‹ Le nord-est de la France (volume 2)Chapitre 132 sur 226 · M011ET · texte numérisé non relu

M011ET

De Parla

Le *palais, visible tous les jours de 10 h. à 5 h. en été et de 11 h. à 4 h. en hiver, date surtout des règnes de François I er et de Henri IV et fut la résidence favorite de Napoléon I er . Il est remarquable par sa décoration intérieure. Le gardien qui vous y conduit donne les explications nécessaires. On y visite la chapelle, qui a un plafond par Fre'minet (m. 1619); les appartements de Napoléon I er , ceux de Marie- Antoinette, où l’on remarque surtout sa chambre ; la galerie de Diane ou de la Bibliothèque, ornée de scènes mythologiques par Blondel (m. 1853) et A. de Pujol (m. 1861); de magnifiques salons, la *galerie Henri II ou salle des Fêtes , décorée par le Primatice (m. 1570) et Nie. dell' Abbate (m. 1571); la galerie François I er , peinte par le Rosso (m. 1541), et les appartements des Reines Mères, habités par Pie VII, lorsqu’il fut prisonnier à Fontainebleau. — M. F. Faure, président de la République, habite en 'aile du palais à dr. de la grande cour.

Derrière le palais, à dr., se trouvent des jardins avec des pièces d’eau. A g., après la cour de la Fontaine, par où l’on passe pour aller à ces jardins , la porte Dorce , l’entrée de la cour Ovale ou Donjon, une des parties les plus curieuses du palais par son architecture renaissance, mais malheureusement fermée au public.

La *foeèt, qui a une superficie de plus de 17000 hectares, passe pour la plus belle de France. Le sol en est très accidenté et fournit la plus grande partie des pavés de Paris. Il y a des sites très pittoresques , tels que les gorges de Franchard et d’Apremont. On visite surtout les premières, qui sont les plus rapprochées, à 1 h. environ au N.-O. de la ville, par la rue de France et la route d’Etampes, à g. de laquelle se trouvent les gorges. L’excursion se fait de préférence en voiture jusqu’au restaurant de Franchard. Celle des gorges d’Apremont prendrait le double de temps; elles sont à g. de la route de Paris, qui part aussi de l’extrémité de la rue de France. — Un endroit qui offre le plus beau point de vue des environs de Fontainebleau est la *tour Denecourt, à */ 2 h. de la gare. Pour y aller, on prend un chemin qui longe la voie à dr. après le pont, dans la direction de Paris, et appuie bientôt à g. De la ville (Va d’h.), on y va par la rue Grande, la route de Melun et le chemin de Fontaine, à dr. duquel elle se trouve. Le panorama est immense.

Un peu après la gare de Fontainebleau, un viaduc courbe de 20 m. de haut et à dr. le village d’Avon. — 64 kil. Thomery, village à g. avant sa station, célèbre par ses raisins, dits chasselas de Fontainebleau. On aperçoit ensuite, à g., le viaduc courbe de Moret.

67 kil. Moret {buffet; hôt. de l’Ecu- de -France , à la seconde porte), petite ville ancienne, dans un site pittoresque, sur le Loing, à 10 min. à g. Aux deux extrémités de la rue Grande, qui traverse la vieille ville, se trouvent des portes goth., restes de ses fortifications. Dans la même rue, à dr. en arrivant, num. 28 et 30, une maison assez curieuse de la renaissance. Les bords du Loing, immédiatement après la seconde porte, présentent à cet endroit un

SENS

à Dijon.

coup d’œil pittoresque. On y voit aussi les restes du donjon, du xu e s., transformé en habitation particulière. L 'église, près de là, est un bel édifice des xn e etxv e s. Le portail présente de belles sculptures dans le style flamboyant, l'abside trois étages de fenêtres, celles du milieu des œils de bœuf, dans le style ogival bourguignon. Beau buffet d’orgue, etc.

Ligne de Nevers et de Lyon par le Bourbonnais, v. R. 39 et 43.

La ligne de Dijon tourne à cet endroit à l’E. et passe bientôt sur un long viaduc courbe, haut de 20 m. , au-dessus de la vallée du Loing. Belle vue. — 69 kil. St-Mammès , au confluent du Loing et de la Seine. On longe encore le fleuve à gauche.

