XXXI I
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et boisés. la Basse-Bourgogne (Yonne, Côte-d’Or) ont une population très clairsemée.
Agriculture. — Le sol de la France est très fertile et la végétation y est très variée. 94.65 °/ 0 (soit près des 19/20) du sol sont productifs; la valeur vénale des terrains est estimée à 91 584000000 de fr. et leur revenu net à 2645 000 000, soit 1880 fr. 40 en capital et 52 fr. 85 en revenu net par hectare. Ce revenu, qui paraît énorme, représente toutefois moins de 65 fr. par habitant ; mais à la valeur de la terre s’ajoutent les propriétés bâties età bâtir, d’environ 43 milliards, et les richesses mobilières qui s’élèvent à 220 milliards, ce qui porte la fortune de la France à 322 milliards environ, soit une moyenne de moins de 8400 fr. par habitant.
La France se divise par rapport aux productions du sol, en cinq zones, caractérisées par les cultures de l’oranger, de l’olivier, du maïs , de la vigne et du pommier. Ces zones sont délimitées par quatre lignes obliques allant: la l re , des bouches du Rhône au cours du Var; la 2 e , de l’Ariège à l’Isère; la 3 e , de l’embouchure de la Charente à la frontière du Luxembourg; la 4 e , du golfe du Morbihan aux Ardennes.
La région du N.-E. de la France est surtout une région de plateaux et de hautes terres. Sauf dans les vallées, le sol y est généralement peu riche, et les rigueurs du climat, dues à l’altitude et à l'éloignement de la mer, y interdisent certaines plantations. Les céréales n’y sont guère représentées que par l’avoine et l’orge, dont la culture se contente d’un sol médiocre et résiste aux rudes températures. Toutefois, il faut mettre à part la région de l’Ile-de-France, surtout les plaines de la Brie (dép. de Seine-et-Marne), dont le sol éminemment fertile produit en abondance un blé excellent. Le dép. de l’Aisne est le second de France pour la culture de la betterave. * La Franche-Comté, la Bourgogne et une partie de la Lorraine produisent du maïs; la Bresse cultive le blé noir. La pomme de terre prospère sur le plateau lorrain, où l’on rencontre aussi quelques plantations de chanvre et de houblon.
Au point de vue viticole, la France est sans doute le premier pays du monde. Son vignoble occupe une superficie de 1 million 600000 hectares. La production moyenne anuuelle de vin pour les années 1891-1901 a été de 42740538 hectolitres; en 1901, la production s’est élevée à 57 963514 hectol., mais elle est retombée en 1902 à 39943 191 hectol. Les départements qui produisent de beaucoup le plus de vin sont ceux du midi, pour lesquels ont été atteints les chiffres moyens suivants: Hérault, 9 millions d’hectolitres de vin sur une superficie de 177628 hectares; Aude, 5 millions d’hectol. sur 132940 hect.; Gironde, 2 millions 500000 hectol. sur 132105 hect.; etc. Le N.-E. de la France est fort loin d’atteindre ces chiffres, mais il possède cependant des vignobles fort importants, et surtout produisant des vins fins de premier choix. On peut répartir ces derniers en trois groupes principaux: 1° Champagne
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(vins blancs). Le vignoble de Champagne pour les vins fins se réduit à peu près aux arrondissements de Reims et d’Epernay, où se trouvent, sur les coteaux de la vallée de la Marne et sur les pentes de la montagne de Reims, les crus de Sillery, Verzy. Ambonnay, Ay, Cumières, Avize, Vertus, etc. — 2° Bourgogne. Ce vignoble comprend les départements de l’Yonne et de la Côte-d’Or. Dans le premier (38000 hectares) , il faut signaler les crus des environs d’Avallon et de Tonnerre (blanc et rouge), et surtout celui de Chablis (blanc). Dans le second, tous les crus de marque sont échelonnés sur les pentes inférieures d’une chaîne de coteaux, la «côte d’or», longue de 60 kil. et comprise entre Dijon et Santenay. Ce sont surtout ceux de: Fixin (rouge), Gevrey-Chambertin (r.), Vougeot (r.), Nuits-St-Georges (r.), Premeaux (r.), la Doix-Serrigny (r. et bl.), Aloxe-Corton (r. etbl.), Beaune (r.), Pommard (r.), Volnay (r.), Monthelie (r.), Meursault (r. et bl.), Puligny (r. et bl.). Le vignoble de la Côte-d’Or ne compte guère plus de 22000 hectares. — 3° Chalonnais, Maçonnais et Beaujolais. Les vins du Chalonnais, récoltés sur les monts du Charolais, qui sont comme un prolongement de la Côte-d’Or, ont pour crus principaux ceux de Givry (r.), Bourgneuf (r.), Mercurey (r.) et Rully (r. et bl.). Les principaux crus du Maçonnais, situés dans la vallée de la Saône et de la Grosne, sont ceux de Chardonnay (r.), Sancé (r. et bl.), Bussières (r.), Solutré (bl.), Romanèche - Thorins (r.). Enfin, le Beaujolais, plus au sud dans le département du Rhône, a comme centres principaux Belleville, Beaujeu et Villefranche (vins rouges). — En dehors de ces vignobles de première qualité, le N.-E. de la France possède de très nombreux vignobles de qualité inférieure ou moyenne, notamment dans les départements de Meurthe-et-Moselle, Haute-Marne, Aube, Nièvre, • Allier, Cher, Ain, Jura. Il convient seulement de signaler quelques crus isolés: dans l’Aube, les Riceys (r.); dans la Haute-Marne, Poissons, Vaux-St-Urbain (r.); dans la Nièvre, Pouilly (bl.); dans le Cher, Sancerre, Biré, Savigny (r.), Chavignol, Crézancy (bl.); dans l’Ain, Chétuan, Cerdon, Jujurieux, Belmont (r.), Virieu (r. et bl.), Gravelle, Seyssel (bl.); dans le Jura, Pupillin, Château-Chalon (bl.), Arbois, Salins (bl. et r.); dans le Doubs, Miserey (r. et bl.), etc.
Les arbres fruitiers qui sont cultivés à peu près dans toutes les parties de la France, sont relativement assez rares dans le N.-E., si l’on met à part les plaines de l’Ile-de-France et la vallée de la basse Saône (abricots). On récolte en Lorraine des cerises et des prunes, surtout des mirabelles. Enfin, il faut mentionner le chasselas de Fontainebleau et des environs (Thomery).
Les forêts ont été réduites en France, depuis la Révolution, de 12000000 d’hectares à 8400000; mais l’Etat fait maintenant beaucoup pour le reboisement des parties du sol défrichées à tort. Le N.-E. est la région de France qui possède le plus de forêts. Les principales sont celles : des Ardennes, de l’Argonne, de Der (Hte-Marne), de Haye (Meurthe-et-Moselle), de Dabo (Vosges), de Chaux (Jura),
Btedeker. N.-E. de la France. 7 e e'dit. C
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d’Othe (Yonne), du Morvan (Nièvre), d’Orléans (la plus grande de France, 89000 hect.), et plus près de Paris, celles de Chantilly, de Villers- Cotterets (12000 hect.), de Compïègne (14000 hect.) , de Fontainebleau (17 000 hect.).
Animaux. — La France occupe un rang important en Europe pour l’élève du bétail, et cela grâce à l’excellence de son sol qui fournit aux animaux domestiques la plus abondante et la meilleure des nourritures. Le N.-E. élève de nombreux chevaux (Ardennes, Lorraine, Franche-Comté), des bœufs (Lorraine, Franche-Comté, surtout Morvan, Bourbonnais, Charolais), des moutons (Ile-de-France, Berry), des porcs (Bourbonnais, Hte- Bourgogne). La volaille de la Bresse et des Dombes est célèbre à juste titre. Les abeilles se rencontrent dans quelques parties de l’Ile-de-France (Gâtinais). La pêche fluviale est de moins en moins fructueuse par suite de l’emploi réitéré de procédés trop rapides et d’engins trop perfectionnés qui dépeuplent les rivières; les principaux poissons sont les carpes, tanches, perches, brochets, anguilles, saumons, truites, goujons, etc. Les étangs des Dombes, de la Bresse, de la Sologne sont particulièrement poissonneux.
