‹ Le nord-est de la France (volume 2)Chapitre 24 sur 226 · ST -QUENTIN · texte numérisé non relu

ST -QUENTIN

11 e sont que des fuseaux.» Ce donjon est la tour ronde du milieu, qui a 64 m. de hauteur (du fond du fossé) et 31 m. de diamètre. En deçà se voient, de la vallée, quatre tours également rondes, hautes de 33 m., aux angles d’une vaste enceinte qui se continue autour de la bourgade. L’ensemble est toutefois plus imposant que pittoresque, les tours et l’enceinte étant à peu près entières à l'extérieur. A l’intérieur, au contraire, les autres parties sont dans un état de ruine trop avancé et peu intéressantes. Le gardien , sans lequel on ne peut y pénétrer (pourb.), donne les explications nécessaires. On montera au donjon ou du moins à la terrasse du fond pour jouir de la vue qui s’étend , dit-on , jusqu’à plus de 150 kil. , en particulier jusqu’à Laon, Noyon et Compiègne. — Au retour, on traversera à g. la place triangulaire de l’Hôtel-de- Ville, puis une seconde place du même genre, pour voir la porte de Laon , partie la plus remarquable de l'enceinte du bourg, dont on peut faire le tour à l’extérieur.

Après la halte de Coucy-le- Château, déjà mentionnée, viennent encore l’arrêt de Jumencourt , la stat. de Landricourt et l’arrêt de Vauxaillon, et l’on rejoint à (26 kil.) Ani*y~Pinon, la ligne de Paris-Soissons à Laon (p. 26).

Ligne de St-Quentin (suite). — 127 kil. Viry- Noureuil. On aperçoit à g. avant Tergnier les immenses serres de Quessy (2 kil. de la stat.), des «forceries» produisant des primeurs de toute sorte. A dr., une autre ligne menant à Laon.

131 kil. Tergnier (buffet; hôt. du Chemin-de- Fer , modeste), stat. à laquelle des ateliers du chemin de fer et des entrepôts donnent une certaine importance. 3740 hab.

Ligne d’Amiens à Laon et à Reims , v. B. 5 et le Nord-Ouest de la France , par Bædeker.

La ligne principale quitte les bords de l’Oise et longe quelque temps, à dr., le canal Crozat, qui joint l’Oise à la Somme. — 136 kil. Mennestù, également sur la ligne d’Amiens. On traverse le canal. — 141 kil. Montescourt. — 146 kil. Emgny-le-Qrand. — A St- Quentin , à g., l’embranch. de Roisel. Vue du même côté sur la ville. — 154 kil. St-Quentin (buffet-hôtel).

St-Quentin. — Hôtels: du Cygne (pl.a,B3), rue St-Martin, à g. de l’hôtel de ville; de France & d' Angleterre (pl. b, B 3), rue St-Martin, 28; du Commerce (pl. c, B 2), rue du Palais-de-Justice, 27; de la Gare (pl. d), à dr. à la sortie, bon. — Cafés : Grand-Café , C. de Paris, place de l’Hôtel-de-Ville.

Voitures de place (demander le tarif): courae de jour, de 6 h. à 11 h., 2 per*., 80 c.; 3 p., 1 fr. 20; 4 p., 1.60; heure, 1.50, 2 et 2.50; course de nuit, 2 p., 1.50; 3 et 4 p., 2; heure, 2.50 et 3.

Poste et télégraphe (pl. B3), rue St-Thomas, 19, au S. de la place de l’Hôtelde-Ville.

St-Quentin et une ville de 47551 hab. et un chef-lieu d’arr. de l’Aisne, sur une colline de la rive dr. de la Somme et à la jonction du canal de St-Quentin et du canal Crozat. C’est une ville très industrielle, qui a surtout d’importantes manufactures de tissus de coton (mousseline) et de laine et plus de 20 ateliers de broderie.

