‹ Le Nouveau Monde;Chapitre 107 sur 140 · SCENE VIII · texte numérisé non relu

SCENE VIII

Les Mêmes. VAUDREUIL

VAUDREUIL. entrant, une longue-vue à la main, à Stephen.

Commandant, que signifie ce qui se passe? Je vois, à travers la forêt, des troupes subitement apparues. Je distingue des masses profondes, des mouvements inexplicables !

STEPHEN, surpris.

L'armée a passé le fleuve ; nous sommes seuls ici : 1 ennemi est à vingt lieues... c'est impossible!

VAUDREUIL lui présentant la longue-vue.

Voyez vous-même, Stephen.

[Stephen jette dans l'ombre, sur un escabeau, le rouleau de papiers, prend vivement la lonaue-vue et. se précipitant sur le talus, observe le lointain en silence.)

Mistress ANDREWS, à elle-mênie.

Mon cœur, mon cœur funèbre, ne défaille pas !

VAUDREUIL, apercevant Ru th.

Ruth ! — Vous ! Enchaînée !

RUTH

Je m'appelle Lady Cecil !

VAUDREUIL. tressaillant.

O ciel! qu'entends-je. — Vous?... lady Cecil!... Mais que dites-vous là !

RUTH

La vérité.

VAUDREUIL, à part, douloureusement.

Ah ! Stephen ! (Haut :) — C'était donc là ce secret qu'au château de Swinmore, déjà...

{S' assombrissant :)

C'est là ce que Mary vous jura de me cacher?

RUTH

Je suis accusée d'intelligence avec l'ennemi. Je suis arrêtée et prisonnière.

VAUDREUIL, stupéfait et haussant les épaules.

Vous ! — Allons donc !

Mistress ANDREWS, froidement.

Sur l'ordre de Washington.

VAUDREUIL, avec une stupeur croissante, et la regardant.

Sur l'ordre de Washington.

STEPHEN. redescendant, sombre, à demi-voix.

C'est l'ennemi.

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