en date des auteurs dont il s'agit, le développement total de l'enceinte approche de 4.000 mètres 3. Les courtines ont une épaisseur normale de a°^5o*. Les murs, construits en blocage, offraient un revêtement épais de o™25 en petit appareil*. Sur trois faces, l'enceinte était flanquée de tours circulaires éloignées au moins de 3o mètres et même de 36 mètres^. Le diamètre de ces tours est de 10 mètres^ ; l'épaisseur de leurs murs de i<°20^. Dans la citadelle St-Antoine, il en subsiste deux n'ayant que 7 mètres de diamètre ; selon Texier, elles étaient engagées d'environ un tiers de leur diamètre dans l'épaisseur de la courtine et leur hauteur était double de celle de la courtine^. En dehors de cette citadelle, le long de l'enceinte proprement dite, la tour qu'on peut le mieux observer, selon Aubenas *<^, est assise sur un socle de
• Ibid,, p. 497.
• Ibid,, p. 498.
• Ibid,, p. 434,
• Ibid., pp. 3g6 et 414.
*Ibid., pp. 38o-38i.
• Ibid,, p. 401.
' Ibid., p. 436.
• Ibid., p. 404.
• Ibid., p. 475.
*• Ibid., pp. 424-428. II y a peut-être une erreur d'inattention et, en tout cas, un manque de précision dans le texte, p. 427. On y lit : « à rintérieur. le segment que nous avons retrouvé... est plus grand d'un cinquième que celui qui déborde extérieurement le rempart et cette nouvelle observation nous permet d'affirmer, d'une manière générale, que les diverses tours qui garnissaient l'enceinte ne présentaient, en
béton, qui déborde d'un mètre. La tour déborde elle-même des 10/25 de sa circonférence environ sur le front extérieur et, sur le front intérieur, sauf erreur, des 8/25 de cette circonférence. Cela revient à dire, toujours sous réserve d*avoir à préciser les mesures insuffisantes, que langle d'insertion de la tour dans la courtine est, sur le front extérieur, de çp^ + i8<>= loS** et, sur le front intérieur, de go^ -f- 32<*4 e=» 12204.
dehors que les deux cinquièmes de leur circonférence. » Tout d'abord cette observation d'Aubcnas surprend ; en principe, il va de soi que, si les tours circulaires engagées dans la courtine doivent faire une saillie beaucoup plus considérable sur un front que sur Tautre, cette saillie plus considérable doit porter sur le front extérieur plutôt que sur le front intérieur. La raison en est qu'elles sont dirigées contre Tennemi et non pas contre la cité. A Fréjus, d'après Aubenas, ce serait donc le contraire de ce qui doit se passer. Do plus, dans ce texte, on ne sait, À la rigueur, si le surcroît de la saillie intérieure, puisque surcroît intérieur il y a, vaut i/5' de la circonférence totale ou bien i/5' de l'arc saillant à l'extérieur. La tour présentant les 2/5 de sa circonférence au dehors, restent 3/5 de cette circonférence pour l'épaisseur de la courtine et pour le saillant intérieur. Si le surcroît de saillie intérieure équivalait à i/5 de la circonférence totale, la tour déborderait à l'intérieur de 2/5 -f- i/5, c'est-à-dire du total des 3/5 disponibles. Cela est impossible, parce que l'épaisseur des cour, tines serait de ce fait réduite à néant. Le surcroit de saillie intérieure équivaut donc à i/5 de l'arc saillant extérieurement; par suite, Tare saillant à l'intérieur vaut 2 '5 + 2/25 ou 12/25 de la circonfé. rence. L'arc saillant à l'extérieur vaut lui-môme, par défmition, 2/5, soit 10/25 de cette circonférence, et il en reste 3/25 pour l'épaisseur des courtines. Cleci est fort bien. Reste la difficulté qu'une tour circulaire puisse saillir beaucoup plus à l'intérieur qu'à l'extérieur. Si Aubenas avait écrit : « à rintcricur, le segment que nous avons retrouvé... est plus petit d* un cinquième que celui qui déborde extérieurement le rempart... ». cela satisferait davantage les personnes qui doivent s'en rapporter à ses soigneuses descriptions, en l'absence de tout plan détaillé et exact. Dans ce cas, l'arc extérieur vaudrait 10/25, l'arc intérieur x 2b et il resterait 7 25 pour répondre à l'épaisseur des courtines. Puisque l'épaisseur de la courtine est de 2"5o et le diamètre de la tour de 10 mètres, cette dernière solution est d'ailleurs la seule possible. Kn effet, dans la première hypothèse, on a 2.5o : 10 : : 1,5: 12,5. Kt dans celle-ci, 2,5o: lo : : 3,5: 12, 5. Dans le premier cas, on obtient i5 = 3i,25, c'est-à-dire une erreur de 5o '/.. Dans le second, 35= 3 1,25, c'est-à-dire une erreur de 11 ', , seulement, imputable à l'imprécision des mesures prises.
