SOISSONS
départ, de la Seine», a été reconstruit plusieurs fois et n’a plus guère d’ancien et de remarquable que le bâtiment au fond de la première cour, ses deux escaliers, ornés de sculptures, et surtout l’anc. chapelle (dortoir), qui ont été construits sous François I er , à partir de 1532. On peut obtenir de les visiter. En passant à dr. ou à g. de l’édiflce, on arrive à une promenade et une pelouse à l’entrée de la forêt de Villers - Cotterets , qui a 12 500 hect. de superficie et qui entoure la ville de tous les côtés, sauf à l’O. , dans la direction de Largny. Elle est sillonnée de nombreux chemins qui permettent d’y faire d’agréables promenades, par ex., au N.-E., vers Longpont (v. ci-dessous).
Ligne de Compiègne par Pierre/ondt , v. p. 8-11. — Embranch. de 14 kil. sur la Fer té- Milan (p. 35), par la forêt de Villers-Cotterets.
Plus loin encore la forêt. — 90 kil. Longpont (hôtels), petit village à 10 min. à g., où il y a des restes d’une abbaye cistercienne du xn e s. Les parties principales, du xm e et du xvn e s., sont transformées en église et en château, et ce dernier renferme des collections qu’on peut obtenir de visiter. On en remarque encore une anc. porte fortifiée, du xvm e s.
94 kil. Vierzy. Puis un tunnel de 1400 m. — 100 kil. Berzy. Ensuite, à g., la ligne de Compiègne à Soissons.
105 kil. Soissons. — hôtels: du Lion-Rouge , rue St-Martin, 57 (cb. 3 à fi fr., rep. 1.25 à 1.50, 3 et 3.50, oui. 50 e. av. bag.); de la Croix-d' Or, rue St-Christophe, au delà de la cathédrale; du Soleil-d'Or, à l’entrée de la ville. — Café du Commerce , rue de la Buerie, près de la cathédrale. — Buffet avec chambres à la gare ; dé. 2 fr. 25 et 3, dî. 2.25, 3 et 3.50, repas à 1.50. — Poste et télégraphe, rue St-Martin, 42. — Voitures le place: course en ville, l ou 2 pers. , 75 c.; 3 p., 1 fr. 10; 4 p., 1.50; hors de l’octroi et à l’heure, 1.50, 2 et 2.50.
Soissons, anc. place forte dont les ouvrages sont rasés, est maintenant une ville paisible de 13240 hab., siège d’un évêché et cheflieu d’arr. de l’Aisne, sur ia rive g. de l’Aisne, à env. 1 kil. à g. du chemin de fer. Elle est le centre d’un grand commerce de blé pour Paris. Ses haricots sont renommés.
Déjà puissante du temps de César, comme capitale des Suessiont, cette ville fut illustrée par la victoire de Clovis sur le gouverneur romain Syagrius, en 486. Elle devint en 511 la capitale du royaume de Neustrie ou de Soissons et fut par conséquent le berceau de la monarchie franque. Childéric III, le dernier des Mérovingiens, y fut déposé en 752 et Pépin le Bref proclamé son successeur. Les Carolingiens y furent à leur tour supplantés par les Capétiens à la suite de la défaite de Charles III, le Simple, en 923, et de la prise de Soissons en 948, par Hugues le Grand, duc de nie de France et père de Hugues Capet, qui devint roi en 987. Il n’y eut plus dès lors qu’un comté de Soissons, dont une partie passa à la couronne au xvi e s. et le reste à une branche cadette de la maison de Bourbon. La ville eut encore de nombreux sièges à soutenir, surtout au xv° s. Ce fut une barrière insuffisante pour empêcher les alliés de traverser l’Aisne en 1814 et en 1815, et les Allemands s’en emparèrent de nouveau après trois jours d’un terrible bombardement en 1870.
