Article de M. Henri Potcr dans le Journal des liéfugié
du Xord : L'abomination de Douai.
i. France et Belgique, Alpes et Pyrénées.
peau dans les pattes ; et de tout cet ensemble si amusant, si fou, si vivant, il sort un carillon. Dans chaque petite lucarne on voit se démener une petite cloche qui fait rage, comme une langue dans une gueule. »
Depuis on a restauré l'hôtel de ville et on Ta agrandi en construisant en façade à gauche du beffroi tout un corps de logis qui n'existait pas. En arrière dans une annexe est logée la famille des géants célèbres nommés Gayant, M'»» Gayant, Jacquot, Filion et Binbin, mannequins d'osier costumés en chevalier, en noble dame, en enfants, qui sont sortis dans les rues chaque année au mois de juillet aux acclamations des Douaisiens, surnommés par eux-mêmes « enfants de Gayant ». Ce spectacle est un de ceux qu'il faut voir en Flandre, et si la famille Gayant a refusé de faire sa promenade annuelle dans Douai quand les Allemands y étaient en maîtres, nulle raison ne subsiste plus maintenant pour empêcher de renaître une fête célèbre.
On donnera, si l'on veut, un coup d'œil à l'église Saint-Pierre, collégiale antique reconstruite au xvni« siècle, mais c'est devant Notre-Dame que nous nous attarderons, chantée .qu'elle fut par Marceline Desbordes-Valmore avec l'accent inoubliable qu'on lui connaît :
« Ma môre vers l'église allait avec ses fleurs.
L'église en ce temps-là, des vertes sépultures
Se composait encor de sévères ceintures,
El, versant sur les morts ses longs hymnes fervents,
Au rendez- vous de tous appelait les vivants... »
Douai s'enorgueillit encore de Jean Bologne, le célèbre sculpteur de la Renaissance, mais c'est tou-