16 I. R. 1. ST -QUENTIN. De Paris

St-Q.nentin est d’origine antique; c’est l’< Auguste Veromenduorum» des Romains, qui prit le nom du saint qui l’évangélisa (v. ci-dessous) et devint la capitale du comté de Vermandois. Deux batailles perdues par des armées françaises sont les principaux événements de son histoire. Les Espagnols l'assiégeaient en 1607, lorsque l’armée envoyée à son secours par Henri II y fut battue par celle de Philippe II, qui fit ensuite bâtir, en souvenir de sa victoire, l'église, le couvent et le palais de l’Escurial. La seconde bataille est celle du 19 janv. 1871, où l’armée du Nord, commandée par le général Faidherbe, fut défaite par le général de Ooeben.

La gare (pl. B 5) est dans le faub. d’Isle, près de la Somme et du canal de St-Quentin, qu’on traverse pour monter dans la ville, en laissant à dr. un étang formé par la rivière. Plus loin est la place du 8 Octobre (pl. B 4), ainsi nommée en mémoire de la résistance victorieuse des habitants à une première attaque des Allemands, le 8 oct. 1870. Elle est décorée d’un beau * monument en bronze symbolisant la défense de la ville, par Barrias.

De là on monte par la rue d’Isle et la rue de la Sellerie, un peu à g., à la place de V Hôtel-de-Ville , située au centre.

L’*h6tel de ville (pl. B 3), au N., est un monument très remarquable des xrv e -xv e s., dont la façade se compose d'une galerie à sept arcades en ogive, de neuf belles fenêtres flamboyantes, flanquées de niches à dais pyramidaux, auj. privées de leurs statues; d’une élégante balustrade et de trois pignons à rosaces. 11 y a au centre une tour renfermant un carillon, comme dans toute la région du Nord, qui commence à St-Quentin. On remarque surtout à l’intérieur la salle du Conseil, avec sa double voûte en bois et sa cheminée monumentale, des styles goth. et de la renaissance.

La tour qu’on aperçoit près de la place au S., en face de l’hôtel de ville, est celle de l’anc. église St-Jacques, du xvn e s., qui sert maintenant de Bourse et qui donne à l’autre bout sur la rue d’Isle.

L’*égliae St-Quentin (pl. BC3), non loin de l’hôtel de ville, à l’E., par la rue St-André, est une anc. collégiale fort curieuse, mais malheureusement engagée dans des maisons. Elle est du style goth., des xn e -xv e s., en forme de croix archiépiscopale ou à deux transepts, le second vers le milieu du chœur, et à trois nefs, de 113m. de long et 40 m. de haut sous voûte. Le grand portail, dans la tour de la façade, est une des parties les plus anciennes. Il est simple et de plus maintenant privé de ses statues. La grande nef, le principal transept et le chœur ont de magnifiques fenêtres et un joli triforium. Des chapelles y ont été ajoutées au xiv e et au xv e s. et la plupart sont, comme le chœur, décorées de peintures polychromes. Il y a aussi de beaux et riches autels modernes. Près de la l re du côté dr., un arbre de Jessé en pierre, du xv e s., et dans la chapelle même un petit retable du xvi e s. Dans la 2 e , une fresque restaurée du xv e s. La 3 e , en restauration, a une sorte de niche fort riche, à baldaquin, qui a pu renfermer un tombeau. La l re et la 4 e chap. à g. ont des statuettes des xvi e et xv e s. On remarque particulièrement la •clôture du chœur, avec ses bas-reliefs, qui ont été refaits de nos jours, dans le style du xiv e s. Us représentent l’histoire de St Quentin,

a Namur. ST-QUENTIN. /. R. 1. 17

l’apôtre du pays, fils d’un sénateur romain, né vers 284, et de ses compagnons Victoric et Gentien. Les tombeaux sont dans une crypte sous le chœur et le but d’un pèlerinage encore très fréquenté le 31 octobre. Du côté dr., un tombeau aussi du xiv® s. Les cinq grandes chapelles de l’abside ont à l’entrée trois arcades soutenues par deux légères colonnettes. Derrière le maître autel, un grand édicule moderne destiné aux reliques. De l’autre côté de la clôture, un tombeau de prêtre également moderne. Il y a de ce côté des vitraux anciens. On remarquers encore les boiseries, en particulier celles de l’orgue.

