CHAPITRE X
finale de mot. Un groupement rythmique des notes dilTérent n'est nullement indiqué; tout ce qui pourra différencier ces cadences sera Y intensité, qui se calquera sur la variété des syllabes.
704. — La règle formulée plus haut, n^ G97, n'est que l'application d'une autre règle générale, qui exige un ictus r^'thmique sur la première note de tous les groupes, à moins d'une indication nettement contraire des manuscrits.
Un groupe ordinaire de notes équivaut à une longue, qui demande, sinon un repos, du moins un appui (i), et c'est la première note de ce groupe qui en est affectée.
705. — Si l'on se récrie : Comment appliquer une même règle rythmique à une syllabe pénultième faible, fugitive, et à une syllabe accentuée, forte?
Nous répondons : Comment se fait-il que les compositeurs grégoriens, fort bons latinistes, ont traité mélodiquentent de la même manière syllabes atones et syllabes accentuées? et cela à toutes les pages de leurs livTes? Et comment se fait-il encore que les signes rythmiques des manuscrits ne se modifient en rien, eux non plus?
Cette conduite des compositeurs est la confirmation décisive de notre règle unique et de notre manière de traiter l'accent. Il n'est pas possible qu'une cadence qu'ils ont voulue, sous des textes d'accentuation différente, mélodiquenient utiique, reçoive à chaque changement de texte une nouveUe allure rythmique; on rythmera donc :
et de même et non :
pâ- tri-
sû-
ad- jù-
tor
mé-
us
pi
ad-: jù-
tor
raé-
US
Fig. 384.
(i) Cf. N. M. G. I, n" 57 et ss.
706. — Les formes diverses d'adaptation des syllabes à cette unique cadence mélodique sont la preuve la plus forte
a) que l'accent peut parfaitement être au levé,
b) que la clivis de la col. 3 est toujours au frappé,
c) que l'intensité est secondaire dans le rythme, d)q\JiQ les auteurs latins ont raison (i),
e) que Dom J. Pothier a raison.
Cette preuve s'appuie sur des faits de composition mélodique grégorienne cent fois renouvelés. La preuve est objective au suprême degré; nous n'inventons rien, nous constatons.
Si l'on n'admet pas la possibilité de l'accent au levé, cela ne pourra être que par subjectivisme pur, par idée préconçue, par hypothèse, ou par habitude venant des compositions modernes, etc. ; et on sera contraint, en cent endroits des mélodies, d'en bouleverser le rythme naturel.
707. — Nous croyons même fermement, pour notre part, que le type syllabique sur lequel a été calquée la cadence mélodique qui nous ocaipe a été le type y, avec l'accent tonique, aigu, bref, légèrement fort, élancé, sur la 4^ syllabe à partir de la fin, et déposition douce sur la fin du mot : /^X
ad-jû- tor
Fig.385-
Les autres textes ne sont que des adaptations, excellentes d'ailleurs, à ce type primitif.
Nous regardons toutes ces cadences comme la justification la plus authentique et lumineuse qui soit possible de notre rythmique sur ce point.
708. — Donc, dans toutes ces cadences, les colonnes 5 et 4, podatus et virga, forment un groupe ternaire, sauf cependant à la dernière du tableau 4^, turbas allelûia, p. 470. Le groupe 5 y est légèrement modifié, il est de trois temps ; la virga qui suit s'y rattache cependant, et forme avec ce groupe un temps composé
(i) Cf. ci-dessus, ch. vi, pages 244 et suiv.