‹ Le Nord, la Champagne et l'ArdenneChapitre 170 sur 446 · VERDUN : — CATHÉDRALE. || [R · texte numérisé non relu

VERDUN : — CATHÉDRALE. || [R

par la longue rue du Ru, qui longe le pied de la citadelle, à la porte Neuve, où commence la route de Saint-Mihiel.

De la place du Marclié-Couvert monte (à dr., quand on vient de la gare) en pente raide, avec degrés marqués sur le pavé, la rue du iPont-des-Augustins, que suit, plus raide encore (79 marches), la rue Sur-les-Gros-Degrég, débouchant à l'abside de la cathédrale (au S. de cette abside, au fond d'une courte ruelle, petits bâtiments des XVI'' et xvn* s. dépendant de la maîtrise).

La cathédrale Notre-Dame, bâtie selon les traditions germaniques, a deux transepts égaux et avait primitivement une abside à chaque extrémité; l'abside de l'O. a été remplacée au xviW s. par la façade actuelle, en même temps qu'étaient refaites les deux tours qui enveloppent les premiers croisillons. D'une cathédrale romane consacrée en 1047 il ne reste probablement que le plan général; d'une seconde cathédrale romane consacrée juste cent ans plus tard, par le pape Eugène III, on possède la crypte, une petite salle à dr. du chœur, des arcades intérieures sous le transept occidental, et des fragments très caractérisés aux quatre croisillons, surtout du côté du N., et la moitié des quatre contreforts de l'hémicycle absidal, ornés de statues (Adam et Eve; Annonciation; groupe mutilé ; un Eoêque). Les bas-côtés et l'abside conservent le caractère du xiii° s. avancé et les chapelles latérales celui du xiv" s. ; le porche N., du xiv" ou du xv°s., a été retaillé au xvni° s.; la grande nef et les croisillons ont été complètement remaniés à celte dernière époque.

A dr. de la nef, grande chapelle du Sacré-Crrw : belles grilles do 1873 ; vilraux de Didron. — Croisillon dr. du 2*^ transept : curieux bas-relief votif de la Renaissance [Assomption], avec inscription gothique; Vierge en marbre blanc du xvin« s. ; châsse contenant des reliques des saints évoques de "Verdun. — Maitre-autel avec riche baldaquin du wni" s. supporté par 4 colonnes torses. — Chapelle à coté du porche N., vers le chœur : vitrail du xvi« s. restauré par M. Champigneulle, et petit retable de la Renaissance. — Aux côtés de l'autel du croisillon dr. du 2" transept sont deux portes : on ouvre soi-même (il est convenaVile d'avoir demandé l'autorisation à un prêtre ou à un employé do l'église, et mieux de se faire accompagner avec une lumière si l'on veut hien voir la crypte) celle de g., et on monte par 8 marches dans une petite salle romane servant actuellement de vestibule à une grande et belle salle voûtée du xin'= s., avec colonne médiane, formant comme un doublement du croisillon. Au mur mitoyen se voit l'archivolte, à riche décoration végétale, d'une grande porte romane. — Revenu au niveau de l'église, on descend par 19 marches à la crypte, en partie comblée, où l'on remarque encore trois ou quatre chapiteaux romans et quel([ues restes de peintures du xiii' s.

A l'O. de la cathédrale se trouve l'ancien évêché, dans une magnifique situation. La cour d'honneur, du temps de Louis XIV, rappelle l'architecture de Versailles. On peut aussi visiter (jeudis et dira, seulement) le magnifique cloître (3 côtés inégaux de 6, 9 et 4 arcades) du xv° s., d'une conservation admirable, s'étendant au S. de l'église; quelques parties à l'E. remontent au xni" s. et, avec leurs pleins cintres, ont un faux air de style roman. Quelques morceaux de sculpture ont été déposés ou encastrés dans ce cloître, notamment une Sainte Famille, du xiv' ou du xv" s.

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De l'évèché, une courte ruelle conduit à la porte Châtel, poterne du xv" s., donnant sur l'esplanade de la Hoche, (|ui si'pare la citiidi'iic (le la villf.

La Citadelle, bâtie sur l'emplacement de la célèbre abbaye de Saint-Vanne, l'ondée en 952, ne présente plus aucun reste de ce monastère: les seuls fragments d'architecture et de sculpture que le bombardement de 187(1 avait épargnés ont été acquis en 1889 par un particulier, qui les a déposes dans son jardin.

