De Nancy (Paris) à Strasbourg
150 kil. Trajet en 3 à 6 h. Prix: express (v. p. 43), 17 fr. 25, 12 fr. •, trains ordinaires, 16 fr. 35, 9 fr. 70, 6 fr. 95. Express d’Orient et wagons de luxe en général, v. aussi p. 43.
«Le passeport pour l’entrée en Alsace-Lorraine est supprimé, sauf pour certaines catégories de militaires français et pour les hommes âgés de moins de 45 ans qui n'ont pa^ satisfait à l'obligation du service militaire en Allemagne*.
Nancy, v. p, 78. On remonte la vallée de la Meurthe jusqu’à Lunéville. A g., la ligne de ceinture; à dr., celle de Mirecourt. — 3 kil. Jarville-la- Malgrange. Ligne de Chalindrey-Dijon (p. 118). On traverse la Meurthe, que le canal de la Marne au Rhin traverse aussi àg. sur un pont-aqueduc. — 6 kil. Laneuville- devant- Nancy.
13 kil. Varan ge'ville, à g. , bourg qui a une importante saline. Son église, du xv e s., possède des oeuvres d’art remarquables: Vierge en bois du xvi e s., provenant d’un calvaire, par Bagard; Vierge de Pitié, avec le Christ sur les genoux, aussi en bois et du xvi e s. ; Vierge byzantine en pierre du X e s.; St-Sépulcre et vitraux du xvi e s., etc.
A 1 kil. de la stat. (omnibus) ou à dr. du chemin de fer, d’où l'on aperçoit son église avant d’arriver à la station, se trouve St-Nicolaa-ciu- Port (hôt du Faisan, sur la place), ville de 5654 hab. , sur la rive g. de la Meurthe. Ce fut une ville importante et prospère jusqu’en 1636, où elle fut saccagée par les Suédois. Elle a dû son nom à la possession d’une relique de St-Nicolas de Myre (phalange de doigt) et son importance au pèlerinage qui s'ensuivit et qui a encore lieu: il y a eu, dit-on, 200003 pèlerins en 1602. Son église , le «temple national lorrain», est un édifice fort curieux de 1495-1553 environ. Elle est très riche en sculptures, parmi lesquelles on remarque surtout le St Nicolas du portail, attribué a Claude Richier, les fonts et l’autel à retable de la chapelle basse derrière celle de la Vierge (abside), probablement par un artiste du xvi e s. Il y reste aussi des vitraux de l’époque, ete. Les fresques modernes de la chapelle patronale sont par Ch. Paulus. Le trésor est encore assez riche. Les principales curiosités sont réunies dans une anc. sacristie au S. du transept, en une sorte de musée dont l'entrée eoûte 2”) c. Il y a entre autres: un buste en argent de St Nicolas, don de Louis XIV ; 2 reliquaires, des xv e et xvm e s.; 2 croix du xv e s., un vaisseau (armes de la ville) en nacre de perle ou nautile, avec cabochons de perles et monture en argent doré, du xvi e s.; un bras en vermeil, 2 bâtons cantoraux en argent, un soleil d’argent doré et 3 vaisseaux flamands du xvm e s., un crucifix en ivoire donné par Voltaire à dom Calmet (p. 129), etc.
15 kil. Dombasle-sar- Meurthe. Des deux côtés, (les salines et des cités ouvrières. — 18 kil. Rosières-aux-Salines, localité importante à 2 kil. à dr., sur la Meurthe.
23 kil. Blainville-la-Orande (buffet), bourg à */ 4 d’h. à dr., sur la rive g. Il y a encore trois portes de 1625. Filature très importante. — Ligne d’Epinal (p. 110). — 28 kil. Mont -sur- Meurthe.
Embramch. de 9 kil. au S. sur Gerbéviller (hôt. de Lorraine) , ville industrielle de 1671 hab., dans la vallée de la Mortagne, par où il doit être prolongé sur Rambervillers (p. 111) et Bruyères (p. 138). Il y a un beau château, entouré d’un joli pare.
On traverse encore deux fois la Meurthe. A dr. à l’horizon se montrent les Vosges.
124 I. R. 21. LUNÉVILLE. De Nancy
33 kil. Lunéville (hôt. : des Vosges , rue de la Gare, 6, ch. t. c. 2 fr. 50 à 3, dé. ou dî. 3, om. 50 c. ; du Faisan, Grande-Rue, 4), ville de 21542hab. et chef-lieu d’arr. de Meurthe-et-Moselle, près du confluent de la Meurthe et de la Vezouse. Elle fut de 1702 à 1737 la résidence des ducs de Lorraine, et elle en a conservé un certain cachet de grandeur, mais de grandeur déchue. C’est ici que naquit, en 1708, François de Lorraine, fils du duc Léopold, qui devint l’empereur François I er , par son mariage avec l’archiduchesse Marie- Thérèse, et la souche de la famille régnante d’Autriche. C’est aussi à Lunéville que fut conclu, en 1801, entre la France et l’Autriche, le traité du même nom, qui donnait pour limites à la première le Rhin et les Alpes et à la seconde l’Adige.
La rue de la Gare conduit à la place Léopold, et la rue Banaudon, à g. à l’extrémité de cette place, à la place Thiers, puis à la Grande- Rue. Sur la place Thiers se voit un monument érigé à la mémoire des habitants des arrondissements de Lunéville et de Sarrebourg morts dans la dernière guerre. Il se compose d’une pyramide de granit, de chaque côté de laquelle sont deux belles statues en marbre de femmes assises, dans l’attitude de la douleur, par Ch. Pâtre. Derrière la place se trouvent l'hôtel de ville, où il y a un petit musée, et l’église St-Jacques.
