‹ Le nord-ouest canadien: son évolution primitive et ses archives législatives: procès verbaux des Conseils de la Colonie de la Rivière Rouge et du Département du nord de la Terre de RupertChapitre 91 sur 177 · J. CROFTON · texte numérisé non relu

J. CROFTON

J. N. évêque de JULIOPOLIS, J. MACALLUM,

JOHN PRITCHARD, ALEXANDER ROSS

JOHN BUNN,

ANDREW MCDERMOT,

J. P. PRUDEN, CUTHBERT GRANT.

Procès-verbaux d'une séance du conseil tenue à Fort Garry, le vingt-huitième jour de juin mil huit cent quarante-sept.

PRÉSENTS

Alexander Christie, gouverneur d’Assiniboine. Adam Thom,

Le major Grifiths,

J. N., évêque de Juliopolis, Le rév. Jobn Macallum, Jame Bird,

John Prichard,

Alexander Ross,

John Bunn,

Andrew MeDermot,

John P. Prudeu.

Le major Griffiths, après avoir présenté au conseil sa nomination de membre de celui-ci, faite par le gouverneur et le comité de la compagnie de la baie d'Hudson, prête ensuite le serment habituel et prend son siège.

Le président fait part au conseil que l'ex-commandant était sur le point de quitter l'établissement pour se rendre au Canada, d'où il devait s’embarquer pour l'Angleterre et communique ensuite au conseil la lettre dont la copie est reproduite ci-après :—

ForT-GaRRy SUPÉRIEUR, 27 juin 184%.

ALEx, CHRISTIE, Esq., Gouverneur de la rivière Rouge, Fort-Garry.

Moxsieur, Comme ma charge de membre du conseil municipal d’Assiniboine a Pris fin à l’arrivée de mon successeur auquel a été confié le commandement des troupes ‘ de Sa Majesté dans le territoire de la compagnie de la baie d’Efudson, j'ai l'honneur de vous prier d'accepter pour vous-même comme gouverneur de la colonie de la rivière Rouge et président du conseil, l'expression de ma profonde gratitude pour les âctes innombrables de bonté dont nous avons été, les troupes et moi-même, l’objet de Votre part, et soyez persuadé que j'en conserverai longtemps le souvenir.

Je vous prie de transmettre mes meilleurs respects à chaque membre du conseil ävec les vœux sincères que je fais pour leur bien-être collectivement et individuellement et de leur faire part aussi du regret que je ressens de ne pouvoir leur faire mes adieux en personne.

Veuillez croire que je suis profondément touché des égards dont j'ai été l’objet dns cette colonie comme commandant des troupes et autrement et qu’en retour je ne

manquerai pas dans mes ferventes prières de demander pour vous, pour le conseil et toute la colonie, la santé, la richesse, le bonheur et la paix.

J’ai lhonneur d’être, monsieur,

Votre très humble et obéissant serviteur,

(Signé) J. CROFTON, Lieut.-colonel du Ge rég. d'infanterie, Ex-comm. des trouyes du territoire de la Cie de la B. d'H.

Le conseil adopte la résolution suivante à l'unanimité:

1. Résolu que nous nous faisons un devoir de reconnaîtie par ces présentes la courtoisie et l’habileté dont le major Crofton a fait preuve comme membre de ce conseil ainsi que la fermeté et le tact qu’il a su déployer en établissant une garnison pour la première fois dans cette partie éloignée de l'empire. Et nous sommes en même temps heureux de lui souhaiter la prospérité et l'avancement que mériteut ses qualités morales et intellectuelles.

Et attendu que la population eu général a contribué largement par sa libéralité et son dévouement, à la fondation d’une bibliothèque publique, il est résolu par un vote de 6 membres contre 4--

2. Que le dévouement et la libéralité dont la population a fait preuve en cette circonstance justifient le conseil de venir en aide à cette institution et que par conséquent il est accordé par ces présentes un octroi de cinquante louis pour l’achat de livres en Angleterre.

M. Pritchard, secrétaire dun comité d'économie, présente un rapport dont copie est reproduite ci-après, savoir:

Rivière Rouge, 31 mai 1847.

Au gouverneur et au conseil de la terre de Rupert,

Le rapport ci-après du comité d'économie expose respectueusement ce qui suit:

Le comité d’écouomie a recu d'Angleterre et distribué en partie, les teintures généralement employées par les colons. Il a aussi fait transporter à York le mcdèle d’un moulin à foulon ainsi que la ferrure requise jour sa construction. Il s'est auvsi renseigné quant au prix d’une petite machine à carder.

Votre comité a écrit à un ami du gouverneur Christie, qui réside en Ecosse, pour s’informer du prix d’une petite machine à carder, à quelles conditions on peut se procurer une personne Capable de teindre et d’apprêter des étoffes, des ustensiles dont elle aurait besoin et des ingrédients requis pour les couleurs bleue, noire et rouge.