Pour le retour a la gare, de lesplanade, on peut suivre l'itinéraire (jue voici : à g., rue Montgaud (a son extrémité, à g., rue Porte-de-France, co'nduisant à la porte de France et à la route de Paris): légèrement à dr., rue Chevcrl, suivie de la petite place d'Armes et de la rue Saint-Pierre; a g., rue Saint-Paul (V. ci-de.ssus). Si l'on veut visiter la synagogue (style mauresfiue), il faut, arrivé près de la porte Saint-Paul, tourner à dr.

De Verdun à Lérouville i^^ Kst, 51 k. .^.-K. ; visiter Saint-Mi/iiel . — Au pied de la citadello (à g. i, on laisse à dr. la ligne de Chàlons. et on remonte à distances très varialdes, jusqu'à Lérouville. la rive g. de la Meuse. — 8 k. Bui/ny clocher du xii'- s. avec hourdagc en bois du xiV;. — i:^ k. Ancemonl. — 19 k. Vilters-Uenoitevauj: : voit, à louer pour i'.' k. S.-O.) Denoiteiaux, lieu de pèlerinage à la Vierge. — -25 k. Woimùei/. — 29 k. Ùaunoncourt. — 3-2 k. Dompcevrin. — On aperçoit à g., de l'autre côté de la vallée, les rochers de Saint-Mihiel.

37 k. Saint-Mihiel ( V. VIndej-. — Art et archéol. : le célèbre saint-sépulcre est dans l'église ^^aint-Etienne), ch.-l. de c. de 9.661 hab. appelés Sammieltoisj. siège de la cour d'assises du dép. de la Meuse et du tribunal civil de l'arrond. de Commercy. et occupé par une importante garnison. Cette ville, agréaldement située et distribuée assez originalement sur l;i rivo dr. de la Meuse, au pied et sur les pentes des Cotes do Meuse, doit son origine et son nom à l'abbaye de Saint-Michel, l'ondée en 7Ù9. Elle a vu naitre le Dominicain Guillaume' de MarciUat 1167-1Ô29;, peintre verrier qui s'illustra en Italie, et le sculpteur Ligier Hichier i !506-1d7'2i, une des gloires de la Renaissance française.

Itinéraire. — En sortant de la gare, on tourne à dr. pour gagèer lo pont (9 arches inégales:, ancien mais remanié, d'où l'on voit, en aval, les falaises. A l'issue du pont, on suit en face la rue Porte-à-Meusi'. aboutissant à la place des Balles. Do celle-ci partent, à g. la rue Fniilii-re (quelques maisons anciennesi, à dr. la rue Xotre-Dnme (à l'angle de la place, liotel du Cj/gnc, grande maison du .\vi' s.), à l'extrcmiic de laquelle sont, au n" 1, une tourelle à pans du xv' s., et, au n" 2, une maison des xiv« et xv s., dont une fenêtre sur le coté) a conservé son grillage de l'époque. .Suivant la rue des Carmes et la place des liegrcts (à dr., rue Morguesson, où est la poste), on arrive à Xz. place du Collège, où est l'ancienne abbaye.

L'abbaye est presque intacte. Dans les bâtiments claustraux, bâtis à la fin du xvii" s. et au commenc. du xviif, et dont l'architecture est vraiment grandiose, sont installés le collège Ligier-ltichier. la Ai6/io</(C'/iie '15,000 vol., manuscr. intéressants: ouverte le jeudi de 1 h. à 1 h.), le palais de Justice et la gendarmerie.

Le coté g. est formé par l'égUse Sciint-Michel, bâtie vers le milieu du xvii* s. dans un style classique mitigé par de singulières réminiscences du moyen âge et donnant un édifice d'une puissante originalité. Elle est flanquée de trois tours, une au milieu de la façade, les deux autres aux cotés du chœur; la tour do l'O. otlrc des restes très apparents du xii" s. et notamment une porte romane, retouchée (encadrement de la baiei à la Renaissance. J/abside est trilobée, avec contrefort sur l'axe, ce qui donne à l'inté-

