‹ Le nord-est de la France (volume 2)Chapitre 23 sur 226 · CHAUNY · texte numérisé non relu

CHAUNY

l’autre côté, le seul à peu près dégagé, qui a des créneaux et une belle frise de feuillages. — Lu façade présente deux tours inachevées, hautes de 62 m.; un porche du xiv°s. et trois portails malheureusement très mutilés. La nef, qui commence de ce côté par une espèce de transept, a des piliers carrés, flanqués de colonnes engagées, alternant avec des colonnes rondes. Au-dessus des collatéraux régnent des tribunes, aux belles arcades en ogive, et plus haut un triforium à arcades en plein cintre. Le transept n’a qu’un triforium et deux rangs de fenêtres géminées, les premières goth. et précédées d’une galerie et les autres romanes. Les chap. de la nef ont été ajoutées aux xiv e -xvi e s. Les trois premières du côté droit sont très richement décorées de sculptures et ont de belles boiseries. On remarquera aussi le buffet d’orgue. Une porte près de là, dans le collatéral de gauche, donne entrée dans une belle galerie de cloître du xni e s., à g. de laquelle se trouve une salle à deux nefs, transformée en chapelle.

Les bâtiments au S. de l’église sont des restes de l'evêche', dont dépendait la Ste-Chapelle déjà mentionnée. On y voit encore, dans la première rue à g., une façade du style goth. flamboyant.

L’Adfel de ville, près de là, par la rue des Merciers, est une construction assez remarquable, mais dégradée, des styles goth. et de la renaissance. Devant se trouve la fontaine mentionnée p. 12, érigée en 1492 et restaurée en 1770.

Lignes d’intérêt loeal de Noyon à Guiscard et à Lassigny, bourgs à 14 kil. au N. et 15 à l’O.

114 kil. Babauf. — 116 kil. Appilly, connu par l’accident de chemin de fer de septembre 1894. A dr. , le canal latéral à l’Oise. — 117 kil. Marest-Quierzy.

124 kil. Chauny (hôt. du Pot-d’ Etain, rue du Pont-Royal, bon), ville industrielle de 9315 hab., avec port sur l’Oise et le canal. Elle est renommée pour ses blanchisseries de toile et il y a, près de la gare, une succursale de la manufacture de St-Gobain (p. 14), où se polissent et s’argentent les glaces. C’est une ville en grande partie moderne, avec un assez beau quartier en face de la gare, mais qui offre peu de curiosités. L’avenue Gambetta y passe, à dr., devant l 'hospice Ste-Eugénie et aboutit à une petite place non loin de celle où est, à g., l'hôtel de ville, une assez belle construction moderne. La ville est traversée de là, à g., par la rue du Pont -Royal et la rue de la Chaussée, entre lesquelles il y a une grande place avec une halle. L 'église, plus loin à dr., est de la renaissance ; elle n’a guère de curieux que des vitraux modernes.

On a inauguré en 1890 un canal de l'Oise à l'Aisne, de 48 kil. de long, qui commence à 3 kil. au S. -O. de Chauny et qui aboutit au canal latéral de l’Aisne à Bovrg-Comin, 13 kil. au N. de Fismes (p. 33), après être passé à Braye-en-Laonnois, 3 kil. en deçà, dans un tunnel de 3365 m. Ce canal, qui traverse encore l’Oise et l'Aisne sur des ponts, évite le détour par Compiègne et abrège de 58 kil. les relations entre le N. et l'E. de la France.

Suite de la grande ligne, v. p. 15. — St-Oobain, v. p. 14.

COÜCY-LE-CHATEAU.

De Paria

D« Chftuny à Lion, par Coucy-le-Chditau : 43 kil. ; 1 h. 15 1 3 fr. 90, 3 fr. 65, 1 fr. 70. A Coucy; 14 kil. ; 30 min. ; 1 fr. 70, 1 fr. 15, 75 c.