Min^haux. — Les ressources minérales de la France ne sont pas très considérables, et en particulier la production de la houille (32 millions de tonnes en 1901) ne suffit pas aux besoins de la consommation (près de 50 millions de tonnes). Ce sont les bassins du Nord et du Pas-de-Calais qui fournissent à peu près les deux tiers de la production totale (env. 21 millions de tonnes). Le N.-E. comprend deux groupes de gisements: celui de l’Est, réduit depuis la guerre de 1870 au petit bassin de Ronchamps (Hte-Saône); celui du Centre, beaucoup plus considérable, qui s’étend entre le Morvan, le massif central et la vallée de la Saône; les mines principales sont celles d’Epinac, Aubigny-la-Ronce, le Creusot, Blanzy, Montchanin, Montceau-les-Mines, Decize.
C’est dans l’Est de la France que les mines de fer sont le plus considérables et le mieux exploitées: avant 1870, le département de la Moselle était le premier de France pour la production du fer, et malgré la perte des mines de Moyeuvre, Ottange et Hayange, le département de Meurthe-et-Moselle, avec les mines de Champigneulles, Lu d res, Marbaehe, Frouard, Pompey, Pont-à-Mousson, Longwy, etc. fournit encore les deux tiers de la production nationale. Dans la Hte-Marne, on exploite aussi d’importants gisements à St-Dizier, Vassy, Sommevoire. Enfin, il faut signaler quelques mines de fer dans les Ardennes, la Hte-SaÔne et la Saône-et-Loire (Change). Ce dernier département a aussi des mines de manganèse (Roinanèche, Grand-Filon).
11 y a des mines de sel gemme assez importantes dans la Meurtheet-Moselle (Varangéville, St-Nicolas, Rosières).
Les carrières de pierres sont généralement abondantes en Frauce et fort variées: les granits des Vosges, les pierres de taille du bassin
de Paris, de Creil, de Tonnerre et Grimault en Bourgogne, du Jura, les ardoises des Ardennes (Fumay), les marbres de Maubeuge, de Givet, des Vosges et du Jura, les pierres meulières de la Ferté-sous- Jouarre, les grès de Fontainebleau, les plâtres du bassin de Paris, les ciments de Vassy et St-Dizier, les bitumes de Seyssel (Ain) et d’Autun, etc. sont plus ou moins renommés.
En fait de sources minérales, il faut signaler dans le N.-E. : Provins (Seine-et-Marne), Pierrefonds (Oise), Sermaize (Marne), Bourbonne-les-Bains (Hte-Marne), Martigny, Vittel, Contrexéville, Bains-les-Bains, Plombières, Bussang (Vosges), Luxeuil (Ilte-Saône), Besançon (Doubs), Salins, Lons-le-Saunier (Jura), Bourbon-Lancy (Saône-et-Loire), Alise-Ste-Reine, Santenay (Côte-d’Or), Pougues, St- Honoré- les- Bains (Nièvre), Bourbon -l’Archambault (Allier), Sail-les-Bains, St-Alban (Loire).
Industrie. — L’industrie française embrasse tous les genres et occupe env. ‘/ 3 de la population. Longtemps en grande partie sans rivale, elle a perdu de son importance, parce que la main-d’œuvre est maintenant plus chère en France que dans les pays voisins, que les tarifs douaniers lui sont en partie défavorables et que les moyens de transport sont relativement trop coûteux. Toutefois depuis quelques années l’industrie française tend à se relever notablement, et certaines statistiques sont des plus satisfaisantes comme indice de la prospérité nationale; en 24 ans (de 1876 à 1899) la consommation de la houille a passé de 24500000 tonnes à 40149000: dans le même laps de temps la force utile des appareils à vapeur a presque décuplé (8078 200 chevaux-vapeur en 1899); enfin la force hydraulique qui était en 1892 de 54000 chevaux est estimée en 1900 à 100000 chevaux.
L’industrie française est toujours sans rivale pour tout ce qui demande de l’art et du goût plutôt que du métier; l’industrie de luxe (articles de Paris) reste florissante et a classé la France très haut dans le grand concours international de la dernière exposition universelle (1900).
Le N.-E. comprend plusieurs centres industriels assez importants. Pour la laine , le Cateau, St-Quentin, Reims, Sedan, Nancy, Epinal; le département de la Marne est le deuxième de France pour l’industrie lainière; pour le coton, St-Quentin (percales et guipures), St-l)ié, Senones, Epinal, Val-d’Ajol, Belfort. Troyes (finettes); pour la toile quelques localités des Vosges et St-Quentin; pour les dentelles et broderies, Nancy.
