‹ Le Nord-Est de la FranceChapitre 8 sur 270 · III. Vélocipédie · texte numérisé non relu

III. Vélocipédie

La bicyclette est le sport favori des mois de vacances. On l'emploie aujourd’hui de plus en plus non seulement pour de courtes excursions aux environs de sa résidence, mais encore pour des voyages d’assez longue durée.

Au point de vue de l’hygiène, c’est un exercice excellent quand on le pratique avec modération ; et les médecins les moins prévenus en sa faveur se sont mis d’accord en général pour lui reconnaître une influence bienfaisante sur la santé. Les personnes neurasthéniques, fatiguées par un travail intellectuel et sédentaire, les anémiques, celles qui sont menacées d’obésité ne peuvent que se trouver bien de l’usage de la bicyclette. En revanche, ce sport doit être interdit aux personnes délicates de poitrine, atteintes d’affections cardiaques ou d’embarras gastriques. Dans tous les cas, l’»6îis de la bicyclette ne peut être que nuisible à la santé; une viteses de 12 à 15 kilomètres à l’heure est un maximum, surtout si l’on aune longue étape à parcourir. Le cycliste doit être prudent dans les endroits qu’il ne connaît pas, ralentir aux tournants et aux descentes, éviter de gravir trop vite les pentes ou de lutter longtemps contre le vent, ne pas s’exposer à la grande chaleur. Si l’on doit fournir une course assez longue, il est bon de s’entraîner progressivement quelques jours à l’avance tant par des exercices réguliers que par une hygiène spéciale; les excitants de toute sorte devront être soigneusement évités. L’usage de l’alcool est particulièrement funeste au cycliste, même pendant la marche; car il a été reconnu que l’excitation factice qu’il procure entraîne rapidement une diminution sensible de force musculaire. Après une longue course, les bains, les douches, les frictions sont un moyen excellent de dissiper la fatigue et de rendre aux membres toute leur souplesse et leur fraîcheur.

Il est indispensable, surtout dans les excursions un peu longues, de se prémunir contre les accidents qui peuvent survenir à la machine en cours de route; on emportera donc, outre la pompe à main, de première nécessité, une clef anglaise pour régler à l’occasion le guidon ou la selle et resserrer les écrous, une burette à huile et un nécessaire de réparation pour pneumatique. Le plus fréquent des accidents est en effet la crevaison; dès qu’il se produit, il faut en rechercher la place exacte sur l’enveloppe, puis enlever celle-ci

INTRODUCTION

et dégager avec précaution la chambre à air; on nettoiera ensuite le pourtour du trou avec du papier de verre et on l’enduira de la dissolution, dont on étendra aussi une couche légère sur une rondelle de gutta-percha destinée à boucher l’oriflce; quand les deux surfaces seront sèches, on les appliquera avec soin l’une sur l’autre, puis après quelques moments on remontera le pneumatique et l’on regonflera lentement. L’opération ne demande jamais plus de 10 minutes.

En cas d’accident plus grave, on devra gagner un village voisin, où l’on trouvera le plus souvent un mécanicien ou un serrurier capable de réparer la machine. D’ailleurs un cycliste prudent, ayant vérifié sa machine avant le départ, aura rarement à craindre d’accidents; les routes de France ont la réputation, généralement justifiée, d’être les meilleures de l’Europe; et tous les endroits périlleux sont signalés par des plaques indicatrices.

Quand on a l'intention de voyager longtemps et fréquemment, il est fort avantageux de s’affilier à une société, telle que l’ Union Velocipe'dique de France et surtout le Touring-Club de France (siège social, 10, place de la Bourse, Paris). Pour une cotisation annuelle de 5 fr., ce dernier procure plusieurs avantages, qui en font récupérer bien des fois la valeur. Outre des réductions de prix dans les hôtels, on obtiendra la faculté de recourir dans chaque ville aux délégués institués à cet effet. Le Touring-Club publie un bulletin mensuel, rempli d’indications plus ou moins utiles et chaque année un annuaire général (1 fr.) contenant pour chaque localité le nom des hôtels qui ont un traité avec le Club et l’adresse des mécaniciens recommandés. Cartes cyclistes, v. p. xxxviu.

Depuis le 1 er janvier 1899, quiconque possède un vélocipède doit en faire la déclaration à la mairie de sa résidence et se faire inscrire sur les rôles pour acquitter l’impôt annuel fixé à six francs pour les machines à 1 place, doute francs pour les machines à deux places, et six francs pour chaque place en plus. Ces taxes sont doublées à l’égard des vélocipèdes munis de machines motrices. En acquittant la taxe, on reçoit une plaque de contrôle délivrée gratuitement et valable pour l’année courante.

Les vélocipèdes possédés par des personnes domiciliées à l’étranger et entrant en France, sont admis à circuler sans plaque de contrôle quand leur séjour sur le territoire français ne dépasse pas trois mois consécutifs. Ces personnes doivent à cet effet demander aux agents du service des douanes, à leur entrée en France, des permis de circulation qui leur sont délivrés à leurs frais, sur papier timbré à 60 c. et dont elles doivent être porteurs pour pouvoir les exhiber à toute réquisition.

Dans les rues, comme sur les routes, les vélocipédistes doivent toujours prendre leur droite.

La circulation des vélocipèdes sur la voie publique est en outre soumise aux deux règles suivantes:

1° Tout vélocipède doit être muni d’un appareil sonore avér-

INTRODUCTION

tisseur dont le sou puisse être entendu à 50 mètres, qui sera actionné aussi souvent qu’il sera besoin; dès la chute du jour il doit être pourvu à l’avant d’une lanterne allumée.

2° Tout vélocipède doit porter outre la plaque'de contrôle une plaque indiquant le nom et le domicile du propriétaire.

Page 1