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L.flerwann, dçl

Il COMPIÈGNE ET SA FORÊT. || [R- 12, !•] — 281

A Tint. : bel escalier d'honneur, avec rampe en for torgé du temps de Louis XVI; Salle des Gardes, avec curieuse cornichn; Salle des Fêtes, du temps du premier Empire (plafond soutenu par •20 colonnes corinthiennes ; peintures do Girodet). Le palais renferme des œuvres d'art remarquables, dont nous n'indiquerons que les principales.

Tableaux : — Pertin. L'Amour abandonnant Psj'ché ; Jupiter et Danaé.

— Brascassat. Paysages et animaux. — N. Coypel. Vénus sur les eaux; Arion porte par un dauphin. — Grand. Sodoma porté à l'hôpital. — Gros. Bonaparte après Mareiigo. — Hidn-rt Robert. Paysage. — Luncret. La Clochette (Contes de La Fontaine); la Bergère endormie: Berger et Bergère.

— Le Àloinc. Hercule terrassant Cacus. — Natoire. Flore. — Ovdry. Les Deux Chiens et l'Ane mort ; le Renard et la Cigogne (Fables de La Fontaine).

— Ilestout. -Vréthuse poursuivie par Alphée. — De Sève. Amours chassant ; Amours musiciens. — Cl.-Jos. Vernet. Eti'et d'orage: le Soir à la mer: le Matin à la mer; Coup de vent; le Matin. — Feti. Un paysan. — Luca Glordano. La Purification; Allégorie des Arts. — Romanolli. Mo'i'sc défendant les filles de .Jéthro. — P. Véronèse. Mariage mystique do Ste Catherine.

— Van Dacl. Fleurs. — Van der Meulen. Bataille de Cassel; Prise de Saint-Omor. • — Redoulé. Fruits. — Girodet. outre la galerie des Fêtes, a peint le salon de Repos, dit salon Bleu, les chambres à coucher de l'Empereur et do l'Impératrice, et la salle de la Bibliothèque. — Ch. Coypel est l'auteur de la plupart des tableaux exposés dans la galerie qui porte son nom et dont l'ensemble retrace l'histoire de Don Quichotte. — Xatoire, également dans une galerie qui porte son nom, a peint des scènes tirées du même sujet. — Dans la chapelle, tableaux à.'Annibal Carraclie, du Guide, de Carlo Maratta, de P. Mignard, de Jules Romain, de Paul Véronèse, appartenant au musée du Louvre.

Statues (vestibule et escalier d'honneur), par il. Arnaud, Berruer, Clésinrjer. Dubois, Falr/uière, Gautherin, Gois, Lepère, Pollet, Tournois et Scliœneiverk.

Dans les jardins, statues dont plusieurs d'après l'antique, et célèbre berceau de fer, de 1,400 m. de long., établi par ordre de Napoléon pour rappeler à Marie-Louise une treille du parc de Schœnbrunn.

Revenu à la place de ITIùtel-do-Ville, on va par la rue du Change et la rue Saint-Antoine à l'église Saint-Antoine, bel édifice du xvi° s. (à part quelques parties du transept et des travées attenantes, qui sont du xiii'' s.) avec chœur très élégant et très original ; vantaux de la Renaissance; 3 verrières du xvi" s.; fonts baptismaux romans.

C'est entre Thùtel de ville et Saint-Antoine et en s'écartant dans les rues latérales qu'on trouve le plus de maisons des xv* et xvi^ s., la plupart en bois,

[La Forêt (pour la description et les itinéraires, V. les Environs de Paris).

— La forêt de Compiègne s'étend au S. et au S.-E. de Compiègne, avec de splendides futaies, dans une région accidentée, sur 14,1-28 hectares, avec un pourtour de 94 k. Les essences sont le chêne, le hêtre, le charme, le bouleau, le pin sylvestre et le frêne. Il est facile d'en visiter tous les points (les jeudis et dim. des breaks partent de la place de l'Hôtel-de-Ville et conduisent à Pierrefonds; retour pour le dîner; -i fr. par place).

Principales excursions : — ^^ II k. Vieux-Moulin et, 17 k., Pierrefonds (V. ci-dessous), 10 k. 5 et 18 k., @, par les Beaux-Monts: — @ 10 k. S.-E., Saint-Jean-aux-Bois : belle église du xn" s., d'un style remarquablement pur, avor 3 vitraux de l'époque, dans une petite enceinte des xv^ et

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xvii" s. ; -i k. au delà, Saint-XicoLaa-de-Couraon (restes d'un prieuré). — !@ y,i k. S. l'Iiampliou ( V. ci-dossousj, en traversant toute la l'ort't.

i<>De Compiègne à Crépy-en-Valois (i;^ Nord, 35 k. S.). — Les trains suivent la liiriio «li' Paris \'. l'i-dessiis et y desservent (3 k. 'S) Jaux, ly k.) le Meux ctl..' k.j Hivecouri ; puis on la laisse à dr. et on franchit l'Oise. — 10 k. Verberie, 1,839 hab., à 2 k. S.-O. (éiilise du xii' au xvi» s., buti'et d'orgues <U- la Renaissance: chapelle abandonnée du xv s.; maison du XIV' s.), prolongeant une do ses rues, au S., jusqu'à (1 k.) Sainl-Vaast- (le-Lonymoiit (église du xir s., curieuse porte romane, flèche de l'époque, retable gothiiiuc). — On remonte l'Authonne. — 18 k. Saintines-.'iaiiit- Sauceiir : à. dr., Saintinrs ii'-i/lise en partie du xii" s., beau retable du xv*); à g., Saint-Saureur (église de la Renaissance, vitrail de l'c'poquo). — 20 le liêthiny-Sainl'Pierrc, l,Slu hab. iéijlise des xiii« et xV s.. llf>cho dentelée, l'outs baptismaux de 1 l'J;' et restes de vitraux : restes d'un château du xi" s. : manoir des xiv" et xvr' s.j. — 21 k. Hétliisy-Saint-Marlin (cf/lise avec parties intéressantes pour l'Iiistoiro des origines gothiques, flèche du xiii" s.). — La voie remonte un at'lluoni g. de l'Autlionne. — 24 k. Orroui/-Glai(jiics : à 1 k. !S., Gltii(/iieg (jolie ci/lise du \m' s. et fonts baptismaux de l'époque).

[[Orrouy, Champlieu et Morienval @i, N.-E.. 10 k. jusqu'au v. de Morienval, 13 k. jusqu'à la station do ce nom; promenade archéoloyit/ue très recoi, mandéei. — 2 k. x> N.-E.i. Orruui/ [église des xii" et x'"'-xvi« s., fort beau clocher roman, admirables vitraux de 1542i, où habite le gardien des ruines romaines de Champlieu (hypocausie, murs et colonnes sculptées de thermes et d'un temple. théàtriM, situées à 3 k. N., par (2 k.) le ham. de Champlieu (curieuse église ruinée du commenc. du xir s. ; chapelle souterraine du XI V s. dans une propriété privée). — 5 k. Gilocourl (dans Xéglise., fonts baptismaux du xm" s.,. — 10 k. Morienval, dont l'église, bâtie en trois ou quatre fois, aux xi' et xh<^ s., remaniée au xvii= s. nef), est du plus liuut intérêt pour lliistoire des origines de l'architecture gothique. — On peut rejoindre, à 3 k. plus loin, la station do Morienval, ligne de Compiègne à Villers-Cotterets.])

27 k. !^é.rii (jolie église du .xiii« s.). — Tunnel de 164 m. — 30 k. Duvy {clocher romand. — 35 k. Crépy (R. 13. 1").

2" De Compiègne à Villers-Cottepets. par Pieppefonds(^^ Nord, 37 k.

