‹ Le nombre musical grégorienChapitre 151 sur 534 · V. Mode · texte numérisé non relu

V. Mode

-A — Ht-

tt

■r* — ¥tS-

Même exercice^ transcription musicale.

,gtfa . , ■■ et—

§ 2. — Strophicus suivis de groupes à l'unisson.

463. — Règle. — La première note d'un groupe à l'unisson, après un strophicus^ est toujours l'objet d'une répercussion.

464. — Cette règle ressort clairement des équivalences de notation qui abondent dans les manuscrits. Le même copiste, pour la même mélodie, dans le même manuscrit, emploie indifféremment telle ou telle forme graphique, qui, en s'expliquant l'une par l'autre, sont pour nous une source précieuse de renseignements authentiques. La comparaison entre les documents d'une même École, et ceux des différentes familles présente les mêmes variétés et, par suite, les mêmes instructions.

Un seul exemple tiré des Traits du viiF mode.

s. Gall 339

Tr. Vtnea

• i> Nfl ** ■ im-^'^n.

■ 1^ ^Hf% '"ilif^

di- lé-cto

S. Gall 339

s i^ N3 *** Ti..'llf

* 1^ ^HH '■!,-

et lo-quar

■ Fig- 35S

Ligne A. — Le manuscrit de Saint-Gall 339 écrit ordinairement cette mélodie au moyen d^une distropha (groupe 3) et d'un torculus (groupe 4).

Ligne B. — Mais, au Trait Attende, il note le même passage avec une tristropha (groupe 3) et une clivis (groupe 4).

Pour les notateurs anciens, la répercussion des trois apostrophas était obligatoire ; les ictus rythmiques tombaient alors sur la

première et la troisième. Or, pour conserver la même notation et le même rythme avec la notation A, la répercussion de la première note du torculus est nécessaire, c'est elle qui supportera l'ictus rythmique.

465. — Si l'on cherche pourquoi les copistes sangalliens, dans ce passage, s'arrêtaient de préférence à la notation A, on peut répondre qu'ils voulaient identifier le plus exactement possible, jusque dans l'écriture, deux mélodies qui, après avoir commencé différemment, finissaient par se bifurquer et se confondre entièrement.

La voici en regard :

Tr. Ad te levavi

Tr. Vinea

' Ti ' ''f*^

no- strum

ÎK

di- lé- cto

Fig- 359

Au groupe 3, la fusion est préparée par la ressemblance presque complète entre la clivis do-si et la distropha vibrée do-do ( = do-si) ; elle est parfaite, comme mélodie, rythme et graphique à partir du torculus (groupe 4).

L'identité de ces mélismes confirme encore la répercussion du toradus ligne A.

466. — Le copiste de Laon ne se laisse pas toucher par ces considérations graphiques. La mélodie C y est écrite, comme de juste, par un torculus (groupe 4) ; mais la mélodie A y est notée toujours par trois punctum s = strophicus et une clivis, comme dans le Saint-Gall 339, ligne B ci-dessus.

Quant aux autres manuscrits, les équivalences de ce genre s'y présentent si souvent qu'il est inutile d'en parler ici.

467. — Dans l'observation de la règle formulée plus haut (463), on doit distinguer deux cas :

1° Ou bien la note ainsi répercutée supporte un ictus rythmique, et c'est alors l'application pure et simple de la règle générale qui

adjuge un ictus de cette nature à toutes les premières notes de groupes (II. 263, II. 446). Exemple :

S-Mnt

Fig. 360

2° Ou bien cette note répercutée n'a qu'un ictus individuel, l'ictus rythmique étant reporté à la deuxième note du groupe ; c'est l'exception à la règle générale qui vient d'être rappelée (IL 264). Exemple :

Il faut examiner pratiquement ces deux cas.

468. — Premier cas. — Note répercutée avec ictus rythmique après strophicus. — Les manuscrits rythmiques nous enseignent qu'il y a dans ces répercussions, des nuances délicates, qui parcourent une gamme de longueur et d'intensité, décroissant graduellement depuis l'appui long, double même, analogue à celui du pressus, jusqu'au touchement simple et subtil de la plus légère des notes.

Voici une suite de quatre exemples rangés par ordre de dégradation des durées. C'est vraiment ici que les règles sont impuissantes à décrire des effets que l'art et le goût sont seuls capables d'inspirer aux chanteurs et qui, d'ailleurs, n'obtiennent leur pleine et réelle beauté que dans le cadre de la phrase musicale. Il est bon néanmoins de ce pas les passer sous silence :

469. — a) Strophicus suivi d'une note répercutée et doublée. Clivis longue à la fm d'une phrase :

Intr. In medio

intelléctus

Fig. 362

Laon239

S. Gall

R7. G. Sciant

ut ro- tam

Ftg. 3Ô3

Clivis longue devant un quilisma

Laon 239 S. Gall AU. Inveni

î c/1 "/fuc/l Alléluia

Exemple analogue avec bivirga

Laon 239

S. Gall

R7. G. Benedictui

Tb

Nous assimilons ici la bivirga et la distropha, parce que la notation carrée moderne ne les distingue plus. Peut-être ne devrait-on pas confondre ces deux cas ; ce point reste obscur et indécis. Mais comme il faut, en pratique, prendre un parti, il est plus simple de se conformer provisoirement à ce qu'indique la notation.

Exercice XXXVII.

Strophicus suivis d'une note répercutée double.

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