TOUL
De Châlons-s.-M.
La voie ferrée passe ensuite, à dr., tout près du château de Commercy et franchit deux bras de la Meuse. — 130 kil. Sorcy , où aboutit la ligne de Troyes par Montier-en-Der (p. 97). Plus loin, un tunnel de 570 m.
135 kil. Pagny-sur-Heuse (buffet). Ligue de Neufchâteau-Epinal, R. 18 C. On passe dans la vallée de la Moselle par un tunnel de 1120 m. et rejoint le canal de la Marne au Rhin. — 140 kil. Fouy.
147 kil. Toul (hôt.: de Metz , rue Gambetta; de la Cloche-d’Or, rue de la République), ville de 12138hab. , chef-lieu d’arr. de Meurthe-et-Moselle et place forte maintenant très importante, située entre le canal et la Moselle, à env. 10 min. de la gare.
C'est le 1 \tllum Leucorum des Romains, qui existait toutefois déjà bien avant leur domination. Cette ville a été célèbre au moyen âge comme siège d’un évêché -comté et à cause des guerres qu’elle eut à subir par suite de sa situation entre la France et la Lorraine. Le comté fut séparé de ce dernier pays en 984 et forma dès lors une souveraineté plus ou moins indépendante, jusqu'au jour où il fut réuni à la France en 1648, au traité de Westphalie, en même temps que les évêchés de Meta et de Verdun, déjà pris par Henri II en 1552. En 1870, Toul se défendit bravement et ne se rendit qu’après 38 jours d'investissement et 12 jours de siège.
Du faubourg de la gare , où il y a une faïencerie artistique , on entre dans la ville par la porte de France et les rues Thiers et Gambetta, que la rue de la République prolonge à dr., dans la direction de la porte de la Moselle , où la rivière est traversée par un pont datant de 1770.
St-Qcngoxdt, où l’on arrive en appuyant à g. à l'extrémité de la rue Gambetta, est une belle église goth. des xm e et xv e s. L’intérieur se distingue par sa hauteur, et ses grandes fenêtres ont de beaux vitraux du xm e s. La partie la plus remarquable est toutefois le ^cloître , à g. de la nef. Il est du style flamboyant, du xvi e s., et chaque côté se compose de 6 doubles arcades à colonnettes très légères et séparées par des colonnettes torses. Ce cloître communique avec une petite place, par où l’on sortira pour aller, par la rue de g., puis par celle de dr., à St-Etienne.
*St -Etienne, l’auc. cathédrale, est un magnifique édifice , remarquable surtout par ses dimensions, par l’harmonie de ses proportions et encore plus par l’élégance de son portail , avec ses deux tours aériennes , terminées par des lanternes octogones. Le chœur et le transept sont du xm e s., la nef des xiv e et xv e s. et le portail du xv e s. Cette église a aussi, à dr., un *cloître très remarquable des xm e et xiv e s., encore plus beau et plus grand que celui de St-Gengoult. 11 forme un carré de 70 m. de long sur 50 de large et il compte , sans la porte du préau, 22 travées à quatre baies , chacune avec un faisceau de quatre colonnettes et deux colonnettes isolées. — Dans ce cloître , du côté du transept , se trouve l’entrée d’une chapelle St- Jean, qui renferme un grand retable en pierre, avec statues en plein relief, représentant l’Adoration des bergers.
Près de l’église est V hôtel de ville, construction monumentale de 1740, l’ancien évêché.
à Nancy. FROUARD. I. R. 10. 63
La rue d’Inglemure conduit de St-Etienne à la rue et à la place de la République, où l’on remarquera un beau café.
De Toul a Pokt-St- Vincent: 23 kil., nouvelle ligne qui doit être bientôt terminée. Elle remonte la vallée de la Moselle, f r ® stat., Pierre-la- Treiche- Chaudency. Au delà de Chaudeney, près de la rive dr., se trouvent les grottes de Ste-Reine, grottes fort curieuses et en partie inexplorées, l'une d'elles, dite trou des Celtes, connue par les découvertes archéologiques qu’on y a faites. Il n’est pas prudent de s'aventurer seul dans ces grottes. Autres stat.: Villey-le-Sec, Maron, Ghaligny et Pont- St- Vincent (p. 118).
De Toul à Mirecourt et à Ëpinal, v. 18 D.
Belle vue à dr., au départ de Toul , sur ses deux églises et particulièrement sur la façade de St-Etienne. On croise le canal, puis la Moselle. — 156 kil. Fontenoy-sur- Moselle , entièrement brûlé par les Allemands en 1871, parce que des soldats français y avaient fait sauter une arche du pont du chemin de fer. La rivière et le canal coulent parallèlement à la voie. On traverse encore la Moselle.
