‹ Le nord-est de la France (volume 2)Chapitre 138 sur 226 · JJ. R · texte numérisé non relu

JJ. R

DIJON

St- Bénigne.

la Bourgogne après la mort de ce dernier, en 1477. 30000 Suisses, Allemands et Francs-Comtois l'assiégèrent en 1513 et en furent éloignés à prix d’argent. François I er , prisonnier à Madrid, l’abandonna bien à Charles- Quint, mais les Etats ne ratifièrent pas la cession. Dijon fut du parti catholique et de la ligue dans les guerres de religion et ne se soumit à Henri IV qu’en 1595, après la victoire de Fontaine-Française (v. p. 173). La province de Bourgogne a été gouvernée par les princes de Coudé de 1631 à la Révolution, et Dijon fut très prospère au xvin e s. La ville résista énergiquement aux alliés en 1814 et aux Allemands en 1870 (v. p. 172). Elle fut occupée du 31 oct. au 27 déc. 1870 par le corps d’armée allemand du général Werder. Evacuée alors à l’approche du corps français de Crémer, elle fut couverte et défendue par Garibaldi, qui eut à repousser, du 21 au 23 janv., une attaque faite en vue de permettre à Manteuffel de rejeter Bourbaki sur la frontière suisse. — Outre ses dues Jean sans Peur, Philippe le Bon et Charles le Téméraire, il faut surtout citer, parmi les hommes célèbres de Dijon: Bossuet, Crébillon, Rameau, Piron , le chimiste Guyton de Morveau , l’amiral Roussin , le maréchal Vaillant, les statuaires Claude Ramey, Rude et Jouffroy.

La rue de la Gare nous mène à la place Darcy (pl. B 2), ainsi nommée de l'ingénieur qui a créé les deux réservoirs et les fontaines publiques de la ville. On y a érigé en 1886 la statue de Rude (1784- 1855), le sculpteur, bronze par Jos. Tournois. Derrière cette place, la jolie promenade dît, Château-d’ Eau , avec l’un des réservoirs, et sur les côtés de belles maisons neuves. Plus loin, dans la première direction, est la porte Guillaume (pl. B 3), de 1784, à l’entrée de la ville proprement dite. La rue de la Liberté va directement de là à la place d’Armes (v. ci-dessous) ; nous tournons immédiatement à dr. pour visiter d’abord

St*Bénigne (pl. B3), la cathédrale, dépendant jadis d’une abbaye, qu’ont remplacée l’évêclié et le séminaire. C’est un assez bel édifice goth., dont la fondation est très ancienne, mais qui a été presque entièrement reconstruit au xm e s. et plus tard. La façade présente une sorte de vestibule ou narthex, avec un Martyre de St Etienne par Bouchardon, remplaçant des sculptures détruites à la Révolution, et audessus, une galerie aux arcades d’une grande légèreté. Il y a deux belles tours sur les côtés, mais pas de portails latéraux. On entre généralement par une petite porte au S. Le plan de cette cathédrale goth. tient encore de celui des dernières églises romano-byzantines : elle a trois nefs, un transept très court, un chœur petit et sans déambulatoire ni chapelles et, à l’extrémité, trois absides en hémicycle. L’intérieur est du reste assez simple. La crypte, du xi e s., a été retrouvée et restaurée de nos jours. L’entrée est dans la sacristie. Elle renferme le tombeau de St Bénigne (m.vers 179) et elle a des peintures anciennes. Aux piliers, des statues par Bouchardon, Jean Dubois et Attiret; dans les bas côtés, divers monuments funèbres des xvi e -xvm e s.; dans la tour de dr. , des inscriptions indiquant l’emplacement des tombeaux de Philippe le Hardi et de Jean sans Peur. Beau buffet d’orgue du xvm e s. A l’entrée du côté S., le tombeau de Wladislas le Blanc, ni. en 1388. Dans le chœur, restauré de 1886 à 1892, de belles stalles du xvm e s., etc.

A quelques pas à dr. de la cathédrale se voit St- Philibert (pl. B 3),

Hôtel de ville.

