‹ Le Nord-Est de la FranceChapitre 17 sur 270 · I. De Paris à Compiègne (St-Quentin, Namur, etc · texte numérisé non relu

I. De Paris à Compiègne (St-Quentin, Namur, etc

84 kil. Trajet en 1 h. 5 à 3 h. Prix : 9 fr. 40, 6 fr. 35, 4 fr. 15. — Billets d’excursion les dim. et fêtes, en été, pour Compiègne et Pierrefonds, aller et retour, avec faculté de passer par Villers - Cotterets (p. 24): 9 fr. 50, G fr. 40, 4 fr. 20. — Billets du même genre pour Chantilly, les jours d’ouverture gratuite du musée (v. ci-dessous): 6 fr. 15, 4 fr. 30, 2 fr. 80.

Les trains directs ne s'arrêtent pas aux stations de banlieue jusqu'à Chantilly et même au delà, deux rapides allant sans arrêt jusqu’à St-Quentin (154 kil., en 2 h. 4 et 2 h. 12). Détails sur la banlieue, v. Paris et ses environs, par Bædeker. Un peu au delà des fortifications, à dr., la ligne de Soissons, Laon, etc. (v. II. 4).

7 kil. St-Denis. On aperçoit à dr. la tour de son église moderne et plus loin la principale tour de sa basilique. On laisse ensuite à g. les lignes d’Amiens et du Tréport par Beauvais (v. le Nord- Ouest de la France). — 11 kil. Pierrefitte-Stains. A dr., le fort de Garches. — 15 kil. Villiers-le-Bel-Gonesse. — 20 kil. Goussainville. — 24 kil. Louvres. — 30 kil. Survüliers. Correspond. (1 fr.) pour Mortefontaine (7 kil.), où il y a un beau château et surtout un superbe parc, au duc de Gramont (s’adresser au gardien). Puis la forêt de'Coye.

— 36 kil. Orry- Coye. Plus loin, un viaduc de 39 m. de hauteur. A dr., dans le bas, sur le bord d’un étang, une petite construction goth. moderne dite le château de la Reine- Blanche. Ensuite, la forêt de Chantilly.

41 kil. Chantilly (hôt. : du Grand-Condé, d’Angleterre, etc.), ville de 4791 hab., où ont lieu des courses célèbres sur une pelouse près de la gare. Vers l'extrémité, à g., les e'curies monumentales des Coudés (xviii® s.), dont Chantilly était la résidence, et plus loin leur château et le parc. Le *château, magnifique édifice en partie moderne, dans le style de la Renaissance, légué par son dernier propriétaire, le duc d’Aumale (1822-1897), avec ses riches ^collections, à l’Institut de France, est ouvert aux visiteurs, du 16 avr. au 15 oct., les dim. et jeudi de 1 h. à 5 h., excepté les jours de courses. Pour les détails, v. Paris et ses environs.

De Chantilly a Crépy-en-Valois: 36 kil.; 1 h. ; 4 fr., 2 fr. 70, 1 fr. 80.

— Cet embranch. se détache à dr. de la grande ligne au delà du viaduc mentionné ci-dessous. — 13 kil. (5 e st.) Sentis (htt. du Grand-Cerf), la -civitas Sylvanectensium* des Romains, ville de 7115 hab. et chef-lieu d’arr. de l'Oise, sur la Nonette. L’anc. * cathédrale goth., des xu e -xvi e s., a un portail à bas-reliefs et à statues, deux tours carrées, dont l'une est surmontée d’une magnifique flèche (78 m. de haut.), etc. Près de là sont des restes de Yenceinte gallo-romaine et d’un château du moyen âge. A voir encore, les ane. églises St-Pierre (xvi® s.) et St-Frambourg (xn e s.) et l’anc. abbatiale de St- 1 ’ incent (xn e s.). — 36 kil. (18 e st.) Crépi/ -en -Valois (p. 23).

En quittant Chantilly, on traverse la vallée de la Nonette sur un viaduc de 444 m. de long et 22 m. de haut. Belle vue. A g., un beau château moderne des Rothschild. Puis une tranchée, dans les carrières de St-Maximin, qui fournissent depuis le moyen âge une excellente pierre à bâtir. On franchit l’Oise. A dr., encore un beau château neuf, aussi à un Rothschild. A g., la belle église de St-Leu-

COMPÏÈGNE.

De Paris

d’Esserent, la ligne de Paris par Pontoise et Beaumont, les forges et le bourg de Montataire (6752 hab.), dominés par une belle église des xn e et xm e s. et un château du xv e s.

