JOHX PRITCHARD, ALEXANDER ROSS
JOHN BUNN,
ANDREW MCDERMOT,
JP PRUDEN
Procès-verbaux d'une séance du conseil d'Assimiboine, tenue à Fort Garry, le 1$e jour de novembre 1847.
PRÉSENTS
Alexander Christie, gouv. d'Assiniboine, président ; Adam Thom,
Le major Griffiths, L’évêque de Juliopolis, Le rév. Wm. Cochran, Le rév. John Macallum, James Bird,
John Pritchard, Alexander Ross,
John Bunn,
John-Peter Pruden, Cuthbert Grant,
Le président avant fait part au conseil qu'il avait convoqué cette séance pour se conformer à la demande de plusieurs membres du conseil désireux d’avoir une occasion d'exprimer leurs sentiments à l’égard du rappel de la garnison actuelle de la rivière Rouge, les résolutions suivantes sont adoptées à l'unanimité :—
Attendu que jusqu'à ce que ce conseil soit informé du contraire il est forcé à regret de croire que la garnison actuelle de la rivière Rouge ne doit pas être remplacée par une force armée d'aucune sorte il est à l'unanimité
Résolu que le mémoire ci-joint soit transmis en toute hâte à ceux qui sont directement investis de l'autorité sur la terre de Rupert: :
“Aux honorables gouverneur, sous-gouverneur et au comité de la compagnie de ia
baie d'Hudson, le mémoire du courerneur el du conseil d'Assiniboine, expose: PLAISE À Vos ITONNEURS :
onstitués comme nous le sommes nen seulement en corps législatif, mais en tribu- É dune « î x 7 de s'ident vos autres territoires, nous sentons que nous sommes profondément et rigoureusement engagés par nos devoirs envers ceux qui nous ont conféré l'automié dont nous sommes investis et envers ceux sur lesquels nous l’exercons, de prier Vos Honneurs d'adopter les mesures que vous jugerez propres à assurer à cette région la continuation d’une protection militaire,
Nous croyons que la disparition complète d’une garnison à la rivière Rouge serait grandement préjudiciable à tous les points de vue aussi bien aux droits de honorable compagnie qu'au bien-être de la grande majorité de nos concitoyens.
Comme la moitié au moins de la population male la plus courageuse s'éloigne chaque été de l'établissement pour le transport des marchandises ou pour faire la chasse, la colonie se trouvera durant la saison la plus favorable aux mouvements des sauvages, à la merci des tribus les plus audacieuses sur ce continent et elle devra dans ces circonstances compter plutôt sur la crainte de ces dernières pour sa sécurité que sur ses propres moyens de défense,
De plus. si une guerre éelatait soudainement entre ln Grande-Bretagne et les Etats-Unis où même s'il surgissait des motifs imprévus d'animosité entre ces deux pays, cet établissement séparé du Canada par une route interceptée par l'eau et des rochers, et de Saint-Pierre par une région munie de riches pâturages, pourrait devenir une proie facile, sans © mpter les désastres que pourrait causer une troupe d'ennemis montés composée de soldats où de maraudeurs, si peu considérable que serait cette dernière.
En dernier lieu, il doit être tenu compte que parmi une population concentrée et éloignée qui comprend plus de éinq mille âmes, dont plusieurs ne sont pas habitués aux exigences de la vie sociale et dont la plupart d'entre eux attirés par les attraits mêmes de la nature sont peu enclins à supporter cet esprit de dépendance qui constitue le vrai fondement d'une société, si l'application de la loi est abandonnée à l'autorité locale, celle-ei ne peut être effectuée que par la contrainte seulement. Bien que tout danger pour les individus puisse être lointain et imaginaire, néanmoins l’idée que la partie la plus importante de la population entretiendrait à l'égard d'une situation aussi menaçarte serait sûreme at fatale à la prospérité de l'établissement et au progrès de la civilisation.
[est vrai qu'il ne S'est produit aucune des ealamités qu'il y avait lieu de craindre antérieurement à l'installation d'une garnison. mais il est raisonnable de croire que la crainte de voir apparaître tôt ou tard un garnison chargée de châtier les méfaits. a contribué plus où moins à mettre cette région à l'abri du danger. Mais à l'heure présente, une telle mesure, que nous ne pourrions nous empécher de déplorer tout en nous Y soumettant avec respect et obéissance, non seulement donnerait lieu à une réaction naturelle qui aggraverait tous les maux, mais elle serait considérée comme une renonéiation müûrie et définitive à tout espoir de pouvoir compter sur une protection du dehors.
En terminant, permettez-nous de vous faire part que nous nous en rapportons avee
confianee à votre esprit de justice, de sagesse et d'humanité pour la protection des inté-
rêts de Fhonorable compagnie et de l'établissement de la rivière Rouge comme pour celle de Ta cause commune de l'Angleterre et de la terre de Rupert et du progrès du commerce,
Nous avons l'honneur d'être.
Avec des sentiments de haute considération.
Vos fidèles et dévoués serviteurs.”
Attendu que Fimportation de iononre spi de graves inconvénients, il est
Résolu qu'à partir de ce jour, l'importation des spiritueux des Etats-Unis soit prohibée sous peine de confiscation.
224 ARCHIVES CANADIENNES Résolu que ce conseil s'ajourne.
ALEX. CHRISTIE, gouverneur d'Assiniboine, ADAM THOM,