DIJON

anc. église du xn e s., avec flèche goth. en pierre du xvi e s. , transformée en magasin. La petite rue à dr. nous mène en quelques minutes à St- Jean (pl. C4), église rebâtie au xv e s. On y voit une grande peinture murale médiocre par Bén. Masson. St Urbain, St Grégoire et St Tétricus y sont inhumés.

Remontant de là jusqu’à la seconde rue latérale de dr. , la rue de la Liberté, nous allons de ce côté à la place d’ Armes, place semicirculaire au N. de laquelle s'élève

L'hôtel de ville , l’anc. palais des ducs de Bourgogne (pl. D 3). Ce vaste édifice, en lui-même peu remarquable, a été reconstruit en grande partie de 1681 à 1725 et de nos jours. Il n’est guère resté de l’ancien palais, des xiv e et xv 0 s., où sont nés Jean sans Peur, Philippe le Bon et Charles le Téméraire, que la haute tour qui le domine (46 m.) et une autre plus basse sur le derrière, ainsi que quelques salles voûtées du rez-de-chaussée, les cuisines (v. p. 170) et un grand puits qui les précède, à dr. de la cour principale. On peut se les faire montrer et on peut traverser le bâtiment du milieu pour voir l’autre côté. Mais ce qu’il y a de plus curieux ici c’est le musée.

Le * musée occupe 22 salles du 1 er étage de la partie E. ou de dr. C’est un des plus riches de province pour la peinture, et il renferme les splendides tombeaux de Philippe le Hardi et de Jean sans Peur. Il est public les dimanches et fêtes , jeudi et sam. de midi '/a à 3 h. */ 2 en hiver et 5 h. en été, mais les étrangers sont toujours admis à le visiter moyennant un pourboire, sauf le lundi avant 1 h. L’entrée est du côté dr., sur la place du théâtre (v. p. 170). Si l’on entrait comme autrefois par la cour, on arriverait d’abord dans le xm* salle (p. 168).

I™ salle. : gravures; terre cuite par A. Moreau , les Grapilleurs.

II e -VI e salles, * collection Trimolet , léguée à la ville en 1878 et comprenant surtout de magnifiques meubles anciens, des tableaux et dessins de maîtres, des miniatures, des émaux, des bas-reliefs en ivoire, en argent, en bronze et en bois, des bijoux, des vases, des faïences, des oeuvres d’art chinoises, etc. — Salle II: curiosités orientales; porcelaines, bronzes, émaux, laques, etc.; bustes des donateurs. — Salle III: dessins, estampes, antiquités, porcelaines, faïences. — Salle IV ; meubles, tableaux et objets d’art divers. Tableaux: 49 (du côté de l’entrée), B. van der Helst, portr. d’homme; 37, école romaine, Vierge; 52, Holbein le J., portr. de femme; 3, Bonifacio (?), Vierge ; 63, Netscher, portr. d’un bourgmestre; 27, A. del Verrocchio , Vierge; 77 (2 e porte), Verelst, portr. de femme; 31, école ombrienne, Ste Famille: 18, C. da Sesto, Vierge; 5( (entre 2 fenêtres), école de Memlinj, Vierge; 32, école romaine, Ste Famille; 29, école italienne, le Christ aux liens; 71, Rubens, portr. d’Elis. Brandtz, sa première femme; 11, Palma le Vieux, Ste Famille; 74, J. van Schuppen , portr. de femme; 14, le Francia (Raibolini), la Vierge et l'Enfant; 7, le Ohirlandajo, Couronnement de la Vierge. — Dans les vitrines, on remarquera particulièrement les objets de celle du milieu du côté des fenêtres: émaux translucides, plaque d’or au repoussé et émaillée, agrafes de chapes, bijoux. I.es num. *1409, *1410 et 1411, en or ciselé, repoussé et émaillé, sont des enseignes ou ornements de chapeaux, ouvrages italiens du xvi e s., les deux premiers attribués & flenr. Cellini ou à Ambr. Foppa , dit Caradosso. Dans la grande vitrine du fond, 1088, une magnifique aiguière d’après Briot, émaillée par Bern. Palitsy , etc. — Salle V, suite des meubles, etc. Tableaux:

DIJON

Musée.

