L. LALANDE
Autrefois de Lorraine, France. ” M' l'abbé Morin, P", :
Morinville, Alberta.
Lettre de M. Adélard Ouimet.
M: J. B. Morix, P",
Colonisateur au Nord-Ouest,
MowsIEUR,—Il y a deux ans, ayant entendu parler du district de Saint-Albert, des terres qu'on pouvait se procurer pour rien et des
de des
LETTRE 1% M. ADÉLARD OMIMET. 29 avantages multiples qu'on trouvait à émigrer dans ce nouveau pay, j'allai voir le révérend Père Morin qui me reçut avec courtoisie et m'engagea beaucoup à réaliser mon projet. Je partis dans l’excursion du mois de mai 1892. On ne m'avait pas trompé, je trouvai le pays bien beau et je me choisis un homestead sur la section 28, rang 26, township 54. Mon frère est établi mon voisin sur la même section. A mon arrivée, je possédais en tout $900. J'ai payé $86 de passage pour moi et ma femme, je n'avais pas d'enfants alors. Je me suis acheté 3 chevaux, $150, il nous faut cela pour labourer la prairie ; un wagon, $90, une herse à disque, $35, une vache, $30, des cochons, des poules, etc., etc. Je me suis bâti une maison qui m'a coûté une centaine de piastres, une écurie que j'ai faite moi-même, un puits de 18 pieds, et avec cela j'ai pu casser 10 arpents de terre et les bien clôturer. Je vous assure qu'il ne faut pas être paresseux pour commencer une terre quand on n’est pas riche. Comme il était trop tard pour semer l’an dernier, quand je suis arrivé, j'ai dû acheter pour nourrir la famille et les animaux jusqu’à l'automne suivant. Ca nous a coûté cher ; ce printemps, 1894, j'ai ensemencé 25 acres de terre en blé, en avoine, en orge eten légumes ; j'espère avoir une belle et bonne récolte. Nous sommes bien encouragés, ma femme se plaît bien à la campagne. Notre terre est belle, pas de roches, pas de bois du tout ; je pourrais toute la labourer sans avoir à couper une seule branche. J’ai 42 arpents de terre bien clôturés en bonnes perches d’épinette que je dois aller chercher à 7 milles de chez moi ; la place est gaie, ma maison domine la plaine, nous voyons à plusieurs milles de distance ; dans quelques années ce sera très joli ; déjà nous trouvous cela superbe.
En résumé je suis très satisfait.
Je vous remercie üe l'intérêt que vous nous avez témoigné, et nous sommes vos enfants,
ADELARD OUIMET, et sa femme, LÉDA PROVOST.
Lettre de M. Venant Ethier.
MOoRINVILLE, ALBERTA, 12 mai 1894,
Mox cer M. MoriN,—Je viens vous donner le résultat de mes travaux, et des améliorations que j'ai faites sur ma terre depuis que vous m'avez amené ici :—
C’est le 28 mars 1892 que nous débarquions à Edmonton, moi, ma femme et trois enfants. J'ai pris ma terre sur la section 26, T. 55, R. 26 ; elle est toute en prairie. J’ai deux ou trois milles à faire pour aller chercher mon bois ; il ne me coûte rien. Je me suis bâti un bon chantier, une écurie, un étable, un hangar et un caveau. J'ai trente arpents d’ensemencés ce printemps, en terre bien préparée. J'avais un
bien petit capital à mon arrivée, juste assez pour acheter une paire de bœufs, une charrue, une herse à disque, du bois de sciage pour mon chantier et quelques provisions ; heureusement, j'ai trouvé des vaches à prendre à bail, et de cette manière je me suis tiré d’affaire assez bien. Je considère ma misère finie ; ma femme s'ennuie encore un peu, mais ça disparaît tous les jours, à mesure que l’aisance entre à la maison.
Nous avons ici un sol de première qualité, de la bonne eau, du bois autant qu'il en faut, du charbon tout près. On est à construire une petite église ; un prêtre demeure déjà dans la paroisse. Nous avons un bureau de poste, c’est à 14 mille de chez moi.
J'écris à mes parents et amis de venir nous trouver ici ; j'espère en attirer quelques-uns.
Pour notre part, ma femme et moi, nous sommes bien contents et satisfaits de notre position.
Votre tout dévoué,