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De Nancy (Paris) à Strasbourg

150 kil. Trajet en 3 -à G h. Prix : express (v. p. 69) , 17 fr. 25, 12 fr. ; trains ordinaires, 16 fr. 35, 9 fr. 70, 6 fr. 85. Kxpress d’Orient et wagons de luxe en général, v. aussi p. 69.

Nancy , v. p. 120. On remonte la vallée de la Meurthe jusqu'à Lunéville. A g., les églises St-Pierre et de Bonsecours, puis la ligne de ceinture de Nancy (marchandises); à dr. , celle de Mirecourt. — 3 kil. J ar ville-la- Malgrange, à dr. Ligne de Chalindrey- Dijon (p. 136). — 6 kil. Laneuveville-devant-Nancy. Aenv. */ 4 d’h., sur la rive dr. de la Meurthe, l’auc. chartreuse de Bosserville , qui date de 1666. — Puis un pont sur la Meurthe, que le canal de la Marne au Rhin (p. 75) traverse aussi à g. sur un pont-aqueduc. A dr., l’église de St-Nicolas-du-Port.

13 kil. Varangéville- St- Nicolas. — Varangéville, bourg de 2370 hab., à g., a une importante saline. Il est situé sur la rive dr. de la Meurthe, qui le sépare seulement do St- Nicolas. Son église, du xv e s., possède plusieurs œuvres d’art remarquables: une Vierge en bois du xvi e s. , d’un calvaire, par Bagard; une Pietà eu bois, du xvi e s., une Vierge byzantine en pierre du xi e s., un St- Sépulcre et des vitraux du xvi e s.

St-Nicolas-du- Port (hôt. du Faisan et cafés au port, en aval du pont), ville déchue de 5827 hab., sur la rive g. de la Meurthe,

140 JI. R. 35. LUNÉVILLE. De Nancy

fut importante et prospèro jusqu'en 1636. où elle fut saccagée par les Suédois. Elle a dû son nom à la possession d’une relique de St Nicolas de Myre (phalange de doigt) et son importance au pèlerinage qui s’ensuivit et qui a encore lieu, le lundi de la Pentecôte: il y a eu, dit-on, plus de *200 000 pèlerins au jubilé de 1500 et encore plus tard. Son église, où l'on arrive directement du pont, est un fort bel édifice, de 1495-1553 env., la façade flanquée de deux tours. Il y a au portail un St Nicolas attribué à Claude Richier.

L*intérieur, à trois nefs de même hauteur, est encore plus remarquable que l’extérieur. Deux magnifiques piliers à la croisée, celui de" dr. tors, celui de g. à grandes cannelures (les autres ronds), et belles voûtes à réseaux. Restes de vitraux de l’époque. A dr. de la nef, la chapelle patronale (3 e ), avec fresques modernes par Ch. Paulus. .Sous le chœur, une crypte sombre, avec un St - Sépulcre par Bachot (1520). A g. du chœur, une *ehapelle basse (fermée, s'adresser au sacristain) qui renferme des fonts et un retable goth. en pierre, garnis de statues, du xvi e s., restaurés en 1880. — Le trésor de cette église était jadis excessivement riche; on en a sauvé une partie et formé un musée, dans une petite pièce à dr. au delà de l£ chapelle patronale: entrée, 23c. Vitrine en lace: nouveau ■ bras d’or< (en vermeil), sur le modèle de l’ancien, avec la phalange de St Nicolas; vaisseau en argent du xvn e s., ouvrage flamand; chaînes de Cunon de Réchicourt, délivré en 1240 par l’intervention de St Nicolas; *vaisseau ou nautile dont la coquille est en nacre de perle et qui était auparavant orné de cabochons, du xvi e s., ex-voto du cardinal de Lorraine (p. 128); deux autres vaisseaux du xvu e s. ; croix en argent du xv e s., avec pied du xvm e ; reliquaires, dont un goth., en argent, contenant de la manne de St Nicolas, substance miraculeuse qui découle des ossements du saint à Bari (Italie). Côté dr. : suite de l’orfèvrerio , buste en argent de St Nicolas, don de Louis XIV; crucifix en ivoire donné par Voltaire à dom Calmet (p. 14fi). Côté g.: croix processionnelle moderne en argent, sur le modèle de celle de St-Jean-de-Latran , ornement donné par Marie Leczinska. Dans les coins, deux bâtons cantoraux en argent. Du côté de la porte, des curiosités et des antiquités. Sur les meubles des sculptures. Une autre partie du musée, du côté g. de l’église, est destinée aux archives.

