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L.Hermamn,del

Il TROYi:S : — HISTOIRE; — INDCSTUIE. || [R. 23] — 423

kilog- A la bonneterie se rattachent, dans rottc ville, dos industries annexes : filature, blanchisserie et apprêt, teinturerie, construction de métiers, l'abr. d'aiguilles, fonderies de 1er et de cuivre. La minoterie est, après la bonneterie et ses annexes, l'industrie la plus florissante. Son développement a été particulièrement favorisé par les nombreuses dérivations creusées autrefois par les comtes de Champa':rne. La création de ces canaux a encore amené l'établissement d'importantes tanneries, de cultures niaraiclières et de pépinières.

Outre les produits de son industrie, Troyes exporte en grandes quantités les escargots de Bourgogne, les vins de Bourgogne et de Champagne.

Spécialités : — charcuterie renommée, notamment les andouilletlcs et les langues fourrées; froinaf/HS de lait de vache (fabriqués à Barbereyl: gâteaux au fromage, dits goiif/éres.

ITINÉRAIRE. — A l'issue de la courte avenue de la Gare, on se trouve sur la ligne des Mails, qui prend ici des deux côtés le nom de boulevard Carnot. et en face du beau monument di^s Enfants de l'Aube morts à fennemi en 1870-1871 (par Boucher et Briden, 1891). En allant devant soi, on trouve la rue Thiers, qui conduit direct(>mentà la Madeleine et à Saint-Remi. Parallèlement à la rue Thiers se succèdent à g. la rue Argence, la rue du Théâtre et la rue du Cirque, bordant elles-mêmes la partie principale des Mails (belles pelouses; au milieu, théâtre; plus loin, belle fontaine Argence), longée de Tautre côté par le boulevard Gambetta (joli bâtiment de la Caisse d'épargne, de 1903; plus loin, en retrait, le lycée, sur l'emplacement de la gare primitive du ch. de fer).

A re.xtrémilé du boulevard Gambetta, côlé du chemin de fer, commence la rue de Paris : elle conduit à l'église Saint-Martin-ès- Vignes. distante de I k. env.. et qui. à cause de cet eloignement, est trop rarement visitée; cette église est pourtant un pèlerinage obligé pour les amateurs d'anciens vitraux.

Saint-Martin-ès-Vignes date de latinduxvi" s. et des premières années du wn" s.; la fa(.-ade fut construite à la fin du xvii° s. sur les dessins de L. Maillet, chanoine de la cathédrale ; le style gothique domine à l'intérieur.

Aux bas-côtés ou aux chapelles de la nef et du chreur, au transept et aux fenêtres hautes du chœur, verrières, à inscriptions gothiques, la plupart du célèbre Linard rionthier et de son école (quelques-unes sont modernes; d'autres ont des panneaux fortement restaurés). Trois sont des chefs-d'œuvre : celle de lai"' chapelle du chœur à ar. {Naissance et Vie de ta Vieerjei. 16-23, universellement attribuée à Gonthier; celle de la haute fenêtre du chœur, l" travée (Pèche miraculeuse;, 1634, authentiquenient de Gonthier (son monogramme a été enlevé); celle de la haute fenêtre du chœur. 2" travée {Vie de Si Jean-Baptiste; un Hérode admirable: portraits des donateurs . 1630, probablement du même. — Quelques tableaux sur bois du xvi« s.

Au S. de Saint-Martin, le pelil séminaire, auj. désaffecté, avait été installé dans les bâtiments (xvn» et xvni" s.) agrandis d'une commanderie de Saint-Antoine.

Revenant à la rue Thiers ou au Mail (le quitter devant le théâtre), on arrive à la rue de la Madeleine (à dr), à l'angle de laquelle est l'église (le ce nom.

