‹ Le Nord-Ouest canadien et ses ressources agricoles [microforme]Chapitre 25 sur 30 · VENANT ETHIER · texte numérisé non relu

VENANT ETHIER

Lettre de M. Roch De Tonnancourt.

MoriNviLLE, ALBERTA, 10 juin 1894.

M. l'abbé Mori, P‘",

Colonisateur.

Moxsieur,— Voici ma réponse aux informations que vous me demandez relativement au district d'Edmonton :—

Je suis arrivé ici au printemps 1891. J’entendis parler des terres fertiles du Nord-Ouest, et je résolus d'aller les visiter: c’est pour l'avenir de mes enfants que je pensais à me déplacer. Le pays me plût, je me choisis une terre, commençai à travailler, demeurai trois mois sous la tente pendant que je me construisais un chantier, écurie et autres dépendances. Ma famille vint me trouver l'hiver suivant (1892). Ma femme ne s’est pas ennuyée, moi non plus. J’a-ais deux enfants : Hélène, âgée de 4 ans, et Gustave, 2 ans ; un troisième est venu grossir le nombre depuis notre arrivée. Aujourd’hui, j'ai 25 acres de terre de cassées. L’an dernier, j'ai récolté 350 minots de bon grain, et assez de légumes pour notre besoin. J'ai dix têtes de bêtes à cornes, 4 bons chevaux, 14 cochons, des oies, des canard:, des poules en quantité. Je me suis construit une bonne maison, 22 x 24, à toit français, une écurie, un étable, un poulailler, une laiterie ; j'ai un puits de 18 pieds de profondeur, l’eau est très bonne. J'ai emporté de chez moi toutes mes machineries pour cultiver, moulin à faucher, râteau, etc. Je suis bien content du pays ; le climat est bon, pas trop froid ; les «animaux peuvent hiverner dehors sans trop de misère. Il

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