Votre comité tient à exprimer sa reconnaissance à Sa Grandeur l'évêque de Juliopolis qui a fait venir du C'anada le modèle d'une machine à carder d’une construction facile,

Votre comité a distribué une prime de deux louis pour le meilleur échantillon d'étoffe et une autre prime d’un louis pour la plus grande quantité filée et tissée dans la même maison. Il a aussi distribué des primes de 30/, 20/ et 10/ aux personnes qui ont produit des fils de première, deuxième et troisième qualités. Il a également accordé les mêmes primes au mois de février dernier et comme il a été constaté alors une amélioration marquée à l'égard des échantillons d'étoffe et de fil exposés, le comité a jugé à propos d'annoncer les primes ci-dessous pour l’année suivante:

1. Une prime de £3 au producteur de la meilleure étoffe fabriquée dans l’établissement.

2. Une prime de £3 au producteur de l'étoffe la plus propice au climat quant à la chaleur et à la durée.

3. Une prime de £5 au producteur de la plus grande quantité filée et tissée dans la même famille.

4. Une prime de £2 au producteur du meilleur échantillon de camelot, d’étoffe ou de tartan.

Une prime de £3 au producteur de la meilleure qualité de flanelle. Une prime de £2 au producteur de la seconde qualité de flanelle. Une prime de £2 au producteur du meilleur fl pour tissu.

Une prime de £2 au producteur du meilleur fl pour la chaîne. Des primes de £1.10/, £1 et 10/ pour les fils de 4e, 5e et 6e qualités.

10e. Pour encourager la production du fromage de qualité supérieure, le comité a résolu d'accorder une prime de £5 à la personne qui produira la plus grande quantité de fromage de meilleure qualité, les échantillons devant être présentés le dernier mardi du mois prochain.

Votre comité a offert une prime de £10 à la personne qui érigera le premier moulin propre à écaler l’orge et l'avoine, pourvu que son droit de mouture soit approuvé par le comité d'économie pour la première année. Nous nous sommes peut-être écartés à cet égard de la lettre précise de nos instructions, mais nous espérons que l'utilité et les avantages d’un tel moulin vous induiront à approuver notre manière d'agir.

La mauvaise qualité du grain de l’établissement à l’heure présente, étant préjudiciable au progrès de l’agriculture, votre comité a jugé À propos de demander à M. Christie de faire expédier d'Angleterre où d’un autre endroit, cent minots de blé de la mer Noire et de garantir à ce dernier la somme de cent louis pour payer les dépenses requises à cette fin.

Les dépenses totales du comité sont de £98.5, mais il peut être déduit de cette somme un montant de £25 environ pour des teintures qui ne sont pas encore vendues.

En terminant, votre comité désire exprimer toute sa gratitude au gouverneur Christie qui, en tout temps, a facilité par ses conseils et son empressement, la tâche pour laquelle il a été nommé.

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J’ai l'honneur d’être, messieurs, Avec la plus respectueuse considération,

Votre très humble et obéissant serviteur,

(Signé) JNO. PRITCHARD, Secrétaire.

Et le conseil, fermement convaincu que le comité s’est acquitté de ses travaux avec intelligence et dévouement, adopte le rapport ci-dessus à l’unanimité. Attendu que le départ de'George Marcus Cary de l’établissement, a créé une Yacance dans le comité d'économie, il est Résolu qu'Adam Thom soit nommé membre du comité d'économie. Attendu qu’il existe aussi une vacance dans le comité des travaux, il est— Résolu qu'Adam Thom soit nommé membre du comité des travaux et que celuici se compose de— John-P. Pruden, président.

Adam Thom, Alex. Ross.

Attendu que la pratique actuelle a donné lieu à des inconvénients, il est— Résolu qu'aucune motion ne soit considérée désormais par le conseil, à moins que son auteur n’en ait donné au préalable un avis à chaque membre du conseil, sept Jours avant la séance.

L Ce prix fut gagné par Jorn Gunn. Voir rapport de l'évêque de Juliopolis, président du Comité d'économie, 26 octobre 1847. Document n° 23 de la collection trouvée dans la bibliothèque Provinciale du Manitoba.

Résolu que le conseil s’ajourne.

ALEX. CHRISTIE, gouv. d’Assiniboine, ADAM THOM,

J. GRIFFITES,

J. N., évêque de JULIOPOLIS, JOHN MACALLUM,

JAMES BIRD

JOHN PRITCHARD, ALEXANDER ROSS

JOHN BUNN,

ANDREW MCDERMOT,

J. P. PRUDEN.

Procès-verbaux d'une séance du conseil d'Assiniboine, tenue à Fort Garry, le 18e jour de novembre 1847.

