‹ Le Nord, la Champagne et l'ArdenneChapitre 85 sur 446 · BEAU VAIS : — MANUFACTURE. || [R. 1, B · texte numérisé non relu

BEAU VAIS : — MANUFACTURE. || [R. 1, B

rouvortures de laine, de molletons, de passementerie, de boutons de nacre, de v^-arrclages de grès et de terre cuite émaillée, do chaussures.

ITINÉRAIRE. — La gare, de style gothiriue, s'ouvre sur les promenades entourant la ville, en lace d'un beau square. On prend à g. Vavcmie de la République et sa suite la rue de la Manufacture Nationale, que hordent ù g. la Manufacture de l'Etat et plusieurs maisons en bois à pignons, notamment (n" 18) la maison dite des Carreaux, du xvi' s., dont la l'a(,-ade est ornée de carreaux vernissés; à dr. est le grand bâtiment neul de rinslitulion du Saint- Esprit, dont la façade donne sur la rue Villiers-dc-risle-Adam.

La Manufacture nationale de Tapisseries (visible t. 1. j. de 7 b. à midi et de 1 h. 1 /2 à 5 b., du 10 mars au 1") oct. ; de 8 b. à midi et de 1 h. 1/2 à 4 b., du 16 oct. au l.j mars), fondée on 1G64, est placée sous la même direction que celle des Gobelins de Paris.

La manufacture produit des pièces de basse lisse en laine et soie et d'une finesse merveilleuse, destinées à des panneaux ou à des meubles. Les sujets exécutés sont des paysages, des fleurs, des motifs d'ornement, d'architecture, des scènes pastorales, à l'exclusion des tableaux d'histoire ou de mythologie. Les artistes tapissiers, au nombre de 40 env.. tissent à l'envers, sur canevas horizontal. On visite les ateliers des artistes et des apprentis, un iietit musée de tapisseries, des cartons d'Oudrj et de Français; on voit aussi dans la manufacture un beau buste en marbre d'Oudry (qui fut directeur de la manufacture sous Louis XV), par Eudc, et nu buste de Louis XIV.

La rue de la Manufacture est prolongée par la rue Engrand-Le- Prince, qui aborde l'église Saint-Etienne par le flanc S. Entre les deux rues s'embranche à dr. la rue de Malherbe (au n" 15, maison à cornières sculptées), qui aboutit à l'angle S.-E. de la place de i'Hôtel-de-Yille, en laissant à quelques pas à g. la place Saint-Etienne et l'église de ce nom, que l'on aborde par le côté N., le plus intéressant.

Saint-Etienne se compose de deux parties, très distinctes par leur style et leurs dates, et d'intérêt bien diirérent. La nef et le transept, du premier quart du xii" s., sont ù l'extérieur de précieux spécimens de l'art roman fleuri, et à l'intérieur des jalons non moins précieux pour l'étude des origines de l'art ogival. Sauf la première tiavée, qui est du xiii' s., et quelinies remaniements opérés dans les voûtes, la nef est toute à pleins cintres, mais avec des croisées d'ogives tout à fait rudimentaires et de grossiers chapiteaux. Les détails d'architecture, et particulièrement les contreforts et les corniches, rappellent l'église abbatiale de Saint-Lucien, bâtie de 1000 à 1109. Le portail occidental offre des archivoltes à statuettes (décapitées), un tympan où étaient sculptés la Mort, les Funérailles et le Couronnement de la Vierge, et de belles ferrures du xiii" s. Des deux portes secondaires, une seule, d'un fort beau style, remonte au xui" s. Le croisillon N. est percé d'une rose à douze divisions, une des plus anciennes de ce genre, représentant une roue de fortune : cinq personnages, à g., montent vers une figure assise au sommet de la roue, tandis (|ue, à dr., cinq autres personnages descendent la tête en bas. Un ornement réticulé, très

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élégant, accompagné de fleurons et de détails curieux, couvre le pignon au-dessus. A dr. de co cniisillou, à ravnnt-dernièrc travée du bas-côté N. de la nef, est une purle nmiane très ornée avec vantaux à ferrure du xm" s. L'ancien cloctier central, de la (in du xiie s., se confond avec le clneur actuel, (|ui l'égale en hauteur; il fut, quelque temps après la construction de ce chii'ur, remplacé (1.59S) par la grosse tdur gothique (dont les couronnements sont du xvnr s.) qui (lanque à g. la fa(,-ade. iJes arrachemeiils le long de cette tour montrent (juMI a existé, à la fin du xvf s., un |)rojet de reconstruire toute la nef pour la raccorder avec le chœur. Celui-ci, commencé en 1.506, avec déambulatoire, chapelles absidales, arcsboutants et grandes fenêtres, est moins remnri[ual)le par sa belle architecture ogivale que par ses verrières.

Bas-côté S. — Pierres tombales, dont une du xui' s., applitiuées contre le mur des deux premières travées. — 3= travée : Ste Wilgeforte ou Milforte. vierge légendaire du Portugal, qui aurait subi le martyre sur une oroix, et que les iconographes représentent avec une barbe épaisse (l'origine de cette légende parait se rattacher à des crucifix des w et xii'= s., où le Christ était représenté vêtu et avec une poitrine d'un développement exagéré). — Au 2'^ pilier de la nef. Mater Jolorosa sous un baldaquin du xv s.

Transept. — A la croisée, contre les piliers qui regardent le chœur, peintures sur bois, du milieu du xvi' s. (Assomption, Mort de la Vierge, Rencontre de Ste Anne et de St Joachim à la porte de Jérusalem, Cène, Annonciation. Jésus au Jardin des Oliviers, Couronnement de la Vierge, Pentecôte, Circoncision, et le Seigneur qui vend sa femme au diable). — Dans les croisillons, panneaux en bois de la Renaissance.

