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TT I

Grave et imprime par Wagner t nebes, Leipiig

MOULINS

d Lyon.

59 kil. Moulins (buffet). — Hôtels: du Dauphin (pl. b, B3), place d' Allier (ch. 3 fr., s. et b. 1 fr., rep. 1.95, 3 et 3.50, om. 1 fr.); de Paris (pl. a, B 2), rue de Paris, 21 (28 ch. dep. 2 fr. 50, 1 er dé. 1, dé. oii dî. 3, om. 50 c.); de l'Ailier (pl. c, B 3), même place (ch. t. c. 2 à 5 fr., dé. 1 et 3, dî. 3, om. 30 et 50 c.). — Cafés, place d’Allier.

Poste et télégraphe (pl. R3), place de la Bibliothèque, 2.

Banques : Banque de France , place de la République, 9 (devant la gare); Crédit Lyonnais , place d’Allier; Société Générale , houl. Choisy, 1.

Bains, place d’Allier, 53, à l’entrée de la rue du Pont.

Moulins (222 m.) est une ville de 22340 hab. et le chef-lieu du départ, de l 'Allier. Elle est d’origine peu ancienne et elle n’a joué un certain rôle, comme capitale du Bourbonnais, que de 1368 à 1527, année où le duché fut confisqué par B'rançois I er , par suite de la trahison du connétable de Bourbon, passé au servico de Charles-Quint.

A la gare, à dr., la place de la République (pl. C 4), transformée en jardin, avec une s'atue de Théod. de Banville (1823-1891), le poète, bronze par Coulon. Une belle avenue de platanes conduit de là vers le centre de la ville. A g., le théâtre (pl. B 3); prendre à dr. le bout, du Théâtre, auquel font suite le boul. Choisy et le boul. de la Préfecture, qui tourne à g. pour aboutir à la rue de Paris.

A l’entrée de cette rue, à dr., se trouve le palais de justice (pl. B 2), ancien collège des jésuites, qui renferme le musée départemental, public le 1 er jeudi et le 3 e dim. de chaque mois de 2 h. à 4 h., mais visible tous les jours. Ce musée contient surtout des antiquités recueillies dans le pays. Il y a un catalogue (1 fr.) de 1885, avec un supplément (1 fr. 50) de 1896. Conservateur, M. Bertrand.

Vestibule: collection lapidaire, sculptures de l’époque gallo-romaine, du moyen âge et de la Renaissance, notamment un Christ bénissant du xn e s (88); à voir aussi une garniture de poêle en forme de vase (terre cuite), du xviu e s. — Escalier: trois belles tapisseries du xvi e s. (48); antiquités du moyen âge, notamment une statuette de la Vierge (156) et une autre de Ste Barbe, du xv e s. (157). — 1 er étage, l re salle : moulages des tombeaux de Souvigny (p. 332) ; peintures gothiques sur bois du xv e s. (école flamande), relatives à la vie de J.-C., de St Etienne et de St Antoine ; châsse de St Laurent (xvi e s.); vitrino de céramique. — 2 e salle: suite des antiquités; vitrines E-F, pierres éclatées et polies; vitrine U, statuettes gallo romaines, surtout des moules, un Ironc-tirelire; vitrine I, émaux cloisonnés, surtout un bassin du xn e s., de Limoges (174), Ivoires; vitrine S, faïences italiennes, albâtres de Lagny du xvn e s.; vitrine R, faïences de Moulins; vitrine L, beau collier gallo-romain (38) ; vitrine M, faïences de Nevers; vitrine N, une Vierge en marbre blanc du xvi e s. (418); vitrine Q (partie supérieure), ‘Vierge en marbre noir du xv e s.

A quelques pas plus loin dans la rue de Paris, à g., le lycée Banville (pl. A B 2), bâti sur l’emplacement d’un couvent de visitaudines, dont il reste la chapelle, de 1650. On devra y entrer (s’adresser au concierge, 25 c. pour 1 personne, 50 c. pour 2 pers. et plus) pour voir le *mausolée du duc Henri II de Montmorency, décapité pour trahison à Toulouse en 1632. Il lui a été érigé par sa veuve, la princesse des Ursins, qui repose près de lui. Le plan, dans le style théâtral de l’époque, est de Fr. Anguier, qui y travailla aussi comme sculpteur avec Reguaudin (de Moulins) et Thibaut Poissant.

