II. De Compiègne à Pierrefonds (Villers-Cotterets
17 kil, ; 25 à 35 min. ; 1 fr. 90, 1 fr. 30, 85 c. — Billets de Paris , v. p. 3. — De Compiègne à Villers-Cotterets: 37 kil.; 1 h.; 4 fr. 15, 2 fr. 80, 1 fr. 80.
Cette ligne franchit l’Oise en amont de la ville et traverse la forêt au N. et à l’E. A dr. , le mont du Tremble et les Beaux- Monts, des buts de promenade de Compiègne (v. ci-dessus). — 7 kil. Rethondes. A g., la ligne de Soissons ; puis le mont St-Marc (131 m.), qui offre les plus beaux points de vue de la forêt: on y monte de la station suivante. — il kil. Vieux - Moulin (hôtelsrest.), village dans un beau site et rendez-vous de peintres.
A env. 2 kil. à l’O. se trouvent les ruines peu considérables de St- Corneille, un anc. prieuré du xn e s. — On va de Vieux-Moulin en 1 h. 1/2
PIERREFONDS
à Pierrefonds par la forêt, en prenant le premier chemin qui traverse la voie au delà de la station, puis celui qui la longe à g. fv. la carte). Ce chemin rejoint la route de Compiègne non loin de St-Pierre-en-Chastre, hameau à 4 kil. de Pierrefonds, où se voient dès ruines d'une église du xiv e s. Les Romains y ont eu un camp, de là son surnom de «en Chastre» (in Castra). De l'autre côté, à l’E., sont les étangs de St-Pierre, dans un joli site, avec un ancien rendez-vous de chasse.
Le ch. de fer passe plus loin, à g., près de St-Pierre-en-Chastre (v. ci-dessus), puis traverse le chemin de Compiègne et une profonde tranchée, à l’extrémité d’une colline. A g., en arrivant, le château de Pierrefonds, le lac et, au delà, l’établissement de bains.
Le chemin direct de Compiègne à Pierrefonds (14 kil.) est peu intéressant. Il prend à g. à l’extrémité de la grand'rue et traverse la forêt à peu près en ligne droite. Il passe à env. 1200 m. de St-Corneille (p. 8), au coude qu’il fait près de la faisanderie, à moins de 2 kil. de la ville. Mais il est aisé de faire une belle excursion en allant de Compiègne à Pierrefonds à travers la forêt soit au N. (18 kil.) par les Beaux-Monts, le Vivier Frère- Robert, Vieux-Moulin (v. p. 8) et les étangs de St-Pierre, soit au S. (16 kil.), par la Brevière, l’étang de Ste-Périne , St-Jean-aux-Bois et le chemin des Plaideurs. Le village de St-Jean-aux-Bois (aub.) eut jadis un prieuré, dont il reste l'église, du style de transition, et un cloître roman.
Pierrefonds. — Hôtels: des Bains, à l'établissement (40 ch., rep. 1 fr. 25, 3.50 et 4.50, pens. dep. 12. om. 50 c.); des Etrangers, en face du château, près de la gare et du lac (dé. 3 fr. , dî. 3.50); des Ruines, rue Carnot, près du château (40 ch. à 3 fr., rep. 75 e., 3 et 3.50, pens. 9); de V Enfer, rue Viollet-le-Duc (dé.2fr. 50, dî. 2.75, pens. 6). — Café-rest. du Lac, en faee du lac (dé. 2 fr. 50, dî. 3). — Etablissement de bains : bain sulfureux complet, 2 fr. 15; douche, 3 fr. 35, 50c. de moins sans le linge ; douche ascendante, 85 c.: séance de respiration, 1 fr. 60; douche pharyngienne, 1 fr. 10; buvette, 10 c. le verre, 5 fr. pour un mois, 3 fr. pour 15 jours, etc.
