De Paris à Châlons-sur-Marne (Nancy
(Paris-Strasbourg.)
173 kil. Chemin de fer de l’Est. Gare, voir le plan p. 1 (C24). Trajet en 2 b. 9 à 5 h. 7. Prix : 19 fr. 50, 13 fr. 20, 8 fr. 55.
De Parie à Nancy: 353 kil. ; 5 h. 12 à 9 h. 85; 39 fr. 65, 26.80, 17.50. - De Parie à Straebourg : 503 kil., chemin de fer d’Alsace-Lorraine à partir d’Avricourt (p. 142), trajet d’env. 8 à 13 h. , en décomptant la dillérence d’heure à la frontière (55 min. d’avance). Prix : 56 fr. 80, 38 fr. 70, 24 fr. 35. Billets mixtes, c.-à-d. i re cl. jusqu’à la frontière et 2 e cl. de là jusqu’à destination, 53 fr. 70. Les secondes allemandes sont à peu près comme les premières françaises.
Nota. Le train le plus rapide est l 'express d' Orient , le soir, composé d’un nombre restreint de wagons-lits et de wagons-restaurants avec salons. Il prend des voyageurs pour toutes les stations où il s’arrête, mais seulement autant qu’il y a de la place. Les prix sont ceux des express ordinaires augmentés de 5 fr. 35 jusqu’à Chàlons - sur - Marne , 11 fr. jusqu’à Nancy, 12 fr. 80 jusqu’à Avricourt et 15 fr. 10 jusqu’à Strasbourg. Dîner, 6 fr., vin non compris. — Wagons de luxe à d’autres trains, y compris des wagons à couloir avec water-closet et lavabo, v. l’Indicateur, aux renseignements généraux, après la carte du réseau de l'Est, et le tableau de la ligne de Nancy et Strasbourg.
Jusqu’à Epernay (142 kil.), v. p. 32-35 et 37-39. A dr. , les riches maisons mentionnées p. 39. — 148 kil. Oiry- Mareuil, où s’embranche la ligne de Fère- Champenoise (p. 40). — 155 kil. Athis. — 159 kil. Jalons-les- Vignes, à dr. Beau clocher roman en bâtière.
A env. 5 kil. au S., à Champigneul, le château d'Ecury, près d’un marais où se trouve une héronnière qui date de la plus haute antiquité, réunion de 172 nids de 2 à 3 m. de circonférence, sur 52 arbres, où des centaines de hérons viennent nicher de février au commencement d'août.
163 kil. Matougues. A Châlons, à g., les lignes de Reims et de Verdun réunies. — 173 kil. Châlons-sur-Marne (buffet).
Châlons - sur - Marne.
Hôtels: de la Haute-Mire- Dieu (pl. a, C2), place de la République, 26; du Renard (pl. b, C2), même place, 24 (50 ch. dep. 2 fr. 50, 1er je', ou di. 3, om. 50 c.); — de la Cloche-d'Or (pl. c, D2), rue St-Jacques, 2, près de Notre-Dame; du Lion-d'Or (pl. d, C2), rue du Cloître (6 fr. 50 par jour); du Chemin-de-Fer (Oudot), près de la gare.
Cafés: place de la Eépublique, surtout le café de la Bourse et lé café Belle-Vue-, café des Oiseaux, rue de l’Hôtel -de -Ville et quai Barbat, en face de Notre-Dame. — Rest. Albert, rue de Marne, 85, près de la cathédrale (dé. dep. 1 fr. 50, dî. 2).
Voitures de place: course, de 6 h. ou 7 h. du mat. à 10 h. ou 8 h. du soir, 1 fr. ; de 10 h. ou 8 h. du soir à min., 1.25; la nuit, 2; heure, 2, 2.50 et 3. Pour l'Epine , 6 fr. aller et retour, avec 1 h. d’arrêt.
Tramways électriques : 1, de la?a'’«(pl. A2) au faub. St-Jean (pl. E3) ; 2, de Petit- Fagniires (v . pl. A 2) au faub. St-Jacques (pl. D 1) ; tarif unique, 10 c.
CHALONS-S.-M
Cathédrale.
I’oste il télégraphe (pl. C2), rue Loehet, 8 (v. p. 72).
Bains: quai des Arts, au coin de la rue de Marne.
Temple protestant (pl. C2), rue Lochot. — Synayo'jue , même. rue.