79 kil. Montereau (buffet; hôt. du Grand- Monarque, Grande- Rue, 77; joli café' des Oiseaux, même rue, 63), ville ancienne et commerçante de 7672 hab., au confluent de la Seine et de l’ Yonne. L 'église, vers l’extrémité de la Grande-Rue, est un très beau vaisseau à cinq nefs, des xni e -xv e s., avec un portail achevé à la renaissance. A l’intérieur, des faisceaux de colonnes fort remarquables et de très belles niches à baldaquins, dans le bas côté extérieur de g. C’est sur le pont voisin (inscription) que Jean sans Peur, duc de Bourgogne, fut assassiné en 1419 par les partisans du Dauphin, plus tard Charles VIL On y voit une statue équestre de Napoléon 1 er , érigée en souvenir de la victoire de l’empereur sur les Wurtembergeois en 1814. Cette statue, en bronze, est par le général Pajol, fils du général du même nom (v. p. 185), qui se distingua particulièrement à Montereau. Sur la hauteur de la rive dr. est le château de Surville, d’où l’on a une belle vue.

ëmbraxch. de 30 kil. sur Flamboin (Nogent - sur - Seine). Il traverse l’Yonne et la Seine, puis remonte, au N. -E., le vallon d'un affluent du fleuve dit la «Vieille-Seine». Stations sans importance pour le touriste. — Flamboin, v. p. 91.

Dk Montereau a Souppbs: 45 kil., ligne à voie étroite, reliée à la

f rande ligne et avec gare spéciale à 3 miu. de l'autre; 3 b. 25 et 4 b. 35;

fr. 65 et 3 fr. (2 cl.). On passe sous la grande ligne. — 15 kil. (6 e st.) Voulx, à g., toute petite ville avec des vestiges de fortittcatious du xvi e s. — 24 kil. (8 e st.) Lorret-le- Bocage, qui a un château en partie de la Un du xv e s. — 31 kil. (10 e st.) Egreville, qui a une église du xv e s. et des balles de xvi e -xvii e s. — 45 kil. (14 e st.) Souppes, où l’on passe au-dessus de la ligne de Montargis (v. p. 219).

La voie remonte ensuite la rive g. de l’Yonne. — 90 kil. Villeneuve-la- Guyard. — 95 kil. Champigny. — 102 kil. Pont-sur- Yonne, bourg qui a une belle église du xm e s. On passe plus loin sous l’aqueduc de la Vanne et sous la ligne de Troyes à Sens (à g.). 113 kil. Sens (buffet).

Sens. — O ares: grande gare (buffet), à 1 kil. à l’O. du centre, sur la grande ligne et où viennent aboutir celles d’Orléans et de Troyes ; gare de Sens-Ville , à la même distance au N., sur cette dernière ligne, et gare de St-Savinien, à 1500m. à l’E., sur la même ligne. Omnibus aux deux premières. — Hôtels : II. de l'Ècu, rue de Lorraine , près de la cathédrale, bon (ch. t. c. 3 à 4 fr., rep. 76 c. à 1 fr., 3 et 3.50, ont. 30 et 50 c.);' H. de Paris, même rue (ch. 3 fr. 50, 1 er dé. l.oO, 2 e , 3). — Poste et télégr-. , Orande-Rue, 104, au coin de la rue Rigault.

SENS

De Paris

Sens est une ville de 14006 hab. et un chef- lieu d’arr. de l’Yonne, sur l’Yonne. Ce fut dans l’antiquité la capitale des Senonais , une des principales peuplades de la Gaule, et la métropole de la 4 e Lyonnaise, après la conquête romaine sous César. Elle devint dès le vm e s. le siège d’un archevêché, dont le titulaire était «primat des Gaules et de Germanie», et il s’y tint plusieurs conciles, entre autres celui où St Bernard fit condamner Abélard. Sens entra avec ardeur dans la Ligue, résista à Henri IV en 1590 et ne se soumit qu’en 1594. Elle soutint un siège de quinze jours en 1814 et fut occupée pendant quatre mois et demi par les Allemands en 1870-71.

On traverse deux bras de l’Yonne pour arriver de la grande gare dans la ville. A g., dans l’île, est Y église St-Maurice, des xii® et xvi e s., qui a derrière le maître autel un tableau d’Ary Scheffer, Jésus en croix, avec la Vierge, St Jean et la Madeleine.

La Grande-Rue, qui traverse toute la vieille ville de l'O. à l’E., mène ensuite vers St-Etienne, dont la façade est à g. un peu au delà de la seconde artère transversale, la rue de la République.