51 kil. Creil (buffet: hôt.: du Chemin- de- Fer , du Commerce, rue de la Gare), ville bien située, mais peu intéressante, de 9125 hab., sur l’Oise, et l'une des stations les plus importantes du chemin de fer du Nord. Près de la gare, de grands ateliers de construction. Sur une place dans une île, à dr. au delà du pont tubulaire par lequeL on traverse la rivière, les ruines de St- Evremont , petite église canoniale du style de transition du xn e s., et quelques restes d’un château royal. Plus loin, à g. de la grand'rue, V église, des xn e -xv e s.

Lignes de Beauvais et d’Amirnj, etc., v. le Ford Ouest de la France.

Ou laisse à g. la ligne d’Amiens et remonte la rive dr. de l’Oise. — 53 kil. Villers-St-Paul. — 56 kil. Rieux- Angicourt ; à 2 kil , Angicourt, où il y a un sanatorium pour les phtisiques (216 lits).

62 kil. Pont-Ste- Maxence (hôt. du Chemin-de-Fer) , ville de 2615 hab., sur la rive g., près de la forêt d’Hallate. Elle a un beau pont de 1774-1785, dû à l’architecte Perronet, et une église remarquable des styles goth. et de la Renaissance.

A 1/4 d’h. au S.-E. , les restes très importants de l'abbaye de ifoncel , en partie du xiv e s., qu’on peut obtenir de visiter. — La forêt d'Ilallate, do 4000 hect. de superüeie, est traversée par une route qui mène à Senlis (12 kil. ; p. 3), en passant à Fleurines (6 kil.). Terrain accidenté. Belle vue du mont Pagnotte (220 m.), à g., à env. 3 kil. de Pont.

70 kil . Chevrier es. — 72 kil. Longueil-Ste- Marie , aussi sur la ligne de Verberie (6 kil.; p. 24) à Estrées- St- Denis (v. le Nord- Ouest). — 75 kil. Le Meux, où aboutit une ligne de Crépy-en- Valois (p. 23). — 79 kil. Jaux. On aperçoit de loin, à dr., Com piègne, la tour de son église St-Jacques et son hôtel de ville.

84 kil. Compiègne. — Hôtels : de la Cloche, à dr. de l’hôtel de ville, bon (50 ch. dep. 4 fr., rep. 1.25, 3 ou 4, 3.50 ou 5, v. c., p. 10 à 15, om. 50 c. à 1 fr.); de France, h g. de l’hôtel de ville, bon (eh. 2 fr. 50, b. et s. 50 c., dé. 3, dî. 3.50, v. c., p. 8.50, om. 50 c.); de la Corne - de - Cerf , rue de ce ■om, à dr. en arrivant à l’hôtel de ville (bonne table; dé. 2 fr. 50, dî. 3); de Flandre , près de la gare, à côté du pont; de la Gare, ruo d’Amiens, avec café (7 fr. 50 par jour; bonne table; dé. 2 fr. 50, dî. 3).

Cafés; de la Cloche , place de l’Hôtel - de -Ville ; plusieurs près de la gare, au commencement de la grand’rue. — Bon buffet à la gare.

Voitures de place: pour 1 ou 2 pers., course, 75 c. ; heure, 1 fr. 50; 3 pers., 1.10 et 2; 4 pers., 1.50 et 2.50; pour Pierrefonds (4 pers.) ou pour Champlieu, 12 à 20 fr., en faisant prix.

Poste et télégraphe, rue Napoléon, 5, près de l’hôtel de ville.

Eglise anglicane (St-André), avenue Thiers, 8.

Compiègne (Compendium en lat.) est une ville de 16503 hab., sur l’Oise, et un chef-lieu d’arr. du dép. de ce nom. Elle a été le séjour favori des souverains de France , et il s’y rattache de nombreux souvenirs historiques. Elle est surtout connue comme le lieu où Jeanne d’Arc fut faite prisonnière par les Bourguignons, en 1430.

La rue à dr. au sortir de la gare traverse l’Oise et conduit à l'hôtel de ville, du commencement du xvi e s. , dont la belle façade, décorée de statues, est surmontée d’un beffroi de 47 m. de hauteur,

à Pierrefonds. COMPÏÈGNE. 1. R. 1. 5

avec une horloge à jaquemart. La statue équestre en haut relief qui est au milieu représente Louis XII; elle est moderne, comme les autres, dans des niches. A dr. de l’hôtel, une porte de la Renaissance, de l’ancien arsenal. — Sur la place, une statue de Jeanne d’ Arc, bronze par Et. Leroux (1880).

