NOGENT-SLR-SEINE. — ROMILLY. || [R
boyant, une porte S. de la Renaissance avancée, et de charmants délails de la Renaissame aux bas-côtés du chœur, refaits en 1554, et dont la reconstruction, si elle n'avait été interrompue, aurait entraîné celle du chœur tout entier.
Beau buffet d'orgues de la Renaissance. — Bas-côté dr., V chap. : 4 basreliefs du xvi« s. ( Vie de St .Xicolas) ; 3° chap. : Fuite en Egypte, par Eug. Devéria, et, sur l'autel, tableau du xvi" ou du xvii" s. {Crucifiement); 4" : Prédication du Christ, par Glaize; 5" : restes de fres(|ues, •-> anc. statues de saintes, Martyre de St Laurent, attribué à Lesueur. et curieuse peinture sur bois (xv" ou xvi« s.) figurant Ste Madeleine. — \" chap. à dr. du sanctuaire : près de la porte, tableau, xvii° s., représentant le Triomphe de la Vierge. — Chap. à g. du chevet : Ste Famille, tableau du xvii" s. — Bas-côté g., chap. contre le transept : curieuses sculptures au mur, figurant la Jérusalem céleste; 1"^"= chap. : Pietà, avec curieux encadrement de la Renaissance sculpté dans le mur.
En sortant de Saint-Laurent par la porte 0. et en tournant à g., on arriverait en 5 min. au cimetière, situé au S.-O. de la ville, à l'angle des routes de .Montereau et de Trancault, et où l'on peut voir le beau moiiumenl sculpté par Paul Dubois sur la tombe de son père.
[Le Paraclet i@ 6 k. S.-E.). — La route de Tro3-es, que l'on suit, gagne la jolie petite vallée de l'Ardusson, qu'elle remonte. — 2 k. .5. A g., la Chapelle-Godefroy. château du xviii'" s., qui possédait une belle collection de tableaux dont la plupart sont passés au musée de Tro\es (vaste parc arrosé par do belles eaux). — "> k. .Saint-Aubin. — G k. Ferme occupant l'emplacement de labbaye du Paraclet, fondée par Abélard et dont Hélo'ise fut la première abbesse. 11 n'en reste qu'un caveau ou cr vpte à voûte surbaissée (xu" s.), qui renfermait le cercueil d'Héloïse et d'Abélard (on sait que leurs restes sont actuellement au Père-Lachaise à Paris), et à l'entrée duquel a été érigé un petit obélisque commémoratif. j
Grandes prairies.' pont sur !a Seine; à g-., canal de Marcilly à Nogent. — 117 k. Marnay-sur-Seine.
119 k. Pont-sur-Seine. — Eglise (xij" et xvi° s.) ornée de peintures murales attribuées à Lesueur, qui plus probablement est l'auteur du tableau du Rosaire placé dans l'ancienne chapelle seigneuriale, à dr. du chœur. — Château moderne, propriété de la famille Casimir-Perier ; immense parc. — Dans une colline crayeuse, souterrain long de 2 k., tapissé de belles stalactites.
La voie s'éloigne de la Seine. — 122 k. Crancey.
139 k. RomillY-sup-Seine, à g. (@), omnibus, 30 c. ; hût. : du Cygne-de-La-Croix : du Chcmin-de-Fer; calé du Commerce), ch.-l. de c. de 9,029 hab., ville toute moderne, à 2 k. de la rive g. de la Seine (importantes fabriques d'aiguilles et surtout de bonneterie: grands ateliers de construction de la Compagnie de l'Est).
[A3 k. O.-N.-O., sur un petit bras de la Seine, château du xix« s. occupant l'emplacement de VabOai/e de Sceltières, dans laquelle Voltaire, à qui avait été refusée la sépulture ecclésiastique à Paris, fut inhumé par les soins de l'abbé coramendataire Mignot, qui était son neveu; c'est delà que ses restes furent transférés au Panthéon, en HOl.]
De Romilly à Esternay et à .Sézanne, R. 21, p. 404 et 40ri.
134 k. .Maizières-la-Grande-Paroisse (église du x° ou du xi' s.,
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remaniée au xvr s. sur des bases qui indiquent un projet de reconstruction totale).