L'angle de i8^ équivaut au 2o« de la circonférence. L'angle complémentaire de 72^ est celui du pentagone régulier inscrit.
Sur la face qui regarde la mer, les tours font place à des contreforts rectangulaires. Aubenas en note deux, séparés de 8™5o, qui ont 4™5o de large contre la courtine et qui avancent de 2™5o*.
Le plan, joint au livre d' Aubenas, permet de voir que le développement de l'enceinte affecte la forme d'un rectangle irrégulier. Trois des angles s'étendent au-delà du tracé normal, pour s'appuyer au nord-ouest sur l'amphithéâtre, au sud-ouest sur la citadelle St-Antoine et au sud-est sur la citadelle de la plate-forme. Seul, l'angle nord-est, légèrement rabattu, présente un tracé régulier.
Ces trois points stratégiques, de toute évidence, préexistaient à Tenceinte qui s'appuie sur eux. Or, l'amphithéâtre a été bâti, en partie, avec les briques du fabricant nommé Castor dont les produits se sont retrouvés sur le tombeau où reposait une femme, laquelle vivait, au plus tôt, du temps de Septime Sévère* (193-21 1). D'autre part, les remparts, qui ont fourni de si excellents matériaux à la voie du chemin de fer, ne paraissent pas avoir livré des colonnes ou des chapiteaux provenant de temples païens. Us doivent donc être antérieurs à l'édit d'Honorius. Sans doute, on peut les faire remonter au IV« siècle ; ils remplacèrent une enceinte plus ancienne hors d'usage. Il est facile de voir que la voie aurélienne passe sensiblement par le milieu de cette enceinte nouvelle. La direction de cette voie fait un angle de 5o<* ou 5o<>5 avec le nord vers l'est ; ou bien, si Ion préfère, de Sg^S avec l'est vers le nord. Elle entre dans la cité par la « porte de Rome », au fond d'une demi-lune ; si on prolonge sa direction en droite ligne, on aboutit exactement, du côté opposé, à la «porte des Gaules», placée de même au fond d'une autre demi-lune d'impor-
* Ibid., p. 441.
« Ibid., pp. 668-669.
tance à peu près égale*. Il est donc difficile de concevoir comment Aubenas se refuse à faire sortir la voie par cette porte des Gaules exactement opposée à la porte de Rome.
Actuellement, il est vrai, Tintérieur des murs forme un terre-plein en terrasse de 6 mètres au-dessus du niveau extérieur ; mais, ce qu'il faudrait savoir^ ce n'est pas quel est le niveau supérieur de la terrasse actuelle à TintéFieur, c'est le niveau antique par lequel passait la voie.
La courtine, qui coupe la porte de Rome, ne traverse pas la voie à angle droit. Le secteur nord la coupe par So® et le secteur sud, dans la direction du premier, par loo^. Cette courtine du front oriental est d'un tracé rectiligne et régulier. Par contre, la courtine occidentale, entre l'amphithéâtre et la citadelle St-Antoine, est d'un tracé assez irrégulier. Mais^ si on joint les deux extrémités de celle-ci par une ligne idéale, il est facile de voir que cette ligne est sensiblement parallèle à la courtine régulière du front oriental. La direction de cette courtine orientale a donc été déterminée, à peu près, par son parallélisme avec les deux points stratégiques de Touest.
Le front méridional, vers la mer, est lui-même irrégulier. Il n'y a rien à en tirer, car il se modèle sur la configuration du port. Le front septentrional, qui s'infléchit en son milieu, peut donner lieu à quelques observations. Ces obser^ vations portent sur la partie nord-est et à peu près rectiligne de ce front. La partie la plus rapprochée de l'angle nordest fait un angle de 45^ avec la ligne du nord vers l'est. Son prolongement rencontre à qS^ celui de la courtine du front oriental.
11 n'y a pas à parler des monuments : le mur de la scène du théâtre paraît parallèle à la voie et le grand axe de l'amphithéâtre tait un angle d'environ 37° avec le nord vers l'ouest. Si on envisage les divers murs des séparations intérieures, dont le plan gravé pour Aube-
• Ces dcini-lunes, ou hémicycles, dont la concavité est tournée vers l'ennemi, répondent aux descriptions de Pliilon et aux prescriptions de Vé^èce, dont le général de la Noé déclare ne pas avoir retrouvé d'exemples. (G. de la Noé, Principes de la fortification antique, fasc. II, pp. 64-65).