Sainte-Madeleine est l'édifice de Troyes qui oiïre les parties

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les plus anciennes (!'" années du xni" s.) et le plan le plus original : ce fut d'aburd une croix piecque, dont le célèbre architecte et sculpteur Jean Gailde, de 1405 à loU8, remplit les angles rentrants par des travées de bas-côtés, et dont il prolongea le chœur, qui oiïre auj. une disposition hybride donnant une sorte de déambulatoire. La seule porte conservée du xin' s. (croisillon N., rue Thiers) est en très mauvais état. La façade 0., refaite au xvin" s., n'olfre aucun intérêt: mais elle est flanquée à dr. d'une tour monumentale (1531-1560), de la Renaissance, dont la voûte, inachevée, est très originale. A dr. de la tour, rue de la Madeleine, est la porte gothique (1525) du charnier.

Ce qui a fait surtout la renommée de cette église parmi les archéologues et les artistes, c'est son jubé gothique, chef-d'œuvre de Jean Gailde, qui le dessina en 1508, en surs^eilla diligemment l'e.xécuiion. aidé de son élève Martin de Vaux, s'adjoignit pour la sculpture Hugues Bailly et Haslin. et le termina en 1516. Il voulut être enseveli sous ce monument, où, selon son opitaphe, « il attendait le Jugement dernier sans crainte d'être écrasé >•. En effet, malgré la hardiesse et la délicatesse de sa construction, le jubé de Sainte-Madeleine est fort solide, et il n'a subi, dans les détails, d'autres mutilations que celles du vandalisme. Sa partie essentielle se compose de trois grands arcs festonnés qui s'appuient latéralement sur les gros piliers séparant la croisée du chœur, et dont les retombées intermédiaires sont soutenues au-dessus du vide par de puissantes queues d'aronde. Un escalier à jour y conduit, à dr., en s'attachant à l'un de ces deux piliers, du côté regardant le chœur. Du côté regardant la nef, la décoration du jubé se prolonge sur lesdits piliers pour couronner et encadrer de petits retables d autels.

Nombreuses pierres tombales; celles des xiii^ et xiv« s. ont près de 3 m. de long. — Belle chaire du .wiii" s. — En face de la chapelle des fonts, à dr. de la nef, belle statuette de St Sébastien, du commenc. du .xvi* s. — Au pilier S.-O. de la croisée. Ste Marthe, une des œuvres les plus connues de la statuaire troyenne des sv* et .wi^ s. — Dans la région centrale de l'église, beaux chapiteaux mi-romans, mi-gothiques. — Au chœur, vitraux du xyi« s., dont quelques-uns de Macadré et de •'Soudain {Arbre de Jessé. la Créalion. la Passion, Vies de Constantin, de St Eloi, de SI Louis . et série de tableaux sur bois [Vie de Madeleine) de Jean Nicot. élève de Simon 'Vouet. — Au fond du bas-côté g., la Vierge entre plusieurs saints, toile de l'école vénitienne, et Saint Pierre pleurant son péché, tableau sur bois du xvi« s.

Au lieu daller à Saint-Remi par la rue Thiers, on fera mieux de suivre la rue de la Madeleine jus(iu"au premier croisement, où l'on trouve aussitôt à dr. {rue du Palais-de-Justice) l'hôtel de Marizy. construit de 1531 à 1545, radicalement restauré de nos jours, se distinguant à l'extérieur par sa charmante tourelle d'angle largcmeiît ouverte comme une loggia et par sa large fenêtre du rez-de-chaussée ([ue protège encore une grille de l'époque; et intérieurement par sa cour, où la sculpture de la Renaissance a déployé toute sa verve. A g. du croisement est la rue Charbonnet (poste, à dr.), (jue suit (au delà de la pittoresque rue Paillol-dn-Montubert, au bout de laquelle se trouve l'hôtel des Ursins, V. p, 433) la rue Clnude-Hucz, passant derrière l'hôtel de ville {V. p. 432; on peut y entrer par la grande cour) et débouchant sur la place du Marché, où est Saint-Remi.