141 k. Mesgrigny-Méry : à 3 k. X. (omnibus, 40 c), Méry-sur- S eine {hdt. du Poisson), ch.-l. de c. de 1,291 hab., entre la rive dr. de la Seine et le canal de la Haute-Seine [église en partie du xv° s.).
[Corresp. (30 c.) pour (10 k. N.-E. Plancy (hôt. Fleury). b. de 1,088 hab., sur l'Aube (église des xn^, xiii"" et xv!"" s., vitraux de la Rouaissance ; clidteau du xviii» s.).]
147 k. Saint-Mesmin {église des xii" el xvr s.), v. portant le nom du prêtre Maximin, que St Loup, évèque de Troyes, envoya, dit-on, implorer la clémence d'Attila en faveur de sa ville épiscopale. et que le terrible roi des Huns y fit mettre à mort. Le lieu présumé du supplice est encore signalé (300 m. env. à TE. de la voie) par les ruines d'une chapelle près de laquelle s'élève une croix. — 152 k. Savières {église des xii° et xvi" s., clocher du xn°, vitraux du xvi% vieilles statues).
155 k. Payns {église des xii" et xvi" s.), patrie de Hugues de Payns ou de Païens, premier grand-maître des Templiers. ~ A 3 k. N.-E., sur la rive dr. de la Seine, Villacerf {église des xii° et xvi" s.; restes d'un magnifique château du xvii° s., ayant appartenu à une branche de la famille de Colbert).
158 k. Saint-Lyé {église des xi" et xu" s., renfermant un bénitier du xin^ s. et un joli retable du xvi' s.; près de là, restes d'un château des évèques de Troyes où avait été célébré, le 3 août 1315, le mariage du roi Louis X avec Clémence de Hongrie).
161 k. Barberey {église intéressante des xn' et xvi° s., désaffectée en 1910 et dont la conservation est précaire; château du xvn« s.; fromages dits de Troyes). — A 3 k. N.-E., de l'autre côté de la Seine, Sainie-Maure (église du xvi" s., belles voûtes de la Renaissance à croisements rectangulaires, meneaux de la Renaissance aux fenêtres, restes de verrières attribuées à Linard Gonthier, tribune gothique en bois au fond de la nef. stalles basses du xvi' s., banc seigneurial de la même époque, châsse de Ste Maure au milieu du chœur, retable de la Renaissance, tabernacle de 1630).
A g., la Chapelle-Saint-Luc {église du xvi" s., carreaux émaillés, débris de vitraux et 2 retables de l'époque). On rejoint à dr. la ligne de Sens, a la gare de Troyes-Preize (les trains de Paris ne s'y arrêtent pas).
167 k. TROYES ((g; V. Vlndex), 53,447 hab., ch.-l. du dép. de l'Aube, siège d'un évèché. la seconde ville de la Ghampagne (Reims étant la plus importante), dont elle était jadis la capitale, se développe à l'E. de la ligne de Belfort. Très riche au point de vue artistique et centre d'une industrie active, elle est bâtie au milieu d'un beau val d'alluvions, très large, verdoyant et boisé, qu'arrosent de nombreux petits bras ou dérivations de la Seine. Reaucoup de ces dérivations, creusées au moyen âge, sous l'administration des comtes de Ghampagne, sillonnent la ville sans que, pour la plupart, on puisse les voir de la rue. Le bras principal contourne la ville à l'E. Mais le vrai fleuve de Troves est actuelle-
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ment le canal de la Haute-Seine, qui a emprunté en le rectifiant un bras de la Seine. Bordé de quais, formant un port commode, il coupe la ville en deux quartiers, appelés Ville-Basse et Ville-Haute, bien qu'ils s'étendent tous deux sensiblement à plat et presque au même niveau. Le quartier haut, le moins ancien, situé entre le chemin de fer et la rive g. du canal, est le centre commercial et administratif. Le quartier bas, où sont la cathédrale, l'Hôtel-Dieu et le musée, occupe l'emplacement de la ville primitive, qui est née, comme Paris, dans une île de la Seine. De nombreux canaux de dérivation y font mouvoir quantité de fabriques et d'usines.
