II. De Soissons à Laon
35 kil. Trajet en 40 min. à 1 h. 5. Prix: 4 fr. 05, 2 fr. 70, 1 fr. 75.
La ligne de Laon laisse à dr. celle de Reims et traverse V Aisne. Beau coup d’œil à g. sur Soissons. — 109 kil. Crouy. Puis l’arrêt de Braye. La voie monte et le pays est plus accidenté. A g., des villages sur des hauteurs. — 115 kil. Marginal. — Neuville- La ff aux. Puis un tunnel de 640 m. — 119 kil. Vauxaillon. Belle vue à g.
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LAON
— 123 kil. Anizy-Pinon, deux localités, Anizy situé à g., Pinon, qui a un beau château du xvm® s., à 2 kil. à dr.
Ligne de Chauny, v. p. 15. — Correspond, pour Prémontri (8 kil.), jadis célèbre par son abbaye , maison-mère de l’ordre de ce nom, fondé en 1120 par St Norbert. Les bâtiments qui subsistent encore sont du xvm® s. et transformés en asile d'aliénés. — St-Gobain (p. 14) est 7 kil. plus loin.
Ensuite encore des collines et des bois. — 130 kil. Chailvet- Urcel. Urcel, à ‘/ 2 b. au S., a une église fort curieuse des xi e - xm e s. On aperçoit plus loin à dr. la ville de Laon. — 135 kil. Clacy-Mons.
— La Neuville-sous- Laon. A dr. , Laon. On rejoint à g. la ligne de Tergnier. — 140 kil. Laon (buffet-hôtel).
Laon.
La gare est dans le bas de la ville, à env. 1/4 d’h. du eentre, par une montée fort raide, mais elle sera probablement bientôt desservie par un chemin de fer spécial. Omnibus, 50. Voiture partie., 1 fr. (course, sur le plateau, 75 c.; heure, 2 fr. le jour, le double après 11 h. du soir).
Hôtels: de la Hure (pl. a, Cl), rue du Bourg; de l' Ecu - de - France (pl. b, Cl), de la Bannière (pl. e. Cl), rue David, un peu en deçà à la montée; H. du Nord (pl. d, Dl), en face de la gare, bon (7 fr. 50 par jour).
— Cafés; de la Comédie, place de l’Hôtel-de- Ville; de V/iôt. du Nord, à la gare, etc. — Poste et télégraphe, rue Châtelaine (pl. D2), 45-47.
Laon est une ville de 14 129 hab. , le chef- lieu du départ, de l’Atsne et une place forte, qui commande la «trouée de l’Oise». Elle est bâtie, au milieu d’une vaste plaine, sur une colline isolée (181 m.) et très allongée de l’E. à l’O., recourbée à son extrémité O. vers le S. et formant ainsi le curieux vallon dont il sera parlé p. 28.
C’est le Laudunum des Romains, mais elle avait peu d’importance à leur époque. Elle fut la résidence des derniers rois carlovingiens. Plus tard, son histoire est celle de l'institution de sa commune et de la lutte séculaire entre ses bourgeois et ses évêques. Elle fut occupée par les Anglais de 1410 jusqu’après le sacre de Charles VII (1429). Elle souffrit beaucoup des guerres de religion et des troubles de la Ligue. Napoléon I er y éprouva en 1814 un échec qui le rejeta sur Soissons. Hors d’état de se défendre, Laon capitula en 1870, mais un garde du génie fit sauter la poudrière lorsque les Allemands entrèrent dans la citadelle, ce qui fit 308 victimes , dont 229 parmi les Français, et de grands dégâts.
De la gare (pl. Dl), qui est au N., les voitures prennent, au bout de l’avenue qui y fait face, une route en lacets à g. ; les piétons montent directement par un escalier de 263 degrés, entrecoupés de plans inclinés. L’entrée de la ville est à dr. dans le haut ; il faut env. V4 d’h. pour y arriver. On atteint un peu plus loin à g. la rue du Bourg, près de la place de l’Hôtel -de -Ville (à g.).