nas a relevé les traces, on voit que ces murs se croisent à angle droit; mais ils ne traversent pas la voie à angle droit. L'un d*eux la traverse vers le nord par un angle de Sj^ ; l'autre, par un angle de 84^^. C'est dire qu'ils font, le premier, un angle de 43° et, le second, un angle de ^6^ avec le nord, vers l'ouest. Puisque la courtine septentrionale fait ellle-mëme un angle de 45° avec le nord vers l'est, on voit que les murs secondaires, dirigés du nord au sud, sont à peu près perpendiculaires à cette courtine. Les murs secondaires, dirigés de l'est à l'ouest sont à peu près parallèles à sa direction. Il semble donc que l'on constate une ligne ancienne de base dirigée exactement du nord-est au sud-ouest, puisqu'elle coupe la direction du nord par un angle de ^5^ vers l'est. Cette ligne d'orientation coupe la voie aurélienne par un angle de 5^ ou S^S.
Quoi qu'il en soit, le peu de précision des mesures prises i Fréjus et l'absence de toute observation des tours de Grenoble obligent à chercher pour les tours de Gap des points de comparaison plus loin.
Les murs de Trêves et de Cologne donneront des exemples typiques et bien déterminés. Sur le Rhin, il y a eu des recherches exactes et complètes.
L'enceinte gallo-romaine de Cologne*, en forme de quadrilatère irrégulier, présente un développement de Sgi i™8o, soit ii77™9 sur le front ouest, 948^9 sur le front nord, 881 "7 sur le front est et goS^S sur le front sud. Le front oriental est celui qui regarde le Rhin et la Germanie dont ce fleuve séparait la cité. Cela représente 1041™ de longueur moyenne, gSo™ de largeur moyenne et une superficie de 96 hectares 80*.
* Rudolf Schultiie und Cari Steuernagel. Colonia Agrippinensis. Ein Beitrag zur Ortskunde der Stadt K.Ôln zur Rômerzeit (Bonner JahrbQcher. JahrbQcher des Vereins von alterthumsfreunden im Rheinlande. Heft XCVIII, mit 17 tafein und 6 textfiguren. Bonn, Gednickt auf Kosten des Vereins, Bonn, bei A. Marcus, 1895, pp. i — 144 4- 17 pi. hors teste). Suit : //. Nissen, Zur Geschichte des rômiscben Kôln (Ibid,, pp. 145-171).
* Ibid., p. 8, cf. Nissen, p. i65; il rappelle que Milan avait i33 hectares et Aquilëe 64 hectares.
L'épaisseur des courtines flotte entre 2™3o et 2™5o, ce
qui permet aux auteurs de penser qu'elle est, en théorie, de
8 pieds romains. En effet, 8 X 0,296 = 2^37 et l'épaisseur
moyenne revient à : = 2°*40*.
Le fragment le plus haut qui en subsiste mesure j^iS ; les auteurs pensent que l'élévation primitive était de 7^80*.
L'enceinte était percée de six portes : deux à l'ouest, deux à l'est, une au nord et une au sud. Celle du nord^ près du Dôme est encadrée de deux tours carrées. Quinze tours circulaires et une demi-tour renforcent la courtine. Elles sont réparties très inégalement, d'autant plus nombreuses que le terrain est plus favorable à l'approche de l'ennemi. La demi-tour couvre un angle concave de l'enceinte.
A Fréjus, du côté du port, les tours faisaient place à de simples contre-forts. Ici, du côté du fleuve où l'attaque était très difficile, il n'y en a aucune, même aux angles nord-est et sud-est du front. Sur le front sud, où le terrain était encore favorable à la défense, trois tours seulement s'espaçaient! Sur le front ouest, où l'attaque était plus facile, quatre tours et une demi-tour se succédaient, sans compter celle de l'angle nord-ouest. Ce front présente deux angles, le premier au sud de la porte méridionale, le second au nord de la porte septentrionale. Ni l'un ni l'autre de ces angles ne porte de tour. Enfin, sur le front nord où l'attaque était des plus faciles, sept tours coupaient la courtine, sans compter celle de l'angle nord-ouest.
Si Ton part de l'angle nord-est du front nord et que l'on fasse le tour du périmètre de l'enceinte ainsi coupée par les tours, de manière à suivre successivement les fronts nord, ouest, sud et est de cette enceinte, on relève les longueurs suivantes pour chaque courtine entre un angle et une tour, ou bien entre deux tours.
^ IbiJ., p. 10.
< Jbid.f p. II.
Front nord :
De Tangle nord-est sur le Rhin, à la première tour. jS°^6
De la première à la seconde tour 91^6
De la seconde tour à la porte 98°^!