Pourtour du chœur. — 1'" ch.m'. (de N.-D. de Bon-Secolrs ou de Saint-Eostache) : jolie voûte à clefs pendantes: belle verrirre de ISM (Vie de St Eustache; J.-C. à l'agonie; J.-C. portant sa croix; St Jcan-Bajitiste avec portraits des donateurs; Ste Marguerite foulant aux pieds le dragon, au-dessus de St Jean l'Evangéliste); au-dessus de l'autel. Vierge du XVI'' s. — '2' (Saint-Piehre) : 3 peintures sur bois : j\titiritr, Madeleine et Adoration des Ma(/es; veri'ière de 1548 (Vocation de St Pierre et de St André; Vision et Martyre de St Pierre. Conversion de St Paul). — 3» (Saint-Joseph) : belle clef de voûte; restes d'une verrière (Baptême du Christ, et Ste Catherine). — Aux deux travées suivantes, qui sont occupées auj. par des annexes de la sacristie, verrières figurant un baptême, le Martyre de St Etienne, le Repas des disciples d'Emmaiis. les Miracles de St Nicolas. — Tout en haut du bas-coté. belle verrière (le Jugement dernier), restaurée en IS'/S. — Ch.\pelle absidale. he la Vierge ou de N.-D. du Mont-Car.mel : verrières où l'on distingue notamment N.-D. de Pitié (cachée en partie par la retable de l'autel), le Repos en Egypte, la Mort de la Vierge, Ste Madeleine, le Martyre de St Etienne. le Crucifiement, la Résurrection, etc. — A g. de la chapelle, verrière de 1518. chef-d'œuvre d'Engrand Le Prince, figurant l'Arbre de Jessé, où se voient les portraits de Louis XII et de François I". — Ancienne chapelle Saint-Claude, transformée en magasins : verrières ^St André et St Jean l'Evangéliste avec des donateurs; histoire légendaire de St Claude). — 5" chap. (Sainte- Marthe) : très bel Ecce homo du xvi" s., entre Ste Marthe et Ste Marguerite. — 6' (N.-D. DK Loubdes. autrefois N.-D. de Lorette) : vitrail du xvi" s. (les 4 translations de la maison de Lorette); fragment d'un autre vitrail (St Martin partageant son manteau).

Au-dessous du vitrail de N.-D. do Lorette s'ouvre la porte de l'ancienne chapelle du saint-sépulcrk. servant de sacristie aux enfants de chœur; on V remarque lacolonn<^ centrale supportant la retombée des voûtes. On peut

Il BEAU VAIS :-S,T-ÉTIENNR.-HÙTEL DE VILLE. || [R.l,Bj — 9

se faire montrer au vestiaire de fori Ijeaux ornements Louis XIV et Louis XV. ainsi que le dais richement décoré des processions.

Bas-côté N. — ^^épulture du peintre J.-B. Oudry (x 1755], qui fut vingt ans directeur de la manufacture do tapisseries de Beauvais.

La place de rHôtel-de-Ville, qui forme le centre de la ville. offre un aspect assez caractéristiciue : elle était autrefois entièrement entourée de pignons en bois; beaucoup ont disparu, et l'ensemble est auj. gâté par l'abus des enseignes commerciales. La place est bordée au S. par rhùtel de ville et décorée au centre, depuis 1862, de la statue de Jeanne Hachette, en bronze, par Vital- Dubray (la maison de rbéroïne était située rue Jeanne-Hachette, n" 31 ; plaque comméniorative). Sur la place, on remarque surtout, du côté de l'E. (n" 51), la maison des Trois-Piliers (il y en quatre), bâtie sous Louis Xll et restaurée en 1887. Du même côté, plus au N. (n° 17), la façade d'une maison moderne ollre une inscription constatant qu'ici fut publié, en 1443, le traité de Tours, qui établissait une trêve avec l'Angleterre. Près de l'angle S.-O. de la place, au n" 10 de la me Saint-Jean, la maison de l'Image-Saint-Jean est très remarquable par ses sculptures de la Renaissance (Hercule terrassant le lion de Némée, Samson déchirant le lion de Gaza). Derrière cette maison, à l'angle des rues Beauregard et de la Frette, subsiste un petit hôtel à pilastres (1562),. dont l'encoignure présente un pan coupé en trompe où a été sculptée une fontaine décorative, par H. Greber (1906). Sur une place voisine a été érigée la statue du D" Gérard, ancien maire.

L'Hôtel de Ville, bâti en 1752. sur les plans de l'architecte Bayeux, aune imposante façade, décorée d'énormes pilastres ioniques. Des constructions à arcades entourent la cour, qui sert de passage. A dr. de la cour (quand on vient de la place) est l'entrée de \gibibliothè(iue (30,000 vol. env.), ouverte le dim. et le jeudi de 1 h. à 4 ou à Ti li. suivant la saison, et les niercr., vendr. et sam. de 8 à 10 h. du s.

Dans l'escalier. Jeanne I/aclirtle an .siri/e (/.' Beauvais. grand tableau |iar Barbier, donné en 1188 par Mgr de La Rochefoucauld. — Salon du Conseil : 5 grands panneaux peints par Diogène Maillard (1885). né aux environs de Beauvais : 1" Mort de Corréus. chef des Bellovaques\i° Louis le Gros donnant une charte d'a/jfranchissenient à Beawmis (les têtes sont des portraits d'illustrations contemporaines): 3" Investiture du maire, à Beaurais; 4° Jeanne Laisné; 5" Louis XI félicitant Jeanne Laisné. Une oriflamme moderne (fabriquée à la manufacture de tapisseries), qui figure chaque année à la fête de Jeanne Hachette, est le fac-similé d'un étendard regardé à tort comme celui enlevé par .Jeanne à un soldat bourguignon; cet étendard, qui tombe de vétusté, et qui est conservé à la liibliothèque, a été reconnu pour avoir été fabri(|ué en souvenir de la bataille de Saint-Quentin (1557).