26, U Oarofalo, la Vierge et l’Enfant: 95, Greuze , tête d’expression ; 33, école romaine , la Vierge et l’Enfant; 89, Clouet (?), Elisabeth d’Autrlebe, femme de Charles IX; 25, Solimena , l’Assomption; 39, Atselyn, paysage d'Italie; 47, Dttcq , Corps de garde; 13, le Battan , Adoration de bergers;

68, Potter , paysage; 80, Phil. Womcerman , Retour de la chasse; 73, S. va» Ruitdael, paysage ; 24, Solimena , Mort de St Joseph ; 6, Ferrari, Couronnement de la Vierge; 28, école de Léon, de Vinci, la Vierge et l’Enfant; 62, G. Heticher, le Message ; 72, J. r an Ruitdael, paysage; 1, Fra Bartolommeo (?), Ste Famille; 19, Solario, id. ; 2, BeUini , la Vierge et l’Enfant. — Salle VI, suite des meubles, etc. Tableaux: 76, Teniert le J., Vision de St Jérôme -, 75, Teniert le V., Effet de neige ; 15, le Guide (Rem), le Triomphe de Venus;

69, Potter, paysage et animaux ; 79, Ph. Wouicerman, Départ pour le chasse ; 42, Cuyp, paysage, etc.

VII e salle, plutôt un passage : estampes, photographies de tapisseries.

VIII e salle, collection Devosge: tableaux et dessins de Fr. Devotge, fondateur de l’école des Beaux-Arts et du musée de Dijon, en 1783; à dr., 695, M.-J. van Mierevelt, portr. de femme; 701, Prud'hon, portr. de Devosge; dessins de Prud'hon.

IX e salle : 10, P. de Cortone (Berrettini), l'Enlèvement des Sabines, copie ; 158 (l re fen. à dr.), d’après Nettcher, Vertumne et Pomone-, 21 (2 e fen.), le Pontormo, Présentation de la Vierge; 75, près de l’entrée, le Dominiquin, Judith, et encore quantité de copies. Au milieu, des objets d'art et des curiosités; 1370, pendule de Boule, [avee figures d’après Michel-Ange; 1466, l'Ancien et leNouveauTestament,bas-relief d’argent rehaussé d’or. Bronzes, plâtres et terres euites.

X e salle: sculptures, ia plupart d’après l’antique; *1075 , Rude, Hébé jouant avec l'aigle de Jupiter; à dr., 1029, 1027, Jouffroy , la Rêverie, la Désillusion. Plafond par Prud'hon, la Bourgogne dominant la Mort et le Temps et entourée des Vertus et des Beaux-Arts, oeuvre remarquable d’après le tableau de P. de Cortone, au palais Barberini, à Rome.

XI e salle: dessins de maîtres anciens, donnés par His de la Salle.

XII e salle, tableaux de l’école française : 426, Pouttin, portr. de Corneille ; 466, Suvée, Mort de Coligny. 1588, vase de Sèvres avec peintures d’après Fragonard.

XIII e sallbou palier en haut de l’escalier par où l'on entrait autrefois, quelques sculptures, entre autres un moulage de la tête de Vereingetorix par Millet (p. 168); 1068, Ramey (de Dijon), Hector soulevant un rocher; 1014, Foyatter, Diomède enlevant le Palladium, etc.

XIV e salle: dessins modernes, estampes; retable en pierre du xvx e s., des scènes de la vie de J.-C. ; reproduction, en petit, du puits de Moïse de l’anc. chartreuse de Champmol (p. 173).

XV e salle, l'anc. *talle des Gardet du palais des ducs de Bourgogne, avec une belle cheminée de l'époque. On y admire surtout les **tombeaux de Philippe le Hardi et de Jean sans Peur, érigés d'abord dans l’oratoire des dues à la chartreuse de Champmol, en partie détruits à la Révolution et fort habilement restaurés depuis. Celui de Philippe le Hardi, le second, fut exécuté à la An du xiv e s. par Claux Sluter. Il est en marbre noir et marbre blane, rehaussés de peintures et de dorures. Il forme un cénotaphe sur lequel est couchée la statue du duc, dont les pieds reposent sur un lion et la tête sur un coussin entre deux anges aux ailes déployées, soutenant son casque. Tout autour du monument règne une sorte de cloître aux arcades ogivales, garnies de 40 statuettes de religieux pleureurs, dont on a toujours admiré l'expression et les draperies. — Le tombeau de Jean sans Peur ressemble beaucoup à celui de son aïeul, dont il diffère surtout en ce qu'il y a dessus une seconde statue, celle de la duchesse Marguerite de Bavière. Ce tombeau, étant moins ancien d’un demi-siècle, est encore plus richement ouvragé que l’autre. Il est l’œuvre de Jehan de la Verta , dit d'Aroca. — Entre les deux tombeaux, une reproduction de la statue d’Anne de Bourgogne, fille de Jean sans Peur et duchesse de Bedibrt. — Parmi les autres ouvrages d'art très remarquables de cette salle, nous citerons, de g. à dr., à partir de la porte : 64, Giov. Cretpi (le Spagnuolo 1,