L’hôtel de ville renferme un musée intéressant, formé par l’architecte Vivenel et légué à la ville en 1843. Il est public les dim. et jeudi do 2 h. à 5 h. et visible les autres jours (pourb.). L’entrée est à dr. au fond de la cour. Catal., 60 c. Conservateur, M. Blu.

Dans une petite pièce du bas, des sculptures , principalement un retable eu pierre, de la Henaissance. On monte de là au 1 er étage, et l’on tourne à g., dans un petit vestibule où sont quelques moulages. Ensuite une longue salle renfermant surtout des tableaux: 91, Papety , Un rêve de bonheur; 62, de Curzon , Ruines du temple de Jupiter; 23. Ph. de Champaigne (?), portr. de Descartes (?) ; 92, Papety , portr. de Vivenel; 68, Flandrin, Dans les bois; 25, Solimena , portr. d'homme; 75, Hillemacher , Joyeuse société; 17, A. Carrache, St François de Paule; 45, J. llaoux , (1677-1734), Concert de famille; 54, L. Boulanger , Mort de Bailly, anc. président de la Constituante et maire de Paris, guillotiné en 1793. Vitrines : vases (au milieu), petites antiquités, même égyptiennes, et petite collection géologique. Une statuette, 515, Corinna, copie do l'époque romaine du chef-d’œuvre de Silanion. — Salle suivante : petits tableaux, dont quelques bonnes toiles anciennes: 19, D. Seghers , la Vierge et l'Enfant Jésus; 8, le Pérugin (?), Vierge; sculptures, en particulier une statue de Job par Klaginann ; des antiquités et une petite collection d’oiseaux.

De l’autre côté de l’escalier, où l’on remarque encore une porte de sacristie du xv e s., toute découpée à jour, et quelques tableaux, dont une Kermesse, de Rombouts (n° 21), d’abord une piece où l'on a reconstitué le beau cabinet de travail de Vivenel, en chêne sculpté. — Ensuite une galerie qui renferme de beaux meubles en chêne sculpté et des objets d'art de toute sorte, surtout, à l’entrée, une table attribuée à Jean Goujon; a dr., un lit à baldaquin; à g., des bahuts, des dressoirs, des crédences, avec des grès, des faïences, des émaux et des verres. Il y a aussi une belle cheminée de la Renaissance, des armes, des dessins. A dr. à l'extrémité, une Passion, retable en albâtre du xiv e s. Au-dessus, 4 petits tableaux attr. à Wohlgemuth, des scènes de la vie de J.-C.

Les salles des mariages et du conseil de l'hôtel de ville renferment aussi quelques tableaux et deux tapisseries anciennes. — Enfin il y a à l’hôtel de ville une bibliothèque de 12000 volumes.

Un peu plus loin que l’hôtel de ville est l'église St-Jarques, du style ogival primitif, mais très défigurée au xv e s. Elle a sur la façade, du xv e s., une belle tour avec un dôme de la Renaissance, haute de 39 m. A l’intérieur, on remarque le revêtement du chœur, en marbre de couleur, de 1765, puis les boiseries, bien qu’aussi d’un autre style que l'église.

Le palais ou château de Compiègne, son édifice le plus considérable, mais non le plus beau, est situé un peu plus loin derrière St-Jacques. llaétéconstruitsousLouisXV,par Gabriel. L’empereur Nicolas II et l’impératrice de Russie y ont séjourné en sept. 1901. La façade du côté de la ville est précédée d’une double colonnade, formant une galerie de 43 m. de long et rappelant en grand celle du Palais-Royal de Paris. Pour l’autre façade, v. p. 7.

Ce palais est public tous les jours, de 10 h. à 5 h. en été et de 11 h. à 4 h. en hiver (oct.-mars). Les pièces principales contiennent

COMPÏEGNE.

De Pari»

une sorte de musée, particulièrement des tableaux appartenant à la collection du Louvre. On ne visite librement que le rez-de-chaussée et, au 1 er étage, la salle des Gardes et la salle des Huissiers; pour le reste, il faut être accompagné d’un gardien (pourb.).