Pierrefonds est un bourg pittoresque de 1729 hab., dans un site charmant, au bord d’un petit lac, et célèbre par son magnifique château. Il possède de plus deux sources d’enwa: mine'rales, l’une sulfurée-calcique froide, dans le genre de celle d’Enghien, et l’autre ferrugineuse.
Le **chateau, sur une éminence escarpée à l’O. , au-dessus du bourg, est un édifice imposant, avec ses huit tours rondes à mâchicoulis , de 35 m. de haut et dont les murs ont jusqu’à 5 et 6 m. d’épaisseur. Il’ a été bâti à partir de 1390, par Louis 1 er d’Orléans, le frère ambitieux et fastueux du roi Charles VI et l’aïeul de Louis XII et de François I er . C’était un des plus forts et des plus remarquables de cette époque, un modèle de forteresse de la fin du régime féodal, dont l’artillerie devait seule avoir raison. Il fut assiégé quatre fois par les troupes royales et démantelé en 1617. Vendu sous la Révolution, il a été acheté pour l’Etat par Napoléon I er et parfaitement restauré par Viollet-le-Duc à partir de 1858, mais ses boulevards et ses ouvrages extérieurs n’ont pas été tous rétablis. Il est visible tous les jours, de 10 h. à 5 h. en été et de midi à 4 h. en hiver. L’entrée est au S. On monte pour y arriver la rue Carnot, à 'g. de l’hôtel de ville, près des bains. Si l’on est pressé, monter ensuite à dr. jusqu’à la 2 e porte. Par la première, où est l’écriteau, on voit mieux l’extérieur du château, mais ou fait
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un assez long détour. 11 y a deux ponts fixes et un pont-levis à traverser, à g. des deux plus grosses tours, que précèdent une petite esplanade, dite «les grandes lices», et le châtelet.
En arrivant dans la cour (gardien à g.), où l’on peut se promener librement, on a à dr. le donjon, la partie principale et la demeure du châtelain, pourvu de ses propres défenses et qui pouvait s’isoler du reste. 11 comprend à l'extérieur les deux tours principales, flanquées de leurs guettes, d’où l’on surveillait toute la contrée, et à l’intérieur une tour carrée qui en protège l’entrée. Le rez-de-chaussée du long bâtiment de g., qu’on fait visiter en dernier lieu, était la salle des Gardes; on n’y entrait que par la porte à côté du corps de garde, où demeure le gardien, et il était isolé des défenses, où les hommes d’armes, des mercenaires convoqués accidentellement, ne pouvaient aller que sous la conduite de leurs chefs. Ils en occupaient encore le sous-sol, qui forme deux étages ayant vue du côté du bourg. Audessus du rez-de-chaussée est la grand’ salle, où le châtelain rendait la justice, donnait des fêtes, tenait des assemblées et réunissait au besoin les capitaines de la garnison. Elle communique pour cette raison avec le donjon par des galeries aboutissant à chaque extrémité et avec les défenses par des escaliers dans les tours voisines. On remarquera les sculptures de la galerie extérieure de la salle des Gardes.
Devant. le perron du bâtiment du fond, où logeaient les officiers, se voit la statue équestre de Louis d'Orléans, bronze moderne par Frémiet. Le perron lui-même est décoré d’une façon originale de quatre animaux chimériques. A dr. est l’entrée de la chapelle, du style gothique. Elle a un beau portail surmonté d’une rose, et est couronnée par un St Michel en cuivre repoussé. L’intérieur, qui du reste est vide, est en partie dans une tour, et il y a audessus de l’emplacement de l’autel une tribune sur une voûte très élevée, où des hommes d’armes se tenaient pour faire le guet, tout en assistant aux offices. Sur les côtés de la nef sont d’autres tribunes, celle du châtelain la l re à dr. en venant du donjon. Enfin entre la chapelle et le donjon se trouve une petite cour , sans autre communication avec tout le château que par une poterne que fermait une herse, et avec le dehors que par une poterne à 10 m. du pied de la muraille, par où l’on hissait les provisions. On remarquera que les courtines ont deux chemins de ronde, le premier à mâchicoulis, créneaux et meurtrières, le second, au-dessus, seulement à créneaux et meurtrières. Les tours ont deux étages du même genre, plus un parapet crénelé autour des combles.