De la porte à la troisième tour iio™i
De la troisième à la quatrième tour i2i™2
De la quatrième à la cinquième tour i22'"2
De la cinquième à la sixième tour ii8™6
De la sixième à la septième tour ii9°>5
De la sept™« tour à la huit™« sur Tangle nord-ouest. 89™ Entre le minimum de 78^6 et le maximum de i22°*2, la longueur moyenne de ces neuf couitines est donc de io5°^4.
Front ouest :
De la huitième tour sur Tangle nord-ouest, à la
demi-tour io5™4
De la demi-tour à la neuvième tour 77™
De la neuv™« tour à la porte septentrionale du front. 90^7
De la porte à la dixième tour i5o™8
De la dixième à la onzième tour'. , 2i5™6
De la onzième tour à la porte méridionale du front. 158°*
De la porte à la douzième tour 226°^
De la douz™« à latreiz™^ tour, sur Tangle sud-ouest. i54"2
Entre le minimum de 77™ et le maximum de 226"2, la
longueur moyenne de ces huit courtines est donc de 147^2.
Front sud :
De la treizième tour sur l'angle sud-ouest, à la
quatorzième 556™8
De la quatorzième tour à la porte i25™
De la porte à la quinzième tour 112™
De la quinzième tour à Tangle sud-est i09™5
Entre le minimum de i09™5 et le maximum de 556™8, qui est celui d'une courtine convexe, la longueur moyenne de ces quatre courtines est donc de 225™8.
* MM. Scbulue et Steuernagcl se demandent si, à io3" au sud dç U dUiènie tour, il n'existait pas une autre porte.
Front est :
De Tangle sud-est à la porte méridionale du front. 57™5 De la porte méridionale-àla porte septentrionale du
front qui fait face au pont , 368"5
De la porte septentrionale à l'angle nord-est. . . . 455"/
Entre le minimum de Sj^b et le maximum de 455™7, la longueur moyenne de ces trois courtines est de 293'"9.
Pour les trois premiers fronts, la moyenne globale est de i59"*45 ; pour les quatre fronts réunis, la moyenne est de 193™.
Les deux tours dont la conservation est la meilleure sont la troisième et la huitième énumérées sur le front nord, à partir de langle nord-est. Cette troisième tour * se trouve actuellement au Burgmauer n^* 2 ; quant à la huitième*, c'est celle de l'angle nord-ouest qui se trouve actuellement sur la Zeughausstrasse.
Les autres d'ailleurs, quel que soit leur état de délabrement, ont toutes été observées avec le même soin.
La première a pour diamètre 8"^6.
La deuxième — 8,47.
La troisième — 9,18*
La cinquième — 9,12.
La sixième — 9,40.
La septième — 9"^.
La huitième — 9,20.
La demi-tour — 9'"90.
La onzième — 9,52.
Ce qui, pour huit tours et une demi-tour, donne le diamètre moyen de 9"^ 154.
Soit d'abord, la tour du Burgmauer, n^ 2.
Le front intérieur de la courtine, où clic est insérée, donne sur le Burgmauer dont l'altitude est cotée i9"^76. Le front extérieur de cette courtine donne sur la Komô-
• Voir sa description pp. 19-20, son plan par terre et sa coupe verticale sur la pi. il du finnner Jahrbiicher.
* Voir sa description pp. 24-26, son plan par terre, sa coupe verticale et la coupe de la courtine avoisinante, IbU., pi. III.
[6il
dienstrasse dont l'altitude est de 17™. Une fouille faite de ce côté a prouvé que la base des fondations de la tour se trouvait à 2™40 sous le sol actuel de cette rue, soit à i^P^. Le sol du Burgmauer, qui représente le terre-plein intérieur actuel de la cité, est à 2^76 au-dessus de la Komôdicnstrasse. Le sol inférieur du logement de la tour est à 16^91 d'altitude, en surplomb de 2™3i sur la base extérieure. On peut penser que le niveau du Burgmauer était jadis lui-même, de plein pied avec le logis de la tour, à i6°^i. Par conséquent, il se serait exhaussé de 2™85, tandis que le sol extérieur de la Komôdicnstrasse s'est exhaussé de 2™40. Puisque le sol du logis est à 16^91, on voit que la tour est pleine jusqu'à 2"^3i seulement au-dessus de la base extérieure. A Gap, ce massif était bien plus considérable puisqu'il s'élevait au moins à S'^SS au-dessus de la base extérieure. Voici ce qu'on peut dire de cette tour*.
Soient EAF l'arc saillant de la tour sur le front extérieur de la courtine CEFC et GBH l'arc saillant de la tour sur le front intérieur de la courtine DGHD'. Soit également IRA" LJB' le pourtour du logis de la tour. En O, le centre de la tour ; en O', le milieu de l'épaisseur MN de la courtine.
On pose : AB =9"i8
AA" = 2«n50
BB' = i°»20