‹ Le nord-est de la France (volume 2)Chapitre 36 sur 226 · Reims · texte numérisé non relu

Reims

Hôtels: Grand-Hôtel (pl. a, C4), près de la cathédrale-, Gr.-H. du Liond'Or (pl. b, C4), en face de la cathédrale, bon (ch. t. c. 4 à 6 fr. , 1 er dé. 1.25 à i.50, 2 e dé. à la carte, dî. 5, p. 10a 15, om. 50 et 75 c.); H. de la Maison-Rouge (pl. e, C4), à côté (ch. et s., 3 fr., dé. 3.50, dî. 4); H. du Commerce (pl. d, C3-4), à g. de la Cathédrale; H. de l'Europe , rue Buirette, 29 (pl. e, B 3-4), simple, mais bon (vovag. de eomm.; ch. dep. 2 fr. , 1 er dé. 75 c., dé. ou dî. 2 fr. 50, p. dep. 0.50, om. 50 c. av. bag.); du Nord (pl. f, B 3), place Drouet, 75; Berger , même place, 81, tous deux près de la gare (au 2®, ch. dep. 2fr., dé. 2.50, dî. 2.75); II. de Champagne, boul. de la République, 43, le plus rapproché, à dr. avant la place Drouet-d'Erlon.

Cafés: de la Douane , place Royale; de la Banque, place de l’Hôtel-de- Ville; du Palais , rue de Vesle, en face du théâtre ; Courtois , rue Talleyrand, 24; — café-chantant du Casino, rue de l’Etape, 20. — Brasserie de Strasbourg, même rue, 18. — Restaurants : Traverne Flamande (Clinet) rue de l'Etape, 37 (dé. 2fr., dî. 2.50); Déhu, même rue, 16. Bon buffet à la gare.

Voitures de place; course, de 6 h. du m. en été ou 7 h. en hiver à 10 h. du soir, à 2 places, l fr. ; à 3 ou 4 pl., 1.25; à 2 chev. et 4 pl., 1.40: la nuit, 1.40, 1.75 et 1.90; — i/ 2 h., de jour, 1.25, 1.40 et 1.75; de nuit, 1.50, 1.75 et 2; heure , 2 fr., 2.25*et 2.80, 2.80, 8 et 3.25. Chaque colis, 20 e.

Tramways (v. le plan): 1, de l’avenue de Laon (pl. B 1) au faub. Ste- Anne ou Fléchambault (pl. C6), 4 sections; — 2, du faubourg Cérès (pl. E 2) à l’avenue de Paris (pl.A4-5), 4 sect. ; — 3, de 8t-Thomas (pl. B 1-2) à St-Remi (pl. D5-6), 3 sect.; — 4, de la gare (pl. B 3) à Dieu-Lumière (pl. DE 5-6), 3 sections. Prix : 5 c. par section, avec minimum de 10 c. pour la 2 e cl. et 15 c. pour la l re et maximum de 15 et 20, même avec correspondance.

Poste et télégraphe (pl. C3), rue de Cérès, 30.

Bains: B. de Santé, B. Neptune, place Drouet-d’Erlon, 52 et 59.

Temple protestant (pl.C3), boulevard Lundy, 10; service à 10 h.

Reims , chef-lieu d’arr. de la Marne, est une ville de 104186 hab., la civitas Remorum des Romains, nommée déjà Remi du temps de César. Elle est située sur la rive dr. de la Vesle, dans une plaine entourée de collines couvertes de vignes. Elle est surtout célèbre comme le lieu où étaient couronnés les rois de France (v. p. 38). C’est une ville très industrielle, se livrant à la préparation des vins de Champagne et possédant de grandes manufactures de tissus de laine, surtout de flanelles et de mérinos.

En face de la gare, dans un square, la statue de Colbert (pl. B 3), ministre de Louis XIV, originaire de Reims (1619-1683), en bronze par Quillaume. La rue Thiers, à g., mène à l’hôtel de ville

<* XprrnaS

imprmie par Wagner I^Delx* s. Leipzig.

Cathédrale.

REIMS

(p. 39). Nous prenons à dr. par une longue place en partie bordée d’arcades, où s’élève la statue du maréchal Drouet- d’ Erlon (1765- 1834), aussi de Reims, statue colossale en bronze par L. Rocliet.