165 kil. Liverdun, bourgade à g., dans un beau site, avec des restes de fortifications et de château. Son église, du xm e s., renferme des sculptures intéressantes. A visiter aussi , dans le haut, à la porte, la maison du Gouverneur, du xv e s.
Le canal présente ici des ouvrages d’art fort curieux , surtout un tunnel de 500 m. sous Liverdun, à g., et un pont-canal sur la Moselle, à dr. au delà de la station, près du pont du chemin de fer sur le canal lui- même. Cette contrée est une des plus charmantes de tout le trajet. Avant Frouard, à g., la ligne de Metz, puis un pont sur le canal.
172 kil. Frouard (buffet-hôtel), village où s’embranche la ligne de Metz (R. 11 A). La ligne de Nancy quitte la vallée de la Moselle pour remonter celle de la Meurthe. — 175 kil. Champigneulles, qui a des forges et des fonderies. Ligne de Château-Salins, Yic, etc., v. p. 86. On aperçoit de loin, à g., la ville de Nancy. Du même côté, une ligne de ceinture passant, à l’E. de la ville, entre le canal de la Marne au Rhin et la Meurthe.
180 kil. Nancy (buffet; p. 78).
U. De Châlons-sur-Marne (Paris) à Metz.
A. Par Frouard.
220 kil. Trajet en 4 h. 36 à 8 h. 30. Prix : env. 24 fr. 60, 16 fr. 65, 10 fr. 85. — De Paris à Metz par Frouard; 393 kil.; 7 h. 10 à 12 h. 10; 43 fr. 85, 29 fr. 65, 19 fr. 35, plus cher que par Verdun (v. ci-dessous).
Jusqu’à Frouard (172 kil.), v. R. 10. — On retourne de là env. 1 kil. dans la direction de Paris. — 174 kil. Pompcy , qui a des mines de fer et des usines considérables.
Embkancb. de 22 kil. sur Nomeny, toute petite ville d’origine ancienne, sur la Seille. Principale stat., Custines (2 kil.), jadis Condé, au confluent de la Moselle et de la Meurthe, avec deux châteaux eu ruine.
Puis on tourne à dr. dans la belle vallée de la Moselle, qu’on traverse et dont on suit dès lors la rive g., à distance variable,
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64 7.22.//. PONT -A- MOUSSON. De Châlons-s.-M.
jusque près de Metz. Il y a un canal sur la rive g. — 178 kil. Marbache. — 179 kil. Belleville.
185 kil. Dieulouard (hôt. du Commerce), à g., bourg dominé par un coteau où sont les restes d'un vieux château, sous lequel sort une source abondante, le «Bouillant». Belle église du xv e s., renfermant des boiseries remarquables. Dans le voisinage était Scarfone, connu par une défaite des Allemands par Jovinus, en 366. — On voit de loin, à dr., la hauteur de Mousson (v. ci-dessus).
192 kil. Pont-à-Mousson (hôt.: de France, place Duroc; de la Poste, rue Victor-Hugo, près de la gare), jolie ville de 11 595 hab., sur la Moselle. On passe par la place Thiers et la rue Victor-Hugo pour arriver à la place Duroc , ainsi nommée en l’honneur du maréchal Duroc (1772-1813), favori de Napoléon I er . C’est une place triangulaire entourée d’arcades , avec l’hô/e/ de ville et une belle maison décorée de sculptures.
Dans la rue à g. en deçà de l’hôtel de ville se trouve Y église St- Laurent , jusqu’à présent composée de deux parties, l’une basse, l’autre élevée, avec de belles voûtes et des vitraux modernes , mais qui doit être en restauration. On y verra, à g. de la nef, un retable remarquable du xvi e s., composé à l’intérieur de scènes de la Passion en bois sculpté et doré, à volets qui ont des peintures sur les deux faces, des scènes de l’histoire de J.-C. et de la Vierge. Il n’est pas fermé.
La rue à l’extrémité de la place Duroc conduit à la vieille ville, par un pont du xvi e s., sur la Moselle. Près de là, à g., Y église St-Martin, des xm e -xv e s., avec deux belles tours. Elle possède un beau St-Sépulcre, dans le bas côté dr. ; un jubé du xv e s., maintenant à la tribune de l’orgue, et un Baptême de la reine de Mysore par le peintre nancéen Claude Charles (m. 1747). — Plus loin au N., Y église Ste-Marie, de 1705, avec une anc. abbaye de prémontrés transformée en petit séminaire. Le chœur de cette église est remarquable par la richesse de ses sculptures. — Le collige, près de St-Martin, est l’anc. maison des jésuites , qui dirigèrent dans cette viUe une université célèbre, fondée en 1572 et transférée en 1768 à Nancy.