Châlons-sur-Marne est une ville de 20737 hab. , le chef-lieu du départ, de la Marne et du command. du vi e corps d'armée, avec un évêché et une école des arts et métiers. Elle était déjà importante au iii c s. comme capitale des Catuvellauni ou Catalauni “vaillants dans le combat» , et c’est dans le voisinage qu’eut lieu, en 451 , la célèbre bataille, où les Huns d’Attila furent défaits par les Romains et leurs alliés, les Francs et les Visigoths (v. p. 78). C’hâlons fait un grand commerce de vins de Champagne.
De la gare (pl. A2), on prend à g. et on tourne bientôt encore à g., pour traverser le chemin de fer, puis la Marne, qui coule dans un lit artificiel creusé en 1776, et plus loin le canal latéral, à l’entrée de la ville proprement dite. La rue de Marne conduit de là directement à l’hôtel de ville.
La *cathédrale, St-Etienne (pl..BC2), à dr., au commencement de cette rue, est un bel édifice maintenant restauré et dégagé. Elle est du style goth. duxm e s., sauf le grand portail, du style classique, ajouté en 1628. A chacun des bras du transept est accolée une tour carrée, sans flèche. Le portail N., des xm e - xirs., estfort mutilé ; audessus règne une galerie surmontée d’une belle rose. Le portail S. date de 1840. L’intérieur forme un beau vaisseau à grandes fenêtres, garnies de beaux vitraux en partie anciens, des xm e -xvi e s., et à triforium remarquable. A mentionner aussi le maître-autel , à baldaquin, avec 6 colonnes de marbre; des pierres tombales des xm e xv e s., surtout deux aux piliers à dr. et à g. du chœur; deux tableaux par Wilbault (xvm e s.), l’Annonciation et la Visitation, au bras dr. du transept, et un bas-relief attribué à Ligier Richier (v. p. 77 et 116), à l’entrée de la première chapelle à g. du pourtour. Le chœur s’avance dans la nef comme à Reims.
Le bâtiment neuf en face de l’église est l 'institution St-Etienne, un collège ecclésiastique. Dans le square, une reproduction du Qloria Victis de Mercié. A g. de la rue, Y Hôtel-Dieu (pl. B 2), dont la fondation remonte au xvi e s.
La rue de Marne laisse à dr. au delà de la cathédrale la rue Lochet, qui mène au Jard (p. 72). A peu de distance du côté g., dans un anc. séminaire, en grande partie incendié en 1895, se trouve l 'école des Arts et Métiers (pl. Cl -2), une des cinq de France (Châlons, Angers, Aix, Cluny et Lille) qui forment des ingénieurs et des contremaîtres. — Plus loin à dr. de la rue de Marne, la rue des Lombards, qui aboutit à la place de la République (p. 72).
L’hôtel de ville (pl. C2) est un édifice du xvm e s., dont les grandes lignes et le dôme produisent assez bon effet au bout de la rue de Marne.
Sur le devant, un monument de Carnot, buste en marbre avec groupe en bronze, la France, la Champagne, etc., par Dagonet, et un bas-relief représentant la revue de Vitry en 1891.
Musée.
CHALONS-S.-M
Dans le bâtiment à <lr. se trouvent la bibliothèque et le musée. La bibliothèque, à <lr. à l’entrée, compte env. 7000Ù volumes. Elle est ouverte tous les jours de midi à 5 h., excepté le mercredi. — Conservateur-bibliothécaire, M. Mallet.
Musée. — Entre la bibliothèque et les salles du musée est une petite cour où l’on a reconstruit un portail d'église du xvii e s. et placé une belle collection de divinités hindoues. Les salles sont ouvertes au public le dim. et le jeudi de midi à 5 h. en été et 4 h. en hiver (oct. -avril) et visibles les autres jours; on entre par la droite. Il n’y a pas de catalogue.
Rez-de-chaussée. — Sculptures: moulages d’après l’antique et quelques œuvres modernes, surtout le Sommeil de l’enfant Jésus, par Oardet, une reproduction en bronze de la Jeanne d'Are de Chapu, de Jeunes baigneuses par Fscoula, un Cnpidon par Marquette , une Baechante par Frison, plâtre, les Acrobates, par Trouillot, terre cuite, et un Faune dansant par Blanchard, bronze.