Plus loin à g. est l'église St- Jacques (fl. BC4), des xm e , xvi e et xvin e s. Elle n’est pas dégagée et elle est de peu d’apparence à l’extérieur, où l’on remarque seulement la tour du transept, mais l’intérieur mérite une visite. Il y a en face de la chaire un beau crucifix de la fin de la renaissance, par Pierre Jacques, de Reims; dans le bras dr. du transept , un grand tableau attribué au Guide, la Trinité; sur les côtés du maître autel, deux tables-crédences du temps de Louis XVI et aux fenêtres de beaux vitraux modernes.

Nous tournons ensuite à g. dans la rue de Vesle, une des principales de la ville, où sont le théâtre et le palais de justice. Enfin la rue à dr. entre ces édifices, nous mène au parvis de la cathédrale, où doit être érigée une statue équestre de Jeanne d’Arc, par P. Dubois.

La **cathédrale ou Notre-Dame de Reims (pl. C4), son principal édifice , est un des ouvrages les plus nobles et les plus riches de l’architecture goth. de la première période , la troisième bâtie à cet endroit. Elle a été fondée en 1212 et achevée au xiv e s. Sa superbe *façade a trois beaux portails rentrants, ornés d’environ 530 statues, plus ou moins mutilées ou endommagées par le temps.

Chose assez rare, les tympans des portails ont des rosaces au lieu de sculptures, mais les eôtés et les voussures en sont très richement décorés, et il y en a également aux frontons. Principales sculptures du portail du milieu: des deux côtés et au fronton, scènes de la vie de la Vierge; dans la voussure, les Anges, les Ancêtres de la Vierge, les Martyrs, les Confesseurs et les Vierges; aux chambranles, les mois et les saisons, etc. — Portail de g. : des deux côtés, les Saints fondateurs de l'église de Reims, les Anges gardiens, les Sciences, les Arts; au linteau, la Conversion de St Paul; au fronton, dans la voussure et dans l'arcade voisine, des scènes de la Passion de J.-C. et l’Invention de la Ste-Croix. — Portail de dr. : sur les côtés, les Patriarches, les Apôtres, des Anges, les Vices, les Vertus; au linteau, l’Histoire de St Paul; au fronton, dans la voussure et dans l’arcade voisine, la Fin du monde, d’après l’Apocalypse.

La grande m rose, entre les tours, a plus de 12m. de diamètre. Il y a sur les côtés deux grandes fenêtres et cet étage est encore garni de sculptures: à g., J.-C. en pèlerin; à dr., la Vierge; puis des apôtres, David, Saül, l’Histoire de David et de Salomon, David et Goliath. Au-dessus, sur toute la largeur de la façade, une série de niches avec 42 statues colossales représentant le baptême de Clovis, au milieu, et des rois de France, sur les côtés. Les deux magnifiques *tours de cette façade, percées de grandes feuétres et flanquées de tourelles aériennes, ont 81 m. 50 de hauteur. Leurs flèches ont été détruites en 1481 par un incendie, qui en a également consumé cinq au transept. Il en reste encore une de 18 m. de haut sur le chevet, avec huit statues colossales.

Le * portail latéral du Nord est aussi fort remarquable. Il est décoré de statues d’évêques de Reims, de Clovis, etc.; de scènes de la vie de St Remi, dans la voussure, et de statues de papes, de patriarches, de docteurs et d’évêques, aux cordons de la voussure. Il y a

38 1. R. 4. REIMS. Palais archiep.

sur le côté une seconde porte bouchée, dont on admire le tympan, représentant le jugement dernier , et surtout le Christ bénissant ou Beau-Dieu, chef-d’œuvre de l’époque ogivale primitive. — Le bras S. du transept est masqué par l’archevêché, et il n’y a pas de portail. — On remarquera encore les statues des niches couronnant les contreforts et la belle galerie à jour à la naissance du toit. La décoration de la cathédrale comprend, dit-on, 2500 statues.