PRÉSENTS

Alexander Christie, gouv. d’Assiniboine, président; Adam Thom,

Le major Griffiths, L’évêque de Juliopolis, Le rév. Wm. Cochtan, Le rév. John Macallum, James Bird,

John Pritchard, Alexander Ross,

John Bunn,

John-Peter Pruden, Cuthbert Grant,

Le président ayant fait part au conseil qu’il avait convoqué cette séance pour 5e conformer à la demande de plusieurs membres du conseil désireux d’avoir une occasion d’exprimer leurs sentiments à l’égard du rappel de la garnison actuelle de la rivière Rouge, les résolutions suivantes sont adoptées à l’unanimité :—

Attendu que jusqu’à ce que ce conseil soit informé du contraire il est forcé à regret de croire que la garnison actuelle de la rivière Rouge ne doit pas être remplacée par une force armée d’aueune sorte il est à l’unanimité—

Résolu que le mémoire ci-joint soit transmis en toute hâte à ceux qui sont directement investis de l’autorité sur la terre de Rupert:

“Aux honorables gouverneur, sous-gouverneur et au comité de la compagnie de la baie d'Hudson, le mémoire du gouverneur et du conseil d'Assiniboine, expose:

Pzaise À Vos HonNNEURS:

Constitués comme nous le sommes non seulement en corps législatif, mais en tribunal judiciaire d’une colonie qui ne peut manquer de s'identifier avec les destinées de vos autres territoires, nous sentons que nous sommes profondément et rigoureusement engagés par nos devoirs envers ceux qui nous ont conféré l’autorité dont nous sommes investis et envers ceux sur lesquels nous l’exercons, de prier Vos Honneurs d'adopter les mesures que vous jugerez propres à assurer à cette région la continuation d’une protection militaire.

Nous eroyons que la disparition complète d’une garnison à la rivière Rouge serait grandement préjudiciable à tous les points de vue aussi bien aux droits de Phonorable compagnie qu’au bien-être de la grande majorité de nos concitoyens.

Comme la moitié au moins de la population mâle la plus courageuse s'éloigne chaque été de l'établissement pour le transport des marchandises ou pour faire la chasse, la colonie se trouvera durant la saison la plus favorable aux mouvements des sauvages, à la merci des tribus les plus audacieuses sur ce continent et elle devra dans ces circonstances compter plutôt sur la crainte de ces dernières pour sa sécurité que sur ses propres moyens de défense.

De plus, si une guerre éclatait soudainement entre la Grande-Bretagne et les Etats-Unis ou même s’il surgissait des motifs imprévus d’animosité entre ces deux pays, cet établissement séparé du Canada par une route interceptée par l’eau et des rochers, et de Saint-Pierre par une région munie de riches pâturages, pourrait devenir une proie facile, sans compter les désastres que pourrait causer une troupe d’ennemis montés composée de soldats ou de maraudeurs, si peu considérable que serait cette dernière.

En dernier lieu, il doit être tenu compte que parmi une population concentrée et éloignée qui comprend plus de cinq mille âmes, dont plusieurs ne sont pas habitués aux exigences de la vie sociale et dont la plupart d’entre eux attirés par les attraits mêmes de la nature sont peu enclins à supporter cet esprit de dépendance qui constitue le vrai fondement d’une société, si l’application de la loi est abandonnée à l’autorité locale, celle-ci ne peut être effectuée que par la contrainte seulement. Bien que tout danger pour les individus puisse être lointain et imaginaire, néanmoins l’idée que la partie la plus importante de la population entretiendrait à l'égard d’une situation aussi menaçante serait sûrement fatale à la prospérité de l’établissement et au progrès de la eivilisation.

Il est vrai qu’il ne s’est produit aucune des calamités qu'il y avait lieu de craindre antérieurement à l'installation d'une garnison. mais il est raisonnable de croire que la crainte de voir apparaître tôt ou tard un garnison chargée de châtier les méfaits, a contribué plus ou moins à mettre cette région à l’abri du danger. Mais à l'heure présente, une telle mesure, que nous ne pourrions nous empêcher de déplorer tout en nous y soumettant avec respect et obéissance, non seulement donnerait lieu à une réaction naturelle qui aggraverait tous les maux, mais elle serait considérée comme une renonciation mûrie et définitive à tout espoir de pouvoir compter sur une protection du dehors.

En terminant, permettez-nous de vous faire part que nous nous en rapportons avec confiance à votre esprit de justice, de sagesse et d'humanité pour la protection des intérêéts de l’honorable compagnie et de l'établissement de la rivière Rouge comme pour celle de la cause commune de l'Angleterre et de la terre de Rupert et du progrès du commerce.

Nous avons l’honneur d’être, Avec des sentiments de haute considération,

Vos fidèles et dévoués serviteurs.”

Attendu que l'importation de liqueurs spiritueuses des Etats-Unis a donné lieu à de graves inconvénients, il est

Résolu qu’à partir de ce jour, l'importation des spiritueux des Etats-Unis soit brohibée sous peine de confiscation.

Résolu que ce conseil s’ajourne.

ALEX. CHRISTIE, gouverneur d’Assiniboine.

ADAM THOM

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