Au N. de la place de l'Hôtel-de-Ville, la rue de la Taillerie (n° 6, ancienne maison), puis à g. la rue Saint-Pierre (à g., au n" 25, restes de l'église Saint-Barthélémy, xv" s.), conduisent ii la cathédrale, qu'avoisinent le palais de justice et le musée; on en voit très bien la masse depuis la jilace de l'Hôtel-de-Ville.

La Cathédrale Saint-Pierre, dont il n'a été exécuté que le chœur et les croisillons, serait, si elle eût été achevée, la plus

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vaste et la plus élevée des églises gitthiques : sa voûte principale est jetée à 46 m. 77 au-dessus du pavé: la crête de la toiture du cho.'ur est à 68 m. du sol extérieur: ce sol étant en forte déclivité vers rO., la toiture de la nef projetée aurait dû dépasser 7o m.

CVst en 1-3-27 que furent jetés les fondements du monument actuel, sous févêque Milon de Nanteuil, qui. du consentement du cliapitre, leva des contributions sur les chanoines, sur les paroisses, et s'imposa de lourds sacrifices personnels. Le plan suivi fut à peu près celui qui lut adopté plus tard à N.-D. d'.Vmiens: seulement les piliers lurent trop espacés, eu éfrard à la hauteur vertif;ineuse de la grande voûte : celle-ci. achevée en 1:272. s'écroula le 29 novembre 1284. Au lieu de poursuivre l'exécution du transept et de commencer la nef. il lallul réparer à grand'peine le désastre, ce qu'on fit. dans la partie rectangulaire du chœur, en doublant le nombre des piliers et des arcs-boutants. ce qui entraîna des remaniements disgracieu.\. Deu.K siècles plus tard seulement, sous les auspices de Louis Xll et surtout de François I•'^ le transept fut repris '1500-1.'J48) par Martin Chambigcs. à qui succéda, en 1532. Michel Lah'e : le croisillon IS.. dont on ne s'occupa que depuis 1510. fut terminé le premier, en 1537; mais, en 1550. Jean Vast. au lieu de commencer la nef, voulut dresser sur les quatre |)iliers de la croisée une tour en pierre qui dépassât tous les clochers de l'époi|ue; sa flèche, qui avait 153 m., tomba avec la tour sur l'emplacement de la nef, en 1573. le jour de l'Ascension. Martin Candelot. qui avait dressé un plan di> nef. dut abandonner son projet, et. en 16Ù5, consolida définitivement la clôture de bois qui ferme à l'O. l'église interrompue.

La grande voûte du chœur s'appuie sur douze arcs-boutants à double volée. Les sept chapelles du rond-point, de même <|ue les chapelles rectangulaires du chœur, formenî une sorte d'étage inférieur et S(int séparées des voûtes du déambulatoire par un premier triforiuin. oliscur. et par de courts réseaux de fenêtres. Le triforiuni principal est ajouré sur-l'extérieur de l'église comme sur l'intérieur ; les fenêtres supérieures ont une hauteur de 16 à 17 m.

De magnifiques façades gothiques terminent les croisillons. On parvient à la façade S., qu'encadrent deux tourelles richement ornées, par un perron de 14 marches. Le portail, dit portail Saint- Picrrc, qui a perdu ses statues, est surmonté d'une double galerie à jour, d'une rose et d'un fronton qui portait les armoiries de l'évêque et du chapitre. Les portes, du style de la Renaissance, sculptées en 1533 par Jean Le Pot mais mutilées aiij.. olficnt des sujets tirés de Vliisloire des saint:; Pierre et Paul. Le portail N.. dit portail Saint-Paul (l.")27), est orné de (leurs de lis, de salamandres, de F couronnés, de reines-marguerites, de dauphins, d'hermines, symboles de la famille royale. Dans le tym|)an sont les restes d'un arbre généalogique. Les portes, sculptées par Jean Le Pot et parfailemenl conservées, offrent les statues Ae:^ Evantjélisles, des quatre Docteurs de l'Eglise latine et des Sibylles.

Croisillon S. — Les vitraux des galeries, dus peut-être à Nicolas Le Prince, figurent ïSt Pierre et St Paul, les Evangélistes. et les quatre Docteurs de l'Eglise latine. La rose ilSôli contient l'Hisioiro de la création et du peuple juif. A dr.. sous l'orgue, chapeli.i; dks Fonts baptismaux {le Baptême, peinture par Tiersonnicr : reliquaire renfermant les chefs de ."^t Antonin et de St Théodore ; à g., chapelle hes Mohts à l'autel. De.acenio de croix par Ch. de Lafosse . ancienne chapelle Saint^Pierre et Saint-Paul.

Il BEAUVAIS : — CATHÉDRALE. |! [R. 1, li] — H

ornée d'un magnifique vitrail représentant ces deux apôtres. On remarque au milieu de la fenôtre O un 8t Jean, sous lequel se voient à genoux les donateurs Jean ^■ast, architecte de la flèche écroulée, et sa femme. Les colonnes de marlire noir proviennent de l'ancien jubé (1680j.