*St - Etienne, la cathédrale de Sens, est le plus remarquable de ses monuments. 11 occupe, dit-on, l’emplacement d’un temple païen. C’est une église de différentes époques et qui a été maintes fois remaniée, mais le style qui y domine est le goth. duxn e s. Elle a été commencée en 1124, dans le style roman, et achevée vers 1168, sans ’ransept ni chapelle absidale. C’est ici, dit -on, qu’a été inventée tlogive, par l’architecte Guillaume de Sens , qui construisit aussi la cathédrale de Cantorbéry (Angleterre) , semblable à celle de Sens. La façade, assez sévère, présente trois portails décorés de belles sculptures, malheureusement mutilées. Les sujets des tympans sont tirés de la légende de St Etienne, dont on voit la statue au trumeau du milieu; de l’histoire de la Vierge et de la légende de St Jean- Baptiste. De chaque côté sont des tours sans flèches. Celle de g., qui ne dépasse pas le toit de l’église, date du xn e s. et a quelques arcades romanes. Celle de dr., qui a un étage de plus et atteint 73 m., a été reconstruite aux xm e et xvi e s. Elle renferme encore deux cloches anciennes, pesant 31 171 et 27 730 livres. Dans le haut du portail et à cette tour se voient un Christ bénissant, entre deux anges en adoration, et dix statues de bienfaiteurs de l’église, refaites au xix e s. par Maindron. Pour le bâtiment à dr., l’Officialité, v. cidessous. Les portails latéraux du S. et du N. sont d’une architecture plus riche, le transept ayant été ajouté de 1490 à 1504, par Martin Chambiges , qui travailla aussi à Troyes (p. 94) et à Beauvais. Ils ont de magnifiques roses, mais leurs niches n’ont plus de statuettes.

L’intérieur présente une vaste nef et deux collatéraux avec de petites chapelles précédées d'arcades romanes, sauf la l re à dr., reconstruite dans le style goth.. en même temps que la tour, et qui a une belle verrière par J. Cousin (p. 159). Les fenêtres des collatéraux sont aussi romanes. Dans la nef et dans le ehceur. les piliers alternent avec de doubles colonnes. Au 5 e pilier de g. se voit un beau retable goth. provenant d'un tombeau: les statuettes en ont été brisées, et les deux qui y sont ont été rapportées.

Diq

SENS

à Dijon.

La nef et le chœur ont un beau triforium, mais les fenêtres sont un peu basses. On remarquera surtout les * vitraux , les plus anciens du xn e s., a g. du chœur; ceux du chœur lui-même du xm e s.; les plus beaux à la rosace du N., un Concert céleste. Le maître autel et son baldaquin, à colonnes en marbre rouge, qui jure avec le style de l’église, sont de Servandoni (1743). Dans la première chapelle absidale de g. se trouvent des sculptures, auparavant dans d'autres parties de l'église. C'est d'abord le •mausolée du Dauphin (m. 1766), père de Louis XVI, inhumé dans le chœur de eette église. 11 est décoré de statues en marbre blane de la Religion et de l'Immortalité, du Temps et de l'Amour conjugal, avec des génies, etc., par Outil. Coustou fils. Ensuite les bas-reliefs du mausolée du cardinal Duprat, archevêque de Sens, de 1525 à 1535, et les statues , aussi en marbre blanc, de Jacques et Jean Duperron, archevêques de Sens au xvii e s. Dans la cliap. du fond, un beau retable, le Martyre de St Savinien, apôtre de Sens, par Hermand (xvm e s.), et un grand tableau moderne, St Louis et son frere Robert entrant à la cathédrale de Sens avec la couronne d'épines, par Gaillot (1836). La chap. de la Vierge, à dr. du chœur, a une Assomption de Restout (m. 1768) et une statue de la Vierge du xiv e s. A mentionner encore, de belles grilles en fer, au-dessus d’une sorte de retable de la renaissance.

Le trésor de la cathédrale de Sens est très riche, le plus riche de France, dit-on. S’adresser , pour le voir, au frère sacristain (50 c.). Il en existe un catalogue. 11 est dans une belle salle voûtée en berceau, dont l’entrée se trouve sous une élégante arcature à dr. en deçà du chœur. 11 possède de magnifiques tapisseries des xv e et xvi e s., divers coffrets et reliquaires anciens, dont un en ivoire du xit e s., et un magnifique reliquaire moderne, contenant un reliquaire ancien en or, avec pierres précieuses, dans lequel se trouve un grand fragment de la vraie croix; un grand peigne en ivoire de St Loup, évêque de Sens au commencement du vn e s.; un christ admirable en ivoire, par Girardon; le manteau du sacre de Charles X, des vêtements sacerdotaux de St Thomas Becket (m. 1170), de l’anc. monastère de Ste-Colombe, à Va b- au N. -O. de Sens, où le saint séjourna de 1166 à 1170, etc.