S.-E.K — 7 k. Rethondes. où on laisse à g. la ligne do iSoissons (V. cidessous). — On quitte la vallée de l'Aisne pour remonter jusqu'à Pierrefonds celle du Ru de Berne. — 11 k. Vieux-Moulin (restaurants avec chambres: nombreuses maisons meublées), séjour d'été dans un des plus beaux points de la forêt de Compiègne; il est dominé au N. par le mont Saint-Marc (131 m.). — A g.. Saint-Pierre-e/(-Chastres. ou Mont Saint-Pierre (curieux restes d'un prieuré, xiii". xv= et xviii" s.), qui cache les étangs .Saint-Pierre.

17 k. Pierrefonds (hôt. : des Bains, à l'établissement thermal ; des Ruines; des Etrangers; du Lac; de l'Enfer; du Commerce. — Station thermale; château célèbre), b. de 1,804 hab.. station de bains ei séjour d'été, à la lisière de la forêt, au bord d'un joli lac, et au pied du château, naguère en ruine, construit par le duc Louis d'Orléans, comte de Valois, vers 1400. restauré à partir de 1858 sur les plans de YioUet-le-Uuc — h'église. à 500 m. du b., date des xi=, xiv». xv« et xvi« s. (curieux clocher de la Renaissance, restes de vitraux, tableaux anciens). — L'établissement thermal (eaux sulfureuses), avec casino, est ouvert du l""^ juin au 30 septembre. — A (1 k. N.-E.) Fontenoy, cascatelles formées par le Ru de Berne.

[[@ 0 k. E. Chclles iéglise des xii* et xv* s., beaux vitraux do la Renaissance; tour féodale 1, par (4 k. 5) Saint-Etienne (église du xi' au xv" s.). — !^ 7 k. S.-E. Taillefontaine (belle église du xii" et surtout du .\v« s., avec llèche gothique et vitraux du xvi« s.), par (4 k.) Hetheuil [clocher roman à toiture de pierre).]]

Il CHAMPLIEU. — PIERREFONDS.il .R- 12, l^'J — 253

2-2 k. Païenne. — -.'o k. Morionval : lo v. est. à 3 k. S.-O. {V. ci-dessus).

— 25 k. Bonneuil en-Valois clocher du xn' s.). — 29 k. Eméville {éi/lise des XII" et xm' s.;; à 3 k. S.-O. est Vez, qu'il vaut mieux visiter de Vaumoise ou de Villers-Cotterets (V. R. 13, 2°,!. — 33 k. Jdaramont (église des XIII' et xv s.'i. • — 35 k. Villers-Cotterets-Ville. halte, au N. do Villers-Cotterets, pour les voyageurs qui s'arrêtent dans cette localité, dont pourtant elle est éloignée de plus de 1 k. ; il vaut mieux arriver jusqu'à la gare. — 37 k. Villers-Cotterets i.R. 13, 2»).

3° De CompiègneàSoissonsl^ Nonl, 10 k. E. : 1 h. 5 à 1 h. 20; 4 fr. ."SO, 3 fr., 1 fr. 9b). — Après avoir laissé à g. la ligne de Maubeuge, on franchit l'Oise pont niétalliquei et on remonte jusqu'aux abords de >Soissons la rive g. de l'Aisne. — 1 k. Rethondes, gare d'oii se détache à dr. la ligne de Pierrefonds et Villers-Cotterets i. V. ci-dessus). — 0 k. Pont-de-Rethondes (hôt. /Jilliet, 0 fr. par j.), halte desservant de plus prés le v. do Rethondes (eijlise en partie du xv"^ s.; en face, dans une ferme, restes d'un prieuré avec chapelle romane; manoir de la Renaissance), situé sur la rive dr. ; au S. du ch. de for, tnont .Saint-Marc (131 m.); à 3 k. N., dans la foret de Laigue, restes du prieuré grandmontain des Bons-Hommes. — 12 k. Troslij- Breuil. — 14 k. Lamotte-Breuil : à l'O., fireuil (curieuse église des xif et xV s.!, ham. et centre paroissial do Trosl^- ; à l'O., Lamotte, ham. de Cuise, 1,186 hab. [église du xii« s. avec corniche ondulée très curieuse; cromlech du Parc aux Loups), v. situé à 3 k. S., dans un vallon latéral, à, 2 k. >'. du mont Bernrj (retranchements antiques); c'est dans sa résidence de Cuise (Cotia) que mourut, en 561, le roi Clotaire. — En face de la station, près de la rive dr. (faire un détour à l'E. pour traverser l'Aisne), Berneuil-sur-Aisne (curieuse église des xii*" et xv" s.; château de la fin du xvi= s.). — A dr., Couloisy [église en partie du xn' s.).

17 k. ÀttichY (hot. de la Croix-d'Or. omnibus à certains trains 30 c. pour l'hôtel, 40 c. pour le bourg, cuisine soignée, voitures de promenade pour les clients de l'hôtel seulement; Espanel, loueur de voit., près de la station), cli.-l. de c. de 8^0 hab., à 1 k. 5 N. du ch. de fer, sur la rive dr.

— Eglise du xv" au xvii" s. ; beau transept gothique ; à la porte S., épitaphe du xvi"" s. en lettres gothiques avec la figure gravée de la Mort portant sur l'épaule uu cercueil: au croisillon N., à l'inti, longue épitaphe en lettres gothiques, et joli encadrement de la Renaissance (style Louis XII) avec trois statues, dont une Mater dolorosa très expressive.

[A 3 k. E. du b., à l'issue d'un vallon latéral. Biirij (église des xii" et XV" s. avec flèche de pierre), — A 2 k. 8. de la station, Croutog {église fortifiée du xvi' s., anciens vitraux; donjon ruiné).]]

19 k. Jaulzy (église des xiii" et xiv" s., liellc flèche du xv s.). — A dr., Courtieux (église fortifiée du xv« s.).

23 k. Vic-.^ur-Aisne-Re.isons. — A 600 m. N., sur la rive dr., Vic-Sur-Aisne (omnibus. 30 c: hot. : du Lion-d'Or, voit, à louer; de la Croix-d'Or, tous deux sur la place do la Mairie), ch.-l. de c. de 1,002 hab. ; il s'expédie par la station et le petit port de Vie une grande quantité de pierres de taille

Frovenant des carrières ilu voisinage, particulièrement de la rive g. — A issue du pont on trouve deux rues principales, celle de g. conduisant à l'église 'xT. xii", xiiT s. et Renaissance), celle de dr. montant à la place de la Mairie, derrière laquelle, à g., est le château (visible, seulement pendant le séjour des maîtres, ordinairement dès le l'"'' juillet ; donjon du xiii'" s., à tourelles, remanié aux xv" et xvii" s., et écourté à cette dernière époque). La station dessert l'extrémité O. du v. bien nommé Ressons-le-Long, dont les trois principaux groupes s'échelonnent sur une long, de 3 k.; l'église est à 4 k. de la station de Vie et à 1 k. 5 seulement de la station suivante (Ressons-Mainville).

[^ 35 k. Coucy (p. 260), par (10 k.) Autréches (belle église des xiii' et XVI' s., à flèche dentelée. J

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25 k. Ressons-Mahmlle : à 1 k. .') S., centre paroissial de Ressont-le-Long U'i/lise curieuse du xi" au xiii' s.), domino par une ferme, jadis prieuré, dont les grands l)âtiments sont ilos xiii'>, xv-^ et xvii' s.: an N.-O. du ham., cil contrc-has, terme do Poulimdon, aj'ant aussi des bàtirnonts anciens. — ■2S k. Ambhnij-Fonienoij : à •-' k. 5 S., Ambleny. à l'issue du vallon arrost* par le Ru do Retz, qui vient de la forf-t de Villers-Cotterets {égliie dos XII', XIII'', xv" s. et de la Renaissance; restes d'un château, avec donjon, dos xiir et w" s.; dolmen do la Fosse- Gilpic); sur la rive dr. de l'Aisne, Fontenoij {ëf/lise du xii'' s.).

|[En continuant de remonter le Ru do Retz au delà du v. d'Amblony, on arriverait à ('J k. de la station) Couvres (restes d'un ohâteau de la Renaissance), et, -i k. plus loin, aux restes intéressants de l'alibaye (Prémontrés) de Valseri/.'^

i'9 k. Ambleny -le-Pressoir. — ,32 k. Pernant {église des xii" et xiii' château dos xiii' et W s. converti en ferme). — 35 k. Mercin-Pov\miers : il dr.. Mprciii léf/lisr romane; f/rauf/e monastique du xiii"-" s.); à 2 k. N.. rive dr.. Pommiers (V. R. 13, p. 284). — 37 k. Samt-Christophe, faubourp O. de Soissons. — On contourne la ville à l'O. et au S. : on rejoint à dr. la ligne do Paris à. Laon.