A l’E. de Pont-à-Mousson s’élève une colline (389 m.) où était le château de Mousson, dont il reste peu de chose. Il est remplacé par un petit village. Vue étendue au N.
198 kil. Vandilres. — 201 kil. Pagny- sur -Moselle (buffet), stat. frontière, avec la douane française. Les coteaux de la rive g. produisent un bon vin. A 2 kil. à l’O.-S.-O., les ruines considérables du château de Preny, bâti par les ducs de Lorraine et démantelé au xvii e s. — Ligne de Longuyon par Conflans-Jarny, v. R 13 A.
206 kil. Nové&nt, village frontière, relié par un pont suspendu à Corny , où se trouvait le quartier général allemand pendant le blocus de Metz. Douane allemande. Heure en avance de 55 min. sur l’heure des chemins de fer français.
à Metz.
VALMŸ.
210 kil. Ancy-sur- Moselle. On laisse à dr. Jouy-aux- Arrhes, où se trouvent, ainsi qu’à Ars, les restes considérables d'un aqueduc romain, de plus de 1100 m. de long et 18 m. de haut, que Drusus fit construire pour approvisionner Metz. — 212kil. Ars-sur- Moselle, localité considérable, avec des forges. Oravelotte (p. 75; omnibus) se trouve à 7 kil. au N.-O., par le vallon de la Mance. On traverse ensuite la Moselle. A dr., le fort St-Privat et le château de Frescati. A g., les lignes de Verdun et de Thionville et le mont St-Quentin; à dr., les lignes de Serrebruck et Strasbourg.
220 kil. Mets (p. 75).
B. Par Verdun.
175 kil. Trajet en 5 h. 45 à 7 h. 25. Prix: env. 19 fr. 70, 13 fr. 30, 8 fr. 60.
— De Paris à Metz par Chàlons et Verdun: 348 kil.; 8 h. 30 à 13 h. ; Prix:
38 fr. 95, 26 fr. 30, 17 fr. 20.
Chàlons , v. p. 44. On retourne dans la direction de Paris l'espace d’env. 1 kil. , et l’on prend à dr. , où l'on traverse la Marne et le canal. — Plaines monotones et pauvres de la Haute-Champagne ou Champagne pouilleuse (p. 97). — 11 kil. La Veuve.
17 kil. St- Hilaire- au- Temple , où aboutit la ligne de Reims (p. 69). — On traverse ensuite la Vesle. — 23 kil. Cuperly, près du camp de Châlons (p. 69), situé à g. ou au N.
À la Cheppe , 4 kil. à l’E., se trouve un retranchement circulaire de 35 hect. de superficie dit le camp d'Attila, de fait un anc. camp romain ou un anc. oppidum gaulois. C'est donc dans les environs qu'étaient les champs catalauniques où eut lieu la fameuse bataille de Chàlons , dans laquelle Attila fut vaineu par Aétius, en 451.
33 kil. Suippes. La voie tourne à l’E. — 43 kil. Somme-Tourbe, à la source («somme») de la Tourbe. — 47 kil. Somme-Bionne.
3 kil. plus loin, on aperçoit à dr. de la voie, sur la hauteur en face de Valmy, la statue de Kellermann (v. ci-dessous).
52 kil. Valmy (petit hôtel près de l’église) , stat pour le village de ce nom, qui est à 1 kil. en deçà. Ce village est connu par la victoire décisive de l’armée française de Dumouriez et Kellermann sur l’armée allemande coalisée, sous les ordres du duc de Brunswick, qui avait envahi la France en 1792.
Cette armée, qui avait pénétré en France à l'instigation des émigre's, après la chute de la royauté (10 août 1792), avait déjà réussi à forcer les passages de l'Argonne , et elle entrait ici en Champagne , où il semblait
S ue rien ne dût plus l'arrêter sur la route de Paris, quand les troupes e Kellerman et de Dumouriez, arrivant du S. et du N., l’attaquèrent de flanc et par derrière, et lui infligèrent une défaite qui l'obligea à battre en retraite. La canonnade de Valmy fut en elle-même une petite bataille, mais les conséquences en furent considérables : «De ce lieu et de ce jour, dit Gœthe, dans la relation qu'il a faite de la campagne, date une nouvelle époque dans l’histoire du monde*. — Le centre des positions françaises fut sur une hauteur au-dessus d’un petit bois au S. du village, dont elle est maintenant séparée par le chemin de fer. On y avait déjà érigé en 1831 un petit monument, une pyramide renfermant le eieur do Kellermann, duc de Valmy (1747-1830); on y a ajouté en 1892 une statue de Kellermann, en bronze, par Barrau, mais rien qui rappelle Dumouriez, parce qu'il trahit plus tard la France en passant a l’ennemi. Pour aller
Btedeker. N.-E. de la France. 5 e édit. 5
66 /. fi. 11 .