‹ Le nord-est de la France (volume 2)Chapitre 29 sur 226 · CRÉPY -EN -VALOIS · texte numérisé non relu

CRÉPY -EN -VALOIS

De Paria

g., ville agréable de 4124 hab. et anc. capitale d'un pays qui fut l'apanage d’une branche cadette de la famille royale de France.

De la gare, on passe bientôt par une des anc. portes de la ville, qui sont du xvm e s. et peu remarquables, et l’on continue par la rue de Paris jusqu’à la petite place du Paon (hôtel), où l’on remarque une vieille maison gothique. La rue Nationale, en face est la principale de la ville.

Eu descendant à g. de la même place (porte), on a une vue d’ensemble des restes de l’anc. château , des xi e -xm e s., qui occupent une colline assez escarpée de ce côté, mais qui sont par euxmêmes peu remarquables. — En prenant de l’autre côté de la place du Paon ou à dr. en arrivant la rue St-Lazare (porte), puis à g. la rue de l’Hospice, on arrive aux belles ruines de St-Thomas , anc. collégiale construite à partir de 1180 et consacrée à St Thomas Becket. Il en reste surtout la façade, du xm e s., la tour à g. encore entière, avec sa flèche en pierre du xv c s. — La rue St-Thomas, eu face, aboutit à la rue J .-J. Rousseau, qui ramène à g. (poste) à la rue Nationale. En la traversant, on est dans la rue Jeanne-d’Arc, qui aboutit à la place de la Hante, où il y a, à g., une belle porte do maison de 1537. La rue plus loin à g. se termine en impasse au pied du château, de ce côté aussi peu remarquable. A dr., au contraire, on va dans un vallon au pied de la colline du château. De cette même rue se détache, à dr. près de la place, la rue du Lion, qui mène vers St-Denis, l’église paroissiale, des styles roman et goth., avec un beau clocher moderne. On ne peut voir qu’une partie de l’extérieur, du cimetière voisin. A l’intérieur, on remarque surtout le chœur, du xv e s., à trois nefs de même hauteur; des boiseries anciennes, en particulier la chaire; une grille et des vitraux modernes. — La rue St-Denis , qui ramène de là vers le centre de la ville, a quelques maisons assez curieuses.

Embranchement de Chantilly, v. p. 5.

De Crépy-en- Valois à Compiègne: 35 kil. ; 1 h. 5 3 fr. 90, 2 fr. 65, 1 fr. 70. — 11 kil. (3 e et.) Orrouy , village à 1/3 b. au N. -E. ou à dr. , avec une église des xm e et xvt e s., qui a de très beaux vitraux. Env. l/j h. plus loin est le hameau de Champlieu, qui a une église en ruine du xii e s. et au N. -E. duquel on a découvert en 1860, à la lisière de la forêt de Compiègne, des ruines romaines considérables, dont le gardien demeure à Orrouy, mais se trouve habituellement sur les lieux dans la journée, surtout l'après-midi. Ces ruines, d’une cité romaine qui fut peut-être Ratomagut, sont celles d’un temple, d’un théâtre et de bains, dont l’hypocauste est particulièrement bien conservé. — On pourra s’en retourner par Bithisy- St-Martin (arrêt), qui n’est qu’à env. 4 kil. de Champlieu. Compiègne est à 13 kü. par la forêt (route de Champlieu; v. la carte p. 9). — 19 kil. (7 e st.) Verberie , petite ville où résidèrent plusieurs rois mérovingiens et carlovlngiens des vm«-ix e s., mais qui n’a rien conservé de cette époque. Ligne de 17 kil. sur Longueil (p. 9) et Estrées-St-Denis (Boves-Amiens). — 26 kil. (9 e st.) Le Meux, où l’on rejoint la ligne de Paris à Compiègne (p. 5).

En repartant de Crépy, on voit à g. le clocher de St-Thomas. — 69 kil. Vaumoise. On traverse la forêt de Villers-Cottcrets ; puis on a une belle vue à g. Du même côté, à la gare de Villers-Cotterets, la statue d’Alex. Dumas.

à Laon.

SOISSONS

78 kil. Villers-Cotterets (hôt. du Dauphin ou Jeansens, rue de Largny, près du marché; dî. 3 fr. 50), à g., ville de 4582 hab., qui fut souvent la résidence des rois de la maison de Valois.

On prend à dr. au sortir de la gare et l’on a bientôt devant soi la statue d'Alex. Dumas (1802-1870), le romancier, originaire de cette ville, bronze par A. Carrier -Belleuse. En suivant la longue rue qui commence à cet endroit et tournant ensuite à dr. on arrive en ‘/ 4 d’h. env. à la place du Marché et quelques pas plus loin à l’église et au château. — L'église est un édifice peu remarquable, qui a des boiseries et une chaire assez curieuses et un bel autel moderne. — Le château, transformé en «maison de retraite du départ. de la Seine » a été reconstruit plusieurs fois et n’a plus guère d'ancien et de remarquable que le bâtiment au fond de la première cour, ses deux escaliers, ornés de sculptures, et surtout l’anc. chapelle (dortoir), qui ont été construits sous François I er , à partir de 1532. On peut obtenir de les visiter. En passant à dr. ou à g. de l’édifice, on arrive à une promenade et une pelouse à l’entrée de la forêt de Villers-Cotterets, qui a 12500 hect. de superficie et qui entoure la ville de tous les côtés, sauf à l’O., dans la direction de Largny. Elle est sillonnée de nombreux chemins qui permettent d’y faire d’agréables promenades, par ex., au N.-E., vers Longpont (v. ci-dessous).