15 kil. Dornbasle-sur- Meurthe. 5542 hab. Salines, grande fabrique de soude et cités ouvrières. — 18 kil. llositr es- aux- Salin es, localité de 2297 hab., à env. */ 4 d’h. à dr., sur la Meurthe.

23 kil. Blainville-la-Qrande (buffet-hôtel), bourg de 1508 hab., à •/ 4 d’h. à dr., sur la rive g. Il y a encore deux portes de. 1625. Filature très importante. — Ligne d’Epinal (p. 135). — 28 kil. Montsur- Meurthe.

Emhkakch. de 1) kil. au S. sur Gerbéviller (hôt. de Lorraine), ville industrielle de 1590 hab., dans la vallée de la Mortagne, par où il doit être prolongé sur Rambervillers (p. 135); de là à Bruyères ( p. 157), v. p. 135. 11 y a un beau château, entouré d’un joli parc.

On traverse encore deux fois la Meurthe. A dr. à l’horizon se montrent les Fost/fa.

33 kil. Lunéville. — Hôtei.s: des Vosges, rue Carnot, 6 (ch. t. c. 2 fr. 50 à 3, dé. ou di. 3, om. 50 c.); du Faisan , Grande-Rue, 4; des Halles, rue Banaudon, 36. — Poste et tki.., rue d’Alsace, 14, la l re à g. de la rue Carnot.

Lunéville est une ville de 23269 hab. et un chef-lieu d’arr. de Meurthe-et-Moselle, près du confluent de la Meurthe et de la Vezouse. Elle fut de 1702 à 1737 la résidence des ducs de Lorraine, et, quoique

A Strasbourg. LUNÉVILLE. II. R. 35. 141

déchue, elle a conservé un certain cachet de grandeur. C’est ici que naquit, en 1708, François III de Lorraine, fils du duc Léopold 1 er , qui devint l’empereur François 1 er , par son mariage avec l’archiduchesse Marie-Thérèse, et la souche de la famille régnante d’Autriche. C’est aussi à Lunéville que fut conclu, en 1801, entre la France et l’Autriche, le traité du même nom, qui donnait pour limites à la première le Rhin et les Alpes et à la seconde l’Adige.

La rue Carnot conduit de la gare à la vaste place Léopold, et la rue Banaudon, au fond à g., à la place Thiers, puis à la Grande-Rue. Sur la place Thiers, un monument érigé à la mémoire des habitants des arrondissements de Lunéville et de Sarrebourg morts dans la dernière guerre. Il se compose d’une pyramide de granit, de chaque côté de laquelle sont deux belles statues en marbre de femmes assises, dans l’attitude de la douleur, par Ch.Pètre. Derrière la place se trouvent Vhôtel de ville, où il y a une bibliothèque et un petit musée, et l’église St-J-acques.

L’église St-Jacuues, la principale, est un bel édifice construit de 1730 à 1745 sur les plans de Boffrand, élève de J.-H. Mansart. Elle a un portail d’ordre ionique, avec une horloge supportée par le Temps, et deux riches tours à dômes, que couronnent des statues de St Michel et St Jean Népomucène.

A l’intérieur, décoré dans le goût du temps, on remarque d’abord la belle tribune des orgues, de grands autels dans les bras du transept et des boiseries autour du choeur. A signaler surtout plusieurs oeuvres du peintre Girardet (1709-1778) de Lunéville, un Christ en croix en face de la chaire, trois fresques au fond du choeur et des deux collatéraux, St Joseph et l’enfant Jésus dans le bras g. du transept. Dans le bras dr., une Ste Famille de van Schuppen. A g. de l’entrée, une urne qui a contenu le coeur de Stanislas Leczinski, mort à Lunéville en 1766.

Le chateao, où l’on va de St -Jacques par la place de l’Eglise, puis la rue du Château , est une vaste construction que Léopold 1 er fit élever de 1703 à 1706, par Boffrand, et qui fut embellie par Stanislas. Bien que plusieurs fois endommagé par des incendies et transformé en caserne de cavalerie, avec habitation pour les généraux, il a conservé un aspect imposant. Dans la cour s’élève depuis 1893 la statue équestre du général de Lasalle (1775-1809), né à Metz, tué à Wagram; elle est en bronze, par Cordier.

On peut traverser le château pour voir de l’autre côté ses vastes et magnifiques jardins, dénommés «Bosquets», maintenant une promenade publique. On y a inauguré en 190*2 un monument du romancier Erckmann , de Phalsbourg (1822-1899), une stèle surmontée d’un buste, contre laquelle se tient Suzel, l’héroïne de l’Ami Fritz , le tout œuvre du sculpteur Bussière. — Des portes à dr. ramènent dans l’intérieur de la ville.