Au milieu, sur un sarcophage en marbre noir, est la statue en marbre blanc du défunt à demi couché, ayant près de lui une magnifique statue

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De Nevers

de sa femme (ajoutée pins tard), assise dans l'attitude de la douleur. Sur les côtés, d’autres statues: à g., Hercule; à dr., la Charité. Le fond, aussi en marbres noir et blanc, présente quatre colonnes, entre lesquelles sont trois niches, celle du milieu avec une urne que deux anges entourent d'une guirlande de fleurs, les autres avec des statues de Mars et de la Religion (par Regnaudin). Au-dessus, un beau fronton et les armes des Montmorency, tenues par des Génies.

Au maître-autel, la Vierge au temple, de P. de Cortone. Dans l’anc. chœur des religieuses, en face du mausolée, au plafond, des peintures attr. à Xesweur, nouvellement restaurées.

En sortant du lycée on revient sur ses pas et retraverse la place de Paris, au fond de laquelle on prend la rue des Fausses-Brayes. qui débouche sur l’esplanade de l’ancien château des ducs de Bourbon. Il n’en reste plus qu’un donjon carré du xiv e s., dit la four Mal-Coiffée, qui sert de prison, et à dr. les bâtiments moins anciens mais fort élégants du pavillon d'Anne de Beaujeu, qui sert de gendarmerie.

En repassant par la rue de Paris, ou pourra voir au n°7 la vieille porte de l’hôtel de la Ferronaye et on débouchera devant le chevet de la cathédrale.

La cathédrale, Notre-Dame (pl. B 3), comprend en guise de choeur l’ancienne chapelle du château (v. ci-dessus), bâtie de 1465 à 1507 dans un style fort riche avec bas côtés et chapelles rayonnantes, et restaurée depuis 1885. A cette chapelle a été maladroitement accolée une nef moderne d'élévation moindre et de style gothique primitif, qui produit une fâcheuse disparate. La façade a deux belles tours avec flèches en pierre d’une hauteur de 95 m. L’architecte, Millet (travaillant sur les plans de Viollet-le-Duc), y a fait, à l’imitation de plusieurs églises d’Auvergne, un mélange de pierre noire (lave) et de pierre blanche.

La partie la plus belle à l’intérieur est naturellement le «ehosur*: on y remarque d’abord de beaux vitraux des xv e et xvi e s., ensuite une jolie tourelle d’escalier, à dr. et dans la chapelle voisine, du même côté, un petit monument funèbre de 1667, représentant un cadavre dévoré par les vers, enfin à g., près de la petite entrée du chevet, une Ste Agathe en bois et un St Christophe du xvi e s. Au maître-autel, un baldaquin moderne de mauvais goût en bois doré, et dans une sorte de crypte derrière cet autel un St Sépulcre de la fin du xv c s.; la chapelle haute audessus contient une Vierge noire (xn e ou xm e s.). La principale curiosité artistique de cette église est un célèbre *triptyque , placé dans la sacristie des chanoines, à g. de l’entrée du chœur (s’adresser à la sacristie, et, en i as d’absence, au n° 7 de la rue de Paris). Ce grand et magnifique triptyque, attr. à Jean Perréal, mais un peu restauré, représente à l’extérieur l’Annonciation (grisaille) et à l’intérieur la Vierge et l’enfant Jésus, entourés d’anges, d'une délicatesse d’expression infinie, avec les donateurs, Pierre II de Bourbon (m. 1503) et Anne de France ou de Beaujeu, sa femme (m. 1522), présentés par leurs patrons. Dans la sacristie aussi, une Vierge du xvm c s., provenant de l’abbaye de Sepl-Fonds.

Derrière la cathédrale, se voit une ancienne halle, avec arcades, et à côté, rue François-Péron, 24, le Doyenné (pl. B3), belle maison en pierre, de la fin du xv e s., dont on peut visiter la cour, la plus belle du vieux Moulins.