L'église Saint-Remi, en partie du xiv= s., a été agrandie et remaniée aux deux siècles suivants: le clocher, (jui date de 1386,

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atteint, avec sa flèche en charpente, plus de 60 m. Les fenêtres de l'abside ont conservé leurs grillages extérieurs (xv* s.).

Bas-côté dr. : 1''^ travée, Madeleine repentante, toile de la Jin du xvi' s. ; ■2« travée, 2 panneaux peints sur chaque côté (xvi" s.; un des compartiments est en grisaille). — Croisillon S. : grand vitrail moderne, par Larclier (en haut, le Jugement dernier; en bas. les Péchés capitaux précipités en enfer); 9 panneaux peints du xvi" s. (Nouoeau Testament); Adoration des Bergers, tableau de Ninet de Létin (xvn' s.); au-dessus de l'autel, médaillons en bronze (le Christ et la V.), attribués sans preuves à Girardon ; du côté du chœur, dans le cadre d'une épitaphe. médaillons en marbre (le Chr. et la V.) dont l'attribution à Girardon semble plus plausible. — Au-dessus du maitreautel, christ en bronze, authentiquement de Girardon. — Chapelle de la Vierge, 3 verrières de Larcher. — Chap. St-Joseph angle du chœur et du croisillon N.) : Mariage de la V., attribué à Xinet de hétin: À panneaux peiuts du xvi" s. {Xouveau Testament >. — Croisillon N. : extrait du testament de Girardon, mentionnant le don du crucifix de bronze et le legs d'une rente de 300 fr. « pour les pauvres honteux de la ville » ; il panneaux peints en grisaille, du xv= au xvi" s. {Création d'Eoe, Vies de la Vierge et de St hemi); Annonciation et Assomption, par Ninet de Létin. — l"'" travée de la nef, à g. : une Sainte, lisant, statue du xv* ou du xvi« s. — Chaire du xvii« s.

Deu.x courtes rues, à dr., mènent de Saint-Reini à la rue de l'Hotel-de-Ville. au droit de l'église Saint-Urbain.

Saint-Urbain, un des joyau.x artistiques de la Champagne et une des églises les plus extraordinaires qui aient été bâties au xin° s., a vu sa date longtemps contestée par les archéologues, sa légèreté et la précocité de son style rappelant plutôt le xiv'= s. et annonçant même, dans certains détails, le gothique flamboyant. Il n'est plus douteux aujourd'hui, vu l'authenticité des documents qui la concernent et celle de ses plus anciens vitraux, que ce ne soit l'église même qui fut fondée et commencée en 1262 par le pape L'rbain IV, enfant de Troyes, sur l'emplacement de la boutique paternelle, mais qui était restée incomplète. Jean Langlois, le maître de l'œuvre, dont le nom a été récemment mis en lumière par M. Lefèvre-Pontalis, mérite une place parmi les plus grands architectes gothiques. Saint-Urbain, dont la restauration et l'achèvement sont très avancés, n'a ni tour en pierre ni déambulatoire. Les bascôtés se prolongent au delà des croisillons, et se terminent par des absidioles accompagnant l'abside principale. Les fenêtres, à divisions binaires ou ([ualernaires suivant leur largeur, s'encadrent de pignons dont les pointes débordent sur les balustrades des combles. Les intervalles triangulaires entre les pignons, les contreforts et les balustrades sont remplis par des rosaces polylobées se détachant vigoureusement sur des pierres très minces posées en délit. Les arcs-boutants ont leurs cintres et leurs glacis reliés par des rosaces à jour. Les portails, latéraux et occidental, sont précédés de porches dont les voûtes retombent en pénétrations sur de sveltes colonnes isolées auxquelles malheureusement la restauration actuelle a fait perdre l'onglet qui accidentait leur fût. La sculpture est peu abondante à Saint-Urbain ; elle y est rigoureusement disciplinée par l'architecture. Le tympan du portail 0. était consacrée la scène

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du Jugement dernier. Les gargouilles représentent des sujets satiriques.