,1 VERDUN. — SÂlNT-MlHIEL. || [R. 19, 1"] — 367

rieur une coinliinaison de voiite assez bizarre. Hcauooup do l'ouèlres ol de grands arcs sont en tiers-point; les voûtes sont à o<j:ivos, avec iiutitcs ciels pendantes; les j^ros piliers cannelés d'ordre ionique libre (les volutes y sont remplacées par des consolosj ont des bases à grirfcs comme les colonnes du xit" s. — On remarque en outre à l'intérieur : le buffet d'orgues, du xviii" s. ; dans la chapelle des l'onts, contre le mur de g., un Enfant jouatit avec deux têtes de mort, charmante sculpture attribuée à Jean Richior, tils du célébra Ligier; à la i"' chapelle du bas-côté dr., la Vierge défaillante soutenue par St Jean (bois), de Ligier: au croisillon dr., une belle verrure niuderne où est représenté le saiut-sépulcrc do Saint-Etienne ; les slalle.i, du .xviii« s. ; au fond de l'abside, ï'oryue d'accompagnement, de la niômo époque; au vestibule de ia sacristie, côté g. du chœur, de belles sculptures provenant d'un jub'é de 1550 environ et qui sont attribuées à Ligier Richier; au bas-côté N'., -1 vitraux du xyir s.

Une voûte, dite rue du Palais-de-Justice, traverse les bâtiments de l'abbaye, et aboutit, du côté E., à la place des Moines, où sont un kiosque de musique et la salle de spectacle. En prolongement du passage voiité s'aligne la rue (plutôt chemin) des Ingénieurs, conduisant, par la rue de l'Eglise, à Saint-Etienne.

L'église Saint-Etienne, liâtie du xiii" au xvin" s., et où domine le gothique flamboj'ant, est bien moins intéressante en elle-même (ju'en ce qu'elle possède (à dr.. -2" travée) un des grands chefs-d'œuvre do la sculpture française, le saint-sépulcre exécuté (1553-1567) pour cette église, qui était sa paroisse, par Ligier Richier. La scène de l'ensevelissement comprend treize statues, au lieu de huit ou neuf qu'elle compte ordinairement, ce qui lui donne beaucoup de mouvement ; un ange, qui représenterait l'auteur, apporte la croix, les clous, et semble adresser des consolations à la Vierge défaillante ; Ste Véronique tient la couronne d'épines ; Madeleine baise les pieds du Christ; une des saintes femmes prépare le suaire dans le tombeau; les statues sont un peu plus grandes que nature. Les personnages les plus remarquables sont deux joueurs de dés, malheureusement mal éclairés, et peu visibles. — Saint-Etienne renferme en outre : aux trois chapelles disposées contre le mur de façade, diverses sculptures attribuées à L. Richier; et, au-dessus du maitre-autel, un retable de la Renaissance dont les détails pourraient bien être aussi de sa main.

De Saint-Etienne, la rue de l'Eglise (au n" 3, maison du xvi® s.) ramène à la. place Ligier- Richier (statue en bronze de Ligier Richier, par le sculpteur sammiellois Vadel. 1909), d'où part à g. la rue de Vaux, sur laquelle sont V hôtel lie ville (n" 13; façade du xvii^ s.), et aux n"' 0, .'-i, 22, 27, 31 et 36, des maisons de la Renaissance; le \V 3 est surtout remarquable. La rue de Vaux se prolonge par la rue du Général-Biaise, à dr., qui se tient de plainpied (au n° 30, curieuse maison, du commeuc. du xviii''s.), et, à g., par la rua C arnot [a,n n" 36, maison do la Rcnaissanco), qui descend à la place des Halles.

.\.u N. de Saiut-Mihiel, sur la route do Verdun, s'alignent les célèbres falaises de Saint-Mihlel : ce sont sept énormes blocs de roche calcaire, hauts de plus de 2ii m., adossés aux coteaux de la rive dr. de la Meuse et séparés par des intervalles à peu près réguliers. Dans la première roche, dite le ('aluaire, surmontée d'une croix de pierre à laquelle on accède de la route par un escalier, a été creusé (1773) un sépulcre où repose un Christ de grandeur naturelle, œuvre do Mangeot, sculpteur sammiellois. Le calvaire est le but d'un pèlerinage annuel le soir du vendredi saint. Le sommet de la sixième roche, par suite d'un évidement horizontal et circulaire, otfre l'aspect d'un colossal champignon et forme une sorte de table, dite table du Diable. La ville a pris pour armoiries trois de ces roches, avec la devise fJonec moveantur.