Au rkz-dk-chausséb (vestiaire), le vestibule renferme des sculptures et quelques tableaux. Au bas de l’escalier et du côté dr. : sculptures, Mich. de l’Hôpital, par Gois, et d'Aguesseau, par Berruer ; Diogène, par Le Père: Femme et serpent, par Clésinger; Vénus aux cheveux d’or, par Arnaud; *Une heure de la nuit, par Pollet; quelques tableaux, enlre autres, 522, Coppel, Joas interrogé par Athalie. De l’autre côté de l’escalier: sculptures, la Belle Tarentaise, par Schaenetctri , Si Sébastien , par Gautherin ; tableaux: le Parmesan (?), Vierge; RomaneUi, Moïse sauvé des eaux; 142, Hue . Paysage avec ruines.

Dans l’escalier d’honneur: un sarcophage antique, en marbre blanc; des tableaux, un Hercule au repos, de IVcoîe de Ribera: le Mystère de la Passion, de Tinti ; un paysage de J’urpin de Crissé, une marine de Gudin ; deux torchères modernes en bronze par Dubois et Falgui'ere.

Premier Étage. — Salle des Gardes , dont on remarquera la décoration originale (pilastres et consoles): panoplies.

Salle de g., par rapport à l’entrée, dite salle des Huissiers: copies de peintures d 'Oudry et de Desportes. Une galerie en retour d'équerre du côté de la cour, toute garnie de gravures, conduit à une petite salle où sont des tapisseries reproduisant des scènes de chasse.

De l’autre côté de la salle des Gardes, une petite salle décorée de belles tapisseries des Gobelins d’après les Chambres de Raphaël. On voit, à côté d’une tribune, la modeste chapelle du palais; elle renferme de petits tableaux de maîtres italiens, dont on ne peut approcher. — Ensuite un vestibule, où sont deux tableaux en grisaille : à g., la Revue nocturne, par Dietz, d’après l’ode de Zedlitz; à dr., la Revue des ombres, par A’. Giraud, d’après Rafl'et. — A dr., la galerie des Fêtes, dont il sera question ci-dessous. — Dans les salles en face, 9 scènes de la vie de don Quichotte, par fiatoire , des modèles de tapisseries, et 5 vases de Sèvres. — Les petites salles donnant de. ce côté sur la cour d’honneur n’ont rien de bien intéressant: aquarelles de Viollet- le- Duc (salles des Tuileries), etc.; tapisseries dont les sujets sont tirés de la vie d’Esther, etc.

Galerie des Fêtes. Cette vaste salle est assez richement décorée, dans le style du premier empire. I.es peintures de la voûte sont de Girodet. A l’entrée, une statue de Lætitia, mère de Napoléon 1 er , et à l’extrémité celle de Napoléon lui -même, toutes deux par Canota. Au mur en face des fenêtres, des tableaux: 119, J. Vernet, le Matin sur terre; au-dessous, 174, école de Rubens, le Retour de Diane; 153, attr. à Alanfredi , Judith; 155, Romanelli, Moïse défendant les filles de. Jéthro; 151. Lucatelli, paysage; 173, Rubens, Tète d’ent'ant; 68, 69, Lancret , Bergère endormie. Berger et bergère ; 142, Ann. Carrache, portr. d’homme ; 148, L. Giordano, Présentation de J.-C. au temple; 172, Rembrandt, le Christ à Emuiaiis (peint vers 1660); 55, Gros, portr. équestre du général Bonaparte; 181, 180, école flamande. Embarquement d’Enée après la prise de Troie. Mariage de la Vierge; 109, Steuben, Mercure endormant Argus; 159, Trevisani, Vierge 160, Alex. Véronèse (Turchi), Mariage mystique de Ste Catherine; 161, école milanaise, Vierge; 162, école génoise, portr. d’homme; 166, Franck le J., Allégorie à la Fortune; 118, J. Vernet, le Coup de vent.

Les 3 salles suiv. contiennent aussi des tableaux. Dans la l re (salon desStucs): Combat de cerfs et Mort du cerf, par Afartinus ; le Matin et le Soir à la mer, par J. Vernet. Au milieu, un jeu d’échecs de Napoléon I er . Dans la 2 e et la 3 e salle, 31 scènes de la vie de don Quichotte, par Ch. Coypel ou d’après lui (modèles de tapisseries), et d’autres tableaux; dans la 3 e : 104, J. -N. Robert- Fleury, Scène delà St-Barthélemy ; 59, Hubert Robert, paysage; 1, Ac/iard, id.; 115, J. Vernet, le Midi; 185, Lontherboury , Choc de cavalerie; 60, Jollivet, Lara (Byron); 45, Dauzats, le Couvent de Ste-Catherine au mont Sinaï.

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