‹ Le Nord dévasté;Chapitre 41 sur 52 · DOUAI · texte numérisé non relu

DOUAI

cents! Et nous ne comptons pas celles qui sont à la rigueur réparables. En outre des destructions, Douai a été indignement pillée par les Allemands en octobre 1918 après quils en eurent ordonné l'évacuation complète. Au musée, les toiles des maîtres coupées au ras des cadres, ont été emportées. On a retrouvé dans la cour les caisses dans lesquelles avaient été emballés un certain nombre de bibelots préoieu.'ï, tous n'ayant pu être enlevés à temps par les cambrioleurs -déménageurs professionnels que renfermait l'armée allemande. Les collections particulières ne furent pas plus épargnées. « Des amateurs, des artistes à qui leur âge ou leur santé conseillaient la retraite devant l'ennemi, étaient restés chez eux, pour tâcher de sauver ces merveilles. On les a jetés brutalement hors de leurs demeures et déportés au loin pour voler, saccager ou dévaster plus à l'aise derrière eu.v * ».

Du moins et par un rare bonheur, la plupart des monuments publics et religieux sont demeurés debout. L'hôtel de ville du xiv» siècle d'abord, dont le beffroi est sinon plus beau, plus curieux peut-être, qu'aucun en Flandre et même que celui détruit d'Arras. Hugo le vit en 1837 et en a laissé la plus amusante description ' : « Figure-toi, — écrivait-il à sa femme, — une tour gothique coilTée d'un toit d'ardoises, qui se compose d'une multitude de petites fenêtres coniques superposées; sur chaque fenêtre une girouette, aux quatre coins une tourelle ; sur la pointe du beffroi un lion qui tourne avec un dra-

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