SCÈNE III
COSTARD, BOBETTE. LABOSSE, LE COMMISSAIRE, M. GAMBE. puis ROSA
costard, regardant le commissaire et poussant un cri.
C'est vous! (A Bobette.) Chatte, c'est lui!
BOBETTE
Qui ça. lui?
COSTARD
C'est le même commissaire! {Apercevant Gambe.) Avec ce Gambe, ce bon Gambe! Non! Et beaupapa! le père de c't'enfant! C'est complet!
bobette, à Labosse.
Eh bien, m'sieu, je ne vous fais pas mes compliments. Depuis que je vous ai vu chez Baratte.
LABOSSE
Mademoiselle...
COSTARD
Elle a un peu raison. Qu'est-ce que vous venez nous embêter ici?
LABOSSE
Je remplace ma fille.
BOBETTE
En ce cas, vous vous êtes trompé de porte. Allez chez le jeune Buranty.
LE COMMISSAIRE
Il ne s'agit pas de tout ça. (A M. Labosse.) Reconnaissez-vous monsieur (Il montre Costard.) pour votre gendre?
LABOSSE
Sûr ! que je le reconnais.
le commissaire, à Costard.
Et vous, monsieur, reconnaissez-vous monsieur (// montre M. Labosse.) pour votre beau-père ?
COSTARD
N'y en a pas deux comme lui, le père de cette enfant. Oui, je le reconnais,.
LE COMMISSAIRE
Ça suffit. Je vais dresser procès-verbal. (// a Vair de chercher quelque chose.)
costaud, au commissaire .
Oh ! je sais comment ça se passe. Vous voulez une plume et de l'encre, n'est-ce pas ? On va vous procurer vos ustensiles. {Appelant Rosa. La domestique paraît.) Rosa, monsieur est le commissaire de police, et l'autre monsieur est mon beaupère •; tous les trois sont des amis. Soyez polie pour eux, ma fille.
BOBETTE
Plus que pour nous, si c'est possible. Conduisez-les au petit salon, et donnez-leur de quoi écrire.
costard, s'adressanj à l'agent.
Vous, Gambe (Et à M. Labosse.), et vous, beaupapa, vous serez bien gentils d'accompagner par là monsieur de la Loi, pendant que cette jeune dame (// désigne Bobette.), qui repose, va se lever et réparer un peu, comme on dit, le désordre de sa toilette. Allez.
BOBETTE
Dans un instant nous vous rejoignons, et alors, [Se dressant sur son séant.) alors j'espère... Monsieur et moi nous espérons cpue vous voudrez bien, tous les trois, nous faire l'honneur et le plaisir d'accepter une tasse de thé.
COSTAUD
On dansera.
Vous oubliez que la circonstance...
COSTARD
Pas de simagrées.
BOBETTE, au commissaire.
Acceptez, monsieur, vous ne pouvez pas nous faire tous les affronts à la fois?
LE COMMISSAIRE
Eh bien, je ne dis pas... Nous verrons après.
BOBETTE
A la bonne heure! En attendant (Elle s'adresse à tous.), dérapez. [Au moment où ils sortent, le caniche Arcachon entre en bondissant.)
LE NOUVEAU JEU COSTARD et BOBETTE
! Kiss! Arcachon, mords-le.
LABOSSE
Paul, veux-tu retenir ta bête !
BOBETTE
Au fond, veux-tu que je te dise ? Ça ne s'est pas trop mal passé.
COSTARD
Mais il n'y a qu'à leur parler poliment, ils sont tout de suite très gentil-
BOBETTE
Et puis, ça vaut-il la peine de se frapper ? Hier, c'était ta femme, il se trouve que, ce matin, c'est moi. Chacun son tour. Embrasse-moi. (Il rembrasse.) A la bonne heure ! L'émotion ne te démonte pas, au moins ! Bravo !
COSTARD
Oh ! voilà comme je suis, moi, après les flagrants délits!
RIDEAU