Mus/e.

DIJON

l'Assomption; 113, Corn. Engelbrechtsen, l’Annonciation; 28, école italienne, la Vierge avec l'Enfant; *206, école allemande, triptyque. Adorations et Présentation; “168, Seghers, Descente de croix; 442, Nie. Quentin (m. 1636), Adoration des bergers; *1420, deux retables goth. en bois doré, dits chapelles portatives des ducs de Bourgogne, faits par Jac. de Baerie en 1391, par ordre de Philippe le Hardi, pour l’oratoire de la chartreuse de Champmol. Entre les deux: 1434, un haut-relief colorié du xm e s., de l’anc. chapelle du palais; *1421, retable de l’abbaye de Clairvaux, cinq tableaux; a g., 1454, fragments de retable du xv e s. Dans une vitrine en deçà: couronne donnée comme provenant du tombeau de Marguerite de Bavière; coupe de St Bernard, du xn e s. ; boîtes en ivoire des xm e et xv e s. ; crosse de St Robert, du xi e s., etc. Dans le haut, une tapisserie du xvi e s., Dijon assiégé par les Suisses en 1513. 482, de Troy, Jésus devant Pilate. Devant la cheminée, 1439, le Baptême de Jésus et la Prédication de St Jean, reliefs en ronde bosse, de 1520. A la 2 e fenêtre en revenant, 32, Mantegna (?), la Vierge et l’Enfant. 1045, Lemoyne, modèle d’un mausolée de Crébillon qui n’a pas été exécuté. A la 4 e fenêtre, 150, Memling (?), l'Adoration des bergers; 114, Aldegrever, portr. d’homme. —965, Bridan, statue de Bossuet. Dans le haut, un fragment de boiserie du xiv e s., etc.

XVI e salle, la principale galerie de peinture. A dr. : 265, Ch.-Ant. Coypel, l’Adoration des bergers; 413, Hattier, portr. de Marie Leczinska; 263, Ant. Coypel, Sacrifice de Jephté; 421, Parrocel, Une bataille; 135, J. van Hoeck , Martyre de Ste Marie de CordOue; 88, J. d'Arthois , la Forêt de Soignies; 487, Valentin (copie), Martyre de St Process et de StMartinien; s. n°, Lethière, d’apr. Ribera, Déposition de croix ; 247, Chardin, portr. de Rameau; *74, le Dominiquin, St Jérôme, un des plus beaux tableaux du musée ; 22, C. Dolci (copie), Ste Famille ; *18, Ann. Carrache, la Chananéenne. — Au milieu de la salle, un groupe par Schœnevcerk , Un prisonnier dangereux. — Suite des tableaux: *38, *40, le Bassan, Xoé fait entrer les animaux dans l’arche, les Disciples d’Emmaüs ; *136, M. d’ Hondekoeter, Eperviers, coqs et poules; 151, ra» der Meulen, le Siège de Besançon en 1674; 91, D. van Bergen, paysage et animaux; 49, le Tintoret, l'Assomption; 163, école de Rubem , la Vierge présente l’enfant Jésus à St François d'Assise; 152, van der Meulen, le Siège de Lille en 1667 ; — 104, Phil. de Champaigne, la Présentation. — Autre côté, en retournant vers l’entrée: *118, Fr. floris ou de Vriendt, Une femme à sa toilette, donnée pour Diane de Poitiers; *30, Bern. Luini, l’Enfant Jésus debout sur les genoux de sa mère; 452, Rigaud, portr. du sculpteur Girardon; 71, école du Pérugin, la Vierge et l’Enfant; 14, école de P. Véronise, la Vierge entourée de la gloire céleste; *13, P. Véronise, Moïse sauvé des eaux; 108, O. de Crayer , les Apprêts de la sépulture; 120, Franc*, Thomyris ou Hérodiade; 1, l'Albane, Ste Famille; 107, O. de Crayer, l’Assomption; 165, 164, école de Rubens, Entrée de Jésus à Jérusalem, la Cène; 96, A. et J. Both, vue d'Italie; 296, Qagneraux (de Dijon; m. 1795b Bataille de Sénef; 180, Phil. Wouuerman, Départ pour la chasse; 187, 188 (petits), P. Wouwerman, Halte de voyageurs, Halte de Chasse; *42, le Guide. Adam et Eve; 65, Strotti , Ste Cécile; 29, Lanfranchi , St Pierre repentant; 41, Léandre Bassan (da Ponte), Martyre de St Sébastien; 297, Gagneraux , Passage du Rhin sous les ordres de Condé; 384, Carie Vanloo, Condamnation de St Denis; 541, inconnu, portr. de Charles le Téméraire; 39, le Bassan, la Flagellation.