Vitraux du xm'' au xvi' s., parmi lesquels, à l'abside, les effigies du papo Urbain IV et du cardinal Ancher, son neveu, qui fit continuer Téglisc. — Pierres tombales du xiv au xviii" s. — Bas-côté dr. : fo7its baptismaux du xv^ s., à sujets sculptés. — Croisillon t<. : belle Vierge du comraenc. du xvi« s., dont malheureusement une restauration a fait disparaître la ijolyrhromie primitive. — Chœur ; Vierge de la fin du xvi? s., statue de St Jean, Pietii et Ecce Hoiao de la même époque: sculpture tombale de 1570 représentant le défunt à l'état de cadavre enveloppé de son suaire: épitaphe du célèbre sculpteur Jacques .Juliot. — Croisillon N. : contre le revers de la porte, bas-relief tumulaire représentant la défunte, Elisabeth Mole (r 1545,i. couchée sur le coté, la tête appuyée sur sa main, remarquable sculpture attribuée à Fr. Gentil.

La rue de rHùtel-de-Ville, qui côtoie à g. Saint-Urbain, conduit a un pont du canal de la Haute-Seine et par là à la rue de lu Cité, qui traverse la ville gallo-romaine. Elle longe d'abord à dr. VHôtel- Dieii, dont la grille d'entrée, exécutée en ITriO par Pierre Delphin, de Paris, est un chef-d'œuvre de serrurerie: on peut demander à visiter dans la chaiiclle (1738-1760) une charmante Vierge de 1510.

On arrive bientùt à la place Suint-Pierre, à dr., où est la cathédrale, et à la rue du Musée, naguère rue Sainl-Loup, à g., où sont la bibliothèque et le musée.

L'église Saint-Pierre prendrait rang parmi nos cathédrales françaises de premier ordre, si elle avait huit ou dix mètres de plus d'élévation. Elle réunit les différentes périodes de l'art ogival, excepté la période tout ii fait primitive.

Historique. — L'édifice que remplace l'ég-lisc actuelle remplaçait lui-même une cathédrale incendiée en 1188 et aussitôt après considérablement réparée ou presque reconstruite. Mais, on 1-208. l'évêque Hervée, encouragé par la célèbre régente de Champagne, Blanche de Navarre, entreprit une œuvre nouvelle qui pût soutenir la comparaison avec les cathédrales alors en cours d'exécution. La région absidale était terminée à la mort du prélat, en 12-23: la partie rectangulaire du chœur l'était en lol4 ; à cette dernière époque, le transept était depuis assez longtemps en construction, car la porte du croisillon N. otfre tous les caractères du milieu ou de la seconde moitié du xiit'= s. On travaillait activement aux croisillons en 1364 sous la direction de Thimart, en 1380 sous la direction de Jean Thierry. Le 10 juillet 14-29, l'évêque Jean Léguisé procéda à une dédicace solennelle, en présence de Charles VII et de Jeanne <i'Arc, à qui la ville venait d'ouvrir ses portes. Cependant, les deux ou trois premières travées de la nef en entier, et, dans les autres, les parties supérieures, restaient à faire; elles furent confiées aux maîtres maçons Antoine Colas et Jacques Le Vacher, qui étaient en fonctions en 1483 (le premier depuis 1465 1, et à qui succéda, de 1480 jusqu'à sa mort en 1530, .Jeançon Granache ou Garnache. En 1,506, Granache dut subir à côté de lui un des architectes les plus distingués de cette époque, Martin Cambiche ou Chambiges. de Cambrai, dont la spécialité semble avoir été do lomposer des façades. C'est à lui que sont dues les merveilleuses façades latérales de Saint-Etienne de Sens et de Saint-Pierre de Beauvais. Tandis que Granache. aidé de Colleçon Faulchot. de Gérard Faulchot 1" et de Jean Bailly I", mettait la dernière main aux œuvres hautes de la nef, lui. Cambiche, élevait le grand frontispice. Son zèle se partagea entre les grands travaux qui l'absorbaient à la fois, et, en 1518. les chanoines, mécontents de son peu d'assiduité, le révoquèrent. Son