L’iktkbiecb, en forme de croix et à trois nefs, a 138m. 70delong,30m. 10 de large et 38 m. de haut. Le transept, qui n’a que 49 m. 50 de long, a aussi trois nefs. Il est plus rapproché du chevet que dans la plupart des autres églises du moyen âge, ce qui fait qu’on a agrandi le ehœur aux dépens de la croisée et même de la grande nef (2 travées). Pour le reste, l’intérieur est plus simple que l’extérieur, excepté les bordures des portes, qui sont décorées de 122 magnifiques statues dans des niches. Celles de la grande porte représentent le martyre de St Nicaise, 1 er archevêque de Reims, décapité par les Vandales en 407. La plupart des fenêtres ont de beaux vitraux du xm® s. — Il faut mentionner ensuite une très riche collection de tapisseries et divers tableaux, dans la nef et dans le transept. Tapisseries, qui ne sont pas toutes exposées : 14 dites de Lenoncourt , d’après le donateur (1530), et représentant les événements principaux de la vie de la Vierge; 2 dites du «fort roi Clovis», données en 1573, mais plus anciennes ; 15 dites de Pepersack (seulement 2 exposées), du xvn e s., et moins remarquables, et 2 magnifiques gobelins modernes d’après Raphaël, St Paul à Lystre et à l’Aréopage — Tableaux: dans le bras dr. du transept, la Nativité de J.-C., parie Tintoret; la Délivrance de St Pierre, par Hilart, de Reims; le Pape Nieolas V visitant le corps de St François d’ Assise, par le même, d’après Lahire ; Ste Anne instruisant la Vierge, aussi par Hélart; J.-C. apparaissant à la Madeleine, par le Titien; St Paul dans le désert, par Destouches ; Jésus bénissant les enfants , par un inconnu; le Christ aux anges, par Thad. Zucchero , et la Manne au désert, par Poussin-, dans la chap. voisine, où il y a aussi un retable du xvi®s., par I’. Jacques (p. 37) et un Christ du xv® s., la Conversion de St Paul, par Hélart; — dans le bras g., le Baptême de Clovis, par Ab. de Pujol; un grand Lavement de pieds par Jér. Mutiano et un petit par Bertin; les Disciples d’Emmaüs, par Bonnette, de Reims; le Baptême de J.-C. par Hélart; Jésus et la Samaritaine, par O. Venins, et un Christ par Germain, de Reims. — L 'horloge à figures mobiles, à côté de ces derniers tableaux, est du xvi e s.

Le trésor se visite avec une carte qu’il faut prendre à la «sacristie des chaises», dans le bras g. du transept (50 c.), les jours ordin. de 9 h. à midi et de 2 à 5, les dim. et fêtes de midi 1/2 à 2 h. Il renferme de précieux ouvrages d’orfèvrerie, entre autres des reliquaires, un calice et des ostensoirs des xn e -xiv e s., le reliquaire de la Ste-Ampoule (v. ci-dessous), fait pour le sacre de Charles X et qui contient un fragment de ce vase, détruit à la Révolution; d’autres vases, des croix, des ivoires, un «vaisseau de Ste Ursule» du xv e s. et des ornements ayant servi aux sacres de divers rois, etc.

C’est dans cette cathédrale que les archevêques de Reims, en leur qualité de métropolitains du royaume, couronnaient les rois de France depuis 1173. On choisit probablement Reims pour la solennité parce qu'elle possédait la Ste-Ampoule, qu’un ange était censé avoir apportée du ciel au baptême de Clovis par St Remi, archevêque de cette ville, dans la première cathédrale, en 496. Depuis, tous les souverains de France y ont été couronnés, sauf Henri IV, qui le fut à Chartres; Napoléon I er , qui le fut à Paris; Louis XVIII, Louis-Philippe et Napoléon III qui ne l’ont pas été.

Le palais archiépiscopal (pL B 4) , situé à dr. de la cathédrale, date des xv e -xvii e s. On y peut visiter, en s’adressant au concierge, • l’appartement qui était occupé par les rois à leur sacre. Il n’y a guère de curieux que la grande salle où se donnait le festin royal et la chapelle. — La grande salle, où l’on monte par un perron au

Hôtel de ville.