XVII e et XVIII e salles : copies, œuvres modernes secondaires, peinture et sculpture; bon nombre de tableaux d'artistes bourguignons; vases antiques; 1028, Jouffroy, Erigone, marbre; 1046, Lescorné, Ariane, marbre.

XIX e salle: 402, L. M élingue (1878), la Levée du siège de Metz en 1553; 322, Jacquand , le Pérugin peignant chez les moines de Pérouse; 422, Patrois, François I er récompensant le Rosso pour ses travaux à Fontainebleau ; 315, Henner , Byblis changée en source; 458, Ronot (1878), les Ouvriers de la dernière heure. — Vitrine du milieu: ivoires, bas-reliefs divers, eouteaux présentoirs et autres ustensiles de table.

XX e salle: 313, Guillaumet, les Femmes du douar à la rivière; 317, Hesse, le Péché originel; 234, 235, L. Boulanger . les Bergers de Virgile, Vive la joie, scène de la cour des Miracles; 232, Bouguereau , le Retour

DIJON

Notre-Dame.

de Toble; 496, Th. Weber, Naufrage; 417, de Neuville, Bivouac devant le Bourget (1870). — Reproductions d’œuvres de Rude. — Dans une vitrine, de beaux et grands émaux.

XXI e salle : reproduction de la Re'sistance de Cabet (p. 172); tableaux, entre autres, d’ Olivif, le Dimanche des Rameaux à Ktretat.

XXII e salle : œuvres secondaires de peintres français, flamands et hollandais; 176-179, if. de Vot, Visitation, Circoncision, Adoration des mages. Présentation au temple; 490, Ilor. Vernet, portr. du maréchal Vaillant, dont on voit aussi dans la même salle les insignes et décorations (36); 67, Vanni, Ste Famille. — Au milieu, 1056, la Fée des fleurs, bronze par Mathurin Moreau, aussi de Dijon.

L’hôtel de ville renferme encore un musée archéologique, indépendant du précédent, qui occupe du même côté trois salles du rez-de-chaussée. Il est public le dim. de \ h. à 3 h. et visible aussi les autres jours, en s’adressant au concierge sous l’escalier de la tour voisine. Il est relativement peu important. — Le même concierge fait voir les anc. cuisines, de 1445, dont on remarque les six cheminées, la cheminée ventilateur du milieu et la voûte en dôme.