I er étage. — Galerie de dboite, histoire naturelle, surtout une très riche collection d'oiseaux. — Salles de gauche, collections diverses. I re salle de ce côté: reproductions, en bois sculpté, des monuments les plus curieux de France, depuis l’époque celtique jusqu’à nos jours, par le Or Mohen: la Charité, bronze d’après P. Dubois. — lie salle. l re travée, collection Picot, riche collection de meubles anciens, tableaux, sculptures, émaux, tapisserie des Gobelins. A citer spécialement parmi les tableaux, de dr. à g., une Adoration des mages de Franck, une Diane de Poitiers couronnée par l’Amour, du Primatice; — les Sapeurs de la garde, par Regamey ; la Circoncision, par P. Feefft, volet de triptyque, à la porte. — 2 e travée : tableaux peu importants, dont un portrait de Dargillière, par lui-même, et des Fruits sur un banc, par Desportes ; curiosités diverses. — .7* travée : Fozal, Matinée d’automne; Zuber, Bain des nymphes; Favlet, le Forum romain; F. Barriat , Triomphe de Vénus; O. Catlot, Enfance d’Orphée; Marchai, Alsace; Brueghel, paysage flamand; — Monchablon, Jeanne d’Arc; — Barriat , C. Desmoulins au Palais - Boy al ; Chardin, In térieur de cuisine; Benner, Une rue à Capri; Dix, le Trombone, scène alsacienne; Tabar, Josué arrêtant le soleil; Daubigny, la Cascade de St- Cloud; Desgoffes, Mercure endormant Argus pour délivrer Io; Bertin , Pliilémon et Baucis. — III e salle, à côté de la 2* travée: suite des curiosités et encore quelques tableaux, surtout une Foire flamande par Brueghel le V., un St Christophe (fresque) par Giotto et une copie du Guide par C. Vanloo, l’Enlèvement de Déjanire.
A g. du passage en face de l'entrée se trouvent deux petites salles qu'on doit agrandir, contenant des curiosités diverses, une sépulture gauloise du lii e s. av. J.-C. (squelette de femme avec sa parure et d’autres objets), ainsi qu’une partie de la collection d’histoire naturelle.
Le passage où est l’entrée du musée aboutit près de Notre-Dame.
Notre-Dame (pi. CD 2), à quelques pas à g. derrière l’hôtel de ville, est le monument le plus remarquable de Châlons. C’est une anc. collégiale des xn e -xiv e s., avec des parties romanes, mais surtout du style gothique. Elle a 4 tours, deux à la façade, avec flèches modernes assez disgracieuses et les deux autres, sans flèches, à LE. du transept. Elle a une très belle nef, dont on remarque les tribunes latérales , surmontées encore d’un triforium , et de magnifiques vitraux du xvi e s., surtout les deux premiers à g. Les trois chap. de l'abside sont précédées chacune de deux colonnes supportant la retombée des voûtes, comme à St-Remi de Reims. On voit aussi à Notre-Dame de belles pierres tombales comme à la cathédrale. Beau buffet d’orgue moderne.
CHAJLONS-S.-M.
Le Jard.
Près de l’hôtel de ville, à g. de la place en y revenant, se trouve St- Alpin (pl. C2), église romane et goth., des xii e -xm e et xv e -xvi e a., sans transept, riche en tableaux anciens de peintres français provinciaux. Elle a aussi de très beaux vitraux du xvi e s.
Parmi les tableaux, il faut surtout mentionner, dans la 3 e cbap. de dr., un Christ au roseau portant la date de 1561; dans la 4 e , les Pèlerins d'Emmaüs, d'après de Champaigne; dans la 5 e , Jésus portant sa eroix, attribué au Pérugin. Plus loin à g., au 1 er pilier du chœur, un bel Ecce Homo sur fond d’or. A g. au commencement du pourtour du chœur, un Ensevelissement du Christ d'un primitif Flamand. Dans le collatéral de g., en continuant le tour: Jésus arrêté au jardin des Oliviers, par un inconnu; la Flagellation, du même genre, datée de 1633; un Crucifiaient, un St Benoît et un Portement de croix, ce dernier d'après de Champaigne.
La place de la République (pl. C2), un peu au delà de St-Alpiu, est le centre de Chiions. En tournant à dr. à l’autre extrémité, on est au Jard (pl. BC3), promenade que précède de ce côté le château du Marché, joli petit édifice des xvii -xvm e s., en partie reconstruit au xix® s. et qui sert de caisse d’épargne. Là aboutit la grande rue Lochet (poste, temple, jolie synagogue), établie au-dessus d’un canal qui passe sous le «château» et se retrouve dans la promenade. La promenade s’étend à dr. jusqu’au canal latéral, et il y a encore un jardin anglais (pl. B 3) entre ce canal et la Marne. Il se donne des concerts militaires au Jard les dim. et jeudi après midi et quelquefois aussi le soir.
Du côté g., le cours d’Ormesson (pl. C3), avec un laboratoire agricole et un jardin des plantes. A l’extrémité de ce cours, la préfecture (pl. D3), anc. hôtel de l’intendance de Champagne, du xvm e s., qui a sa façade de l’autre côté, sur la rue Carnot. En face, les Archives Départementales, construction moderne précédée d’un buste du vicomte de Jessaint, préfet de la Marne de 1800 à 1838. A dr. de la préfecture, le grand séminaire, qui a un petit musée géologique et archéologique.