40 k. Soissons (B.. 13, 2" .1

Distances, par les routes, de Conipicgne à: Amiens, "Û k.; Beauvais, 58 k. : LaoD, par (43 k.) Coucy, 83 k. ; Senlis, 32 k. ; Soissons, 40 k. ; Villers- Cotterots, 28 k.

De Compiègne à Clermout. R. 3: — à Roye, R. 9, A.

Eli sortant de la gare de Compiègne, on a, à dr., une belle vuf sur la ville: on laisse à dr. la lijine de Soissons, à g. celle di Roye, et on continue de remonter la rive dr. de l'Oise, qu'on nt quittera définitivement qu'à Tergnier. A 2 k. 5 de Compiégne, oi aperçoit à dr. le confluent de l'Aisne; on franchit aussitôt l'Arondt en vue de (à g.) Clairoix, où se trouve une station du ch. de fei de Compiégne à Roye (R. 9, .4. p. 208).

88 k. (de Paris). Choisy-au-Bac, à 1 k. de la rive g. de l'Oise e sur la rive dr. de l'.Aisne {église au portail roman). De la statioi (des voitures de promenade y attendent les voyageurs en été) or peut monter en 'Mi ou 40 min. au mont Ganelon, plateau étroit e accidenté de 146 m. (MO au-dessus de la vallée) où existent (extrémité N.-O., 2 h. env. de la station) un camp de César et un mégalithe appelé la Pierre Monicarl; la vue est de là fort belle sur 1( bassin de Compiégne et les deux grandes forêts (de Compiégne ai S., de Laigue à l'E.) qui le bordent. — On traverse JanvUle {é<jlis, avec vitraux du xvi" s.), puis on suit à dr. le canal Latéral, qu sépare la voie de la rivière. — 91 k. Longueil-Annel {église des xii' e xvi" s. : anciens et magnifiques vitraux, belles pierres tombales dt 1567 et 1568; manoir en partie du xiv" s.), d'où l'on peut monter en 1 h., par le ham. (VAnnel, au camp de César. — 92 k. ThouroiU {maison prévôtale, du xvi" s., entourée de fossés: dans Véglise, des xn" et XVI' s., isolée au bord du canal, à dr. du ch. de fer, retable sculpté du xvi° s. et chaire du xvii").

[Sur un plateau accidenté, au delà de l'Oise, s'étend la forêt de Laigue ou de lAigue (3.820 hect.), (wupée en son milieu, du S.-O. au N.-K. (9 à iO k. par la route de Compiègno à Carlepont.]

Il OURSCAMP. — NOYON. || [R. 12, 1^] — 255

On franchit le Matz en vue de (à dr.) Montmacq {église, vitraux du xvi° s.). — 97 k. Ribécoiirt, ch.-l. de c. de 883 hab.

L@ 6 k. E.-S.-E. (eorrcsp.) Tracy-le-Val {église des xu= et xv s., avec clocher octogonal roman à toiture de pierre, célèbre pour son élégance).]

101 k. Ourscamp : à 2 k. E., sur la rive g. de TOise, à la lisière de la forêt d'-Ourscamp-Carlepoiit (1,565 hect.), ancienne abbaye d'Ourscamp (omnibus à quelques trains), fondée pour des Cisterciens en 1129 par Simon de Vermandois, évêque de Noyon, et auj. convertie en filature (visite autorisée). La grille d'entrée est du xvni" s., de même que les principaux bâtiments d'habitation; quel- (jues salles sont plus anciennes. De l'église il reste de fort belles ruines aux deux extrémités : le fond de la nef, du xa*" s., le transept, des xn' et xiii' s., et le chœur, hardi et élevé, semblable comme style à l'église ruinée de Longpont et à la cathédrale de Soissons: les architectes lemarquent avec intérêt les voûtes des bas-côtés, dépourvues de leurs remplissages, et dont les croisées d'ogives se maintiennent isolées dans l'espace. Au delà de l'église, sur la dr., on visite la salle des Morts, parfaitement entretenue : c'est une salle à trois nefs voûtées, longue de 30 m., de 1230 env., d'un style admirable, unique en son genre, mais n'ayant pu servir, malgré le nom sous lequel elle est connue, de lieu d'exposition pour les religieux decédés; d'après ses dispositions intérieures, ce serait plutôt une salle d'hôpital dans laquelle étaient reçus, à côté des religieux de l'abbaye, les pauvres de la région ou les pèlerins de passage.

[La voit, de corresp. dessert aussi (G k. E.-S.-E. do la station) Carlepont, 1,154 hab. (-2 hût. -restaurants : clocher roman; château du .wiii" s.).]

A g., dominant un grand château moderne, sur un coteau, tour Mennechet, fantaisie de propriétaire, mais très belle et très ornée dans un style moitié arabe, moitié gothique. Du même côté, Passel (croix de cimetière de 1445). — 105 k. Pont-VEvêqiie, port de Noyon. — On s'éloigne un instant de l'Oise, dont Noyon est distant de 2 k.

108 k. Noyon (V. Vlndex. — Ancienne cathédrale et dépendances; hôtel de ville), ch.-l. de c. de 7,336 hab., sur la Verse, à g. du ch. de fer.

Histoire. — Noyon iNoviodiiaum), d'origine gauloise, ne devint cité que par la translation qu'y rit saint Médard, en 531. de l'évêfhé du Vermandois; à ce diocèse fut, jusqu'en 1146, uni celui de Tournai. Un des successeurs de saint Médard fut l'illustre et populaire saint Eloi (640-659). Charlemagne, après s'être fait couronner à Noj'on, en 768, y résida durant les trois ou quatre années où il ne fut que roi de Neustrie. Hugues Capet fut sacré à A'oyon en 987. Sous le régime féodal, et jusqu'en 1789, l'ovèque, seigneur temporel de la ville, fut un des six pairs ecclésiasti(|ues du royaume. En llo8. Baudry accorda spontanément aux habitants une charte communale, qui assura la paix et la prospérité intérieures. L'évêché de Noyon n'a pas été maintenu par le Concordat, et son titre, purement nominal, est joint, avec celui de Senlis, au titre épiscopal de Beauvais.

Noyon a vu naitre : Cliarlvmagne (742-814). selon quelques auteurs; le grand réformateur français Jean Calvin, de son vrai no.m Cauvin (1509-1564); les frères Jacques (1592-16G0i et Pierre Sarrasin (1601-1679i, sculpteurs.

256 — [R. 12, 10] (I DE p^j^g ^ BRUXELLES. I|

ITINÉRAIRE. — En sortant fie la gare, on suit une avenue qui longe à g. le Cours, jardin public avec kiosque pour musique et la statue de Jnrques Sarrasin, par Molchnecht. On s'engage ensuite dans la rue Saint-Eloi, où est la posle-lélégrnphe. et à l'extrémité de laquelle s'ouvrent. ;i dr., la rue du Nord, montant à la cathédrale, à g., la rue des Merciers, descendant a Pliôlel de ville.