Sur la petite place entre l’hôtel de ville et le théâtre se trouve une statue de Rameau (1683-1764), bronze moderne par Guillaume. — Le théâtre est dans le style classique, avec une colonnade sur la place St-Etienne, au S. — A l’E. de cette place, l’anc. église St-Etienne, rebâtie au xvni e s. Dans le fond, à dr., la caisse d’épargne, très belle construction neuve style renaissance, achevée en 1890. La rue à g. mène à la place St-Pierre (p. 172). Ensuivant au contraire la rue des Bons-Enfants à dr. et tournant dans la première à g., on va au palais de justice (p. 171). — Un peu au delà de St-Etienne se trouve

St -Michel (pl. E3), église dont la façade présente un assez heureux mélange du style goth., pour le plan général, et du style gréco- roman dans les détails. Elle a été reconstruite aux xvi e xvn e s. par Hugues Sambin , de Dijon, élève de Michel -Ange. La façade a trois portails à tympans et à voussures, mais en plein cintre; deux tours , où figurent quatre ordres de colonnes superposés et qui se terminent par des balustrades et des lanternes octogones à dôme, etc. Le tympan du portail principal , représentant le jugement dernier, est une œuvre remarquable de Sambin. 11 y a au transept de petits portails du style flamboyant. L’intérieur de l’église est simple. On y remarque une statue de St Yves, par J. Dubois, dans la l re chap. de dr. ; une fresque attribuée à Fréminet , dans la 3 e de g.; des fresques modernes dans une chapelle au croisillon N., un retable du côté opposé, l’Adoration des mages, avec un bel encadrement de la renaissance, etc.

I)e cette église, nous revenons sur nos pas et nous passons derrière l’hôtel de ville pour aller à

Notre-Dame (pl. 1)3), église du xm e s. du style ogival bourguignon. Le *portail en est la partie la plus curieuse. On l’a restauré ces derniers temps, et l’on a même dû en reconstruire le porche, unique en son genre, à trois étages, celui du bas présentant trois

Bibliothèque. DIJON. II. R. 29. 171

nefs, les deux autres des arcatures à jour supportées par des colonnettes, et les intervalles remplis par des frises richement sculptées. Il y a à chaque étage 17 statuettes fort curieuses, posées en gargouilles. aux figures et aux attitudes les plus variées. Dans le haut, à dr. , une horloge provenant de Courtrai et donnée par Phil. le Hardi, en 1383. Elle est attribuée au mécanicien flamand Jacques Marc, et «jaquemart » est devenu le nom des personnages qui sonnent les heures aux horloges de ce genre. Sur la croisée, une tour moderne surmontée d’une flèche et flanquée de quatre tourelles rondes. Deux tourelles du même genre s’élèvent aux extrémités du transept. — L’intérieur est à trois nefs, sans déambulatoire, comme à St -Bénigne. Sauf au transept, il y a des colonnes au lieu de piliers, les chapiteaux portant des colonnettes qui soutiennent les retombées des voûtes de la grande nef. La même nef a un beau triforium et au-dessus règne une galerie, devant les fenêtres, qui sont assez petites. Le chœur présente trois étages de fenêtres, le deuxième, au triforium, composé de fenêtres rondes, et de belles arcatures à colonnettes. Le transept n’a pas de portails, mais cinq fenêtres au-dessous de la rosace, précédées aussi à l’intérieur d’une galerie à colonnettes. Il y a un beau reste de fresque dans le croisillon de gauche.

Dijon possède encore un certain nombre de maisons remarquables ; par ex. l 'hôtel Vogue, de la renaissance, rue Notre-Dame, 8, derrière le chœur de l’église ; la maison Milsand , de la même époque , rue des Forges, 38, à l’O., près de l’hôtel de ville; la maison Richard, même rue, 34-36, qui a une façade goth. et une cour à galerie en bois , dont l’entrée est interdite, et encore la maison num 54-56, curieuse surtout du côté de la cour ; la maison des Cariatides , rue Chaudronnerie, 28, au N.-E. de Notre-Dame, etc.

Nous retournons maintenant à la place d’ Armes et nous la traversons pour prendre, à g., la rue du Palais, qui mène au palais de justice (pl. D4), jadis le siège du parlement de Bourgogne. Il est du xvi e s., de l'architecte H. Sambin, et remarquable par sa façade renaissance, avec porche, et sa grande et belle salle des pas-perdus, qui se termine par une petite chapelle. — Derrière se trouvent V école de droit , avec la bibliothèque de la ville, et une école normale, cette dernière dans un anc. collège des jésuites qui a une belle porte et une tour carrée.