Au S. de Saint-Mihiol. un promontoire dessiné par une boucle de la Meuse porto à son sommet (376 m.) le vaste fort du Camp des flomain.^, construit sur l'emplacement d'un camp romain ou d'un oppidum gaulois.

368 — [R. 19, 2-j II DE PARIS A METZ. ||

Au N.-E. de la ville, dans les bois, près do Savonnières-en-Woévre (3 h. à 4 h. ail. etret., prendre wn guide , beau mouhir appelé la Dame Schonne.

E@ (15 k. N.-E., service public i Viqneidles. ch.-l. de c. de 811 hab., d'où l'on peut aller visiter, à (2 k. N.) l'église de Hattonchàtel, le tombeau de G. de Haraucourt, évêque de Verdun (f 1500). et surtout un retable de la Renaissance, à trois .«ujets. attribué à Ligier Richier.|

ji k. Les Kri'urs. — 2 ponts sur le canal de l'Est. — 49 k. Sampigny, 1,558 hab. [chùtrauûu .xvii« s., converti en dépôt de remonte). — Onreoint à dr. la ligne de Nancy. — 54 k. Lérouville R. 20).]

Distances, par les routes, de Verdun à : Bar-le-Duc, 64 k. ; Reims 87 k ■ Mézières-Charleville. 100 k.; Sedan, 80 k. ; Nancj' par (65 k.) Pont-à- Mousson, 93 k. ; Toul par (35 k.) Saint-Mihiel et (54 k.) Commercy, 88 k.

De Verdun à Sedan, V. R. 17: — à Metz, V. ci-dessous, 2».-

2o DE PARIS A METZ

A. Par Verdun, Conflans et Batilly.

^ Est fjusqu'à la frontière:, 348 k. p:.-N.-E. — Traj. en 10 li. 40 à 12 li. 30:

trains express jusqu'à Sainte-Ménehould. — 38 fr. 35, 26 fr. 20, 17 l'r. Ui.

— L'heure allemande est en avance de 56 min. sur l'heure française. @i 330 k.. par : 263 k. Verdun i R. 18: sortie de Verdun par la porte

Saint-Victor), 283 k. Etain, 301 k. Conflann, 317 k. Gravelotte, 324 k. Mou-

lins-lès-Met:.

280 k Verdun {V. ci-dessus, 1"). — Laissant à g. la ligne de Sedan, on franchit la Meuse (jolie vue à dr. sur Verdun), puis on gravit par une longue rampe en courbe les Côtes de Meuse, longue et étroite bande de hauteurs, boisées à leur sommet, qui longent la rive dr. de la Meuse et la séparent de la grande plaine de la Woèvre et du bassin de la Moselle. — Tunnel de 1,190 m. — Dominant à g. le ruisseau de Tavannes, on descend vers la "Woèvre, grand pfateau ondulé, au sol marneux et fertile, parsemé d'étangs et de bois, et drainé par un grand nombre de ruisseaux, pour la plupart affluents de l'Orne, qui portent leurs eaux à la Moselle. Malgré sa richesse, la Woëvre doit à ses larges horizons découverts un aspect monotone et un peu triste. Elle est limitée à rO. par le front oriental des Côtes de Meuse, qui, avec ses forts échelonnés, constitue l'une des deux lignes de défense de notre frontière de l'Est: l'autre ligne est celle des ouvrages qui s'échelonnent entre Epinal et Bel fort.

293 k. Eix-Abaacourt. — Pont sur l'Orne, dont on va descendre désormais la vallée jusqu'à Conflans.

302 k. Etain lomnibus, 30 c. ; hôt. de la Sirène^, ch.-l. de c. de 3,082 hab., sur l'Orne. — Charmante église {xiii" et xv° s.): dans le bas-cùté dr.. ancien bénitier en fonte (inscription gothique) et beau groupe de Ligier Richier {N.-D. de Pitié); dans le bas-côté g., inscription obituaire (xv^s.). — Un chemin de fer, en constr., doit relier Etain à Baroncourt (R. 18).

309 k. Buzy. — 31.3 k. Jeandelize. — A g., ligne de Mézières- Charleville.

321 k. Conflans-Jarny (R. 18). — A dr.. ligne de Nancy.

Il LA WOKVHK. — PO.Ml'EY.JI R. 19. 2"] — 309

329 k. Batilly (douane franc,;use), dont Véijlisc a une nef romane.

— 335 k. AmunvilU'rs (douaûe allemande). — 341 k. Mnuliiis-res-Met:.

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