Croisillon N. — Vitrau.x- de la galerie (les Sibi/lles), par Jean Le Prince. Dans la ro.se. figures du soleil et des séraphins couleur de feu. — A g., CH.vPELLE DU 8.\crk-Cœuh, avcc Un vitrail d'Engrand Le Prince (152'2) réparti en deux fenêtres d'une est en partie masquée par le retaille) et représentant le Crucifiement. St Hubert. St Christophe, la JJescente de croix, ^it Louis et le donateur Louis de RoncheroUes. St François et la donatrice Françoise d'Halluin. enfin le Couronnement de la Vierge. — • A dr., ancienne chapelle du .Saint-Sacrement, occupée auj. par une splendide horloge astronomique, dans un grand meuble pseudo-roman, construite (1S66) par l'ingénieur Vérité, de Beauvais. et formée de 90,000 mouvements, dont ([uelques-uns amènent, à toutes les heures, divers personnages figurant le Jugement dernier; la scène est complète à midi. Contre la clôture enveloppant l'horloge astronomique, tapisseries de Beauvais représentant les batailles d'Alexandre d'après Lebrun.

Le mur fermant le transept du coté de la nef projetée, et dans lequel s'ouvre une porte donnant accès dans la Basse-Œuvre {V. ci-dessous), est en partie recouvert de tapisseries. Deux de ces tapisseries, du xv s., représentent des épisodes de la vie de St Pierre et le mariage (scène légendaire) de la fille du prince gaulois Remus avec le roi Francus, fils d'Hector le Troyen. Les autres ont été exécutées en basse lisse à Beauvais au xvii'' s., d'après des cartons de Raphaël du musée de Kensington à Londres; les sujets, relatifs à la vie de St Pierre et St Paul, sont : la Pèche Miraculeuse, la Mort d'Ananie. la guérison d'un boiteux à la porte du Temple, Jésus instituant Pierre chef de l'Eglise. StPaul sur le chemin de Damas, la conversion de Sergius Paulus et l'aveuglement du magicien Elymas, St Paul au milieu de l'Aréopage. St Paul et St Barnabe pris pour Mercure et Jupiter.

Chœur. — Vitraux des xiv'' et xvi<" s., aux hautes fenêtres. — Stalles, partie modernes, partie (xvii* s.) provenant de l'abbaye de Saint-Paul-lès- Beauvais. — Grille de clôture, exécutée en fiSO par Antoine Pichet. Benoît et Gabriel Parent, de Paris. — Au-dessus de l'autel. Vierge, en plâtre, par Adam, modèle d'une statue qui devait être exécutée en marbre, projet qui n'a jamais été réalisé; en 1793, on en fit la statue de la Raison.

Les chapelles sont au nombre de 11; les vitraux modernes sont de Lévêque et de Cl. Lavergne. — 1" chap. (en commençant par la dr.) dite DE S.\inte-Angaiirème : peinture par A. Grellet {Procession des reliques de la sainte pendant que Jeanne Hachette défend la ville). — 'i' (Saint-Vincentde-Paul); St Jean dans le Désert, peinture par Van den Berghe. — 3" (Saint- Denis"! : la Communion de Si Denis, par Jouvenet, Mater Dolorosa, par Quentin Varin (?). — 4" (Saint-Vincent) : ■? vitraux donnés par le chanoine Raoul de Senlis (-j- 1293). restaurés par Oudinot (scènes de la vie du saint; St Pierre marchant sur les eaux. Crucifiement de St Pierre. Couronnement de la V.. Jésus remettant les clefs à St Pierre). — 6'^ (Notke-Dame) : trois belles verrières du xiii" s. (restaurées par Didron). données par les corporations des pelletiers et des fabricants d'arcs, et qui représentent une légende inconnue, l'histoire de la Ste V. et la légende de Tliéophile; autel, avec médaillons peints par Claudius Lavergne. — En face de la chapelle, contre le mur du sanctuaire, deux toiles : la Bésurrection, par Ch. do Lafosse, restaurée par Oudrj-, et .h'-sns an jardin des Oliviers, par Ronssoy (1637). — 8* (Saint-Lucien) : verrières des y-v" et xvi'- s., en partie restaurées. — 9^ (Sainte-Madeleine) : tapisserie du xv" s. (Décollation de St Paul), donnée vers 11.50 par lévêque Guillaume de Hollande. — Sacristie : au-dessus de la porte, tapisserie du xvi'= s., figurant Beauvais, Troyes et Paris; à Tint., dalmatique (fin du xiii' s.), chapes très remarquables de l'évêque Thibaud de Nanteuil f-j- loùOi. émaux du xvi" s.; Flac/ellation, par Quentin Varin; réchaud en fer pour les encensements, du xV s. (il sert encore i; tronc en

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cuivre du xvi' s.; -2 grands reliquaires du temps de Louis XIII, décorés dipeintures. — A dr. de la porto de la sacristie : le Itepos de la Sainti'-Famille, peinture de Van den Berfrhe; tapisserie ilu xvi'- s. représentant le développement des origines laljuh'uses de la nation française, attribuées à Francus. liU d'Hector, et chantées par Ronsard dans la Franriade. — A ;.. de la porte de la sacristie : miutsuli-e du cardinal de Forbin-Janson (x 171:' avec statue en niarlire blanc par Coustou; liorhi/e à carillon du xiv*^ s.

