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seigneurs particuliers, elle passa à la couronne, et elle devint même la capitale du royaume, sous Charles Vil, jusqu’à la délivrance d’Orléans par Jeanne d’Arc, en 1429. Elle resta encore importante comme capitale du duché de Berry, fut le siège d'une université, ou étudièrent entre autres Théodore de Bèze, Amyot et Calvin, et dont le jurisconsulte Cujas fut professeur. Beaucoup de ses habitants ayant embrassé la Réforme, Bourges souffrit considérablement des guerres de religion. De terribles incendies et la peste l’ont ravagée également plusieurs fois. Louis XI y naquit en 1423, et c’est aussi la patrie de Jacques Coeur, argentier de Charles VIT (p. 238) ; de Bourdaloue, illustre prédicateur du xvti e s., etc.
L’avenue de la Gare, qui traverse l’Yèvre, nous mène directement vers le centre de la ville. Elle passe, à g., près de Notre-Dame (pl‘. B 2), église du style goth. flamboyant, avec une tour de la renaissance. On en remarquera les bénitiers. La rue des Toiles et la rue Mirebeau , qui partent de la place Notre-Dame, ont encore de vieilles maisons intéressantes. Elles font partie de Tune de deux séries de' rues circulaires qui marquent toujours les limites de l’ancienne ville. La rue des Toiles aboutît à la place Planchât, près du musée (p. 237). La petite rue du Commerce, à g., la relie à la place Cujas, où est l’Ecole des Beaux-Arts (pl.B2), belle construction récente' du styfe' de la renaissance. A peu de distance à dr. est l’hôtel Jacques-Cœur (p. 236). Nous continuons par la rue Moyenne, une des principales de la vieillie ville, qui passe, à g., près de la cathédrale.
La **cathédrale, ou St- Etienne (pl‘. D3), est le principal édifice de Bourges et l’une de plus belles églises de France. Elle date du xm e et du xrv e s., mais elle n’a été achevée qu’au xvi* s.
La *façade, bien que manquant d’unité, est d'un effet imposant at excessivement riche comme décoration. Elle a 55 m. de largeur et elle est percée de cinq portails, qui correspondent à autant de nefs. On remarque surtout parmi les sculptures celles du portail du milieu, dont le tympan représente le *jugement dernier. Ce portail principal et ceux de dt. sont du xm e s. ; ceux de g. sont seulement du xvi e s. Au centre de la façade est une magnifique rosace de 9 m. de diamètre, surmontant deux grandes fenêtres à trois meneaux. Enfin sur les côtés s’élèvent deux tours. Celle de dr. ou du 8., la : tour Sourde, du xiv e s., mais inachevée, est haute de 58 ni. et flanquée d’une construction qui détruit l’harmonie de la façade. La tour du N. ou tour de Beurre, qui est plus remarquable, atteint 65 m. Elle a été construite au xvi e s. , comme celle du même nom à Rouen, en partie avec les sommes payées pas les fidèles pour obtenir la permission d’user de beurre en carême. L’église est sans cela fort simple à l’extérieur; elle n’a pas de transept, mais elle a cependant deux portails latéraux, d’une église plus ancienne, d'un style roman très riche, des xi e -xn e s.
L’intérieur n’est pas moins imposant que la façade. Tout l’édifice me sure 113 m. de longueur sur 40 de largueur et 37 m. de hauteur sous voûte daus la grande nef. 21 m. et 12m. dans les autres. Les fenêtres et le' triforium de la première paraissent toutefois écrasés, comparés à la hauteur des piliers. Des chapelles latérales ont été ajoutées au xv® et au
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De Pari »
xvi e s. Le chœur est construit au-dessus d'une crypte pour laquelle on a utilisé les fossés de l'enceinte romaine; elle sert aux sépultures des archevêques. Le pourtour est double. Les cinq chapelles du chevet, fort petites, sont bâties en encnrhellenient sur des piliers. Les connaisseurs remarqueront surtout les *v itraux de cette cathédrale, en grande partie du xm e s. et peut-être les plus beaux qui existent en France, notamment eeux de l'abside et de la façade. Ils comptent, dit-on, jusqu'à 1610 figures. Nous mentionnerons ensuite comme œuvres d'art: dans la 3 e chap. à dr. de la nef, une Adoration des bergers, tableau de Jean Boucher, de Bourges (1563-1633) ; dans la chap. suivante, des tapisseries des Gobelins d'après les cartons de Raphaël, la Guérison du boiteux et la Mort d’Ananie; au chœur, la clôture, œuvre moderne dans le style du xili e s. ; à la chap. de la Vierge, les statues peintes du duc Jean de Berry tm. 1416) et de sa première femme (v. au musée); dans la chap. St-Ursin, à g. du chœur, 3 belles statues tombales en marbre des xvi e et xvu e s., auparavant dans la crypte, celles du chancelier de l'Aubespine. de sa femme et de leur fils (avec un livre), le marquis de Châteauneuf (m. 1658), qui fut garde des sceaux sous Louis XIII.
A dr. ou au S. de la cathédrale est 1 a jardin de V Archevêché (pi. D 4), qui est une belle promenade publique. On y voit les bustes en bronze du prédicateur Bourdaloue (1633-1704) et du physicien Sigatid de Lafond (1730-1810), de Bourges, et deux vases modernes aussi en bronze. L'archevêché lui-même, qui datait surtout du xvn e s., a été incendié en 1871 et en partie reconstruit.
Nous suivons les rues qui contournent le jardin au S. et nous arrivons à la grande place Séraucourt (pl. D 5), l'ancien Mail. Il y a à l’extrémité (5 min.) un château d'eau monumental, achevé en 1867.