Dans le faubourg où est la gare, à dr., Ste- Eugénie , une église moderne à dôme. L’avenue qui part de la gare conduit à la place de la République (à g., un beau jardin d’horticulture, visible seule-
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nient sur demande), où s’élève le monument érigé en 1901 aux instituteurs Debordeaux et Poulette et aux autres citoyens fusillés par les Allemands à la suite du siège de 1870; ce monument est dû au sculpteur Hiolin et à l’architecte Guilbert. Là commence la rue. St-Martin, qui se prolonge sous les noms de rues du Commerce et de la Congrégation vers l’hôtel de ville (p. 27).
La rue Thiers, à g. de la place de la République, puis la rue Carnot amènent par un détour au * portail St- Jean- des -Vignes, qui a déjà attiré de loin l’attention, et forme la partie principale des ruines d’une abbaye fort puissante au moyen âge, où Thomas Becket vécut neuf ans. C’est une magnifique façade dans le style du xm e s., flanquée de deux belles tours des xv e et xvi e s., mesurant, avec leurs flèches, 70 et 75 m. de hauteur. Les ruines sont dans un enclos occupé par la manutention militaire, mais on peut les visiter en le demandant. Il y a encore quelques restes de cloîtres et une salle qui fut le réfectoire; on peut faire l’ascension des tours (50 c.).
La rue St-Jean-des- Vignes, puis à g. la rue de Panleu, qui borde le Grand- Séminaire, conduisent à la "’cathédbale, Notre-Dame, belle église gothique des xn e et xm e s., avec quelques parties romanes. Sa façade, flanquée d’une tour de 66 m. de haut, est assez simple; on y remarque surtout la rose, la galerie qui la surmonte et les riches sculptures de la tour.
L'intérieur, restaure", présente d’abord une *ntf de toute beauté, avec triforium et doubles fenêtres surmontées chacune d’une rosace. A l’entrée, deux belles statues tombales d’abbesses, du xvn e s. Dans la l re cliap. de dr., un beau vitrail moderue par Didron. Du côté gauche, une double chapelle goth. ajoutée plus tard à l’église. Le ‘transept, aussi à trois nefs, formerait à lui seul une charmante église, dont le chœur serait au croisillon S. ou de dr. , la partie la plus ancienne (xii e s.), moins élevée et qui se termine en hémicycle, avec pourtour, tribunes, triforium et chapelle à deux étages à l'E. Le croisillon N. formerait alors la nef, avec son mur droit à l'extrémité, percé d’une belle rose, au-dessus de deux rangs de jolies fenêtres à vitraux modernes. Il n’y a pas de porte dans ce mur, qui touchait à des bâtiments, mais il y en a une belle sur le côté, à l'E. Dans le même croisillon, un bel autel moderne et une Adoration des bergers attribuée à Rubens. Le chœur, terminé en 1212, a encore au chevet de beaux vitraux de l’époque. Le pourtour du choeur présente du côté g. une curieuse armoire en bois à médaillons et un beau tombeau d’évêque en marbre, par Foyatier (1852); puis trois petites chapelles absidales avec des vitraux du xm e s. et une porte de sacristie du style de la Renaissance. A mentionner encore un fragment de tapisserie du xv® s., dans le bas-coté g., et deux statues tombales d’abbesses, à dr. et à g. de l’entrée. La sacristie renferme un assez riche trésor, qu’on peut visiter (pourb.). On peut aussi faire l’ascension de la tour.
A dr. au delà de l’église, une maison de la Renaissance, vue de la Buerie, 10. A la suite de cette rue prend celle des Cordeliers, qui se prolonge vers la Grande- Place. Entre les deux, la principale artère transversale de la ville: à g., rue St -Christophe; à dr., rue du Collège. Dans cette dernière, à g., la belle forte du collige , qui date du xiv e s.
La Grande-Place, où est le théâtre, a une jolie fontaine , avec ’ une Ondine en bronze et quatre Génies, par Blanchard. Les rues au fond de cette place mènent vers St-Léger et l’hôtel de ville.
à Laon.