Contre le transept, sur remplacement que devait occuper la nef, est appuyée la Basse-Œuvre (on y entre ordinairement de l'inlcrieur de la cathédrale), ainsi appelée par opposition à la flaute- Œuvre on *fathédrale actuelle. Elle date de 097. et c'est une des rares tîglises de la France qui soient authenti(|ueinent antérieures au XI" s. Le parement extérieur des murs forme un appareil rég-ulier, en petites pierres cul)i(jues. La fai.ade ullre une porte principale fort simple, deux autres portes plus petites, une fenêtre centrale, surmontée d'un bas-relief grossier et un fronton triangulaire, à la base duquel se dessine une croi.x ancrée accompagnée d'un oculus. La porte latérale, au S., est du xiii* s. L'intérieur, divisé en trois nefs, n"a pas de caractère. La Basse-CtEuvre, qui a servi de cathédrale jusqu'au xni* s., sert auj. à des réunions.

Par une porte située au croisillon N. (s'adresser au sacristain), on peut visiter la salle du Chapitre, du xvi" s., à laciuelle est attenante une partie d'un cloitre du xm" s. dont une autre partie dépend du musée. Une crypte sans caractère, sous la salle du Chapitre, renferme une grille du xv"' s.

Le Palais de Justice occupe l'ancien palais épiscopal, qui servit aussi de préfecture après la Révolution jusqu'en iS42. Construit en partie au xu" s., et surtout aux xiv' et xvf, sur les murs galloromains de la Cité, il présente, à l'ext. (sur les boulevards), une tour romane ayant pour base une tour de défense gallo-romaine. Les murs d'enceinte, élevés sur un soubassement en grés et soutenus par de puissants contreforts, dotent du xiv s. De la même époque est la belle porte fortijiée qui s'ouvre sur la place Saint- Pierre, entre deux grosses tours (|iie surmontent des toits en poivrière. Ces tours, à deux étages, sont décorées, à la naissance du toit, d'une corniche sculptée: la charpente de leur toiture e.st des plus curieuses; la porte, à voûte reposant sur des chapiteaux sculptés, est surmontée de créneaux. Dans le bâtiment latéral sont des fenêtres carrées à croix de pierre, du xiv° s., les phis anciennes peut-être de ce genre. Le principal corps du palais, commencé, en 1500. par l'évèque Louis de Villiers, et remanie en 1842. est intéressant par ses trois tourelles élégantes, par la riche décoration des portes et des fenêtres, par ses cimi lucarnes. La cloche placée dans la tour de l'horloge j^orte la date de loOti.

Le Musée (ouvert le dim. de midi à 4 h-: visible t. 1. j. pour les étrangers), installé dans un liàtiment snns l'aractére, au N.-O. de la cathédrale, appartient à la Société académique de l'Oise.

Vestibule. — Buste en marbre de Jeanne Hachette, par Guersant. 1"' salle. — Vases étrust|ues et grecs; poteries. lami)es, verroteries gallo-romaines : vases; vases lacrj-matoires : vases acoustiques; produits

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céramiques du moyen âge provenant, surtout dos fabriques de Saviernies (10 k. N.-O. de Beauvais).

2" salle. — Mercure barbu, en marbre, très mutilé, découvert à Marissel, près Beauvais, en 1695: objets divers de l'âge de la pierre: armes, monnaies et bronzes gaulois; statuettes en bronze gauloises et romaines; urne cinéraire étrusque; casque romain: poids, bijoux, agrafes, fibules, colliers, instruments de chirurgie en bronze et en ivoire gallo-romains ou mérovingiens; armes franques et de la première époque féodale; série de fers à cheval, mors et éperons; clefs anciennes ; armes et instruments de musique arabes ; autel votif dédié au dieu celtibère Ilixon (Luchon), trouvé dans le Comminges et provenant de la collection de l'abbé Tersan ; médaillier ; belle tète de Christ soutirant, du xv« s., chevalier armé et équipé, ouvrage de céramique du xiii'' s.; chaire abbatiale du xv'' s.; enseignes du xv« s.; armes et armures du xvf s.; glaive (xvi>^ s.) du bourreau do Beauvais; tableau sur bois (Décollation de St Paul), 2 peintures sur cuivre et peintures sur soie du wf s.; baptistère en plomb de la même époque avec son couvercle; très beau cabinet Louis XIII en ébène; '.? cariatides en bois (xvii" s.), manière do Puget, provenant do l'abbaye de Beaupré; collection curieuse des vases exécutés sur les dessins de Ziégler et dits « grès de Voisinlieu »; moulages des portes de la cathédrale ; costumes pris au palais de Pékin en 1860. — Quentin Varin. Assomption, sur bois. — ■ Monvoisin. Le Râ du corsaire. — Sur un bahut du xv- s., vitrine contenant une mitre du XIII'' s. regardée comme celle do Philippe de Dreux (f 1217), do petits bas-reliefs en ivoire, un Christ byzantin, une amulette trouvée dans le tombeau d'un enfant, une clepsydre, une croix-reliquaire du xvi« s , un manuscrit du xV s., de petits autels votifs, un jeu de tablettes romaines en ivoire.

3'- salle. — Moulages ; Eve, plâtre par Cainbos ; maquette de la statue de Jeanne Hachette.

Al" salle. — Histoire naturelle (coquillages, minéralogie, oiseaux, reptiles). — Haches en pierre et en bronze; objets trouvés, en 1905, au cimetière franc d'Escames. près Songeons; sigillographie.

Dans un corridor étroit et dans 2 petites pièces à g. : — antiquités diverses: moulages.

Cloître. — De ce cloître, qui dépendait de la cathédrale, il ne reste qu'une galerie du xiv s. — Musée lapidaire : .Janus à deux tètes; combat de gladiateurs, bas-relief romain: tête romaine à coiffure phrygienne; grands sarcophages; collection de i:hapiteau.x depuis le commencement du xii« s. ; curieux tympan roman de Saint-Gilles de Beauvais; belle statue de St Jacques de Compostelle (xiv" s.): pierres tombales, épitaphes; statue funéraire d'un chevalier du xiv« s. ; bois de justice du xiv s. ; fonts baptismaux du xv: s . la Mort, sculpture sur bois de la Renaissance ; Mise au tombeau, bas-relief de la Renaissance; pierre tombale du xv« ou du xvi« s. représentant un cadavre rongé par les vers; crucifix en pierre du xvr" s.; Mater dolorosa, même époque ; 3 pierres sculptées (1622) provenant de la tribune municipale aux harangues.