Le gardien conduit d’abord les visiteurs dans le donjon, qui est décoré de peintures à fresque dans le style de l’époque, et où l’on remarquera en particulier des cheminées monumentales et de belles boiseries. Au 1 er étage, un corps de garde, une salle de réception, le cabinet et la chambre du seigneur. On a rétabli dans cette dernière la ruelle du lit, où des gardes se tenaient la nuit. Au 2 e étage, où l’on arrive en passant au-dessus de l’entrée du château par la courtine (belle vue), la salle des chevaliers de la Table ronde, qui a une belle voûte. — Les per-
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sonnes qui le désirent montent de là au sommet de la guette ou tourelle voisine de l'entrée du château. L’escalier est assez incommode, surtout pour redescendre, et il y a 190 marches. Au-dessus de la snlle précédente était l'arsenal (70 marches). Vue très étendue du sommet, mais un peu uniforme.
Ensuite on visite la grand' faite ou faite det Pr eûtes , au-dessus de celle des Gardes. Elle a 52 m. de long sur 9 m. 50 de large. Il y a à l’entrée des statues de Charlemagne, Roland, Turpin, Guillaume d’Orange et Olivier de Clisson. Au-dessus du vestibule, une tribune destinée aux musiciens. Au fond, l’estrade du seigneur, devant une double cheminé» décorée des statues des 9 <preuses< des romans du moyen âge : Sémiramis, Déifemme, i.ampédo, Hippolyte, Déipliile, Thamyris,Tanqua, Ménélippe et Penthésilée. Arrivé à l’extrémité de cette salle, on descend par un escalier double (2 escaliers superposés) a la salle des Gardes, qui contient des débris du château avant la restauration.
V établissement de bains, qui est peu considérable, est au bord du lac du côté du château. Il a un beau petit parc ouvert au public. A l’entrée est l’hôtel des Bains, avec un restaurant et un petit casino. Plus loin, les bains et les sources, à l’extrémité du lac.
L 'église, à côté du parc, est un édifice peu remarquable, à deux nefs, des xi e et xiv e -xvi e s., mais avec une belle tour achevée en 155*2. Il y a dans la propriété voisine des restes d’un prieuré.
La forêt de Compiègne est naturellement la principale promenade des environs de Pierrefonds; v. p. 8 et la carte. Après St-Pierre-en-Chastre (p. 9), on y pourra encore visiter Ht- Jean -aux- Bois à env. 6 kil. à l’O. (v. p. 9). — Champlieu, y. p. 24.
Suite de la lione de Villers-Cottkrets. — Au delà de Pierrefonds, le chemin de fer longe quelque temps la forêt à l’E. — ‘20 kil. Paterne (arrêt). Viaduc, haut remblai et tranchée; la voie monte pour atteindre une plaine. — 23 kil. Morienval. Le village de ce nom, à 3 kil. à dr. ou au S. -O., a une église remarquable, surtout par ses trois tours romanes , à la façade et au transept. Champlieu (p. 24) est 8 kil. plus loin, à l’O. — Ensuite alternativement la plaine et des bois qui se rattachent à la forêt de Villers- Cotterets. Belles vues à dr. Arrêt de Bonneuil. — 29 kil. Erneville. A 3 kil. au S.-O., Vez, qui a un curieux château fort des xni e et xiv e s., qu’on peut visiter. — 33 kil. Haramont. — 35 kil. Villers- Cutterets, halte au N. de la ville. On rejoint à g. la ligne de Soissons, — 37 kil. Villers-Cotterets (p. 24).