REIMS

fond de la cour, est de la fin du xv e s. , avec voûte goth. en bois, cheminée du même style et portraits modernes de 14 rois sacres à Reims. — La chapelle est du xm e s. , à deux étages , celui du bas transformé en musée lapidaire. On remarque dans le haut une belle porte et des bénitiers modernes en marbre. A l’autel , le modèle du monument d’Urbain II mentionné p. 35. — Le musée lapidaire comprend des sculptures antiques , du moyen âge et même de la renaissance, en particulier deux cheminées, des xv e et xvi e s.; une belle Ste-Face, aussi du xv e s., et surtout le *cénotaphe de Jovin, préfet de la Gaule celtique au iv e s. Il est fait d’un seul bloc de marbre blanc, long de 2 m. 78 et large de 1 m. 50, et il est décoré d’un beau bas-relief représentant une chasse au lion.

Une petite rue à g. du chevet de la cathédrale conduit à la place Royale (pl. C3), d’une architecture uniforme, d’après Soufflot. Elle est décorée d’une statue de Louis XV, «le meilleur des rois», en bronze, refaite en 1818 par Cartellier, l’original, par Pigalle, ayant été détruit à la Révolution. Les statues placées au pied, la Douceur du gouvernement et la Félicité des peuples, sont encore de Pigalle.

La grande rue Royale, au N., mène à la places des Marchés , où est la maison Callou, à g., avec façade en bois du xv e s. Dans une petite rue à dr. de cette place, la rue de Tambour, n üS 18 et 20 , la maison des Musiciens, la plus curieuse des vieilles maisons de Reims, à cinq niches décorées de figures de musiciens assis.

L’h&tel de ville (pl. C 3) , où conduit plus loin la rue Colbert, est un bel édifice du style de la renaissance , commencé sous Louis XIII, mais achevé seulement de nos jours. Il forme un grand carré de bâtiment , la partie antérieure surmontée d’un haut campanile à fronton, décoré d’une statue équestre en haut-relief de Louis XIII. 11 renferme les musées et la bibliothèque de la ville.

Musées. — Ils sont publics les dim. et jeudi de 1 b. à 5 h. en été et 4 h. en hiver et encore visibles les autres jours, excepté le lundi, à partir de 10 h. Il y a deux entrées, à dr. et à g. au fond de la cour (pas de vestiaire) , la seconde pour les musées rétrospectif et archéologique (v. p. 40), l'autre pour les musées et collections qui suivent et par ou nous commencerons : musée de peinture, collections céramiques , musée japonais, toiles peintes, etc.

Hgskb dr peinture, au 1 er étage du côté dr., en face de l’escalier. — l re salle ou galerie : tableaux modernes , la plupart petits et de valeur secondaire; dans le bas, des paysages et des vues par Dicte , Daubigny, Corot , van Afarcte, Ziem , Th. Rousseau , Oirardet , Fromentin (Chasse au faucon), Dupri, Courbet, Français, etc. ; ensuite de petits tableaux de genre et dans le haut de \>lus grandes toiles , par ex. Mercure par Lehoux. Au fond, un retable en pierre du xvi e s. Du côté des fenêtres, un Baptême de Clovis par Alaux , un Combat d'animaux par Desportes et Colbert recommandé à Louis XIV par Mazarin , de Schnete. Il y a encore des dessins anciens. — II e salle, divisée en trois travée et remarquable par ses plafonds: de dr. à g., d’après Santerre, la Coupeuse de choux; 2 Corot; Em. Lfvy, la Jeune mère; P. Jamin, Un rapt ; Moreau de Tours, les Fascinés de la Charité (hôpital de Paris); Ribot, les Titres de famille; Feyen-Perrin, Femmes de pécheurs ; Ch. Comte, Visite de Charles IX chez Coligny; Chintreuil , paysage; K. Bordes , Frédégonde et l’évêque Prétextât; J. Patrois, les Promis (Russie); P.-M. Beyle, Pêcheuses de moules au Pollet; — Rigot

REIMS

Mus tes.