Notre-Dame, ancienne cathédrale, commencée vers 11.3.5 ou 1140 (il ne reste rien des premiers travaux, dans le cho-ur, qui, a peine termine, fut complètement refait pour être mis en harmonie avec, les proportions agrandies des jiarlies exécutées après 1150). fut achevée, sauf les tours occidentales, vers 1200: celles-ci, dissemblables mais imposantes, n'ont jamais eu leurs couronnements; elles atteignent néanmoins 62 m. Les trois grandes portes, abritées sous un porche que soutiennent des arcs-boutailts massifs, sont des XIII' et xiv'' s.; les hautes voûtes, qui étaient primitivement sexpartites, furent refaites après un incendie surv(Miu en I29:t: de chapelles furent ajoutées à la nef du xiv" à la lin du xvi" s.

Quand on vient de la gare, on aborde la cathédrale par le chœur et on y entre par l'une des portes qui s'ouvrent aux murs orientaux des croisillons. Aux angles du chœur et du transept se voient les souches de deux tours a physionomie romane (|ui peut-être avaient été construites pour tenir' lieu provisoirement des tours de rO., avant l'exécution de celles-ci.

La cathédrale de Noyon a dans œuvre lOo m. de long, sur 23 de hauteur. Sa grâce et sa beauté la recommandent aux artistes, et deux particularités l'ont rendue célèbre parmi les archéologues : ses croisillons arrondis, et la manière dont l'arc brisé et le pleincintre y sont mêlés, sans raison apparente, dans les combinaisons les plus diverses: il faut ajouter i[ue l'intérieur des tours est évide de manière à former un transept occidental : <e sont la des inliuencegermaniques, telles qu'il s'en exerça dans toute la Picardie aux xf et xn" s.

Si l'on ne doit pas reprendre au retour le même itinéraire, on ira voir, avant d'entrer, tout à ct'ité du croisillon S., de hçaux restes de la chapelle épiscopale (xii' et xni'' s.).

En entrant par ce croisillon S., on a dés l'aliord une vue générale du transept, qui est la partie de l'église la mieux soignée. On remarquera le maître-autel, du xvm« s., dont la forme est celle d'un temple rond avec coupole ; on fera le leur du déambulatoire (à la chapelle do l'axe. -2 ritraur du xiir s.) et on passera devant la sacristie ( V. ci-dessous). Kn descendant le long du bas-côté N., on voit, dans deux chapelles, de belles verrières de Claudius Lavergne, et. dans une troisième, une plaque de marbre portant les noms des rvoyonnais tués durant la guerre de ISIO. Kn remontant par le bas-côté S., on remarque, principalement, la 2' chapelle, bâtie avec loute la richesse de l'an flamboyant, close d'une belle f/rille du xviii" s., et ornée de lT0\s rerrieres i par Bazi'n-Latteu.x, du Mesnil-Saint-Firmin). dont celle du centre figure un Arbre de «lessé. La chapelle suivante a des boiseries du xviir' s. — Le buffet d'orgues est aussi du xviii' s. — Nombreuses pierres tombales f xiii'"-xviii' s.) à l'intérieur de l'église et dans le parvis. — I)ans la sacristie, salle du xiv s. : beau triptyque du xa' s. (.\aissat)ce du l'hrist), chasuble du xvii« s., portraits dévéques — En 1909 a été exécuté pour la cathédrale un monument (par Em. Pinchon au chanoine Guillaume de

Il NOYON. — LASSIGNY. || [R. 12, l'''] — 257

Bouille, qui s'occupa activement du procès de réhabilitation de Jeanne d'Arc ; le monument est provisoirement placé dans une chapelle privée, place yaint-Barthélcniy.

Notre-Dame de Noyon est une des rares cathédrales françaises qui ont conservé leurs dépendances canoniales (s'adresser au sacristain de l'église); elles s'étendent au N.; ce sont : une belle galerie de cloître, du xm" s., avec plusieurs dalles tumulaires (xin^-xv^ s.); la salle capitulaire, à deux nefs de cinq travées, de \-24i) env., d'un fort beau style, avec porte ornée de statues; la Librairie, ou Bibliothéi/ue, bâtiment en bois du temps de Louis XII (1507), qui renferme 5,000 vol., parmi lesquels un évangéliairo à miniatures de la fin du ix'' s.

Si l'on sort de la cathédrale par le parvis, on trouve à g. la rue des Deux-Bornes, qui descend à la place du Marché-au-Blé, où serait né le réformateur Calvin, dans une dépendance de l'hôtel de France; on y visite un escalier et un cabinet anciens. La rue de Paris (à négliger) sépare la place du Marché-au-Blé de la place Cordouen, laquelle touche elle-même à la place de l'Hôtel-de-Ville (fontaine pyramidale, avec statues, donnée en 1770 par l'évêque Charles de Broglie). La ligne de maisons qui relie ou horde ces trois places du côté de la cathédrale décrit un arc de cercle répondant à une partie du tracé des remparts romains, dont quelques tronçons subsistent dans les caves.

L'Hôtel de Ville, construit de US,') à 1523 dans un style gothique où apparaissent quelques détails de la Renaissance, retouché au xvu' s., offre une façade riche et originale; le revers de cette façade, sur la cour, n'est pas moins intéressant.

En revenant par la rue des Merciers à !a rue Saint-Eloi, on trouve à g. la rue de l'Evéché; on y visitera, aux n"' 8 et 10, la façade (style Louis XII, belle lucarne) de Vancien évêché. En entrant dans la cour par la porte cochère (passage libre) du n° 12, on voit à dr. le corps de logis principal (xvii"), qui se relie aux ruines de la chapelle.

[1° @4 k. E. Salency {église des xv« et xvi' s. avec ancien vitrail; fontaine Arson, incrustante, qui fait tourner des moulins) est connu par sa. fête de la Rosière, cérémonie annuelle instituée par St Médard (né dans le villaj.'e; au vi" s. A 1.500 m. N.-E. de Salency, Bêhéricourt, dominé par les hauteurs du bois d'Autrement, possède un château ruiné du xiv<= s.

2» DeNoyon à Lassigny (^, 16 k. O.). — 1 k. Pont-iEvéque, au bord de l'Oise, dont on s'éloigne pour remonter le vallon de la Divette. — 5 k. Passel au cimetière, croix de 1445; sur le mont Hérimont, restes de la Chartreuse île Mont-Renaud ou de Mont-Saint-Louis : dans la chapelle Saint-Louis, moderne, 2 pierres tombales du xin« s. ; dans une chapelle plus petite, moderne aussi, 10 anciennes statues d'Apôtres, en pierre). — 6 k. Ville (à ïvf/lise, vitraux de 1515; menhir de la Pierre-Levée). — 9 k. Cannectancotirt '/'f/lise en partie du xiv"^ s.). — 11 k. Thiescourt (chapelle de St-.itbin. but de pèlerinage, avec crypte). — 13 k. Cuy (à l'église, vitraux du XV' s.). — 14 k. iJives (château des xiii», xV et xvii" s., restauré; Église bâtie en 1355). — 16 k. Lassigny 'liôt. de la Croix-d'Or), ch.-l. de c. de 886 hab.. sur le Pissot (motte entourée de fossés, dite Tour Roland: dolmen appelé la Pierre du Parvis ou la Pierre du Sacrifice; église des xv'-xvn« s., avec vitraux de 1534 et 154',' et tableau du peintre né sans bras Ducornet).

8" De Noyon à Guiscard (^. 14 k. N'.j. —4 k. Vauchelles (à l'église,

258 — [R. 12, 1°] Il DE PARIS A BRUXELLES, jj

verrières do 1503). — A dr., vallée de la Verse. — 8 k. Bussy (église du XVI» s.), *< à g. sur Nesle (V. ci-dessous). — 11 k. MuirancourI (à Végliie, fonts baptismaux du xii« s.). — 14 k. Guiscard, autrefois Mai/ny (hôt. des Voyageurs), ch.-l. de c. de 1,425 hab., au confluent des deux branches mires de la Verso 'église des xi*, xii" et xiv-' s.; restes d'un château dos ducs d'.'Vurnont, à qui a appartenu le marquisat, érigé on 1703 pour Louis de (Juisrard, ambassadeur de Louis XIV on Suisse).