L’Officialité, à dr. de St- Etienne, est un autre monument digne d’attention, du im e s. et bien restauré de nos jours par VioIlet-le-Duc. Elle a sur la façade des fenêtres doubles trilobées, surmontées de rosaces, et des créneaux. Les cachots sont rçstés intacts. Il y a au rez-de-chaussée un musée archéologique, composé de débris de la cathédrale, et au premier étage une grande et belle salle synodale voûtée. L’Offlcialité est reliée à l’archevêché par un bâtiment de la renaissance, qui a une porte remarquable de la même époque, par où l’on arrive au portail S. de la cathédrale. Il y a aussi dans le passage de belles grilles du xvm e s., autrefois au chœur et aux chapelles de l’église.

Sur une petite place à g. près du portail de la cathédrale est la statue du baron The'nard , le chimiste (1777-1857), en costume de chancelier de l’université, bronze par Droz.

Nous prenons maintenant la rue de la République et nous la suivons au S., de l’autre côté de la Grande-Rue. Il y a vers l'extrémité une vieille maison en bois, avec un arbre de Jessé, à dr. au coin de la rue Jean -Cousin, et cette rue en a une autre au n° 8, maintenant la caisse d’épargne.

La rue de la République aboutit aux boulevards , dont une partie a été transformée en un square où l’on a érigé en 1880 une statue de Jean Cousin (m. vers 1589), artiste connu surtout comme peintre,

VJLLENEUVE-S.-Y.

De Paria

marbre par Chapu. Sur le boulevard à g. en arrivant a été conservée une partie pittoresque des anc. fortifications, la poterne du Midi, du xiv e s., enclavée dans un mur romain.

Plus loin du même côté, à dr., dans le faub. St-Savinien, Y Hôtel- Dieu , une anc. abbaye, avec la belle église St-Jea», du xni e s., maintenant sa chapelle et où les visiteurs sont admis le lundi de midi à 3 h. et les jeudi et dim. de 2 à 3. — Plus loin dans le faubourg, Bi-Savinien , du style roman, reconstruit en 1068 et qui a une crypte encore plus ancienne.

L’hôtel de ville, dans la rue Rigault, entre la rue Jean-Cousin et la Grande-Rue, comprend le musée (v. ci-dessous) et la bibliothèque, composée d’env. 16000 vol. et 300 man. et ouverte tous les jours, de 1 h. à 4 h., excepté le mercredi (curiosités au musée).

Le musée est public les dim. et jeudi, de 1 h. à 4 h. en hiver et 5 h. en été, et visible aussi les autres jours.

Au rez-de-chaussée se trouvent d’abord des sculptures, la plupart modernes et peu importantes; dans une salle basse et dans une cour intérieure, une collection lapidaire gallo-romaine considérable. Les morceaux les plus remarquables sont: dans la salle, un bas-relief représentant Diane et Endymion, Oreste amené devant sa sœur Iphygénie , pour être sacrifié ; un Persée ou Bellérophon monté sur Pégase, une tête de jeune homme, un bas-relief où sont figurés des artisans; dans la cour, surtout un fragment de frise, avec inscription, dite de Magilius, d’un temple d’Auguste à Sens, de l’an 53 environ, et d’autres inscriptions, jusque vers l’an 208. Il y a aussi des stèles funéraires et des fragments architectoniques.

Au 1 er étage, des collections archéologique et d’histoire naturelle et encore des antiquités; puis la collection artistique, dans la grande salle, des peintures, des sculptures et des curiosités, surtout, dans la 4 U vitrine, un diptyque en ivoire du n e ou du v e s., qui représente le triomphe de Bacchus et celui de Diane ou les levers du Soleil et de la Lune. 11 recouvre depuis le xm e s. un missel dit l’«Offlce de l’Ane», à cause d’une «prose» de ce missel où il est question de l’âne qui porta J.-C. dans la fuite en Egypte. Dans la même vitrine, un évangéliaire manuscrit du xm e s. , recouvert de feuilles de cuivre estampées,' avec des émaux et, sur la face antérieure, une plaque d’argent gravée ; un sceau en ivoire du chapitre de la cathédrale, du ix e ou du XII e s., etc.

Ligne d' Orléans- Montargii, v. p. 220 et 232; ligne de Troyet v. p. 98-97

On longe encore ensuite à g. l’Yonne, qui est très large et bordée de coteaux couverts de vignes. — 121 kil. Etigny -Véron. — Vue de Villeneuve à g. avant sa station.

127 kil. Villeneuve -sur -Yonne (hôt. du Dauphin), ville de 5117 hab. , qui a une église goth. du xin e s., avec portail de la renaissance. On y remarque aussi une belle tour et deux portes de l’anc. enceinte.

135 kil. St-Julien-du-Sault , à dr., petite ville qui a une église des xm e -xvi° s., avec de magnifiques vitraux. — 141 kil. Céxy.

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