La bibliothèque de la ville est ouverte tous les jours de 11 b. à 4 b. et, en hiver, sauf le dim., de 7 h. à 9 b. l/a du soir. Elle compte euv. 100000 vol. et 1100 manuscrits, et elle a un riche cabinet d'estampes et de dessins, etc. Principaux manuscrits: Bible de St-Be'nigne, du xi e s.; Bible de St-Etienne, de 1109; Virgile du xv e s., avec miniatures ; St-Graal du xv e s., avec quantité de miniatures. Parmi les incunables, formant 203 vol.., on cite surtout l’Ordonnance de Bourgogne, de 1490, et un recueil des privilèges de l’ordre de Cîteaux , de 1491, le premier ouvrage imprimé à Dijon. La collection Marion (72 vol.) et les almanachs royaux sont particulièrement remarquables par leurs reliures.

La rue Chabot-Charny, qui part de la place St-Etienne (p. 170)

DIJON

Parc.

et passe à g. de l’école, mène à la grande place St-Pierre (pl.DEô), au milieu de laquelle il y a un jardin avec un bassin et un beau jet d’eau. De là partent le boulevard Carnot (v. ci-dessous) et le cours du Parc.

Le parc, à 1300 m. de cetto place, est une promenade superbe de plus de 33 hect., plantée par le Nôtre pour les princes de Coudé, gouverneurs de Bourgogne. 11 est bien ombragé et n'a rien d’artificiel. Il s’étend au S. jusqu’à l’Ouche et au delà se trouve l’ancien ch&teau, peu remarquable et maintenant propriété particulière. En deçà de la rivière, à l’extrémité de l’avenue principale, un cadran solaire comme devant l’église de Brou (p. 216). — Cafés -restaur. à g. à l’entrée.

Le boul. Carnot, long d’env. 800 m., relie la place St-Pierre (v. ci-dessus) à celle du 30 Octobre. Au commencement, à g., une belle synagogue moderne du style moresque. Sur la seconde place, le beau "monument du 30 octobre (pl. G 3) , érigé à la mémoire des habitants tués dans la défense de la ville en 1870 et dont beaucoup sont inhumés à cet endroit. 11 se compose surtout d’une magnifique statue de la Résistance, en marbre blanc, par Cabet, sur un haut piédestal en forme de tour ronde, avec un groupe en haut-relief représentant la défense. — Non loin de cette place se trouvent, au N.-E., la gare Porte- Neuve (p. 165); au N.-O., le nouveau lycée de garçons (pl. F 3), sur les plans de Flamant et Chaudoua. Le boulevard Thiers, qui passe derrière, continue le tour de la vieille ville, par la place de la République, d’où le boul. de Brosses ramène vers la place Darcy, en passant à celle de St-Bernard et à l’anc. château.

Une statue de St-Bernard (1091-1153), en bronze, par Jouffroy, s’élève depuis 1847 sur la place St-Bernard. Elle est sur un haut piédestal hexagone, décoré de hauts-reliefs en pierre représentant le pape Eugène III, Louis VII de France, Suger, Pierre le Vénérable, abbé de Cluny, le duc de Bourgogne et le grand-maître des Templiers, contemporains du saint, qui était de Fontaine, 4 kil. */* » u N.-O. de Dijon. — L’anc. château a été en majeure partie démoli pour l’ouverture du boulevard.

Près de la gare, à g. de la rue qui y mène en revenant de l’intérieur de la ville, se trouvent le jardin botanique et la promenade de l’Arquebuse (pl. A 3), ainsi nommée parce que là fut le siège de la compagnie de l’Arquebuse. Le jardin, fondé en 1782, a de riches collections (plus de 5000 espèces) et un musée, public les jeudi et dim. de 1 h. à 4 ou 5 h. Au fond de la promenade est un peuplier noir d’une grosseur extraordinaire, âgé d’env. 500 ans. Il a 40 m. de haut et 15 m. de circonférence au niveau du sol.

L’anc. chabtreusk de cRAMFMOi, , auj. l'asile des aliénés, est env. 10 min. plus loin, dans la même direction. 11 reste peu de chose de cette célèbre maison, fondée en 1383 par Philippe le Hardi, duc de Bourgogne, et qui fut détruite en 1793, mais ce qu’il en reste est encore fort intéressant. On peut toujours la visiter, en le de-

Excursions.

DIJON

Page 1