Baptême de Clovis; — O. Gué, Amende honorable de Raymond, eomte de Toulouse; L. Detouche (de Reims), Christophe Colomb; Benouville, Bords de l’Arno; L. David, Mort de Marat; Goni. Coquet, le Buveur de bière; A. Coypel, Silène et la nymphe Eglé. Devant la fenêtre du milieu, les Armes' de Persée et de Bellérophon, trophée moderne. Suite des tableaux : grandes toiles de l’école française du xvui e s. ; Chardin (?), portr. de femme; Fr. liais, portr. d'homme; L.-M. van Zoo, portr. d'une duchesse d'Orléans; Breydel, Scènes des guerres de Flandre (la 2 e plus loin) ; Pourbus le J. (?), portr. de Lesdiguières; — tan der Werff, Samson etDalila; Franck, Christ, sur marbre; L. Carrache, Ste Face; Teniert le J. (t), Fête de village; R. Savery , Enlèvement d’Hélène; le Caravage, Adoration des bergers; Ph. Wouwerman, Halte de cavaliers; école ital.. Vierge; — Rombouts , Un concert; van Tilborgh, Un fumeur; L. de Boulogne, Prométhée; Z/olbein le J., portrait; Jouvenet , la Présentation de J.-C. ; d'ap. Poussin, les Aveugles de Jéricho; Cranach le V. et le J. (3), 13 portraits; au-dessous, Brueghel de Velours et Brueghel le V., 2 paysages; van Osiade, Tabagie; puis Ziic. Dubois (î), portr. de Louis XIV; Rottenhammer, St François de Paule; Cl. le Fèvre, portr. de J. -H. Mansart ; Vie», Anachorète endormi; P. Mignard, portr. de C.-M. Letellier, (Ils du ministre ; Franck le V., Adoration des rois; R. Savery, le Déluge; P. Mignard, portr. de Louvoia; P. van Moll, Christ descendu de la croix; Ph. de Champaigne, portr. du cardinal Ant. Barberin; Rigaud, Louis XV enfant. — Au milieu, un grand tableau à volets de l’école de Reims du xv e s., peint sur les deux faces, la Vie et la Passion de J.-C. En outre quelques sculptures, dont un Bacchant antique en marbre; un bronze de Moreau- Vauthter, l’Amour; un vase de Sèvres, etc. — III e salle: d'ap. Matsys, St Jérôme; ra» Balen, l’Annonciation; Franck, Adoration des rois; vue de Reims au xvi e s. ; école franç. des xvF-xvii* t., triptyque; Allori, le Jugement dernier; école de Ferrare du xv* t., St Jacques et St Pétrone; — école franç. du xr e s., la Création d’Eve; le Guaspre, 2 vues de Rome; Zucchero, Adoration des bergers. — IV e salle: Rirent, l’Endormie; Bin, Hercule tuant l’Hydre de Lerne; F. Reynaud, Fête à Naples; Brouillet, l’Exorcisme; Schenck, Au bord de la mer (moutons) ; G. Doré, l’Aube, souvenir des Alpes; Smith- Jlald, Nuit d’été en Norvège, Auguin, paysage; H. Lévy, Jésus dans le tombeau; Huet, le Val d’Enfer; W. de Gegerfelt, l'Hiver en Hollande. En outre un grand christ en bronze par Injalbirt.

Collections céramiques, musée japonais, toiles peintes, etc. — Au pied de l'escalier du 2 e étage , qui est à l’entrée du musée de peinture, une vitrine avec une partie de la collection céramique Gerbault et de petits modèles relatifs à la fabrication du vin de champagne. — Dans la salle voisine, la belle collection de faïences Pommery et une mosaïque galloromaine trouvée en 1892. — Dans l’escalier, le commencement de la collection des toiles peintes, du xv e s., faites surtout pour servir de décors dans des représentations de «mystères». Il y en a 24 et les sujets, qu’expliquent des inscriptions, sont des scènes de la Bible et des saints. Les autres sont dans les salles suivantes. — l re salle, à g. : *musée japonais ou la collection Gérard, qui comprend des pièces très remarquables de la céramique du Japon, puis des bronzes, des laques, des instruments et des armes. — 2 e salle : suite de la collection Gerbault et des toiles peintes; collection Masson, des statuettes-caricatures rémoises. — 3 e salle: 14 toiles peintes et une grande mosaïque gallo-romaine trouvée à Reims, qui mesure 11 m. sur 8 et qui représente les jeux de l'amphithéâtre.

Musées rétrospectip et archéologique. — Ces piusées ont leur entrée spéciale, au rez - de - chaussée , à l’opposé de celle des précédents ou à g. au fond de la cour. — Le musée rétrospectif occupe une grande salle du 1 er étage du côté de la plaee; près de la bibliothèque. C’est une collection intéressante en formation d’objets d’art de toute sorte et de curiosités , depuis l’antiquité jusqu’aux temps modernes. — Le musée archéologique, au 2 e étage , est une collection très bien classée de petites antiquités préhistoriques et gallo-romaines et d’autres petits objets anciens, même de faïences régionales.