4° De Noyon à Nesle (^, ;^1 k. N.). — 8 k. de Noyon à Bussy ( V. cidessijs). — 14 k. Ileaulieu-Ecuvilly. A Beaulieu-les-Fonlainea : ruines d'un château où Jeanne d'Arc fut retenue prisonnière; statue de l'hcroïne, par Desvergues (J9Û9); ?, belles sources, d'où le village a pris son surnom. A Ecuvilly. rylise du xvi» s., avec restes de peintures. — 17 k. Oynoltes (au S., ferme construite sur l'emplacement et avec les débris de l'Abbaye aux Bois, fondée en 1202). — 21 k. Ercheu (belle église des xvi« et xix' s.; vastes souterrains-refuges). — ol k. Nesle (V. R. 0, A).]

114 k. Bnbœuf (tumulus appelé butte des Mormonts; camp romain; éijlise du xv"" s.).

116 k. Appilly {Pierres de Saint-Urbain et de Saint-Hubert, mon. mégalithiques).

[A 2 k. S., au delà de l'Oise, Brétigny : église en partie du xiii" s., avec chapelle, dite des Balances parce que Ion y pesait les malades, guéris au tombeau du moine 8t Hubert, avec un contrepoids de cire qui servait d'otfrande, et, au-dessous, fontaine de Saint-Hubert, pèlerinage; près de l'église, constructions gothiques, restes d'un pr/'eitré; au cimetière, mcihir.]

117 k. Marest-Quierzy. A dr., Quierzy (château du xvi* s. et ruines féodales plus anciennes; tour Roland, qui passe à tort pour être de l'époque de Gliarlemagne; près de l'église, muraille avec tourelle, reste d'un prieure), posséda aux époques mérovingienne et carolingienne un palais royal dans lequel fut rendu, en 877, par Charles le Chauve, le fameux capitulaire qui consacra l'hérédité des bénéfices et fut la vraie charte de la féodalité. — 120 k. Abhécourt.

124 k. ChaunY (hôt. du Pot-d'Etain, r. du Pont-Royal, 61, omn., 30 c. sans bag., 50 c. avec bag., voit, à louer, déj. 2 fr. 50, din. .3 fr., eh. dep. 2 fr., ^,; café de la Comédie, pi. de THôtelde-Ville), ch.-I. de c, V. industrielle de 10,496 hab. (appelés Chaunois), sur la rive dr. de l'Oise qui y devient navigable, à la jonction du canal Crozat ou de Saint-Quentin et du canal Latéral à l'Oise. — Ateliers annexes de la manufacture de glaces de Saint-Gobain ; fonderies de fer, fabriques de bonneterie, de perles artificielles, de colles et gélatines. — Tribunal de commerce.

ITINÉRAIRE. — En sortant de la gare, on trouve droit devant soi le boulevard Gambetta, qui envoie à g. la rue Arthur-Lacroix (n° 8, postes et telég.), conduisant au marché couvert et à la rue du Pot-d'Etain. A son extrémité, on croise la rue de la Fcre et on a en face la petite rue Charles-Brunelte, se terminant à une belle promenade sur un terrain accidenté. En suivant le tronçon de g. de la rue de la Fère (à dr., petite rue de Clèves, au bout de laquelle se trouve un hôtel du xvin" s.), on débouche sur la place de l'Hôtel-de- Ville. De là une courte rue, entre l'hôtel de ville et le café de la Comédie, conduit à Saint-Martin, église à trois nefs gothiques

CHAUXY. — SAINÏ-GOBALN. || [R- 12, 1 "] — 259

voûtées du xvi° s., et un chœur de 1« Heuaissance, aussi voûté, avec un petit déambulatoire. Revenu à la place, on a à sa dr. la rue du Pont-Royal (n" 16, maison en bois du xvi' s.), que suii la rue du Pot-d'Elain: de cette dernière, entre les n"' 70 et 72, part la rue Xotre-Dame, sur laquelle on trouve bientôt Véylise Notre-Dame, de la fin du xvi'' s., à piliers doriques, non voûtée (chaire du xvni" s.). On revient à la gare par le marché couvert et la rue Arthur-Lacroix. Au S.-S.-E. de Clhauny, au delà du ch. de fer, de l'Oise et des canaux, se trouve l'important faubourg de la Chaussée, où sont les ateliers annexes de Saint-Gobain (F. ci-dessous).

1" De Chauny à Saint-Gobain (^^ 15 k. E.). — On suit la ligne d'Anizyl'iiion jusqu'au (7 k.) Rond-d'Orléans (F. ci-dessous). — On parcourt la /{nsse-Forc't de Court/ -J.lôô lioct.i. et l'on francliit une profonde vallée, dans laquelle se trouve, à dr.. le hameau du F'etil-Barisis. — 10 k. Barisis. — On contourne la colline de Saiut-Gobain.

lô k. Saint-Gobain iliot. : du Poixt-du-Jour, garçon à la gare, déj. ■2 fr. 75, din. 0 fr. 75, cli. de 1 fr. 75 à :2 fr. 50, pens. dep. 6 fr.. ch. hygién.. •^^ ; de la Mairie. — Miuinfacturc de glaces: excursions en foret, h. de •2,268 hab., situé sur une colline, entre la Bassc-Forét de Coucy et la l'orét de Saint-Gobain ou Hautc-Forèt de Coucy, possède une célèbre manufacture de glaces (il faut ano autorisation du Directeur pour la visiter), établie en 1685 par .\braham Thevart, à la place d'une verrerie •créée dans les premières années du règne de Louis XII par Marie de Luxembourg, veuve de François de Bourlion-Vendôme et bisaïeule de Henri IV. En 169-2, le nouvel établissement prenait le titrp de « manufacture royale des grandes glaces ». car il n'était reconnu qu'à la condition ■de fabriquer exclusivement les glaces ayant plus de 60 pouces sur 40. « Presque toutes les glaces, au moins en France, dit Turgan, sont dues au •coulage, procédé inventé, perfectionné et auj. encore, après 200 ans, •exploité à Saint-Gobain avec une supériorité incontestable. » Le polissage se fait à Chauny. où la Société de Saint-Gobain possède une fabr. de produits chimiques, d'émeri, de potée, et divers autres ateliers, dont l'un Tecoit en gros lingots l'étain de Banka et travaille à fondre, à épurer, mouler, laminer, battre et rouler en cylindres ce métal, que la Société emploie ensuite, dans ses ateliers, à l'étamagc des glaces, ou qu'elle cède au commerce. I^a manufacture occupe à l'intérieur aSO à 400 ouvriers, qui fabriquent pour 2 millions et demi de fr. en moyenne. — Le nom de Goi)ain est celui d'un solitaire qui fut tué dans cette région en 670 et y fut honoré comme martyr. — Au-dessous de l'ëi/fise il existe une crypte à croisées d'ogives, et une fontaine que le saint patron du pays fit, dit la légende, jaillir sous son bâton. — On voit à Saint-Gobain des crevttes l'cryptiP) ou carrières autrefois habitées.

JA 4 k. cnv. K., dans une gorge de la foret, ruines de l'abbaye de Saint-, Nicolas-aux-Bois. fondée à la tin du xc s.. rel)âtio aux xiv" et xv s. Le v. de Siiitit-Aitolus-aux-Bois (pèlerinage de Saint-An/uey) est situé un peu plus au M., à l'angle de deux vallées et sur un ruisseau qui allait se déverser dans les étangs de .Saint-Lambert. Non loin des ruines, la Croix- Seiziùne ou des T rois- h' r ères est. dit-on, le monument expiatoire qu'Enguerrand III de Coucy dut élever, en 1256. à la mémoire de trois jeun€;s gens pendus par ses gardes pour avoir chassé dans ses bois. Cette ex.écution donna lieu à un procès qui fut plaidé en cour des pairs devant St Louis, et, malgré sa puissance, Engucrrand faillit payer de sa tête cet acte de cruauté. — Au N, de Saint-Nicolas, près d'un étang, la ferme du Tortoir

; une ancienne nialadrerie, dont il reste trois bâtiments intéressants du »iv« s.J

Lie Saint-Gobain à Anizj- et à Tergnier, V. ci-dessous, p. 262.