Sur le cloître donne une salle basse renfermant des sarcophages bruts, des moulages de sarcophages sculptés, et des débris du balnéaire romain découvert en 1903 près de l'église Saint-Etienne.

Le qtiartier de Lt cathédrale est riche en maisons intéressantes, plusieurs en pierre. A p-. de l'entrée du palais de justice, rue Saint- Pierre, 57, on voit de beaux restes de quatre arcades romanes sculptées, surmontées d'un gracieux bandeau. Un peu plus loin dans cette rue s'ouvre la rue rhilippe-de-Beaumanoir, où subsistent (8 et 12) deux maisons canoniales du xv" ou du xvr s. (au n" 8, porte richement décorée avec vantaux de la Renaissance) ; au fond de la rue.

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dans l'angle qii'clli- l'uniK' pniir irjnindre la rue du Prévost, 3 fenêtres à gables du xiV .■>. sont les restes d'un rf/iigr des moines de Sainl-l'aul jin-s Beauvais. On peut revenir jiar la rur du PrévoM (n" 17. il langle de la rue Quentin- Variii, niai>on à Inurelle avec un St Michel en 'plomb et deu.\ tùles sculptées de la Henaissance; n" 1 1. six corbeaux grimaçants) à la rue Saint-Pierre: la 2' rue qu'on trouve à dr. eii descendant celle-ci est la me Sninl-Pantaléon (n" 4. belle ordonnance arcliileclurale du temps de Charles IX; n° il. curieuses statues en bois: n" 31, sur la cour de la gendarmerie a cheval, bel escalier du w" s. ; les n"' 27 et 33 sont aussi à signaler).

En lace de la rue Saint-Pantaléon s'ouvre la rue de l'Abbé-Gellée, (lui fait un coude à g. pour longer le cho'ur de la cathédrale au .N. (au n" 14, sur une cour, bel escalier du xvr s.): on revient au musée, qu'on laisse à g. pour suivre la rue de T/ù'cc/ic (n"' 211-31. traces romanes et du xv" s.). De la rue de l'Evcché. à 1 oppose du musée, se détache à g. la rue Saint-Laurent, qui ronduil à l'Hotel- Dieu. Le n» 2.') est une belle maison du xv" s., chargée d'arabesques et de tètes saillantes, qui passe, (m ne sait pourquoi, pour avoir été habitée par Pierre Caucbon : la mais(m suivante, n" 27, en continue l'architecture, mais altérée par des restaurations.

UHôtel-Dieu (vitraux par Lévé(iue) donne sur les boulevards de ceinture en face de l'Esplanade de l'Hôtel-Dieu, où le monumental lycée Félix-Faure est domine en arrière par le square du Mant-Capron ("réservoir). De là, i>n peut revenir à la gare en suivant au S. la belle promenade du Jeu de Paume.

rEn deliors de l'itinéraire ci-dessus, nous signalerons cneoro : — Saiult;- Marguerite (xv» s.), auj. magasin militaire, à l'angle des rues Ricard et .Sainte-Marguerite: — le i/rnitd xt^minoire (bd de l'Hotel-Dieu ; désatTeclé" : — plusieurs" //'oi.'îoMs du xvV' s., et un bel hôiel du xvni« s., rue Gambetta; — nue maison à encorboltcmcnt sculpté, rue de lluzenval, 50; — une maison avec poutres sculptées, rue Owrfn/: etc. , . , •

La Préfecture, hors ville, à .SOO m. env. N.-O. du palais de justice, occupe l'ancienne abbave de Saint-Quentiu, dont les bâtiments claustraux ont été refaits aux xvic- et xv-m": s.

Environs. — Marissel 'arclwol.: @ 1,500 m. E.). sur le versant g. de la vallée, possède une égUse remarquable des xu' s. (clocher et chapelle en cul de four' au N.). xiii" s. (chœur à chevet droit) et xvi« s. ^ nef, collatéraux, portail et flèche de la façade). A l'ini. : en haut du bas-côté S., colonne antique encastrée dans le mur: derrière le maitre-autel. magnifique retable du xvr s. en pierre peinte et sculj)tée figurant des scènes de la Passion :

anciens

vitraux. — Lamartine et Corot ont séjourné à Marissel

Saint-Lazare et Allonne [archéol.; @ 3 k. 5 S.-L.). — On sort de Beauvais par le faiiboia-,/ Saint-Jacr/ues et la grande route de Paris.

2 k. 5. Aiicieidie maladreric de Saint-Lazare, bordant la roule à g. et convertie en ferme. Les bâtiments entourent une cour immense, d'un grand caractère, où l'on remarque : l'église, petit édifice du plus pur style roman, servant de grange: un vaste bâtiment rectangulaire du xiii' s. et une mao-nifiquc grange à à nefs de la même époque, couverte d une remarquable charpente. — Un chemin se détachant à dr. de la grande route conduit a

3 k 5. Allonne : curieuse église, a •:) nefs parallèles ; le clocher. 1 ancien portail et le chœur de la nef dr. appartiennent au style roman: la net g. et son portail au style flamboyant du xvi« s. et le chœur au stylo gothique

i! MARISSEL. — SAINT-GERMER. |i [R. 1, B] — 15

primitif; retable en bois avec un tableau do V Annonciation ; au presbytère on peut voir deux charmantes statuettes en marbre blanc, du xiv" s., figurant le môme sujet.

