RYTHME SIMPLE
1146. — Le rythme simple se compose d'une seule arsis et d'une seule thésis.
Le rythme simple, réduit à ses plus minimes éléments, constitue le rythme élémentaire dont nous venons de parler : arsis d'un temps (,1^), thésis d'un temps {^).
Mais chacune de ces parties peut rece\oir un développement :
1147. — a) Développement de V arsis :
RTihme et chironomie élémentaires. A
simples.
Dé-
Dô- mi- nus
LA CHIRONOMIE GRÉGORIENNE.
red- ém- ptor
Rythme et chironomie simples. D
Dô- mi- nus es
Lignes B, C, D. — Arsis de deux temps simples, ou d'un temps composé binaire; V intensité, avec la liberté qui la caractérise, se place sur le premier temps de l 'arsis en B et C, et sur le deuxième temps en D. Comme il a été dit plus haut, Xç^ plein de la courbe arsique signale cette différence.
Ligne E. — Arsis de trois temps simples, ou d'un temps composé ternaire.
1148. — b) Développement de la thésis :
Rythme et chironomie simples. A
Fig. 594- Ligne A . — Arsis unaire, thésis binaire ; Ligne B. — Arsis unaire, thésis ternaire. On sait que ces cadences féminines ne sont pas conclusives, parce que la dernière note n'est pas ictique (i).
1149. — c) Développement à la fois de V arsis et de la thésis :
Rythme et chironomie simples. A
Ligne A. — Arsis binaire, thésis binaire; Ligne B. — Arsis ternaire, thésis ternaire.
1150. — On peut voir le schéma complet de tous les rythmes simples dans le Premier volume de cet ouvrage, p. 91. Il résulte de ce schéma que le plus petit rythme simple comprend deux unités (c'est ce que nous avons appelé le rythme élémentaire), et le plus grand, six unités, comme ci-dessus, fig. 595, ligne B.
En somme, dans tous ces cas, il n'y a qu'une seule ondidation plus ou moins développée; c'est l'ondulation élémentaire primitive, qui s'élargit selon le besoin, pour se conformer à l'ampleur de la mélodie et du rythme.
§ 3. — L'ondulation rythmique et la mélodie.
Trois sortes de chironomies ondulantes relativement à l'ordre mélodique :
1151. — a) Ondulation descendante. — Jusqu'ici, tous les exemples proposés ont une marche mélodique descendante. Nous voulions, par là, obtenir une concordance complète, parfaite entre d'une part, la mélodie naturelle du mot latin isolé, descendante;
la mélodie proprement dite, également descendante ; le rythme du mot, élan fort, touchement faible; et, d'autre part, la chironomie.
De fait, dans tous les cas, ce résultat est atteint parfaitement.
1152. — b) Ondulation montante. — Il n'en est pas toujours ainsi dans les chants grégoriens. Nous avons parlé ci-dessus de conflits entre le texte et la mélodie; en voici un qui se présente très fréquemment : nous voulons parler du renversement mélodique des mots.
Ainsi le mot Lduda, si on le chante conformément à sa mélodie naturelle, devra avoir la syllabe accentuée (accentus acutus) plus élevée que la seconde ; par exemple (peu importe l'intervalle entre les deux notes) :
LA CHIRONOMIE GRÉGORIENNE.
Or, dans le Lâuda Sion, nous chantons :
En conséquence, l'accent du mot perd son acuité; doit-il conserver son caractère intensif?
Sans aucun doute ; car, ordinairement, nous le savons, un léger renversement mélodique n'entraîne pas le renversement dynamique.
De tels rythmes, dételles mélodies, placés au centre des phrases, dans le grand rythme, peuvent recevoir parfois des modifications intensives; mais il s'agit ici de poser la règle générale du rythme simple et des mots isolés. Cette réserve faite, nous passons outre.
Dans le cas précédent, la mélodie et la chironomie sont dites montantes.
1153. — c) Ondulation plane. — La mélodie peut aussi se tenir sur une même corde récita tive, recto tono. Alors la chironomie sera dÀX& plane ; ici encore l'intensité conserve tous ses droits :