260 — [R. 12, l°l • Il DE PARIS A BRUXELLES. |i

2" De ChaunY à AnlzY-PInon (^ Nord. 25 k. S.-E., visite)- Coucy). — On franchit le ranal Crozat et l'Oise. — 1 k. Sinceny. — Entré dans la forOt do Saint-Gobain. on y atteint bientôt un (carrefour de routes forestières.

7 k. Le Rond-d'Orléans, J.' sur Saint-Gobain ( V. ci-dessus). — On continuo de parcourir la Basse-Forét de Coucy. à la lisière S. de laquelle se trouve une station (9 k.) située près de l'étang du Vivier et plus rapprochée .de la verrerie (fondée on 170")) que du v. de Foleinhray, où. le L'4 janvier 15%. fut signé un traité qui réconcilia avec Henri IV le duc do Mayenne et par là mit lin à la Ligue.

13 k. Coucy-Ie-Château (omn. 50 c; hôt. : des Buines, déj. 2 fr. 50. dîn. 3 fr., à part 3 fr. 50. ch. depuis 2 fr., pans. 6 à 10 fr., bains, |!|i, ^li, voit., téléph. ; de la Pomme-d'Or, déj. 2 fr. 50, dîn. 3 fr., ch. depuis 1 fr. dO. pens. 0 fr. par j. pour une sem., 5 fr. pour 1 mois, 4^, voit., téléph. — liuines du château, de I" ordre; ou trouve, chez M. Galimant-Léger, libraire, et à l'hôtel de la Pomme-d'Or, l'excellente monographie de M. Eug. Lefèvrc- Pontalis. an prix de 1 fr. 75), ch.-i. de c. de 700 hab. (le territoire communal, '21 hect., ne comprend que l'enceinte de la ville et du château), à 1-21 m. (l'ait., sur une colline découpée en un promontoire à l'extrémité duquel se drosse fièrement sa forteresse féodale.

Histoire. — Le château primitif fut bâti, vers 910, par Hervé, archevêque de lioims, puis tomba au pouvoir du père d'Hervé, le comte Herbert II de Vermandois, qui. en 9J9, y <létint prisonnier le roi Charles le Simple. Knguerrand de Boves, qui se signala dans la première croisade, fur la tige de la puissante maison de Coucy. Son fils Thomas de Mario fut un véritable brigand dont la protection compromit la commune naissante de Laon. en 111-2. Son petit-fils Pmguerrand II passe, d'après la tradition, pour avoir combattu à l'épée contre un lion; on croit auj. que ce sujet, représente eu bas-relief sur la porte du donjon, est simplement une allégorie de la bravoure française. Enguerrand III, qui tint la seigneurie de 1192 à 12-12, signa la charte de la ville do Coucy en 1197; il fit plus tard reconstruire le château et environna lo bourg de murailles. Guillaume, un de ses descendants, abandonna tout autre titre pour garder celui de sire de Couc}'. Peut-être est-ce à ce seigneur (f 1335) qu'il faut rapporter la devise fameuse : Roy ne suis, — ne prince, ne duc. ne comte aussy, — je suys le sire de Coucy. Marie, fille d'Enguerrand VJI (-j- 1397) et veuve du comte de Bar, vendit, en 1400, la seigneurie de Coucy à Louis de France, duc d'Orléans, frère de Charles XI; en faveur de ce prince, le fief fut érigé en duché-pairie. Le château, plusieurs fois disputé aux xv et xvi" s., fut assiégé et pris par les troupes royales en 1652 ; le cardinal Mazarin en fit démanteler les fortifications. Devenu "domaine national en 1793 et cédé ensuite à l'hospice de Coucy, le château a été racheté on 1829 par Louis-Philippe, alors duc d'Orléans. Il fait partie, depuis 1856, du domaine do l'Etat, qui y a fait exécuter des travaux de consolidation et de déblaiement, sous la direction do Viollot-le-Duc.

Itinéraire. — De la gare l'ému. 50 c.V on tourne à g. pour traverser la voie et monter vers la ville (15 min. env.), où l'on entre par la porte de Chauny, d'où une pente rapide donne accès sur la place du Marché. — Les touristes arrivant par .Anizy-Pinon pourront descendre à la halte de Coucy, qui, on venant de cette direction, procède la gare. De la halte, on traverse la voie, on prend la route en face, que l'on abandonne ensuite pour monter par la sente de la Halte, et entrer dans Coucy (8 à 10 min. à pied) par la porte de Soissons. On arrive ainsi à la place de V Hôlel-de- l'j//e (beffroi), à g. duquel une rue mènerait aux ruines. Laissant à g., au fond d'une ruelle, près d'uue porte fortifiée. ïér/lise (xw, xiii" et surtout xv° s.; beaux fonts baptismaux en marbre noir du xiii' s.i, on arrive de même à la place du Marché.

De la place du Marché, la principale de Coucy, se détache une rue où se trouvent les hôtels et la Porte de Laon Jarc brisé, resserré entre deux grosses tours, suivi d'un couloir profond, et surmonté d'une salle éclairée, du côté de la ville, par des fenêtres à linteaux).

Il CHÂTEAU DE GOUGY. |1 [R. 12, l°j — 261

Dès que l'on franchit l'entrée du Château, on se trouve dans l'ancienne « baille » ou basse-cour, transformée en prairie plantée d'arbres (à y., habitation du grardien, (jui accompagne les visiteurs ; à côté, vestiges d'une chapelle du xii'= s.). On franchit une seconde porte pour pénétrer dans le château proprement dit, bâti à l'extrémité d'un plateau de forme très irrégulière, dominant des escarpements assez abrupts élevés de 50 m. env. au-dessus de la vallée, et couvrant une surface de 10,000 m. env. La plus grande partie des constructions fut exécutée de 1230 à 1-240, avec une rapidité prodigieuse; les bâtiments d'haliitation et les embellissements intérieurs, que l'on avait attribués à Louis d'Orléans, sont reconnus aujourd'hui, d'après des documents retrouvés, avoir été exécutés sous Enguerrand Vil, entre 1385 et 1388. L'aspect général est celui d'un quadrilatère irrégulier, ayant une forte tour ronde haute de 33 m., de l'importance d'un donjon ordinaire, à chacun de ses angles. Ce château est la plus belle ruine féodale de France, où il n'eut pour rivaux en importance monumentale que le château de Vincennes et le palais pontifical d'Avignon, bâtis au xiv» s.

La tour qui se dresse à dr. de l'entrée renferme une collection lapidaire : clets de voûte sculptées, gargouilles, boulets en pierre, débris de sculptures, etc. Entre les tours de l'O. et de l'E. s'élève le donion. haut de 55 m. sur 30 m. 10 de diamètre, défendu par un fossé et par une chemise circulaire. Un souterrain qui en suit le contour renfermait une source excellente à fleur de terre. Du couloir d'entrée de la seconde enceinte, on débouchait sur une cour entourée de bâtiments de service et d'habitation, et où s'élevait' une seconde chapelle à deux travées, d'un fort beau style. On pénétrait dans le donjon par un pont à bascule. Au tympan de la porte, un bas-relief, très restauré, représente un chevalier luttant contre un lion. Sur le mur du donjon, de plus de 1 m. d'épaisseur, subsistent des restes très apparents de peintures. L'n puits très profond, encore existant, alimentait les défenseurs. Un chemin de ronde, pris dans l'épaisseur des murs, permettait de circuler autour de la salle du 2° étage sans y entrer. La plateforme supérieure est auj. remplacée par un toit. Un parapet fort élevé, percé de créneaux et de meurtrières, est encore couronné, à l'intérieur et à l'extérieur, d'une épaisse corniche k deux rangs de crochets. On peut monter sur la crête du parapet (vue splendide ; prendre garde au vertige).

