D'oii vient ce tiraillement entre rythme et mélodie
Une analyse méthodique \ a nous le révéler.
Commencez par la fin, selon le procédé recommandé plus haut pour la fixation du rythme. Le rythme naturel des deux derniers mots est certainement celui-ci :
in- ta- cta V'ir- go Fig. iç8.
Ceci posé, continuez à placer les ictus r>thmiques en rétrogradant :
ter et m- ta- cta Vir- go Fig. içç.
Tous les ictus se posent d'eux-mêmes, pour ainsi dire, sur les ré, de sorte que la mélodie entière s'enroule autour de cette corde récitative; cette fois l'accord est complet entre rythme et mélodie : c'est la forme mélodique ou la forme tonale qui détermine les ictus.
L'INCISK. — LKS INCLSKS SVLLADIQUES. 335
L'incise se divise en deux rythmes, harmonieusement ordonnés, quoique d'inégale grandeur :
1er rythme ^ ^.^ /S^ -jr^ =
deux arsis, deux thésis (J * (j) ^-^ '■
Be- à- ta Ma- ter et in^
2e rythme < / '""Tp^
deux arsis, une thésis
-ta- cta Vir- go
Fig. 200.
Les deux élans mélodiques ré-fa (6 et 3) coïncident avec les deux élans rythmiques et chironomiques, et leur répétition exacte, si rapprochée, les unit intimement. D'autre part, le simple balancement des deux thésis rc-do {7^ et 4) est du plus gracieux effet. Bref, accord parfait, équilibre harmonieux entre toutes les parties.
492. — Comment expliquer ce résultat, puisque tous les mots, sans ictus, scmt tous uiots-tcuips, sauf le dernier? N'y a-t-il pas là un fait en contradiction formelle avec la fameuse loi naturelle, universelle, etc., exposée ci-dessus, art. 2, § 1, n° 4(55, à propos de Tant. Scit eniin Pater vestcrl
Non, aucune contradiction; il n'}' a là qu'une application particulière de cette loi elle-même agrandie, appliquée à l'incise.
Dans l'exemple : Scit cnii/i patcr vcster, la loi s'adaptait à chaque mot, il y avait lieu de rechercher quelle syllabe dans chaque mot devait être assignée à l'arsis, quelle à la thésis.
Ici, le mot entre dans la mélodie et dans le rythme, en un seul bloc, pour ainsi dire ; !e mot sera totit entier ou arsis ou thésis, c'est la forme mélodique qui détermine le choix. Là, ce ne sont plus les syllabes d'arsis ou de thésis à trou\er dans un mot, mais les mots entiers qui, dans une incise, doivent s'adapter à l'arsis et à la thésis.
493. — On voit, par cet exemple, avec quelle mesure et quelle prudence, il faut se servir des meilleures règles. Celle de l'enjambement des mots, prise à la lettre, peut conduire à de véritables erreurs rythmiques ; il faut tenir compte, non seulement du texte,