LETTRE DE M. JOS. A. MONGIN
cassé D0 arpents de terre que j'ai pu ensemencer ce printemps. J'ai une grande confiance dans l’avenir de ce pays ; le sol est très bon, le bois de construction, à clôture et de chauffage se trouve partout et en abonaance ; nous avons du charbon, et de bonne qualité. Nos terres ne coûtent rien, seulement 10 dollars pour 160 acres, et je vous assure M. le curé, que je préfère avoir 40 arpents de terre ici, à Edmonton, que d’en avoir 160 au Dakota, où j'ai demeuré un bon nombre d'années. Je reçois beaucoup de lettres de mes amis, me demandant des informations ; je réponds toujours que le pays me plaît, que le climat me convient, que je suis content de me voir ici, loin de ces malheureuses tempètes qui font tant de dommages aux cultivateurs du Dakota et du Minnesota. On ne peut pas s’imaginer de plus bel hiver que celui que nous avons ici; il fait froid, sans doute, mais c’est un froid que nous endurons facilement ; l'été est aussi magnifique. Le printemps commence avec le mois d'avril, les récoltes se font dans la dernière quinzaine d'août. Voici comment la récolte a été l’année dernière : Je certifie avoir vu de mes yeux du blé donner 50 minots par arpent ; de l’avoine, 100 minots ; de l'orge, 60 minots ; c’est la moyenne ordinaire. Le foin abonde autour des lacs, le long des rivières et dans des baiïes immenses, quelquefois,
Je suis d'avis qu’un homme qui a une grosse famille—des garçons principalement—devrait venir s'établir par ici. Il lui faut un petit capital. Ni à son arrivée il peut s'acheter chevaux, voitures, charrue, herse, machine à faucher, des provisions pour un an, quelques vaches, cochons et poules, et se coustruire une maison, je dis que cet homme peut se faire une petite fortune en peu d'années, pourvu qu’il travaille autant qu’on le fait dans les vieilles provinces. Je pense qu’un homme qui arrive avec 1,000 piastres peut s'établir à l'aise. Je vous répète, M. le curé, que je suis content de ma position ; aucun membre d’une famille consentirait à laisser le Nord-Ouest canadien pour retourner au Dakota.
Je conne ces informations aussi consciencieusement que possible. Si l'on me demande plus de détails, je serai heureux de répondre à tous ceux qui me feront l'honneur de m'écrire.
Je vous remercie, M. le curé, d’avoir pensé à moi, à propos de cette lettre. Envoyez-nous de bons canadiens prendre les homesteads encore vacants dans notre voisinage.
Votre tout dévoué,
JOS. A. MONGIN.
Lettre collective de MM. Boissonneau.
MOoRINVILLE, ALBERTA, 12 mai 1894. à é
MoxsIEUR L'ABBÉ,—Nous sommes heureux de nous rendre à votre invitation et de vous donner les informations demandées relativement à notre installation sur nos homesteads, aux améliorations que nous avons déjà faites et aux chances de succès sur lesquelles nous pouvons compter.
1. Nous sommes arrivés ici au printemps de 1891 et nous avons choisi nos homesteads dans la paroisse de Saïint-Jean-Baptiste, à 9 à 10 milles de Saint-Albert.
2. Notre famille se compose de six hommes et deux femmes, tous frères, sœurs, père et mère, neveux et nièces ; nous sommes établis: ensemble dans le même voisinage ; nous occupons 6 homesteads, ce qui forme 960 acres ou 1,152 arpents du Canada.
3. Nous avons une centaine d’acres de labourées que nous ensemençons ce printemps en blé, avoine, orge et légumes ; l’an dernier nous avons récolté au delà de 1,300 minots de grain.
4, Nous travaillons de concert, nous ne formons qu’une seule et même concerne, ayant mis notre capital en commun (ça ne montait pas en tout à $1,000). Nous avons pu nous acheter les animaux voulus pour commencer, et nous pourvoir des choses les plus nécessaires,
5. Nous possédons actuellement une paire de mulets, 3 paires de chevaux, 6 vaches à lait, 13 autres bêtes à cornes, 21 cochons dont 9 bientôt prêts à faire du lard, 6 douzaines de poules et quelques couples de canards. /
6. Le beurre se vend de 25 cents à 30 cents la livre, les œufs, 18 à 20 cents et plus, le lard d’habitant, 9 à 12 cts, le lard fumé ou bacon, 14 à 16 cts la livre ; la farine $1.75 à $2 le 100 ; les chevaux, de $50 à $100 pour d’assez bons chevaux.
T. L'eau des lacs et des rivières est bonne et très commode pour les pâturages, on trouve de l’eau en creusant des puits ; j'en ai 5 de faits, etla moyenne est de 1 à 25 pieds de profondeur. L'eau est quelquefois dure, dans certains endroits elle est douce et très bonne.
8. Le climat est bon, très sain; je conseille aux dyspeptiques de à, venir passer les vacances d’hiver avec nous, s’ils veulent se guérir ; le froid est grand, mais se supporte facilement ; je n’ai jamais perdu une heure de travail à cause du froid. Les gelées d’été que nous craignions surtout, ne nous ont pas encore attaqués, et nous croyons qu’elles sont à jamais disparues, le terrain étant cultivé, il reste moins d'humidité ne dans la terre et elle est moins exposée aux gelées.
9. Le labour se fait aisément ; deux chevaux de 1,200 livres pesant font bien l'ouvrage, mes deux mulets se jouent en labourant ; la 2"° année est très facile ; le sol est très meuble, je n’ai encore fait aucune rigole, ni fossé, je trouve cela bien commode.
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