L’église St -Jacques, la principale, est un bel édifice du xvm e s., construit de 1730 à 1745 sur les plans de Boffrand, élève de Mansart. Elle a un portail d’ordre ionique, avec une horloge supportée par le Temps, et deux belles tours à dômes, que couronnent des statues de St Michel et de St Jean Népomucène. On remarque particulièrement à l’intérieur la tribune des orgues. A g. de l’entrée est une urne qui a contenu le cœur de Stanislas Leczinski, mort à Lunéville en 1766.
Le chateau, où l’on va de St-Jacques par la place de l’Eglise, puis la rue du Château, est une vaste construction monumentale, que Léopold 1 er fit élever de 1703 à 1706, par Boffrand, et qui fut embellie par Léopold et Stanislas. Bien que plusieurs fois endommagé par des incendies et transformé en caserne de cavalerie, avec habitation pour les généraux, il a conservé un aspect imposant. Dans la cour s’élève depuis 1893 la statue équestre du général de Lasalle (1775-1809), originaire de Metz, tué à Wagram.
On peut traverser le château pour voir de l’autre côté ses vastes et magnifiques jardins, maintenant une promenade publique. Des portes à dr. ramènent dans l’intérieur de la ville.
De la place du Château, à l’extrémité de la Grande-Rue, on voit sur la place des Carmes, dans la partie N. de la ville, la statue de l'abbé Grégoire , le conventionnel (1750-1831), par Bailly (1884).
De Lunéville à St-Dii et à Spinal (les Vosges), v. R. 22.
On laisse ensuite à dr. la ligne de St-Dié. — 40 kil. Marainviller. — 49 kil. Emberménil.
57 kil. Igney-Avri court (buffet; hôt. de la Gare), stat. française
Digitizec
à Strasbmirg. SAVERNE. 7. R. 21. 125
où a lieu, lorsqu’on vient d’Alsace, la visite des bagages non enregistrés pour Paris.
Embranch. de 18 kil. sur Cirey, par Blamont (9 kil.) , à dr., petite ville industrielle au pied d'une hauteur escarpée et où l'on remarque les belles ruines de son ehâteau fort. — Cirey (hôt. du Sauvage), sur la Vezouse, est une petite ville importante par sa manufacture de glace », qui dépend de celle de St-Gobain (p. 14). Elle a aussi des fabriques de papier de luxe et des scieries. Restes d'un anc. château. En dehors, sur la rive dr., des ruines intéressantes d’une anc. abbaye.
59 kil. Deutsch - Avricourt (buffet), avec la douane allemande. Long arrêt. Heure de l’Europe centrale, en avance de 55 min. sur l’heure des chemins de fer français.
Embranch. de 23 kil. sur Dieute, petite ville avec des salines importantes, aussi sur la ligne de Nancy à Château-Salins et Sarreguemines (p. 86).
62 kil. Réchicourt- le- Château (ail. Rixingen). Forêt de ce nom et grands étangs, surtout, au N., l 'étang de Oondrexange , où passe le canal de la Marne au Rhin. — 71 kil. Héming (Hemingen).
79 kil. Sarrebourg (Saarburg) , petite ville encore en partie murée, sur la Sarre, et point de jonction des lignes de Metz (p. 76) et de Sarreguemines. *
83 kil. Réding (Rieding). On atteint enfin la chaîne des Vosges, qu’on traverse dans le grand tunnel d’ Arehwiller , long de 2678 m. Le canal de la Marne au Rhin y passe également dans un tunnel, qui croise en dessus celui du chemin de fer.
89 kil. Arehwiller (Arzweiler). On descend ensuite dans la jolie vallée de la Zom, la plus belle partie de cette ligne.
95 kil. Lutzelbourg , village avec les ruines d’un château du moyen âge, sur un rocher que le chemin de fer traverse dans un petit tunnel.
Tramway a vapeur pour PhaUbourg, petite ville et anc. place forte à 6 kil. au N.
Le trajet est encore très intéressant jusqu’à Saverne. Le chemin de fer passe par quatre tunnels dans l’étroite vallée de laZorn, que suivent aussi le canal et une route.
105 kil. Saverne, en ail. Zabern (hôt. Schuh), ville de 7350 hab., dans un beau site, au sortir du défilé des Vosges. L’anc. château des évêques de Strasbourg, maintenant une caserne, à g. de la Grande-Rue , date du xviu e s. En face , une église du xv e s. Plus loin à g., V église paroissiale , surtout aussi du xv e s., et à côté un petit musée d’antiquités.
Excursions. — On va en 1 h. env. de Saverne, en longeant le canal et traversant la Zorn, puis le chemin de fer, au château de Qreiffenetein (386 m.), château fort en ruine des xn e et xm e s., d’où l’on a une jolie vue. — Excursion particulièrement recommandée, au S. -O., aussi en 1 h. env., au *ch&teau de Haut- Barr , des xi e et xn e s. , dont les ruines sont beaucoup plus considérables; puis en 20min. à celles du Grand- Gtroldeeck (481 m.) et en 10 min. de là à celles du Petit-Giroldeeck.
De Saverne a Haournau, 42 kil. de chemin de fer, par la petite ville de Bouxwiller (Buchaweiler; 17 kil.).
• Pour plus de détails, v. les Borde du Rhin , par Bsedeker.