Les anciens remparts et les fossés de Troyes ont fait place à une ceinture de Mails, plantés d'arbres et bordes d'élégantes maisons. Ces Mails limitent la ville proprement dite, qu'entoure une zone de faubourgs.
A l'O. du chemin de fer s'étend Sainte-Savine, ch.-l. d'une com. distincte de 6,527 bah., mais qui en réalité continue de ce côté l'agglomération troyenne.
Troyes est assez mal percée; mais ses ruelles étroites, ses maisons en bois ou en pisé avec leur charpente apparente, leurs toits en auvent et leurs étages en encorbellement, offrent un grand intérêt. C'est une des villes les plus riches de France, au point de vue artistique et monumental; ses églises, intéressantes en ellesmêmes, renferment toutes des œuvres d'art nombreuses et remarquables des xv°, xvi° et xvir s., et il en est de même de la plupart des églises des environs à 15 ou 20 k. à la ronde. Aucune ville, même Rouen, ne peut le disputer à Troyes et à sa banlieue pour l'importance et la beauté de la vitrerie peinte de la Renaissance.
Principales curiosités : — Cathédrale (p. À'Xj ; — Eglises : Saint-Urbain (p. 1-.?d), Saint-Jean (p. 433'. Sainte-Madeleine p. JîS), Saint-Pantaléon (p. 434). Saint-Nicolas (p. 435), Saint-Remi p. l-.'l), Saint-Nizier (p. 432), Saint-Martin-ès- Vignes (p. 4-23); — Eglise de Sainte-Savine (p. 435); — Eglise he CHONcti.s (p. 434); — Musée ip. l--".i); Bibliothèque {p. 4-28); — HoTLL DE Ville p. 432 . — Hôtels de Marizy (p. 42 i, de Mauroy (p. 433), des Ursins p. 433 1, de Chapelaines (p. 434), de Vauluisant ip. 434) — Maisons en bois des XV" et XVP s. (p. 432 ot 4.33). — Rues des Chats (p. 433) et Urbain-IV (p. 432); — Grille de l'Hôtel-Dieu (p. 426). — Evéché (p. 428). — Monument des Enfants de l'Aube (p. 423).
Histoire. — Troyes, appelée aux premiers siècles de notre ère Augustobona. prit ensuite le nom des Tricasses. dont elle était la capitale, nom qui devint au moyen âge Tries. Trecs, Treucx, Trèche et, au xiii'' s., Traies.
Le plus célèbre évêque de Troyes est saint Loup, qui siégea plus d'un demi-siècle (426-479), arrêta Attila, et fut de son temps la lumière de l'épiscopat gallo-romain. Sur son tombeau fut érigée une abbaj-e célèbre qui subsista jusqu'à' la Révolution. En 878, le pape Jean VUI tint un concile à Troyes et y couronna le roi Louis le Bègue. La souveraineté de la cité appartenait alors aux- évoques, qui bientôt s'effacèrent peu à peu à mesure que grandissait la puissance des comtes de Troyes, devenus comtes de ("hampagne. Ceux-ci, par leur administration éclairée et par les travaux d'utilité publique qu'ils ordonnèrent, furent les vrais bienfaiteurs de Troyes, qui leur dut son assainissement, ses embellissements, ses fameuses foires et (1230 et 1242; ses franchises. Ils y tolérèrent et même favorisèrent une communauté juive dont les rabbins s'illustrèrent par leur enseignement.
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En 1128 y fut tenu un concile qui approuva les constitutionsi de l'ordro du Temple.
