Retard, f ^ "^ tenete
Allongement, J Elargissement, [a = auge, augete, ample.
r <: = cito, celerius, céleri ter.
n ^ Célérité ^ nt
\nlt ^
. naturaliter.
124. — Reta7'd, longueur. — Le / marque, comme à Saint-Gall, une tenue de la voix; il a souvent pour équivalent \a, augete, ample. Ces deux lettres se trouvent précisément toujours sur les neumes qui, dans Saint-Gall, sont indiqués longs.
Fig. iio
Les termes auge, augete, ample, nous sont suggérés par cette concordance parfaite entre les deux Écoles.
125. — Celeriter, naturaliter. — La lettre notkérienne c (celeriter) se trouve dans le manuscrit 239 de Laon, mais elle a très souvent pour équivalence Vn. Ces deux lettres n et c correspondent toujours à des notes ou à des groupes soit ordinaires, soit marques du c dans Saint- Gall.
Quel est le mot qui se cache sous cette lettre n ?
Dans le Laudunensis 239 cette lettre se présente seule ou suivie d'un / (;//) ou d'un / (jif). Dans le codex 91 d'Angers, l'w n'est jamais seul, il est toujours accompagné de / {ni) et une fois on trouve nlt. L'expression qui semble répondre le plus exactement soit à l'emploi de cette lettre, soit aux diverses abréviations n, ni, nt, nlt est naturaliter, par opposition à l'allongement, à l'amplitude de Ya {ample, auge) qui change le cours normal, la valeur ordinaire des notes.
126. — La substitution réciproque du c et de \n, dans le manuscrit 239 de Laon, réduit la signification du ^ à sa juste valeur, celle que nous lui avons déjà donnée dans les manuscrits de Saint-Gall (IL 96 et ss.). L'École de Metz vient confirmer cette interprétation.
127. — Il y a pourtant une exception à formuler dans la notation de Laon : c'est lorsque le signe neumatique choisi par le copiste dépasse un peu la valeur réelle qu'il veut lui attribuer; le c employé sur ce signe excessif le ramène à la durée voulue, et, ici, le sens de celeriter doit être pris à la lettre ; aussi, dans ce cas, \n ne remplace jamais le c. Un exemple est indispensable pour bien faire comprendre cette particularité.
Les manuscrits messins emploient le même signe pour le pressus (II, 38 et ss.) et pour le salicus (II, 46). Le pressus est une note longue et double, la note centrale du salicus est une note appuyée, élargie, mais ordinairement non doublée. Il y a entre les deux effets à produire une parenté étroite, de là l'emploi du même signe dans les manuscrits messins et spécialement dans Laon 239. Mais, afin de le réduire à sa juste valeur, le copiste, en cas de salicus, lui adjoint très souvent le c, qui signifie ici celeriter. Jamais \n ne se trouve accolé au salicus, ce serait un contre-sens; car Xn voudrait dire qu'il faut donner au pressus-salicus sa pleine valeur. Or c'est précisément le contraire qu'il importe d'indiquer ; le c, celeriter, est
bien la lettre qui convient elle a une signification positive d'animation. Il faut attribuer le même sens au c qui, dans les codices sangalliens, surmonte parfois \t pressus.
Exercice VIL
128. — Rechercher les signes rythmiques dans les éditions de Solesmes :
Point après la note : ■' ♦* ■' Épisèmes verticaux, adhérents aux notes ^ » Épisèmes verticaux, détachés des notes j ? i t
Épisèmes horizontaux sur une seule note 5 ' i - ou sur un groupe entier.
Trait de longueur ou d'appui sur une note seule ou sur un groupe entier.
Il est temps maintenant de placer signes mélodiques et signes rythmiques sur la portée musicale, et de passer à l'étude pratique des intervalles et des modes, ce qui nous permettra d'aborder nos premiers exercices rythmiques avec le secours de la mélodie.