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gendre et successeur. .Jean do Soissons, fut à son tour remplacé par Jean Bailly II, qui mourut en 1559, après avoir mené à bonne fin la masse de la façade, jusqu'au point où les tours devaient s'en séparer. Les tours étaient designées d'avance sous les noms de tour St-Pierre et loiir Saint-Paul. La tour St-Pierre, à g., la seule exOcutée, fut commencée en 1559 ou 1560 par Gabriel Favereau (gendre du sculpteur Dominique Florentin), dans le style delà Renaissance; continuée sous la direction successive de Gérard Faulchot II, Laurent Baudrot et Evrard Baudrot, elle fut terminée seulement en 1640.

Durée totale des travaux (1208-1640) : quatre cent trente-deux ans!

Si la contruction de Saint-Pierre a marché aussi lentement, plus lentement même que celle de la cathédrale de Tours, si fameuse à cet égard, ce n'est pas que l'ardeur des chanoines et des habitants se soit jamais éteinte. Mais ils n'eurent que trop souvent à détourner, pour la réparation de désastres et d'accidents, les ressources réunies pour la construction. C'est du peu de consistance des fondations que vint le plus souvent le mal. En 12'27, l'abside céda aux violences d'un ouragan terrible et dut être à peu prés refaite. Le chœur et les croisillons n'ont quelque solidité que depuis de grandes reprises en sous-œuvre: ces parties ont été de nos jours l'objet de restaurations radicales.

La cathédrale de Troyes, longue hors œuvre de H4 m., large de 51, haute sous voûte de 29 seulement, comprend : une travée de vestibule, à la base des tours, de portée double; une travée de raccord entre le vestibule et la nef proprement dite; cinq travées de nef avec doubles coilatérau.x et chapelles (celles-ci, quoique des xiV et xv" s., sont voûtées en berceau brisé); un transept débordant à peine sur le plan général; quatre travées rectangulaires de chœur avec doubles bas-côtés; une abside avec rond-point de cinq chapelles ou absidioles; deux absidioles, un peu plus petites que les cinq autres, correspondant, à g., aux dernières travées rectangulaires; à dr. du chœur, deux bâtiments rectangulaires dont Pun. engagé dans le plan de la cathédrale, sert de salle du trésor, et dont l'autre, tout en excroissance, est la grande sacristie. Sur la croisée s'élevait une flèche de la fin du xiv' s. haute de 108 m., détruite par la foudre en 17U0. La galerie du triforium est partout à claire-voie ; ce fut, au chœur, une des premières de ce genre. Les grandes roses des croisillons, bien que remaniées ou refaites, sont de toute beauté. Les arcs-boutants et les balustrades du chœur présentent des singularités résultant en partie des restaurations du xv' et du xix' s. l'ne singularité plus frappante, et peut-être unique, se remarque dans les grandes fenêtres longitudinales des croisillons : celles qui regardent le chœur sont du style qui domine dans les parties hautes de la nef, c'est-à-dire du style ogival flamboyant; tandis que celles qui regardent la nef sont du style des parties du chœur avoisinant le transept lui-même, c'est-à-dire du style ogival du commenc. ou du milieu du xiv^s.; c'est l'inverse qui, devrait exister. Les restaurations et réfections qu'a subies la cathédrale expliquent cette anomalie : les fenêtres regardant le clKPur, région la plus éprouvée par les mouvements de tassement et de dislocation, ont été reconstruites au xv" s., alors que les fenêtres regardant la nef, région plus solide, ont tenu bon et sont restées ce qu'elles étaient originairement.

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La façade occidentale a perdu, à la Révolution, ses statues et presque tous ses bas-reliefs. Quelques détails des niches présentent déjà les arabesques de la Renaissance. Le trait le plus caractéristique de cette façade, ce sont les grandes fleurs de lis à jour formant frise au-dessus des trois portes. La tour, avec les deu.\ lanternons qui la couronnent en avant, a 74 m.

