SEDAN
çalent Mac-Mahon à se porter vers le nord, les chefs allemands avaient eu l’habileté de l'acculer dans le fond de Sedan, deux changements de commandement (Ducrot, de Wimpffen), à la suite d’une blessure dont le maréchal fut atteint dans la matinée, avaient' amené de nouvelles complications et la bravoure d’une armée de 140 000 hommes, reconstituée à la hâte, fut impuissante contre deux armées déjà victorieuses, comptant ensemble 340 000 hommes. Lorsque la position d’Illy fut perdue, ce fut dans l’armée française une déroute complète; elle se porta dans le plus grand désordre vers Sedan , et une batterie allemande bombardant alors la ville des hauteurs de Frénois (p. 65), il n’y eut plus pour les vaincus qu’à périr inutilement ou se rendre. Napoléon III, qui se trouvait à Sedan , sans y avoir de commandement, se constitua prisonnier, et la capitulation livra en outre aux vainqueurs 83000 hommes, dont 1 maréchal, 39 généraux, 230 officiers d’état-major et 3000 autres oftleiers, avec 10000 elievaux, 4000 canons, 70 mitrailleuses et un matériel énorme. Les Allemands eurent 9000 hommes hors de combat et les Français 17000.
A l’entrée de Bazeilles, à g. de la route, se trouve un estaminet ayant pour enseigne : A La Dernière Cartouche. C’est la dernière position défendue dans le village par l’infanterie de marine, sous le commandement de Martin des Paillères, contre les Bavarois de Von der Tarin. C’est aussi la seule maison qui échappa à la destruction et à l’incendie allumé par représailles, nombre d’habitants ayant pris part à la bataille. On y a organisé un petit muse'e (pourb.), composé de toute sorte de menus objets recueillis sur le champ de bataille. Plusieurs pièces ont été conservées à peu près dans l’état où elles se trouvèrent après la bataille, notamment une chambre du premier étage, dans laquelle A. de Neuville a placé la scène du tableau dont l’estaminet a pris le titre pour enseigne.
Le chemin à dr. de la route conduit dans le village, en passant près du cimetière, dont on a déjà aperçu de loin l 'ossuaire, avec sa petite pyramide. Pour le visiter, s’adresser au premier estaminet, dont le propriétaire est le fossoyeur (pourb.). Cet ossuaire, devant lequel a été rapporté un petit monument érigé à 500 Bavarois, se compose de deux rangées de caveaux, sur le sol desquels sont les ossements de 2035 Français et Allemands exhumés du champ de bataille. L’autre grand monument du cimetière n’a aucun rapport avec les événements de 1870. — Un monument en forme de pyramide tronquée a été érigé dans le village aux soldats français et aux habitants tués dans l’action. — On pourra reprendre le chemin de fer à la station de Bazeilles, plus bas, près de la Meuse (p. 113).
De Sedan a Bouillon: 19 kil., voit. publ. 3 fois par jour (2 fr.). La route commence à la place Nassau (p. 67) , à g. du collège de filles , et monte d’abord à l’E. par le Fond de Givonne , en traversant une partie du champ de bataille de 1870. — 5 kil. Givonne, sur le ruisseau de ce nom, alors le centre des positions françaises. — 8 kil. La Chapelle, où est la douane française. Ensuite la forêt des Ardennet. Il y a d’ici une traverse plus courte de 3 kil. — 13 kil. Frontière belge. — 19 kil. Bouillon (hôt. : de ta Poste, bon; des Ardennes ), ville d’env. 2600 hab., ane. capitale d’un duché indépendant, à la France de 1795 à 1815, puis réunie au Luxembourg et depuis 1839 à la Belgique. Elle occupe un beau site, dans une presqu’île de la Semoy, affluent de la Meuse. La principale curiosité de Bouillon est son rhâtean , situé sur un rocher isolé. On peut le visiter. — Il faudrait une journée pour descendre à pied la vallée jusqu’à Mon-
île
60 Dy
CHALONS-S.-M
thermé (48 kil.). Il y a de cette localité une roule qui permet d’en visiter facilement la partie la plus importante (v. p. 60-61). — Bouillon est relié à Paliseul (p. 64) par une ligne vicinale de 16 kil. (trajet en V» d’h., pour 1 fr. 15 et 80 c.).
De Sedan à Nancy et à Verdun, v. E, 29; à Metz, E. 30; à Luxembourg, E. 31.