Notre-Dame-du-Thil (arc/iéol. ; (g) 1 k. N.-O.i, avec une église des x*', xiii" et xvi" s. Un mur de clôture du xv^ s. et une tour du xiri'^ sont les seuls restes de l'ancienne ahbaye de Saint-Lucien, fondée au vi<= s. sur l'emplacement du tombeau de 8t Lucien, premier évoque de Beauvais (m" s.), et aussitôt richement dotée par les rois francs. Les bâtiments actuels, renfermant naguère le petit séminaire, sont une reconstruction moderne.

De Beauvais à Gisors ^^^ Nord, 35 k. S.-O.). — La ligne de Gisors se détache à g. de celle du Tréport à (3 k.) Pentemont-Saint-Just, pour remonter la vallée de 1 .Vvelou. — 5 k. Goincourt . — On quitte la vallée de l'Avelon, en laissant à dr. la ligne de Gournay (V. ci-dossous), pour s'élever vers la crétc des falaises de Bray. — S k. Uainvillers. — 9 k. Saint-Lérjeren-Braij ^dans l'église, vitraux du xvi' s.i. — 1-2 k. Auneuil, cli.-l. de c. de 1,517 hab. — La voie passe dans un tunnel de i,200 m. sous la colline du Point -du- Jour (•220 m.) et redescend.

n k. Le Vauroux. — A g., la Houssoye (dans l'église, en partie du xiv" s., stalles et boiseries sculptées du xvi'' s.;. — 19 k. Lahosse (dans l'église, Passion en bois doré du xvi" s. et tombeau d'Hélène d'O, de 1613), X sur Méru (F. p. 3).

23 k. Le Vaumain (château de la Renaissance). — 26 k. Boutencourt. A g. Jaméricourl (église du xii<= s., avec des boiseries du xvi'= s.). — 29 k. CItaumont-Trie-la-Ville, station desservant 7'rie-la-Ville, et Chaumont, gare du ch. de fer de Paris a Gisors f V. la j\o>-inandie}.

31 k. Trie-C liât eau i église avec riche façade romane; château du w" s.; hôtel de ville avec deux jolies fenêtres du xii' s.; dolmen de Gomerfontaine dit la Pierre l'rouée). — On passe sous le ch. de fer de Paris à Dieppe. — 35 k. Gisors (station dite Gisors-Ville; V. la Normandie).

De Beauvais à GournaY (^â Nord, 30 k. O. ; voir l'ancienne église abbatiale de Saint-Germer. curiosité archéologique et artistique de premier ordre). — 5 k. fToincourt ( V. ci-dessus) ; on laisse â g. la ligne do Gisors, pour suivre, vers l'O., à peu près le milieu de la callée de Bray, couverte de pâturages et limitée à dr. et surtout à g. par des collines élevées. — 8 k. .Vai»/-/'n((i (église en partie romane ; porte et chapiteaux du xi' s., restes d'une abbaye). — 10 k. Becqiiet-Saint-Germain. — 13 k. L'Huyère. — 15 k. Ons-en-lJrny. — 16 k. Lachapelle-aux-Pots (importante fabrication de poteries, industrie dont l'origine remonte à l'époque gallo-romaine). — 18 k. Blacourt-Espaubourg . — 21 k. Cuiqy-Coiidray.

23 k. Saint-Germer, station située à 3 k. du v. de ce nom; les visiteurs qui se rendent à Saint-Germer feront mieux de descendre à la halte d'Orsimont, de moitié moins éloignée.

25 k. Orsimont. halte la plus voisine de (1.500 m. S.) Saint-Germer (bonne aub. Giselon. sur la place). 1,029 hab., célèbre par son ancienne abbaye, . dont il reste le bâtiment d'entrée (xV' s. s une tour du mur d'enceinte (xin' s.), l'église et la Sainte-Ghapolle.

L'église, bâtie en entier de 1160 à 1180 env., privée de sa façade et de ses deux tours occidentales à la suite d'un siège soutenu contre les Anglo- Bourguignons en 1380. gravement mutilée lors de ce désastre dans plusieurs parties de la nef et du transept, restaurée au moyen d'un legs de la reine Jeanne de .Navarre (v 1398) et de nouveau consolidée au commencement du xvr s., est, malgré ces remaniements, un des types les plus curieux de la transition du roman au gothique, et certainement le plus original lie tous. L'extérieur est du style roman ; on remarcjne notamment la porte murée du croisillon S., la grande corniche, les contreforts cylindriques de la grande abside. A l'intérieur, on est surpris do voir régner

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panoat des tribunes absolument romanes entre un rez-de chaussée et un éta^e supérieur franchement gothiques, et surpris non moins vivement a l'aspect des longues ouvertures rectangulaires marquant le triforiuin et dont les encadrements sembleraient avoir été arrachés à quelque édince antique. Le déambulatoire et ses chapelles rayonnantes sont de tonte beauté, et surtout la maîtresse voûte de labside. Les colonnettes. au nombre de plus de cinq cents dans toute l'église, sont couronnées de chapiteaux divers dont quelques-uns sont des chefs-d'œuvre. On peut (s adresser au sacristain) circuler dans les tribunes du chœur et du S. de la net a travers le croisillon de dr. ; mais le passage a été supprime au croisillon de s et les tribunes du N. de la nef sont depuis longtemps inaccessibles. On parvient au passage intérieur ménagé sous les fenêtres supérieures: mais la circulation y serait extrêmement dangereuse. Les arcs-bontants cachés sous les combles des tribunes passent pour être les premiers qui aient été construits; cela n'est pas certain : quelques-uns ont ete roraplacés au commenc. du xvi' s., par des arcs-boutants en plein air. Les hautes voûtes de la nef. sauf aux doux travées voisines de la croisée, ne sont que des fac-similés en bois. — Les stalles sont de 1 époque Louis \I\ ; le lutrin du xv s. ; une Vierge, du xiv<^^ s. : un autel, dans une des chapelles absidales. du même temps que l'église. La grille de l'abside est du xiii' ou du xiv" s. Au croisillon S., saint-sépulcre du xvii-^ s. ^ ,, ^ ^