Sur la petite place voisine, la statue de Quentin Delatour, le célèbre pastelliste, deSt-Quentin (1704-1788; v. ci-dessous), bronze par Lenglet. Les Champs-Elysées (p. 18) sont à peu de distance de ce côté.

Revenus à l’hôtel de ville , nous continuons dans la même direction jusqu’à la première rue transversale à dr. Le palais de justice (pl. B 2) qui s’y trouve, occupe l’emplacement d’un ancien couvent du nom de «Fervaques», dont la partie sur la rue est en reconstruction. Le musée qui s’y trouvait n’existe plus (autre, v.ci-dessous).

A l’extrémité de la rue est le lycée (pl. B 2), bel édifice moderne précédé de la statue de Henri Martin , l’historien (1810-1883), originaire de St-Quentin, bronze par M. de Yasselot.

Dans la partie de dr. de la rue qui passe sur la devant, la rue Ant.- Lécuyer, au n° 22, est le musée Lécuyer (pl. B2), dans un joli hôtel moderne donné à la ville. 11 comprend surtout la collection Lesérurier, une riche collection d’objets d'art, et les pastels de Delatour (v. ci-dessus). Il est public les dim. et jeudi, de 2 h. à 5 h. en été et de 1 à 4 en hiver, et on peut le voir les autres jours en le demandant.

Rez-de-chaussée. — Vestibule : sculptures, surtout des plâtres, bustes et statues: Lenglet , Fileuse (marbre); Htolin, le Lieur de blé; Printemps, Adraste mourant sur le tombeau de son ami Àtys; L. Moreau, le De'ii. — I re salle : petits bronzes modernes, ivoires, curiosités diverses, gravures, quelques tableaux. — II e salle: miniatures, surtout dans la vitrine du milieu, collection fort remarquable, en partie avec des étiquettes, comme le reste ; médaillons en verre coulé, bijoux, médailles, etc. ; porcelaines du Japon, verres anciens et encore des peintures, etc. — III e salle (salon) : ivoires, en partie anciens, particulièrement de grandes pièces au milieu, un vidrecome allemand et 2 autres vases ; puis une statuette de la reine Blanche, un moulin hollandais; encore quantité de miniatures, 2 appliques Louis XIV, au mur à l’entrée; statuettes en bronze, collection de décorations, tableaux. — IV e salle : suite des ivoires et des bromes, les ivoires de chaque côté de la cheminée d’une très grande finesse (collier, 2 olifants, râpes à tabac); glace de Venise, entre deux fenêtres ; gravures, etc.

I er étage. — Escalier : tapisserie du xv e s.; tableau de Carraud, Prise d’habit de Mlle de Lavallière. — I re salle, en face, antiquités : médailles, verres, vases en terre; aussi des verres des premiers temps chrétiens, en particulier des urnes du iv e s. ; dans le fond à g. (coin), une coupe en verre gravé et (au-dessus à dr.) un lécyte en verre blanc. — II e -lV e salles, pastels de Delatour, au nombre de 87, surtout des portraits. Il y a aussi quelques tableaux d’autres artistes; dans la 2 e S., de J. Preudhomme, la Mort de Lucrèce; dans la 3 e , de P ■ Parrocel , 2 chasses (sanguine); Chardin, Singe peignant; Teniers (3); Callot, un Mendiant, et un portr. de Maurice de Saxe attribué à Delatour.

Bædeker. N.-E. de la France. 5 e édit. 2

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