‹ Le nombre musical grégorienChapitre 290 sur 534 · I I III · texte numérisé non relu

I I III

Ces principes posés, passons à l'explication du tableau, section par section.

l'e SECTION. — MOTS PAROXYTONS OU SPONDAÏQUES.

1° Mots de deux syllabes.

r 1 Labor.

351. — Deux points à fixer : a) place de l'ictus, b) r}thme composé par arsis et thésis.

a) Place de rictus. — Ce mut est si court qu'il ne donne pas lieu à un ictus rythmique avant laccent; la vraie place de l'ictus serait, en remontant, sur un demi-soupir :

Là- bor La- bor

Fig. 117.

b) j\lonvcvic);t rytJtmiqne et cJiirojioniie. — Pas de doute, l'accent iinaire appartient à V arsis, la syllabe finale longue à la ilicsis.

La cJiironoviic indiquée ne fait que reproduire le mouvement rythmique.

2° Mots de trois syllabes.

r 2 Labora.

352, a) Place des ictus. Cette fois, la syllabe antétonique se trouve à point pour supporter un ictus rythmique, puisque les ictus se posent de deux en deux syllabes, en rétrogradant, à partir de la dernière syllabe, favorisée elle-même du touchement final de repos :

La- bô- ra La- bô- ra

Fig. 118.

b) Mouvement rythmique et chironomie. — Les deux premières syllabes reviennent de droit à l'arsis, et forment un temps composé binaire; la dernière syllabe convient naturellement à la thésis.

3° Mots de quatre syllabes et plus.

3 Laboravi 4 Laboravisti 5 Laboraveramus 6 Jnstifieationes

353. — Ces mots, de longueur différente, doivent être étudiés en même temps. Ils nous donnent l'occasion d'examiner de plus près et d'appliquer dans tous ses détails la loi de recul qui préside aux placements des accents toniques ou secondaires, et par là-même, de vérifier l'exactitude de l'expression « retrorsum » employée par Donat dans le texte cité plus haut. Cette constatation aura aussi l'avantage de préparer certains lecteurs à accepter, sans trop de difficulté, cette même loi de rétrogradation, lorsqu'elle s'appliquera, quoique d'une autre manière, à la fixation des touchements rythmiques sur les syllabes des mêmes mots (i).

(i) « Omnes syllabae tam nominum quam verborum, seu cujuslibet partis, a fine, nonfrincipio numerantur 2>, dit S. Aldhelm (vili= s.), parlant de l'attribution des syllabes du mot à l'arsis ou à la thésis. Lib. dû Scptauirio et de Metris, MlGiiE, Fat. lat. t. l,xxxix, col. 201. — Cette « loi de recul » se vérifie d'ailleurs partout. C'est ainsi que M. M. Emmanuel, traitant de la poésie grecque, déclare formellement : « Dans la majorité des cas, c'est la dernière mesure du vers qui impose sa battue au vers entier, et il en est des rythmes d'un vers grec comme des sons d'une cantilène : c'est par le dernier mètre qu'on assied le rythme du vers, comme c'est par la finale mélodique qu'on établit rétrospectivement le mode ». Encyclopédie de la Musique, p. 473.

26o TROISIÈME PARTIE. ^— CHAPITRE VI.

354. — a) Place de V accent tonique cfaf/s tons les mots de la i" section, tous spotidaïqiies .

Règle : Dans tous ces mots, en comptant 1 à partir de la dernière syllabe, l'accent se place sur la pénultième. 2 :

La-bor

La-bo-ra

La-bo-ra-vi

La-bo-ra-visti

r I.a-bo-ra-ve-ramus

Ju-sti- li-ca-ti- o-nes

Fig. iig.

On remarquera que l'accent ne sattache à aucune syllabe particulière, quoique les racines soient les mêmes dans les cinq premiers mots : il abandonne avec facilité la syllabe qu'il affectait précédemment, pour se porter, suivant la règle, sur Ih pénultième. C'est-à-dire que l'accent avance d'une syllabe à mesure que le mot salloj/ge.

Inversement il recule si l'on part du mot le plus long, les dernières syllabes disparaissant successivement :

Ju-sti- ii-ca-ti- o-nes

La-bo-ra-ve-ram us

La-bo-ra-visti

La-bo-ra-vi

La-bo-ra

La-bor

Fis^. T30.

LE MOT LATIX. — SON UNITÉ. L'ACCENT AME DU MOT. 26l

On peut indifféremment envisager ce fait du déplacement de l'accent sous ces deux aspects : avance ou recul, il n'importe; toujours, malgré l'attrait de la racine, la même dans les cinq premiers mots, l'accent avance ou recule pour atteindre la place qui lui est assignée par la règle, à savoir la s^ilabe pénultième.

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