LETTRE COLLECTIVE DE MM. BOISSONNEAU
10. Nous avons tout le bois voulu ; déjà nous avons 4 maisons de construites, 6 écuries, des hangars, remises, etc, Nos 100 acres et plus sont bien clôturées à 7 et 8 perches par pagée. 11. Nous invitons nos parents et amis à venir nous trouver, nous ne pouvons leur donner un meilleur conseil.
Vos tous dévoués,
NOEL BOISSONNEAU, LOUIS «6 ANTOINE a HORMIDAS « LOUIS J. L
Lettre de M. E. Rivest.
SAINT-J EAN-BAPTISTE DE MORINVILLE, ALBERTA, 13 mai 1894.
Monsieur, —Je m'empresse de vous fournir les informations que vous me demandez : Je suis heureux de vous répéter que je suis bien content, et ma femme aussi, d’être venu m'’établir dans votre colonie. Je ne saurais trouver nulle part ailleurs un pays plus avantageux pour y faire sa vie par la culture et l'élevage. L'an dernier (1893), j'ai ensemencé 20 arpents de terre et j'ai récolté 770 minots de bon grain ; les légumes m'ont aussi bien payé, 10 minots de patates m'ont donné 125 minots ; un once de graine d'oignons rouge m'a donné 14 minots de bons et gros oignons. Le foin est aussi abondant que dans les belles prairies des provinces de l’est. Je me suis creusé deux puits, à 12 pieds de profondeur, j'ai trouvé de la bonne eau, et en quantité suffisante pour les besoins. Le bois de chauffage est à notre porte, le charbon aussi ; tout cela pour rien. Il y a beaucoup de gibier, on a le plaisir de chasser la poule de prairie, l’outarde, le canard, etc. Le climat est bon, ni trop chaud en été, ni trop froid en hiver ; je ne me plains pas de la gelée : depuis trois ans que je sème du blé et d’autres grains, je n'ai jamais éprouvé aucun dommage.
J'ai ma femme et 6 enfants. En arrivant, j'avais quatre cents piastres valant ; aujourd’hui, après 3 ans, j'ai ma terre presque toute clôturée, 45 arpents de cassés, une bonne maison, deux écuries, une remise, un hangar, un poulailler, 4 chevaux, 8 bêtes à cornes, 7 cochons, 24 poules, une :harrue, une herse à disque, des voitures, des harnais, etc. Je n’ai pas de dettes,
Le marché est assez bon ; l’avoine : 35c. le minot ; le beurre 25c les œufs, 20c. ; la farine, $2 le cent lbs. ; le foin, $5 à $6 la tonne
En général, je suis content de me voir ici.
Ceux qui ont des dettes sur leurs terres et qui paient de gros inté-
rèts, et qui ont des garçons à établir feraient bien de venir s'établir
avec nous ; il y a encore de belles terres à prendre.
Je considère qu’un capital de $700 à #800 est suffisant pour commencer une terre par ici.
Voilà, M. le curé, ce que je puis vous dire sur notre position’dans notre paroisse. Si vous désirez publier cette lettre je vous en donne la permission.
Votre humble serviteur,
EMMANUEL RIVEST.
Lettre de M. Charles Dubuc.
MoRINVILLE, ALBERTA, 12 mai 1894,
Rév. M'J.-Bre Morin, P‘", Colonisateur au Nord-Ouest.
MoN CHER BIENFAITEUR,— Vous me permettez, sans doute, de vous donner ce nom de bienfaiteur, car vous le méritez cent fois, pour tout ce que vous avez fait pour moi et ma famille. Nous désirons tous ardemment le jour où, vous reposant de vos travaux de colonisation, vous viendrez vous établir au milieu de nous pour prendre la direction de cette paroisse que vous avez fondée ; plaise à Dieu que ce jour ne soit pas encore trop éloigné.
Voici les renseignements que je puis vous donner: Vous connaissez déjà mon idée du Nord-Ouest, je ne fais pas un secret du contentement que j'éprouve de me voir rendu ici avec ma famille. J'écris souvent à mes parents et à des amis qui me demandent le résultat de mon travail, à tous, je dis la même chose : le Nord-Ouest est le pays par excellence pour les petits cultivateurs, pour ceux qui possèdent un petit capital, ou pour ceux qui ont de grosses familles à établir.
J'ai pris ici 480 acres de terre ; j'en ai déjà une soixantaine de labourées. L'an dernier, j'ai récolté 800 minots de bon grain. Cette année, je pense de semer au delà de 130 minots dans de la belle terre, bien préparée, bien meuble, bien nette ; je compte sur une belle récolte. J'ai récolté les plus beaux choux que vous n'ayez jamais vu ailleurs, je crois. Je n’ai pas mesuré ma récolte de patates ; j’en ai eu assez pour ma provision, faire un peu d'engrais, ma semence du printemps, et en fournir quelques minots à mes voisins nouvellement arrivés ici.
J'ai apporté ici un capital de mille piastres, à part mes instruments d'agriculture, deux chevaux, des voitures, et mon ménage. J'ai aujourd’hui, après deux ans de travail, 7 bons chevaux, 18 bêtes à cornes, 42 cochons, 50 poules ; j'ai toutes les machineries voulues pour
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