Ligne de Compiigne par Pierrefonds , v. p. 12-9. — Embraneh. de 14 kil. sur la Ferti-Milon (p. 31), par la forêt de Villers-Cotterets.

Plus loin encore la forêt. — 90 kil. Longpont (hôtels), petit village à 10 min. à g., où il y a des restes d’une abbaye cistercienne du xu e s. Les parties principales, du xm e et du xvn® s., sont transformées en église et en château, et ce dernier renferme des collections qu’on peut obtenir de visiter. On en remarque encore aussi particulièrement une anc. porte fortifiée, du xvm e s.

94 kil. Vierzy. Puis un tunnel de 1400 m. — 100 kil. Berzy. Ensuite, à g., la ligne de Gompiègne à Soissons.

105 kil. Soissons. — hôtels; du Lion- Rouge, rue St-Martin, 57 (ch. 3 à 6 fr., rep. 1.25 à 1.50, 3 et 3.50, om. 50 c. av. bag.); de la Croix-d'Or , rue St-Christophe, au delà de la cathédrale; du Soleil -d' Or, à l’entrée de la ville. — Café du Commerce, rue de la Buerie, près de la cathédrale. — Buffet avec chambres à la gare; dé. 2 fr. 25 et 3, dî. 2.25, 3 et 3.50, repas à 1.50. — Voitures de place: course en ville, 1 ou 2 pers., 75 e. ; 3 p.,

1 fr. 10; 4 p., 1.50; hors de l’octroi et à l’heure, 1.50, 2 et 2.50.

Soissons , anc. place forte dont les ouvrages sont rasés, est maintenant une ville paisible de 12074 hab. et un chef-lieu d’arr. de l’Aisne, sur la rive g. de l’Aisne, à env. i kil. à g. du chemin de fer. Elle est le centre d’un grand commerce de blé pour Paris. Ses haricots sont recherchés.

Cette ville était déjà puissante du temps de César, eoimne capitale des Suessions, et elle fut rendue célèbre par la victoire de Clovis sur le gouverneur romain Syagrius, en 486. Elle devint en 511 la capitale du royaume de Neustrie ou de Soissons et elle fut par conséquent le berceau da la monarchie franque. Childéric III, le dernier des Mérovingiens, y fut déposé en 752 et Pépin le Bref proclamé son successeur. Les Carlo-

SOISSONS

De Paris

vingiens y furent à leur tour supplantés par les Capétiens à la suite de la défaite de Charles III, le Simple, en 923, et de la prise de Soissons en 948, par Hugues le Grand , due de l’Ile de France et père de Hugues Capet, qui devint roi en 987. Il n’y eut plus dès lors qu’un comté de Soissons, dont une partie passa à la couronne au xvi e s. et le reste à une branche cadette de la maison de Bourbon. La ville eut néamoins encore de nombreux sièges à soutenir , surtout au xv e s. Ce fut une barrière insuffisante pour empêcher les alliés de traverser l’Aisne en 1814 et en 1815, et les Allemands s’en emparèrent de nouveau après trois .jours de. bombardement en 1870.

Dans le faubourg oit est la gare, à dr., Ste-Euge'nie , une église moderne à dôme. L’avenue qui mène à la ville aboutit à la rue St-Martin, qui se prolonge sous d’autres noms vers l’hôtel de ville (p. 25). Plus loin, à dr., deux autres longues rues qui passent derrière et devant la cathédrale (v. ci-dessous).

Le *portail St-Jean-des-Vignes, qui a déjà attiré de loin l’attention et où l’on arrive de là en tournant à g., est la partie principale des ruines d’une abbaye fort puissante au moyen âge, où Thomas Beeket vécut neuf ans. C’est une magnifique façade dans le style du xni e s., flanquée de deux belles tours des xv e et xvi e s., mesurant, avec leurs flèches, 70 et 75 m. de hauteur. Les ruines sont dans un enclos occupé par la manutention militaire, mais on peut les visiter en le demandant. Il y a encore des restes de cloîtres, une salle qui fut le réfectoire, etc.

La ^cathédrale, est une belle église gothique des xn e et xm e s., avec quelques parties romanes. Sa façade , flanquée d’une tour de 66 m. de haut , est assez simple ; on y remarque surtout la rose , la galerie qui la surmonte et l’étage supérieur de la tour.