La rue François-Péron aboutit*à la place de l’Iïôtel-de-Ville, où se voit d’abord la tour de l' Horloge (pl. 4, B 3), beffroi carré de 1455,

MOULINS

à Lyon.

dont, la belle galerie, surmontée d’une lanterne, a été refaite au xvn e s. Il y a dans le haut un jaquemart. Les petites rues derrière la tour ont encore de vieilles maisons curieuses, notamment les rues des Orfèvres, Grenier (n° 2, du xv e s.) et de l'Ancien- Palais (n° 3).

L 'hôtel de ville (pl. B 3), sur la place de ce nom, renferme un petit musée et la bibliothèque.

Le musée, visible tous les jours, se compose de quelques tableaux placés dans la salle du conseil municipal: 1, 11. Kernel, Prêtre arménien ; 10, Wynants (?), paysage; s. n°, te. de Watteau , Comédie italienne; 25, te. de Rubens, Tète de vieillard; 34, tan Balen, Naissance de Racchus; s. n°, if. IJesboulint (des environs), porlr. de femme; 64, te. siamoise, Crucifixion.

La bibliothèque, ouverte les jours non fériés de midi à 4 h., sauf pendant les vacances du lycée, se compose de 28500 volumes. Elle renferme la célèbre *bible de Sourigny, magnifique manuscrit portant la date de 1115 et contenant 122 miniatures, probablement de l’école limousine: on peut toujours la voir en même temps que le musée.

Derrière l’hôtel de ville se trouve la place de la Bibliothèque, avec l'hôtel des postes et télégraphes. Prendre à dr. la rue Voltaire qui aboutit à la rue d’Allier, la plus commerçante de Moulins. On y remarque plusieurs maisons anciennes, notamment les n os 71 ( hôtel Moret, du xiv e s.; pl. 1, B 3) et 57.

La rue d’Allier conduit à la pla.ee d’Allier (pl. A B 3), de forme oblongue, au bout de laquelle s’élève depuis 1902 le monument des soldats morts en 1870 (pl. 2), par Coulon et Besson.

Au fond de la place se trouve I’églisk nu Sacré-Cœur (pl. A 3), bel édifice construit dans le style goth. primitif, sur les plans de Lassus (1850), avec deux flèches en pierre de 55 m. L’extérieur est d’une ornementation un peu maigre, l’intérieur est plus remarquable. Il y a trois nefs et un transept, avec un seul portail latéral et des tribunes au-dessous des roses. Vitraux par Lobin.

La rue Régemorte, la seconde à g. de la façade, conduit au beau pont qui traverse l’Ailier, de 1750, par l’ingénieur de Régemorte.

En revenant par le boulevard Ledru-Rollin, à dr. en sortant du pont, puis par la rue de Lyon, on verra encore Y église St-Pierre (pl. B 4), à une seule nef et sans transept, en partie du style goth. du xv e s., avec une tour récemment restaurée. A l’intérieur, belle tribune des orgues et au-dessus du banc d’œuvre, un Calvaire, tableau flamand du xvi e s. — La rue de l’Oiseau ramène de là à dr. au boulevard de Courtais qui mène à g. dans la direction de la gare.

A 2 kil. à l’E. de Moulins (tramw. projeté), en passant sous le ch. de fer au delà de la gare du côté de Nevers, puis près du couvent actuel de la Visitation et du pensionnat du Sacré-Cœur, se trouve Yxeure (v. pl.C3) ou heure, gros village de 5960 hab. qui a une belle tglise du style roman bourguignon du xn e s., avec chapelles du xiv e s. Elle dépendait jadis d’un couvent fondé au ix® s. Elle a une crypte carolingienne, restaurée en 1897, des fresques du xivC g., «ux voûtes ; des boiseries du xvn e s., une Vierge en pierre du xv e s., en face de la chaire, des tableaux de valeur, etc. Cette église est précédée d’une place qui a servi de cimetière. Derrière, une école de filles dépendant de l'assistance publique de Paris, anc. séminaire dirigé par les jésuites, qui, depuis leur expulsion (1880), ont fondé à 1 kil. le collige de Bellevue.

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