ACTE CINQUIÈME
Sir PICHARD CORNWALLIS, après un regard échangé avec les Officiers
Nous tiendrons, milord général, puisque vous le jugez convenable.
Sir ROBERT HARTLEY, se levant.
Il nous reste le fort William ; on s'y fera tuer.
Lord CECIL
Washington agit en désespéré, Messieurs. Il a rassemblé toutes ses ressources et canonne la ville espérant que nous prendrons la mer avant l'arrivée de notre escadre, qui éteindrait le feu de Dorchester en vingt minutes. La flotte sera peut-être en vue avant deux heures. D'ici là, le devoir est de résister jusqu'au dernier instant ! Un effort, et l'Angleterre, peut-être, est victorieuse.
Sir EDWARD CLINTON, se levant.
11 suffit.
Lord CECIL, regardant sa montre.
A sept heures et demie précises, si le retard des navires annoncés se prolonge, si la ville se lève contre nous, libre d'embarquer.
Sm RICHARD CORNWALLIS
Et vous, milord?
Lord CECIL, lentement et simplement.
Mon devoir est plus rigoureux. J'ai demandé ce poste, j'y commande : je ne saurais l'abandonner. A huit heures, levez l'ancre. Vous présenterez mes adieux au roi d'Angleterre et lui direz que. si les chances de la guerre ne m ont pas été favorables, j'ai rempli, du moins, jusqu'à la fin, le mandat qu'il m'avait confié. Vous saluerez mon frère Jermyn du titre de lord Cecil. — Adieu, messieurs : vos mains.
Sir RICHARD CORNWALLIS, après avoir consulté ses collègues.
Nous resterons près de vous, général.
Lord CECIL
Non. — Il reste un devoir à remplir, en effet ; le salut des dernières troupes anglaises. Je vous lègue ce devoir.
Sre ROBERT HARTLEY, insistant.
Cependant...
Lord CECIL
C'est Tordre du jour. Messieurs.
Sir RICHARD CORNWALLIS, Sir EDWARD CLINTON. Sir ROBERT HARTLEY
Milord comte Cecil, recevez nos adieux.
{Ils lui serrent la main. puis, l'ayant salué, sortent par /<• fond de la scène.}