En face, dans cette rue, est la bibliothèque communale, qui est ouverte tous les jours, excepté les dim. et fêtes et du 1 er au 15 sept., d’ordinaire de 1 à 4 ou 5 h. Elle possède env. 30000 vol. et 500 man., plus une belle mosaïque romaine du 11 e s. représentant Orphée et les animaux.
La place de l’IIôtel -de-Ville (pl. Cl) est décorée d’une statue du mare'chal Seruricr (1742-1819) , originaire de Laon, bronze par Doublemard.
La rue Châtelaine, qui fait suite à la rue du Bourg, conduit de là à
LAON
"""Notre-Dame (pl. D2) dite encore la cathédrale, bien que L’évêché de Laon ait été supprimé. C’est une des églises les plus remarquables du nord de la France et un monument très curieux des xn e et xni e -xiv e s., parfaitement restauré depuis peu. Elle existait déjà au commencement du xn e s. , et il y a encore des parties romanes ou de transition, mais elle fut incendiée en 1112, dans les luttes qui signalèrent l’établissement de la commune. Elle a de vastes dimensions, sa longueur étant de 121 m. hors d’oeuvre, sa largeur de 30 m. 66 à la nef et de 53 m. 33 au transept et la hauteur de ses voûtes de 24 m. La façade est un chef-d’œuvre du style goth. le plus pur. Elle a trois portails très profonds, dont les sculptures ont été refaites de nos jours ; au-dessus, une rose et deux fenêtres aussi richement décorées, puis une galerie et deux tours, d’une grande hardiesse et d’une grande légèreté, que surmontaient jadis des flèches et qui ont encore 56 m. de haut. Ces tours, carrées à la base et octogones dans le haut , ont aux angles des tourelles à deux étages avec des statues colossales de bœufs au second, placées là, dit -on, en mémoire des animaux qui ont monté sur la colline les matériaux de l'édifice. Il y a de plus dans une des tourelles de chaque tour un escalier d’une légèreté étonnante. Il existe encore une tour du même genre, mais de 60 m. 50 de haut, à chaque portail du transept, où il devait aussi y en avoir deux, et sur la croisée s’élève une lanterne carrée, qui atteint 48 m. 50 et qui avait également jadis une flèche. Le chevet est carré, le chœur ayant été prolongé au xin® s. pour l'agrandir.
L'intérieur n'est pas moins original que l'extérieur. Il est à trois nefs, même au transept, avec des colonnes cylindriques ayant toutes des chapiteaux différemment sculptés, d’où partent des colonnettes annelées qui s'élancent jusqu'à la voûte. Au-dessus des collatéraux régnent de hautes tribunes surmontées d'un triforium, et il y en a aussi un à la lanterne de la croisée. Sur les côtés, des chapelles ajoutées aux xm e et xiv e s., avec des clôtures en pierre des xvi e -xvn e s., qui en masquent l’entrée, dans les arcades des anc. fenêtres. A l'E. de chaque croisillon du transept est une chapelle à deux étages, le second correspondant aux tribunes. Le chœur se termine par un mur droit percé de trois fenêtres et d’une rose. Les portails O. et N. ont aussi des roses, tandis qu'il n'y en a pas au S. Les fenêtres du chœur et les roses ont conservé de beaux vitraux. On remarque encore la chaire, en bois, de 1681, provenant d'une anc. chartreuse, près de Vervins, et la grille du ehœur, au xvm e s., d’une anc. abbaye, près de Soissons. — Le trésor possède, dans un reliquiaire moderne, une 8te-Face (peinture) curieuse comme œuvre byzantine et 8 tapisseries anciennes, dont 6 du xvii* s., de Bruxelles.
A g. du chœur est le palais de justice (pl. D2), l’anc. évêché, du xm e s., avec un reste de cloître ogival.
La ruelle des Templiers, la 2 e à dr. de la rue du Cloître, au delà de Notre-Dame, nous mène dans une autre rue parallèle, qui part de la place de l’Hôtel-de-Ville et aboutit à la citadelle (pl. E2), où il n’y a rien à voir pour le touriste.
En face de la ruelle se trouve le petit jardin musée (pl. D2), où l’on a isolé une anc. et curieuse chapelle des templiers, du style roman du xn e s., à coupole goth. et à porche surmonté d’une tribune.