L'int. renferme une inestimable collection de vitraux appartenant à toutes les époques de la construction ; il n'y a pas d'église où soient plus nombreux les vitraux du xv" s., époque relativement ingrate au point de vue de l'art, mais intéressante comme transition de la peinture-mosaïque des XIII' et xiv" s. à la peinture-tapisserie de la Renaissance. Les hautes verrières du chœur sont plus spécialement consacrées au Nouveau Testament, celles de la nef à l'Ancien.

Net. — Contre le mur de façade, belle gi-ille du xviii« s., provenant du chœur, et placée là provisoirement. — Grande rose, vitrail de J. Soudain (1517!; le Christ et les Apôtres. — Ori/u'e > 1136 . provenant de Clairvaux. — Pierres tombales, dont quelques-unes ont 3 m. de long:. — A. l'un des chapiteaux des gros piliers (le î* à g. après la travée des tours), escari/ot, populaire à Troj-es; mais il existe deux ou trois autres escargots, quoique moins caractérisés, sur d'autres parties de la cathédrale, et cette représentation a été récemment reconnue n être pas rare dans la sculpture du xv s. — l'* chap. de dr. : belle clôture en pierre de la Renaissance (1551); Baptême de St Augustin, groupe en pierre peint et doré attribué à Fr. Gentil (1549. restauré en 1811); la Cène, belle copie de L. de Vinci, dans un encadrement à arabesques: tapisserie du xvi" s. — 3' chap. de g., le Pressoir, célèbre vitrail de Linard Gonthier 1625).

Trésor s'adresser au sacristain^ dans une charmante salle voûtée du xiii" s. — Magnifique chasse en vermeil émaillé de la fln du xii* s. (restaurée par Viollet-le-l)uc;, provenant de Nesle-la-Reposte i Marne/ et renfermant des parties notable des crânes de St Bernard et de St Malachie; reliquaire de saint Loup, moderne, dans lequel ont été enchâssés d'anciens émaux de Limoges; coffret byzantin en ivoire x' s.;: magnifique coffret en cuivre ciselé, donné par Blanche de Castille: 3 aumônières des comtesses de Champagne; psautiers des comtes: évangéliaires des xi'' et xii' s. : croix et petits reliquaires du xiii<= s.: grande Vierge en argent massif (.wiii' s.): émaux, grande quantité de pierres précieuses rapportées de la 4' Croisade; 3 mitres d'abbés de Clairvaux : crosses d'évcques des xii« et xiii"= s. ; calice du fondateur de la cathédrale, mort en 12'Î3 ; anciennes guipures: charmant marteau de porte en bronze ; dent de St Pierre dans un reliquaire moderne ; tapisserie du xvi« s., etc.

Cbœur. — Aux chapelles absidales, restes importants de carrelages du xiii« s. — A la chapelle de l'axe. Vierge de Simart (1845).

Au S. de la cathédrale est l'ancien Evêché, en partie de la Renaissance: la chapelle est du xvin- s.

A l'angle de la rue de la Cité et de la rue du Musée, au N. de la cathédrale, s'élève, depuis 1892, le pavillon Brissonnet (du nom d'un hab. de Troyes qui en a payé en majeure partie les frais), renfermant la Bibliothèque. Celle-ci, ouverte au public t. 1. j. (e.xcepté les dim.. mercr. et j. fériés: vacances du 16 août au 13 sept.), de 10 h. à 3 h., renferme env. 130.000 vol. imprimés (dont 525 incunables) et 2,750 vol. manuscrits.

3-2 vitraux de Linard Gonthier et de son école, provenant de l'hôtel, disparu, de l'Arquebuse : faits de la vie de Henri III: Henri l\. Louis XIII, Anne d'Autriche ; entrées royales ; armoiries de rois de France, de gouverneurs de Champagne, de maires de Troyes.

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