Un passage, long do trois travées, éclairé par de belles fenêtres (grisailles de l'époque), et obtenu au xar s. par la suppression de la chapelle de l'axe, conduit du chœur à la Sainte-ChapeUe. bàtie par labbé P. de Wessencourt, qui siégea de l->:.0 à \Tr2. A part les embrasures intérieures des fenêtres et de la rose, qui sont renfoncées et forment passage, cet édifice est une imitation flagrante, quoique réduite, delà Sainte-Chapellc de Paris, qu'elle peut servir à reconstituer dans les parties dn monument parisien refaites au sv s., c'est-à-dire la rose et les deux tourelles de la façade. Mak^rc cette ressemblance et bien que les armoiries de ^t Lonis se voient aux vitraux, il nest pas probable que les deux édifices aient eu le même architecte. L'architecte du monument picard est nguré dans un des trois vitraux à sujets de l'abside, recevant de 1 abbe la paye des ouvriers maçons. Le fragment de retable du xiii» s. au-dessus de 1 autel n'est qu'un moulage : l'original a été donné ati musée de Clnny. a Pans.

Sainl-Germer est souvent surnommé de Fly : Fly ou Hay (Flaviocum) est le nom primitif de l'abbaye, que fonda, vers 650, St Germer, seigneur des environs, neveu de St Ouen de Rouen. . j i-,-

On peut aussi se rendre à Saint-Oermer, de Pans, par la ligne de Dieppe (5 k. de Gournay).

II® 4 k N -E de la halte d'Orsimont. Goulancourt (boUes ruines d'un ciiàfeau féodal dU xiii» s.) dépend de Senantes (à 1 k. plus loin ; dans 1 église, du xv« s., beau saint-sépulcre).^

30 k. Gournay (ligne de Paris à Dieppe par Pontoise ; V. la Normandie).

De Beauvais à Clermont (^ Nord, 08 k. E.;. - On suit la ligne de Creil iusQu'à(8k.i Rochv-Condé O- P- 6)- - '0 k. BaïUeul-sur.Theraxn, ^ At au pied du mamelo'n isolé du Mont-César (UÙ m.; camp romain ou ont ete découvertes de nombreuses antiquités); Froidmont est une chapelle gothiqiie du XVI" s. convertie en habitation (caves votitées à ogives et souterrain loue de plus de 400 m.). - 15 k. Bresles {église a. nef carolingienne).

■)0 k La Hue-Saint-Pierre [église avec un remarquable portai! romani, *.'"à '^ sur Saint-Just i V. ci-dessous). La station dessert aussi (l.VOO m. S'-E.ritt .\euville-en-Hez, à la lisière N. de la saste forêt de ^er (église à clocher du xu' s. et chœur du xv : porte surmontée de S niches gothiques, seul reste du couvent de ta Garde, de 1488; sous un tertre, souterrains dun château qu'habita St Louis dans son enfance et ou, selon quelques érudits, il serait né en 1215). - io k. Etouy (église avec chœur du xvi" s. et

-AINT-GEKMER. ||

2 statues tombales do la mémo époque). — On descend dans la vallée de la Bréclie. que l'on franchit. — 25 k. Ronquerolle.

— On passe sous la ligne de Paris à Amiens, avant de la joindre.

-?Sk. Clermont (R. 3 .

De Beauvais à Saint- Just ^ Nord. 37 k.

N.-E.) — -30 k. La Rue- Saint-Pierre ( V. ci-dessus, de Beauvais à Clermont). — 21 k. /,/<ï (église des XIII* et xvr s.). La voie remonte la rive dr.

de la Brèche. — -23 k.

'WariviUe. — On franchit la Brèche. — 26 k. Bxilh's (éf/lisr romane au curieux portail sculpté, reste d'uu prieuré). — 30 k. Le Mesnil-sur Bulles (tnmnlns).—

Poix

Saleuxi

Prouzeli Lœuilly*

^resmonijers r,

Confy

Monsures \

Catheuxc

AMIENS

troissy jFontaine-Bonneleau

iCrévecœurle Grand

^SfOmer- en - C/iaassé^

' \C' -.^i'enanfes

^^oùUmcourt S.

la Bosse feVaumaùi

RotannyJ BIk

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lurf iJ

EssuileSr

'vuquerof/es JJwrdonne Ut2.\

S^Just -Chausséi

'incoart

en-Bray 'Si} Vluneuii ,, ,,|v

■louy

mqueroUi

Clermont

Boufhncoart^ Triées ffouen

Gisors

'o Chaïunont- en -Véxin

^Oyy

Kilomètres

33 k. Fournical (à l'église, retable sculpté du xvi' s.j. - 37 k. Saint- Just (R. 3).

De Beauvais à Amiens (g^ Nord, 69 k. N.; voir Conti/). — 16 k. de Beauvais à Saint-Omer-en-Chaussée (V. R. 2). — Après avoir laissé à f:. la ligne du Tréport, on remonte la vallée de l'Herperie. — 20 k. Oudeuil

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