11 y a des forges importantes dans les Ardennes (Charleville, Mohon, Fumay); dans la Haute-Marne (Val-d'Osne, St-Dizier, Joinville, Sommevoire); dans la Côte-d’Or (Châtillon, Cussey); dans la "“Meurthe-et-Moselle (Briey , Longwy, Frouard, Pont-à-Mousson, Nancy); dans le Jura (Champagnole ) et dans le Doubs (Audincourt); dans la "“Saône-et-Loire (le Crensot); dans la Nièvre (Decize,
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(mphy, Guérigny, Fourchambault) ; dans le Cher (Bourges, Vierzon). — On fabrique des machines agricoles à Bourges et à Meaux.
Creil est un centre pour la faïence, et la porcelaine ; Baccarat pour la cristallerie ; Chauny et Varangéville pour les produits chimiques; St-Gobain et Chauny (Aisne) pour les glaces; Besançon pour l 'horlogerie; les vallées du Jura, autour de St-Claude, pour la tabletterie et les objets en écaille; la vallée du Morin pour la papeterie.
Parmi les industries alimentaires, il faut signaler les minoteries de Corbeil et de Gray, la charcuterie de Troyes, la confiserie de Lorraine (Nancy, Bar-le-Duc, Verdun), les vins de Champagne, les brasseries de Lorraine (Tantonville, Maxéville), les fromages de la Brie (Melun, Coulommiers, Meaux), des Vosges et du Jura.
Commebce. — Le commerce de la France, à la suite de crises répétées qui en ont ralenti l’activité, reste aujourd’hui plutôt stationnaire. Le commerce intérieur échappe à peu près à tout contrôle et ne peut être évalué d’une manière précise: on a calculé qu’il était au moins décuple du commerce extérieur. Le commerce extérieur qui sert à compléter les approvisionnements et à écouler le superflu de la production, comprend surtout, comme importation, les matières premières nécessaires à l’industrie, la houille, le fer, les matières textiles. L’exportation ne comprend guère que des produits fabriqués; elle est toujours inférieure à l’importation. Le commerce extérieur s’est chiffré en 1902 par 4416 millions de francs pour l’importation et 4237 millions pour l’exportation.
Plus des */s du commerce extérieur ont lieu par mer, mais les transports se font plus par la marine étrangère que par la marine française. Marseille et Nantes sont les seuls ports où la marine française ait un trafic supérieur; au Havre, elle n’a pas la moitié. Toutefois, depuis 1880, la marine marchande française semble vouloir se relever; en 20 ans, son tonnage a passé de 19000000 à 35692000 tonnes.
11 y a à l’intérieur de la France un réseau de voies navigables de plus de 13 500 kil., qui doit être prochainement étendu et amélioré; c’est dans le nord et l’est de la France qu’il y a le plus de canaux; il faut mentionner ceux de l’Ourcq (108 kil.), qui aboutit à Paris; de l’Aisne à la Marne (58 kil.); de l’Oise à l’Aisne (48 kil.); de la Haute-Seine (44 kil.); latéral à la Marne et de la Haute-Marne (140 kil.); latéral à l’Aisne (51 kil.); de St-Quentin (96 kil.), qui finit à Cambrai; de la Sambre à l’Oise (72 kil.); des Ardennes (188 kil.), qui va de l’Aisne à la Meuse; de la Marne au Rhin (320 kil., dont 210 en France); de Bourgogne (242 kil.), qui part de Laroche et finit à St-Jean-de-Losne; du Nivernais (174 kil.), qui part d’Auxerre et finit à Decize; du Loing (50 kil.), qui se bifurque à Montargis pour former les canaux de Briare (59 kil.) et d’Orléans (74 kil.); de l’Est (479 kil.); du Rhône au Rhin (363 kil., dont 190 en France); du
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Centre (116 kil.), de Chalon-sur-Saône à Digoin; de Roanne à Digoin (56 kil.); latéral à la Loire (206 kil.), qui aboutit à Digoin.
La France est couverte d’un réseau d’excellentes routes (environ 38000 kil.) et de bons chemins vicinaux, qui forment une longueur de 650 à 700000 kil. Les chemins de fer français atteignent en 1003 une étendue de 44 504 kil.
Le développement des postes et télégraphes s’accroît chaque jour; le nombre des bureaux de poste était en 1899 de 9830, et les objets transportés atteignaient le chiffre de 1908 millions en 1897; le nombre des bureaux télégraphiques était de 12786 et le chiffre des télégrammes de 48 millions en 1899.