La réunion de Troyes et du comté de Champagne à la couronne eut lieu en 130-1, et la ville y perdit plus qu'elle n'y gagna. La guerre de Cent Ans lui valut un triste rôle dans nos annales nationales. C'est à Troyes que fut signé, le 20 mai 1420. au mépris <le la loi salique, le honteux traité donnant à Henri V d'Angleterre la main de Catherine de France, tille de Charles VL avec les droits à la couronne do France: la première clause de ce traité, le mariage, fut exécutée le 2 juin, dans l'église Saint-.Jean. Kn conduisant Charles VII à Reims, Jeanne d'.\rc entra dans Troyes sans coup férir, le 9 juillet 1429. Les régnes de Louis XI. de Charles VIII et de Louis XII rendirent à Troyes sa prospérité, qui s'accusa cette fois par un mouvement dans les arts dont cette ville fut le centre durant un siècle et demi (1480-1635 environ), mouvement auquel donna une nouvelle vigueur l'incendie qui, le 24 mai 1521, dévora la plus grande partie des maisons et des églises, et nécessita par conséquent des travaux considérables de reconstruction et de restauration. L'école troyenne de sculpture, dignement représentée par Gailde. Nicolas Cordonnier. Ilaslin, Jacques Bachot. Jacques Juliot, l'Italien Dominique iDomenico del Barbiere), Gentil, et l'école troyenne de verrerie peinte, plus tardive, représentée surtout par Jean Soudain, Jean Macadré et Linard Gonthier, furent parmi les plus brillantes dans notre Renaissance française, qu'elles prolongèrent.
La Saint-Barthélémy, à Troj-es, coûta la vie à une cinquantaine de protestants, et la ville, indirectement, perdit beaucoup à la révocation de ledit de Nantes, qui appauvrit plusieurs des centres industriels dont les marchands venaient animer ses grandes foires. L'industrie de la bonneterie l'a do nos jours complètement relevée; sa population, depuis le milieu du dernier siècle, a plus que doublé.
Troyes a vu naître : Saint Frobert, fondateur et premier abbé de Montier-la-Celle (-j- 610): Jacques Pantaléon (1185-126-1), fils d'un, cordonnier, élevé au souverain pontificat en 1261 sous le nom à' Urbain IV\ les théologiens catholiques Pierre de ta Celle (-{- 1187) et Pierre dit Come-ilor !~ 1198i: Rasclii ou Jarclii flOIO-1105), illustre exégcte juif, fondateur de l'école talmudique de Troyes : Thibaut le Grand ou le Clmnsonnier H 201-1253;, comte de Champagne et troubadour; Clirétien de Troj/es {-■ 1191, trouvère, le plus grand poète de son époque; Jean Passerai (1531-1602), poète fort estimé au xvi« s., un des principaux auteurs de la Satire Ménippée; Jean de Troyes, chroniqueur du xv' s.; le jurisconsulte /'j'erre P/^/iow (15,39-15961. l'érudit J.-P. Grosleij (1712-1785); le publiciste Louis Clback (1822-1889;; les sculpteurs Gentil (~ 1582), Gî'mrf/oîi (1627-1715), Simart 1801-1857); et probablement aussi les grands sculpteurs du xvr' s. Jean Gailde {t 1519), Xicolas Haslin (-j- 1541 ou 1512), Nicolas Cordonnier (également peintre), Jacques IJacliot. Jacques Juliot -j- 1562 ou 1567); les peintres-verriers Jean Soudain, Jean Macadré (xvi" s.) et Linard Gonthier (xvi'-xvii' s.); les peintres Pierre Mir/nard (1610-1695), une des gloires de l'art français, son frère aîné Niotas Mil/nord, dit Mif/nard d'Arir/non, parce qu'il travailla surtout dans cette ville (1008-1668), et Jacques Carre;/ 1646-1720 ; lingénieurmécanicicn Henri Gamberj (1787-1847), connu surtout comme constructeur d instruments de précision.
Industrie et commerce. — Troyes et Sainte-Savine sont le centre d'une industrie très importante, dont l'objet est la fabrication de la bonneterie de coton, fil. laine et soie. Ses produits s'écoulent surtout sur le marché français, dans les deux Amériques, en Orient, en Espagne. De nombreuses et considérables manufactures occupent près d'un tiers de la population. Un grand nombre de petites fabriques sont en outre disséminées dans tout le dép. de r.A.ube, et l'on peut dire que la bonneterie y fait vivre env. un quart de la population totale. Lcxpédition des produits de la bonneterie dans les gares de Troyes atteint annuellement près de 10 millions île
Inxp. /ht/honûy, PanW. ff-i'J