La bibliothèque, au 1 er étage, sur la façade, compte env. 80000 vol. et 1500 manuscrits. Elle est ouverte tous les jours sauf le lundi

St-Remi. REIMS. I. R. 4. 41

et durant les vacances, de 10 h. à 4 h. dans la semaine et de midi à 4h. le dimanche.

La rue de Mars, à dr. derrière l’hôtel de ville , nous mène ensuite au monument le plus important de l’époque romaine à Reims, la porte de Mars (pl. B 2) , située à l’extrémité E. de la promenade du côté de la gare. C’est un arc de triomphe à trois baies, celle du milieu plus élevée que les deux autres. On en fait remonter la construction au iv e s. de notre ère. Les restes de ses huit colonnes corinthiennes du côté opposé à la ville sont très beaux. On remarque ensuite, à dr., l’encadrement d’une niche vide à fronton, des basreliefs représentant des nymphes; au-dessus, deux génies; un médaillon avec une tête en haut-relief, deux caducées et deux autres génies. Le reste est informe , sauf quelques petits détails.

Le faubourg de Laon , au delà du boulevard, a une église moderne dans le style du xiv®s., St-Thomas , qui renferme le tombeau du cardinal Gousset , archevêque de Reims (m. 1866), avec sa statue, par Bonnassieux.

Reims possède encore un monument très remarquable, St-Remi, à plus de 2 kil. au S. de la porte de Mars, par les rues qui traversent la ville à peu près en ligne dr. (tramway, v. le plan).

*St-Remi (pL D 5-6) est une anc. église abbatiale, la plus vieille de Reims. Sa fondation remonte à l’an 852, mais elle a été en partie reconstruite aux xi e et xn e s. , et le portail méridional du transept est même de la fin du xv e s. La façade est du style gothique du xn e s., sauf ses deux tours, qui sont romanes. La nef est également romane, mais le chœur est goth. et la partie S. du transept, fort dégradée, du style flamboyant.

*L'intébieub présente un ensemble plein de majesté. Il y a des galeries au-dessus des collatéraux, celle de g. renfermant des tapisseries du xvi e s., données par Bob. de Lenoncourt, comme à la cathédrale. Les fenêtres du choeur ont eneore de magnifiques vitraux des xi e -xm e s. Le chœur s’avance dans la nef comme celui de la cathédrale. Il est en partie entouré d'une belle clôture en marbre du temps de Louis XIII. Les 5 chap. de l'abside ont des arcades à colonnes très élégantes. Derrière le maître autel est le *tombeau de St Remi, du style de la renaissance, par les frères Jacques, mais refait pour la troisième fois en 1847. C’est une sorte de temple en marbre de plusieurs couleurs. Au chevet se voit le saint baptisant Clovis et tout autour sont des statues en marbre blanc représentant les 12 pairs de France, les évêques de Reims, Laon, Langres, Beauvais, Châlons et Noyon, les ducs de Bourgogne, deRormandie et d’Aquitaine, et les comtes de Flandre, de Champagne et de Toulouse. — Dans le bras S. du transept, un St-Sé-

S ulcre de 1531 et 3 hauts-reliefs peints, de 1610, les Baptêmes de J.-C., de onstantin et de Clovis. — Il y a aussi des tapisseries à la sacristie. Au trésor, une crosse émaillée du xm e s., 30 émaux de Limoges (Laudin; 1663), etc. Le sacristain (rue St-Remi, 6), mène à la galerie des tapisseries.

L’ Hôtel-Dieu , à côté de l’église, est l’anc. abbaye de St-Remi. Il y a un beau cloître , en partie du style roman.

L 'église St.- Maurice (pl. D5), près de l’Hôtel- Dieu, en grande partie reconstruite depuis 1867 dans le style de larenaissance, mérite encore une visite. La chapelle de la Vierge, à dr. du chœur, est du style goth. du xvi e s. Sous l’orgue se voient deux beaux groupes à la mémoire de Nie. Rolland, fondateur de la congrégation de l’Enfant- Jésus et de l’abbé de la Salle, fondateur de l’institution des frères

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