De la place du Château, à l’extrémité de la Grande-Rue, on voit sur la place des Carmes, dans la partie N. de la ville, la statue de l’abbé Grégoire, le conventionnel (1750-1831), par Bailly (1884).

L’importante faïencerie de Lunéville , non loin de la gare, du côté de Nancy, ne se visite pas.

De Lunéville à St-Dii et à Epinal (les Vosges), v. R. 36.

1 4‘2 II. IL lia. SAVERNE.

Ou laisse ensuite àdr. la ligne de St-Dié. — 40 kil. Marainvitler. — 49 kil. Emberménil.

57 kil. Igney-Avricourt (buffet; hôt. de la Gare), stat. française où a lieu, lorsqu’on vient d'Alsace, la visite des bagages non enregistras pour Paris.

Kmuranch. île 18 kil. sur Cirey, par Blâmant (9 kil.), à dr., ville de 172li hab. au pied d'une hauteur escarpée et où l'on remarque les ruines de son château fort. — Cirey (hôt. du Saurage ), sur la Vezouse, est une ville, de 2332 liab., importante par sa manufacture de glaces, qui dépend de celle de St-Oobaiu (p. 13). Château avec un beau parc. En dehors, sur la rive dr., des ruines d'une anc. abbaye. — 11 kil. de route de Cirey à Badonriller (p. 145), par Petitmont (3 kil.) et Bréménil (5 kil.).

59 kil. Deutsch- Avricourt (buffet), avec la douane allemande. Long arrêt. Heure de l'Europe centrale, en avance de 55 min. sur l’iieure des chemins de 1er français.

Embrahcii. de 35 kil. sur Bfnestroff (p. 118), par Dieuze (hôt. du Lioud'Or), petite ville avec des salines importantes.

62 kil. Ite’rhicourt - le- Château (ail. Kixingen). Forêt de ce nom et grands étangs, surtout,, au N., V étang de Gondrexange , où passe le canal de la Marne au Ithin. — 71 kil. lléming (Hemingen).

79 kil. Sarrebourg (Saarburg), petite ville encore en partie murée, sur la Sarre, et point de jonction des lignes de Metz (p. 118) et de Sarreguemines. *

83 kil. Ite'ding (Rieding). On atteint enfin la chaîne des Vosges, qu'on traverse dans le grand tunnel d’ Archwiller , long de 2678 ni. Le canal de la Marne au Rhin y passe également dans un tunnel, qui croise en dessus celui du chemin de fer.

89 kil. Archwiller (Arzweiler). On descend ensuite dans la jolie vallée de la Zorn, la plus belle partie de cette ligne.

95 kil. Lutzelbourg (hôt. de la Cigogne), village avec les ruines d’un château du moyen âge, sur un rocher que le chemin de fer traverse dans un petit tunnel.

Tramway a vapecb pour Phalsbaurg (2 hôtels), petite ville, et anc. place fnrte à 6 kil. au X., en grande partie détruite dans le bombardement do 1870. Patrie du maréchal Lobau (1770-1838), qui y a une statue, et du littérateur Erckmann (v. p. 141).

Cobrespoxo. à I.utzelbourg, par la vallée de la Zorn, pour Sabo ou Oagshonrg ( 13 kil. ; hôt. : Schlossberg- Hôtel, Bour, Reihel ), station d’été dans une région forestière, jadis le chef-lieu d’un comté. Sur la hauteur à l’E. ( 1/2 h.), où était le château, une. tour-belvédère et une chapelle en l’honneur du papo St Léon IX (1049-1054), qui était de la famille des comtes de Dagsbourg.

Le trajet est encore très intéressant jusqu'à Saverne. Le chemin de fer passe par quatre tunnels dans l’étroite vallée de la Zorn, que suivent aussi le canal et une route.

105 kil. Saverne (186 m.), en ail. Zabern (hôt.: du Soleil, des Vosges, du Chemin- de- Fer), ville de 8500 hab., dans un beau site, au sortir du défilé des Vosges. L’anc. château des évêques de Strasbourg, maintenant une caserne, à g. de la Grande-Rue, date du xvm e s. Plus loin à g., l’ e'glise paroissiale, surtout aussi du xv e s., et à côté un petit musée d’antiquités.

* Pour plus de détails, v. les Bords du Rhin, par Bædeker.

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