‹ Le nouveau Don Juan (volume 2)Chapitre 10 sur 37 · XXXVIII PRÉFACE DU NOUVEAU DON JUAN · texte numérisé non relu

XXXVIII PRÉFACE DU NOUVEAU DON JUAN

se sent aimé n est point jaloux. L'indépendance actuelle des mœurs tend déplus enplus à effacer la jalousie. Il n'est pa^ d'homme sachant voir l'humanité d'un peu haut qui ne combatte en lui cet instinct d'ordre inférieur. Don Juan, en particulier, ignore absolument la jalousie. De qui ou de quoi serait jaloux, en effet, ce maître sans rival des cœurs de femmes? Au fond, observera- t-on, votre Don Juan n'aime pas. Il aime parfaitement, au contraire, et saris banalité. Mais, commettant l'erreur de chercher l'infini dans l'amour terrestre, il s'y dérobe aussitôt qu'il se heurte à des réalités trop basses, impossibles à accorder avec son idéal.

L'adultère est laprincipale source objective de la jalousie. Dumoins, dans les romans, nesépare-t-on jamais les deux questions : l'une défait, l'autre de sentiment. Le progrès vers l'égalité des sexes devant les mœurs, sinon encore devant la loi, a considérablement réduit l'intérêt qu'offrait autre- . fois ce genre d'étude. Le jour où la femme sera devenue vraiment libre d'aimer tel homme qui lui plaît et d'abandonner, pour cela, tel autre qui aura cessé de lui plaire, l'adultère n'existera plus. L'éternelle question de la trahison de la femme en amour, examinée par les moralistes et les légistes au seul profit de V homme, sera devenue insipide. C'est en prévision de cette réforme des mœurs, d'après laquelle la femme sera, dès avant

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