La porte Ste- Croix (pl. D3), à l’extrémité de la rue, est un arc de triomphe de 20 m. de haut, érigé en 1770, pour le passage de Marie-Antoinette à son arrivée en France, et resté inachevé.
La rue Carnot ramène dans l’intérieur de la ville, soit que l’on continue tout droit dans la direction de Notre-Dame (p. 71), soit qu’on tourne à g. après le grand séminaire pour revenir à la place de la République.
A env. T00 m. de la porte Ste - Croix, par les allées St-Jean, à l’extrémité S.-E. de la ville, se trouve St-Jean (pl. E3), église à trois nefs et double transept, des styles roman et goth., des xi e -xv® s. On y remarque, à dr. de l’entrée, un bon tableau ancien, le Couronnement de la Vierge; a g. de la nef majeure, un St Sébastien attribué à Phil. de Champaigne. — Près de cette église, une grande caserne de cavalerie. — On peut revenir dans la ville par la rue Haute-St-Jean et une des rues latérales de gauche. En continuant au contraire tout droit, on va vers St-Loup. — Du côté opposé, dans le faubourg au delà de la porte St-Jean, l 'église St-ilemmie (v. pl. ES), bel édifice moderne et pèlerinage célèbre, avec le tombeau deStMemmie, apôtre du pays, et le petit séminaire.
St-Loup (pl. E2), où l’on va de Notre-Dame en prenant au delà
VJTRY - LE -FR
la rue St-Jacques, puis la rue de l’Arquebuse, la seconde à dr., est une belle église des xiv e -xv® s., bien restaurée, avec une tour neuve sur la façade, mais non dégagée. Elle a de grandes fenêtres à vitraux modernes. Elle possède aussi des tableaux anciens, surtout, dans la 2 e chap. de dr., un petit triptyque, l’Adoration des mages, d’un Flamand du commencement du xvi e s. (on peut l’ouvrir). A l’extrémité du bas côté de dr. , un St Christophe sculpté du xv e s. I)u côté g., une réduction de l’Adoration des bergers par Rubens et une Ste Cécile par Segjiers.
La rue St-Loup et la rue. St-Jacques aboutissent au N. de la ville au faub. St-Jacques , près de vastes casernes d'infanterie et d'artillerie. Plus loin, un asile d'aliénés et deux autres asiles hospitaliers. Dans la même direction, le Mont-Héry, une promenade pittoresque.
A 8 kil. à l’E. de Châlons sur la route de Ste-Menehould (voit., v. p. 69), qui commence à la porte St-Jacques, se trouve l’Epine (auft. ; faire prix), village qui a une magnifique *église Notre-Dame , construite de 1420 a 1529, pour y placer une statue miraculeuse de la Vierge trouvée par des bergers dans un buisson, et qui est devenue un pèlerinage célèbre. Elle a été en grande partie restaurée de nos jours. La façade a deux tours, dont les belles fléchés en pierre sont d'inégale hauteur. Le portail est très riche, mais privé d'une partie de ses statues. On remarque en outre à l’extérieur de curieuses gargouilles et une belle balustrade qui fait dans le haut le tour de l’édifice. L'intérieur est à trois nefs, avec transept et triforium. A l'entrée du chœur est un joli jubé en pierre, sous lequel se trouve, dans une sorte de châsse goth. moderne, en cuivre doré, et sur une jolie colonnette de marbre, la statue miraculeuse, remise à neuf. Dans le bras |. du transept, un orgue du xvi e s. et un puits. Le ehœur a une belle clôture en pierre goth. et de la Renaissance, à laquelle est adossée, du côté g., un édicule goth. en pierre, dit le Trésor, avec statue de Notre-Dame-de-Bon-Seeours. Enfin il y a encore dans une ehapelle à dr. derrière le chœur un St-Sépulcre en pierre.
Dans le faubourg de Châlons où est la gare et où l'on aperçoit surtout son dôme, l’anc. propriété Jacquesson , transformée en distillerie, malterie et brasserie; il y a 11 kil. de caves creusées dans la craie, qu'on peut visiter.
De Châlons-sur-Marne à Reims, v. p. 78 et 80; à Nancy, R. 16 et 26; à Troyes, R. 19; à Verdun et Mets, R. 17 et 28. — Ligne à voie étroite en projet de Chàlons-s.-M. à Ambonnay (Reims; v. p. 51).