Vers 1387 furent édifiées, sur le flanc O., la, saile rfe.v neuf Preux ("au-dessous des frises délicatement sculptées, niches à dais), et sur le flanc N., celle des neuf Presses : près de cette dernière, une pièce, décorée de sculptures et pourvue d'une cheminée, était prise sur l'épaisseur de la courtine.

L'une des deux tours de l'O., la tour du Bot, effondrée à Tint., conserve des restes importants de peintures. Les deux autres tours ofl'rent encore de belles salles voûtées.

11 reste des parties considérables des fortifications du bourg (xiii'" s.), flanquées de belles tours rondes. Le tour des remparts constitue une promenade très intéressante, avec de fort belles vues.

Près de la porte de Soissons, dans le domaine de M. Lhermite (demander à visiter; pourboire au concierge), on peut voir un petit mitsée local fort intéressant, la chambre do Gabrielle d'Estrées, et la chambre où naquit, en 1591. César, duc de Vendôme, qu'elle eut de Henri IV. Le jardin de la propriété occupe une partie de l'ancien chemin de garde (très belles vues).

([A Xof/ent (-2 k. .S.-O. de Coucy) existait une abbaye bénédictine où vécut MabiUon et dont fut abbé le célèljre Guibert (-;- 1124), l'auteur du Gesla Dei par Francos. — A l'E., sur un promontoire qui l'ait face à Coucy, château de Moyemhrie (tour bâtie au xiv« ou au xv" s. sur le modèle réduit de celle de Coucy). — A 2 k. ÎS'.-E. de la gare, Coucy-la-Ville; é(jlis': des xii" et xv" s. ffonts baptismaux du xii" s.), dont le transept est flanqué, à g., de chapelles carrées, et orné, à dr., de peintures du xv« s., très intéressantes (Vie de .Si Antoine); sur le chœur s'élève un clocher roman; sur la façade, un autre clocher (flèche en pierre), bien plus élégant, porto le cachet du xv" s.

262 — ,R. 12. l'\ Il DE P.VRIS A BRUXELLES. Il

Forêt de Coucy : Prémontré {promenade très recommandai', sujyerhes futaies, /iiltorcsijues accn/ents; ;^, 8 k. E.-N..E.; voit, partie. : 1 pers. 0 fr.. îî pers. S Ir.. 4 ou 5 pers. 10 à fi U-.). h& fort'l df Coucy, démembrement Ue Tanti(jue lorôt i\e Voëse ou de Vosage, l'orme auj. doux t"or<"-ts domaniales, dénommées, l'une. Busse-Forrt de Coucy, l'autre Haute-Forêt de Coucy ou forêt de Saint-doliain. Au centre de celle-ci, avant le x' s., s'élevait une habitation royale. C'est là que. on 11-20, fut fondée par .St Norljcrl la célèbre abbaye de Prémontré, maison mère de l'ordre monastique des Prémontrés, qui suivait la règle aupustinc. Les bâtiments reconstruits au xviii' s. (curieux escalier) servent auj. à un asile d'aliénés, que l'on peut visiier en faisant demander la permission par le concierge au directeur. On voit en outre les restes du mur de clôture (xiii" s.) du monestère. une abside du xii' s., reste de la chapelle Saint-Norbert, et divers débris du moyen àfje.]]

De Coucy à Vie, p. -iôl ; — à Soissons, p. 281.

15 k. Coucy-le-Ckâtean, halte. — 18 k. Jumencourt. — V.> k. Landricourt.

— -22 k. Van'cailloii. — On franchit le canal de l'Oise à l'.Visne. — •-'.'> k. Aiiizv- Pinon(R. 13. 3").

3" De Chauny à Coucy par Blérancourt (^, 31 k. ; ce tra.jet détourné jiar ch. de fer départemental n'est pas pratique pour aller à Coui-y, mais pour visiter certaines localités non desservies autrement). — 4 k. ^inceny.

— "! k. Hichancotirt (éylise du xii" au xvi" s.). — 10 k. Manicump. — 14 k. Bourguignon- Besmé. — 17 k. Cumelin. — 18 k. IHêrancourt (église des xvi" et xv!!" s.; à l'extér.. 2 statues tombales;. — 21 k. Saint-Aubin. — 23 k. Trosly-Loire. — 27 k. Gvny [églisa du xvi" s.). — 31 k. Coucy.]

Au delà de Chauny, on longe, à quelque distance à dr., le canal de Saint-Quentin. — 127 k. Viry-Noureiiil. — On croise l'ancienne voie romaine, ou chaussée Brunehaut, de Soissons à Saint-Quentin.

131 k. Tergnier (if, K des lignes de Paris ù Maubeuge et de Calais à Bàle, plus spécialement d'Amiens ii Laon), 4,307 hal). (grands ateliers de la Compagnie du Nord, 1,20U ouvriers).

i° De Tergnier à AnizY-Pinon (^ départemental, 32 k. S.-E.). — On franchit le canal de Saint-Quentin. — 4 k. Condren, l'antique station romaine de Conlrayinntn. — Pont sur l'Oise. — 7 k. Amiyny-Bouy (à Awigny. église en jiartie du xii* s.). — 10 k. Servais. — 12 k. DeuiUec. — 11 k. Saint-CroOain-Glaces. — 15 k. Saint-Gobain-Chesnoye (pour Saint- Gobain, V. p. 259). — 18 k. Srptraux (curieuse église des xi« et xii» s. avec deux tours sur l'axe). — 21 k. Fresnes. — 24 k. Prémontré ( V. ci-dessus).

— 2'.» k. Brancourt (église du xu* s.). — 32 k. Anizy-Pinon (R. 13, 3").

2" De Tergnier à Laon f^ Nord, 28 k. S.-E.). — On franchit le canal Crozat près de Forgniers, 2,351 hab.. puis on longe le canal de l'Oise à la Sambre. que l'on franchit devant Beautor, avant de traverser l'Oise.

5 k. La Fère (omn. 30 c. et 50 c. ; hôt. : de l'Europe, r. de la République. 49, voit. <ie louage; de France, r. de la République. 98i. ch.-l. de c. de 4,715 hab., place forte, dans la vallée de l'Oise, au-dessous du confluent de la Serre.

Histoire. — La Fère (Fera), dont l'origine remonte au ix" s., n'a guère d'histoire que comme place forte; les sièges les plus célèbres sont celui de 1596, soutenu contre Henri IV. qui faillit y perdre la vie; celui de 1815, contre les Prussiens, qui durent se retirer, et celui de nov. 1870. qui, après une iKTo'ique résistance, se termina par une capitulation.

Itinéraire. — De la gare, on tourne à dr.. pour longer ensuite une promenade (kiosque de concerts) et, à g., franchir un bras de l'Oise. L'enceinte franchie, on se trouve dans la rue de la Bépiddique (à. dr., hôtel de rille.

Il LA FÈRE. — SAINT-QLENTIN. |1 [R. 12, i°] — 263

xviii^ S., ancienne habitation des comtes d'Aboville; n° î et à l'angle de la place. )itaisoiis en bois du xvi* s.), allant aboutir à la « Place » ; de celle-ci part à g. la rue dti Bourijet {poste, dans un bâtiment neuf à tourelle). En tournant à dr. sur la place, on arrive à l'Esplanade, sur laquelle donne, à dr.. la justice de paix, dont le •2" étage renferme un petit musée (quelques tableaux des écoles flamande et italienne, paysages de l'école française, 2 triptyques du w" s.).

A g. de l'Esplanade, une rue conduit à Saint-Montain, église gothique à cinq nefs dont la façade, moderne, est de mauvais goût. Les piliers de la nef et les colonnettes montant à la grande voûte sont du xiii" s., de môme qu'en partie les voûtes des premiers bas-côtés; le reste est du xV et du xvi" s.; quelques débris de vitraux. Au bout du premier bas-côté dr., un monument a été érigé, au dernier siècle, à Marie de Luxembourg, « la mère des pauvres «, née à la Fère, morte en 1046, veuve de François de Bourbon et aïeule de Henri IV.