L'ihtébiedr, restauré, présente d’abord une *nef de toute beauté, avec triforium et doubles fenêtres surmontées chacune d’une rosace. A l'entrée, deux belles statues tombales d’abbesses, du xvii e s. Dans la l re cbap. de dr., un beau vitrail moderne par Didron. Du côté gauche, une double chapelle goth. ajoutée plus tard à l’église. Le 'transept, aussi à trois nefs, formerait à lui seul une charmante église, dont le chœur serait au croi sillon S. ou de dr., la partie la plus ancienne (xn e s.), moins élevée et qui se termine en hémicycle, avec pourtour, tribunes, triforium et chapelle à deux étages à l’E. Le croisillon N. formerait alors la nef, avec son mur droit à l’extrémité, percé d'une belle rose, au-dessus de deux rangs de jolies fenêtres à vitraux modernes. Il n’y a pas de porte dans ce mur, qui touchait à des bâtiments, mais il y en a une belle sur le côté, à l'E. Dans le même croisillon, un bel autel moderne et une Adoration des bergers attribuée à Rubens. Le pourtour du chœur présente du côté g. une curieuse armoire en bois à médaillons et un beau tombeau d’évêque en marbre, par Foyatier; puis trois petites chapelles absidales avec des vitraux du xm* s. et une porte de sacristie du style de la renaissance. A mentionner encore une belle tapisserie du xv® s.', provisoirement dans une des chapelles du pourtour, et de belles grilles en fer. La sacristie renferme un assez riche trésor.

A dr. au delà de l’église, une belle maison gothique, rue de la Buerie, 12. A la suite de cette rue, celle des Cordeliers, qui se prolonge vers la Grande-Place. Entre les deux, la principale artère transversale de la ville : à g., rue St-Christophe ; à dr., rue du Collège, etc. Dans cette dernière, à g., la belle porte du collège , qui date du xiv e s.

La Grande-Place, où est le théâtre, a une jolie fontaine, avec

à Laon.

SOISSONS

une Ondine eu bronze et quatre Génies, par Blanchard. Les rues au fond de cette place mènent vers St-Léger et l’hôtel de ville.

L’anc. abbaye St-Léger, transformée en petit séminaire, a une église en partie du xm e s. , avec une façade du xvn e s. Il y a des restes de cloître des xm e et xiv e s. Il faut s’adresser au concierge, même pour visiter l’église.

L 'hôtel de ville, en même temps la sous -préfecture, sur une place déserte vers l’extrémité N.-E. de la ville, en deçà de St-Léger, est un édifice du xvm e s. sans importance, mais qui contient le musée et la bibliothèque de la ville. Il y a dans la cour une statue de l’avocat Paillet (1795-1855), en bronze, par Duret.

Musée. — Le musée, au 1 er étage, est public les dim. et fêtes du 1 er mai au 1 er nov., de 1 h. à 4 h., et visible tous les jours en le demandant. — Au pied de l’escalier et dans l’escalier même, des sculptures anciennes : tympan du portail de l’église de Braisne (p. 33), statue tombale, bas-reliefs, antiquités gallo-romaines et un bas-relief moderne par H. Gros, les Druidesses. — I re salir: gravures, portraits, vues, médailles et sceaux. — II e salle ou galerie: minéralogie et géologie, vitraux. — III e et IV e salle : moulages d’après l’antique et moulage d’un tombeau du vu® s. — V e salle, tableaux: 107, Philastre , Meurtre de Galswinthe; 84, L.-J. Etex , Ste Geneviève; paysages, etc.; médailles, comme dans les 3 salles suivantes. — VI e salle, gravures, des vues. — VII e salle: portraits; 154, Félix Lucas , Délaissée; 92, Rémond , Carloman blessé à mort (beau paysage). — VIII e salle: 56, Drolling , Mathieu Mole aux barricades; 24, le Guerchin (t), St François en extase; 62, Jollivet , Mort de Philippe II d’Espagne. — IX e salle: suite de la collection d’histoire naturelle et objets divers; fragment de statue antique^ statue d’Abel par Hiolin ; bustes, médaillons. — X e salle: antiquités, très nombreuses pour une petite salle, bien rangées et étiquetées; objets du moyen âge et encore moins anciens; orfèvrerie d’église et antres objets religieux (crosse du xt e s., vitr. du milieu); buste du jurisconsulte Louis d’Héricourt (1687-1732), par Hiolin , etc.

La rue de la Congrégation, puis la rue du Commerce, à g. en sortant de l’hôtel de ville sont celles qui font suite à la rue St-Martin (p. 24).

Sur la rive dr. de l’Aisne, près de cette artère principale de Soissons, se trouve le faub. de St-Vaast, qui a une église romane moderne construite par Bœswillwald. Plus loin dans la meme direction est le hameau de St-Médard, jadis célèbre par son abbaye, dont l’histoire est même mêlée à celle des rois de la première et de la seconde race, qui eut jusqu’à 7 églises et qui vit venir en 1530 jusqu’à 300000 pèlerins. Sa ruine date des guerres de religion (1568), et il en reste peu de chose. L’emplacement est occupé par un instkut de sourds-muets.

A l’extrémité de la rue du Commerce, à g., l’anc. abbaye Notre- Dame, transformée en caserne. Sur une place en deçà, les restes de l'église St-Pierre, du style roman du xn e s., auj. un gymnase.

Ligne de Compiègne, v. p. 9; ligne de Reims , etc., p. 33.

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