LAON
1 Le musée même occupe sur le côté un bâtiment ordinaire, une anc. école. 11 est public les dim. et jeudi de midi à 4 ou 5 h. et encore visible les autres jours.
Rez-de-chaussée, sculpture et archéologie, etc. A dr. et à g., des bnstes modernes, pour la plupart en plâtre, aussi quelques bustes et une statuette antiques. Au fond, des faïences. En face des fenêtres, de petites antiquités, la statue tombale, en marbre, de Gabrielle d’Estrées (m. 1599), maîtresse de Henri IV, 2 bas-reliefs et une petite Vierge par Carrier- Relieuse , une statuette d'Hector avec Astyanax par Doublemard ; une Vestale par Carrier- Relieuse, l’Automne, par Igue'l, etc. Au milieu, d’autres statues: Steüer, Après la chasse ; Oudiné, Mort de Psyché -, J. Charpentier , la Chanson ; Frison , Dalila; Damé , Ce'pbale et Procris. Dans une vitrine, des curiosités, en particulier un médaillon en ivoire.
I er étage. — I re salle: déssins et estampes, tableaux; Un écrivain public, pastel par Goguel, — lie salle, tableaux : Gendron, Intérieur d’un palais à Borne ; Barthélemy , Siège de Calais; A. Leleux, le Tabellion ; A«6er<, la Jeunesse,; Deshayes , vue du Dauphiné; Danton , Mort de Timophane; Leleux , Intérieur d’une posada; Lavieille, paysage. — III e sali.e, suite: Teniers, Tireurs à l’arc ; Patel, Ruines ; le Nain (de Laon), portr. d’homme; Panini , Ruines; Wampe, Moïse et les Hébreux dans le désert; école italienne, Vierge; le Bourguignon , Choc de cavalerie; Nattier, Diane chasseresse; Panini, Ruines; — Coypel , le Voeu de Jephté; ««connu, Adoration des mages; le Nain , le Repas de famille; le Pérugin (?), Pietà dans un beau paysage, reproduction avec variantes; Uanfredi , les Joueurs; le Nain, la Fiancée normande; le Bourguignon, Choc de cavalerie; Desportes, nature morte; école //amande, portr. de jeune Allé ; inconnus, marine. Adoration des mages, Tentation de St Antoine ; d’après Velasquez, les Buveurs.
Des promenades où il y a encore des restes des anc. remparts, contournent en partie le plateau de la ville. Une des ruelles en deçà ou au delà du musée nous mène maintenant à celles du S., d’où l’on a une *vue surprenante de l’autre côté de la colline de Laon, tout différent de celui qui fait face à la gare. Elle y affecte la forme d'un V, et ses flancs escarpés enceignent un vallon en partie boisé, couvert de jardins et de vignes, appelé la Cttre de St- Vincent (pl. BC2). On y voit encore une vieille porte goth., la porte d’Ardon( pl. D2), du xm e s. Plus loinàl’O., la préfecture (pl.CD2), l’anc. abbaye St- Jean, où aboutit une rue venant de la place de rïIôtel-de-Ville. Près de cette place, à g., encore la porte de Chenizelle » (pl. C2), aussi du xm e s. Il y a du reste çà et là dans la ville d’autres vieilles constructions intéressantes, en particulier dans la rue Sérurier, qui part de la place de l’IIÔtel-de-Ville près du théâtre.
L'église St-Martin (pl. B 1-2), à l’autre extrémité de la ville, où l’on arrive de la place en suivant tout droit les rues St-Jean et St- Martin, ou de la seconde porte par le boulevard, est un bel édifice du style de transition. Elle dépendait d’une abbaye de prémontrés, transformée maintenant en Hôtel-Dieu. Elle a près du transept deux tours élevées seulement au xm e s. A l’intérieur, qui est remarquable par ses dimensions, à dr. de la porte, un tombeau en marbre noir avec statue couchée, donné à tort pour celui d’un sire de Coucy, et à g. un autre tombeau, en marbre blanc, dont la belle statue représente la veuve d’un sire de Coucy, morte abbesse en 1333. A divers piliers, de petits monuments aussi à remarquer. Une chap. à dr. de la nef, avec clôture en pierre de la renaissance, renferme un