Au delà de la Fère, la voie franchit un bras de l'Oise, puis le ruisseau de Saint-Lambert, en amont d'un étang.

10 k. Versignt] (tumulus de Château- Julieti).

\C^ départemental do Versigny à (-22 Iv. E.) Dercy-Mortiors (R. 14), par (3 k.j Anguilcourt-le-Sart, (1 k.) Nouvion-le-Coiiile, (7 k.) l'ont-à-Bncy, (9 k.) hernies, (Vik.) Assis, (15 k.) Pouilly-sur-Serre (X sur Laon et Guise, R. 13, 3"), (17 k.^ Créci/sur-Serre, ch.-l. de c. de 1,834 hab. {église des xv'^ et xvi'' s.), et (19 k.) Chalandry.}

15 k. Foiirdrain, dans une situation très pittoresque au fond d'un amphithéâtre de hautes collines que couronne, au N., à 1 O. et au 8., la forêt de Saint-Gobain. A -2 k. 5 O.-S.-O. do la station, la ferme de Saint-Lambert occupe les restes d'un clidteau du xu^' s. ^dans le voisinage, ruines d'une chapelle prieurale). — ■ La voie traverse la partie >'. do la foret; dès que l'on en est sorti, on découvre au loin la montagne et la cathédrale do Laon.

17 k. Crépy-Couvroii : à 2 k. 5 S. C répy-en-Laonnois est connu par le traité du 17 sep. 1544 entre François I" et l'empereur Charles-Quint. Deux foires très fréquentées y ont lieu le 2 juillet et le 12 nov. ; la seconde fut instituée en 1360 pour récompenser les hab. du courage qu'ils avaient montré l'année précédente contre les Anglais. — Eglises Saint-Pierre, du xiii" s., et Notre- Dame, des xiv^ et xv" s. (restaurée au xvii').

22 k. Besny-et-Loisy, au pied du Mont-Fendu, où Louis d'Outremer rit pendre, dit-on, Herbert II, comte de Vermandois (943).

28 k. Laon® (R. 13, 3°). i

De Tergnier à Chaulnes, V. R. 9, A.

A Terjïnier, la voie quitte la vallée de l'Oise pour courir au N., parallèlement au canal Crozat. — 136 k. Mennessis, où se détache la ligne de Chaulnes-Amiens. — On franchit le canal. — 141 k. Montescourt-Lizcrolles. — 146 k. Essigny-le-Grand {église de la Renaissance). — On débouche dans la vallée de la Somme.

154 k. SAINT-QUENTIN (@; omn., tram et voit devant la gare; V. VIndex), ch.-l. d'arr., 'V. industrielle de 52,768 hab., de beaucoup la plus importante du dép. de l'Aisne, sur le versant de la rive dr. de la Somme, au-dessus du bassin où s'opère la jonction du canal Crozat avec le canal de Saint-Quentin.

Principales curiosités. — Collégiale Saint-Quentin (p. 267). — Hôtel de

Ville (p. 266), Grande-Place et Monu.vient du Siège de 1557 (p. 266). — Musée Lécuyeb avec collection des pastels de La Tour (p. 268). — Monument DE 1870 (p. 266). — Champs-Elysées ''p. 269). Histoire. — Saint-Quentin, appelé sous les empereurs romains Augusta

264 — [R. 12, 1°] Il DE PARIS A BRUXELLES. ||

Veromandiiot^m. remplaça dès le i" siècle la cité gauloise de Verniand comme capitale de lu nation des Veromandui . En ïiSl, Caius Quintinus. venu d'Italie pour y [iPc^'clier le christianisme, y fut décapité pour la loi avec ses deux diacres. Va évêché fut établi peude temps après à 8aint-Qucntin ; mais les barbares du v= s. ayant réduit la ville en cendres et dispersé les habitants. St Médard transféra le siège à Noyon. en 531 ou 53-'. La ville moderne doit son origine à un successeur de St Médard. le faraeu.x St E!oi, qui, vers 015. fit orner le tombeau de .St Quentin et institua auprès de lui une communauté de clercs. L'affluence des pèlerins amena le commerce et l'industrie, et, dès lÛSO. la ville de Saint-Quentin obtenait du comte de Vermandûis la première charte communale dont il soit fait mention, et qui fut complétée en 1103. La fabrication des draps y était en vigueur dès le X' s. Saint-Quentin est surtout célèbre dans l'histoire par les deux sièges qu'il soutint héroïquement, eu 1557 et en 1870. En 1557. l'armée de Philippe II, qui assiégeait la ville, tailla en pièces, le jour de Saint-Laurent (10 août;, une armée envoyée par Henri II à son secours. Un vieu fait à cette occasion par le vainqueur valut à lEspagne le palais-monastère de l'Escurial. La place capitula 15 jours après, mais sa résistance n'avait pas été inutile, car elle avait permis à une nouvelle armée de se former pour couvrir Paris. Le 8 oct. 1870, la garde nationale de Saint-Quentin, sous la direction du préfet de r.A.isne, .\natole de la Forge, repoussa une première attaque des Allemands; mais, le 19 janvier 1S71, le général Faidherbe livrait dans le voisinage la bataille dite de Saint-t^uentin. à la suite de laquelle il était obligé de battre en retraite devant des forces supérieures.

Saint-Quentin a vu naître : l'avocat Orne}- Talon 1595-165-2): l'érudit historien Luc d'Achenj ou liachery ( 1609-1685 1; le célèbre pastelliste Mawiee- Qiientin de La Jour 1 1704-1788) ; le communiste Babeuf (1704-1797) et l'historien Henri Martin (1810-1883).

Industrie et commerce. — Les principales industries saint-quentinoises sont : les ftlat. de coton, les manuf. détotfes de coton, la broderie. La ville est surtout renommée pour ses jaconas, ses batistes d'Ecosse, ses percales brochées, ses mousselines plumetis et pour ameublement, ses brillantes, ses gazes et ses mousselines garnies, supérieures même à celles de Tarare et de la Suisse. Saint-Quentin fabrique aussi des tissus de laine, tels que la mousseline-laine, le barège, le cachemire d'Eeosse, le mérinos en chaîne simple pour robes et châles, les tissus soie et laine pour châles et autres articles légers. La broderie est représentée par d'importantes maisons, dont les ouvrières, pour la broderie à la main, se trouvent dans les Vosges. Saint-Quentin est le centre dune importante industrie sucrière (une quarantaine de sucreries dans l'arrond.), mais n'a qu'une raffinerie.

Canaux. — Le canal Crozat. qui établit la communication de l'Oise à la Somme, de Cliauny à Saint-Quentin, doit son nom à un riche financier qui le tit creuser de 1732 à 1735, au prix de 4.500.000 livres. Cette voie navigable, longue de 40 k. env., se relie, près de Saint-Simon, au canal de la Somme, puis au canal de Saint-Quentin proprement dit, sous les murs de la ville de ce nonî.

Le canal de Saint-Quentin forme la jonction de la Somme à l'Escaut; avec le canal Crozat. il établit une communication continue entre le bassin de la .Seine et les riches contrées de la Flandre et constitue la voie fluviale la plus fréquentée de la France. De Saint-Quentin à Cambrai, la longueur du canal est de 51.829 m. Entrepris dès 1769 par l'ingénieur Laurent, terminé de 18U-2 à 1810 par Napoléon 1", il traverse le plateau de l'.Vriois par deux percées souterraines, celle du Tronquât/, qui a 1.098 m. de long., et celle de lin/uvral. qui en a 5,670. La traversée de ce dernier passage, dit " le Grand Souterrain », inspira originairement une telle appréhension aux bateliers, qu'il fallut promettre une exemption perpétuelle de tout droit de navigation au premier bateau qui franchirait cette partie du canal.

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