Cette ligne se détache à dr. de celle de St-Quentin et traverse le canal et l’Oise, près de la succursale de St-Gobain. — 5 kil. Sinceny, qui a une vieille fabrique de faïence. — 7 kil. Rond-d' Orléans.

Embrakch. de 8 kil. sur St-Gobain (hit. du Point-du-Jour), bourg célèbre par sa manufacture de glaces , fondée en 1693 et la plus importante de l’Europe. Il occupe un joli site, dans une contrée accidentée et boisée. Jolie vue de la hauteur où passe la route de la Fère. On peut visiter la KaxuFACTURg de glacss, où se fait seulement le coulage, le polissage et l’argenture ayant lieu à la succursale de Cbauny (p. 13). Les matières employées sont du sable blanc, du sulfate de soude, du charbon en poudre, du carbonate de chaux et de l'acide arsénieux. Ces substances, mises au four dans des creusets pendant une journée, donnent une pâte que l’on coule sur une table en fonte saupoudrée de sable et qu'on aplanit avec un rouleau. La plaque de verre ainsi obtenue est mise dans un autre four, où elle se recuit et se refroidit lentement durant 3 jours. Ensuite on l’équarrit et on la transporte à Chauny pour les autres opérations. Le polistage comprend d’abord un doucissage, avec des lames de fonte, du sable et de l’eau ; un savonnage , par le frottement de deux glaces l’une contre l'autre, avec interposition d’émeri, et le polissage proprement dit, avec des disques garnis de feutre et de colcotar (peroxyde de fer). L 'argenture, qui a remplacé l’étamage, à cause des émanations malsaines de l’amalgame d’étain, se fait à l'aide d’une solution argentifère spéciale, et on n’emploie que 5 à 6 gr. ou pour 50 à 75 c. d’argent par mètre carré. Cette couverte est enfin fixée par un vernis et une couche de peinture au minium ou de cuivre galvanique. Après n’avoir fait au début

3 ue des glaees d’env. 1 m. 65 sur 1 m. 10, on en fait aujourd’hui de plus e 8 m. sur 4, et le prix de revient est descendu de 166 à 30 fr. le m. carré. St-Gobain fait aussi des verres coulés en général et des pièces de phares et d’optique. La manufacture a encore des succursales a Cirey (p. 124), à Montluçon, dans l’Ailier, à Wadhof et à Stolberg en Allemagne. La production annuelle de glaces dans les divers établissements s’élève à 800000 m. carrés.

Ensuite vient la grande forêt deSt-Oobain. — 10 kil. Folembray, stat. près de la grande verrerie de ce nom (à dr.), fondée en 1705. Le village est plus loin (v. ci-dessous). — Tunnel. — Le Parc. — 12 kil. Folembray (halte). — Vemeuil-sous- Couc y. Le château de Coucy se voit d’abord de loin à dr., puis à gauche.

14 kil. Couey-le-Ch&teau (hôt. des Ruines, près de la porte de Laon), bourg à env. */ 4 d’h. au N.-E. de sa station et que dessert encore plus loin une halte où descendent les voyageurs venant de l’autre direction. Il est bâti sur un plateau qui se termine par un escarpement, où se dresse son *château en ruine. L’entrée est de l’autre côté ; on y parvient en tournant à dr. à l’entrée de la ville et prenant ensuite à g. de l’hôtel de ville, puis encore une fois à g. C’est un ancien château fort des xm e et xv e s., démantelé par Mazarin en 1652, un des monuments les plus remarquables de la féodalité, dont les fiers seigneurs, les Enguerrand, eurent pour devise: «Roi ne suys, ne prince, ne duc, ne comte aussy ; je suys le sire de Coucy». Tout y est colossal et fait croire a une habitation de géants. Il y a des murs de 7 m. d’épaisseur. «Le donjon, dit Viollet-le- Duc, est la plus belle construction militaire du moyen âge qui existe en Europe. Auprès de ce géant, les plus grosses tours connues

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Grave et imprimé pal* Wagner A Debcs. Leipzig.

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