A l’entrée de l’avenue Séraucourt, qui ramène de la place dans l’intérieur de la ville, se voit, à g., une porte du xn e s. , provenant d’une église, avec des bas-reliefs représentant les mois de l'année, une chasse et des fables.
Nous continuons tout droit de ce côté, où nous passons à g. près de la préfecture (pl. C 4) et devant le théâtre (pl. B 3).
Plus loin, sur une petite place en face de son ancien hôtel, la statue de Jacques Caur, marbre moderne par Préault.
Jacques Cœur (1400?- 1456), d’abord simple ouvrier à la monnaie de Bourges, devint rapidement un des premiers commerçants et financiers de son temps, ayant 7 navires à son service et 300 factoreries. Ses principaux comptoirs en France furent à Montpellier, Marseille, Tours et Bourges. Il fut en outre le plus grand propriétaire du pays, et il eut plus de 30 châteaux et splendides hôtels. Ses immenses richesses lui permirent de prêter 200000 écus d’or à Charles VII , qui le mit à la tête de ses finances. Le roi lui confia encore à diverses reprises d'importantes missions politiques. Aussi cette fortune extraordinaire ne fut pas sans lui susciter des jalousies, et on l'accusa, sans preuves, d'avoir empoisonné Agnès Sorel , maîtresse du roi, qui avait été sa bienfaitrice; altéré les mouuaies, contrefait le poinçon royal, etc. Il fut condamne à mort en 1453 et ne dut la vie qu'à l’intervention du pape. Banni de France, il se retira à Chypre et mourut à Chlo.
L’*h6tel de Jacques Cœur (pl. B 3), maintenant le palais de justice, est un édifice fort remarquable de la seconde, moitié du xv e s., augmenté de nos jours, à dr., d’un lourd appendice dans le style de la renaissance. Au-dessus de la porte goth. de la façade était une statue de Charles VII, et de chaque côté est encore, sculptée dans
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une fenêtre simulée, la tête d'un domestique qui regarde, dit -on, si son maître revient de l’exil. Les bâtiments de la cour ont mieux conservé leur caractère primitif. U y a des portiques et des escaliers dans trois belles tourelles octogones, ornées de bas-reliefs et de médaillons. La partie la plus remarquable à l'intérieur est la chapelle, au premier étage, au-dessus de l’entrée (s’adresser au concierge). Elle est précédée d’une belle salle des pas-perdus, l’ancienne salle d’armes, avec deux cheminées sculptées, et voûtée en carène. La chapelle même a pour principale décoration, à la voûte, des peintures du xv e s. , représentant des anges. 11 y a de l’autre côté une salle voûtée comme la précédente.
On traversera la cour de l’hôtel de Jacques Cœur et descendra par le passage à g. sur la place Berry, l’ancien jardin de l’hôtel, d’où on voit l’autre façade, construite sur un pan de mur romain de l’enceinte de la ville, dont on a utilisé deux tours, en les exhaussant.
L 'église St - Pierre- le- Ouillard (pl. B 4), à peu de distance en deçà de la place Berry, présente à l’intérieur un beau vaisseau goth. des xn e -xv e s., à 3 nefs, sans transept. On y remarque les ogives surélevées du chœur.
Le MC8ÉF, (pl. A3), un peu au delà de la place Berry, rue des Arènes, 6, est réinstallé depuis peu dans l’ancien hôtel Cujas, bel édifice de la renaissance, restauré et agrandi sur le derrière. Il est public le dimanche, de 1 h. à 4 h., et visible aussi les autres jours pour les étrangers.
Dans la cour, des sculptures, les marbes destinés à la nouvelle salle du fond; Odalisque, par Jacquot; Louis XI, par Baffier; Ménade par J. Valette , de Bourges, de qui est aussi le Semeur d’ivraie du petit jardin voisin.
Rez-de-chaussée, — l re salle, à g. dans le fond de la cour: cheminée de l'époque, avec restes de peintures-, curieux plafond; sculptures provenant de la cathédrale, statue tombale, d'évêque-, modèle de l’anc. Ste- Chapelle de Bourges; ivoires, etc., dans la vitrine du côte de la cour; 10 belles statuettes en albâtre du tombeau du duc de Berry, dont les statues sont à la cathédrale ; vieux portraits de Jacques Cœur et de sa femme-, meubles goth., ete. — 2 e salle: antiquités, portraits anciens d’éehevins de la ville, haut-relief, le Vaisseau de Jacques Coeur, à la cheminée; statue antique de la Fortune ; plafond remarquable. — Cabinet du fond : orfèvrerie d N église v bas-relief et panneau en bois sculpté. — Galerie ouverte entre la cour et le jardin: sculptures architectoniques; la Colombe et la Fourmi, par J. -A. Corbel , et Diane, par J. Blanchard , marbres modernes. — Autre salle : antiquités ; 2 volets de. triptyque de J. Boucher , de Bourges (p. 236), représentant l’artiste et sa mère; le buste de Boucher, par J. Dumontel (1844), etc.
Ektbesol: petite salle avec des armes, à la suite de laquelle on doit en organiser une. avec des faïences.
1 er étage: — l re salle; à g., portr. ancien de Cujas; puiB quelques vieux tableaux religieux; dans les vitrines, des faïences et des armes; aux fenêtres, des émaux, de. vieux meubles, surtout un en ébène, qui est aussi fort beau à l’intérieur; du côté de la cour, de beaux bas-reliefs en bois et encore de beaux meubles, en particulier un lavabo; au milieu, une table et un pupitre également remarquables. — 2® salle: suite de. la belle collection de meubles anciens; objets d’art divers; collection déboutons; pendules, glaces; statuettes; tableaux de valeur secondaire. — 3 P salle,
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