‹ Le Nouveau Monde;Chapitre 138 sur 140 · AVIS AU LECTEUR · texte numérisé non relu

AVIS AU LECTEUR

Le Programme du Concours dictait aux littérateurs dramatiques, entre autres obligations, celle d'écrire l'ouvrage en mémoire, surtout, du 4 juillet 1776.

La présence du marquis de La Fayette en Amérique datant seulement de l'année suivante où commença la grande guerre terminée, comme on le sait, quelques années plus tard avec le maréchal de Rochambeau devant York- Town), il ne m'a pas été permis d'essayer, à mon tour, de retracer quelques lignes de cette haute et généreuse figure.

Tout développement historique se trouvait circonscrit par les termes précis du Programme, auquel tous les concurrents devaient se soumettre. On demandait un drame intime où l'événement même du 4 juillet 1876 ne devait que se surajouter.

En sorte que j'ai dû renoncer également à mettre en scène le Passage de la Delaware. par exemple. On voit à Boston le tableau qui représente ce fait héroïque. Sur un signe muet de Washington, quatre-vingts soldats, dont la barque sombrait au milieu des glaces du fleuve, se laissent engloutir, par une très rude nuit d'hiver, sans jeter un seul cri, de peur de donner l'alarme aux sentinelles du camp anglais que l'armée américaine allait surprendre sur l'autre rive. — Montmouth, White-Plains, York-Town et les épisodes de 1 intervention française se trouvaient exclus du cadre donné. Les caractères de Washington et de Franklin ne pouvaient être posés qu'à

l'état d'esquisses. Il était question de susceptibilités, de ménagements à garder entre deux nations...

Comme j acceptai de concourir, malgré ces restrictions vaines, je dus me contenter d'une indication à grands traits, d'un drame symbolique où chacun, selon l'intelligence qu il voudra dépenser dans sa lecture, pourra trouver quelques profondeurs.

Quant au style, je dirai que la grandeur du sujet nécessitait le ton que j'ai pris et qu il est facile de critiquer.

Passons au drame.

La conduite du maréchal de Vaudreuil pendant la révolution de 1789 m ayant paru tout à l'ait exemplaire, je n'ai pas hésité à confier à quelqu'un de son nom le soin de représenter un Français de ce temps.

Les noms des généraux Howe, Clinton et Cornwallis, qui, malgré le sort des armes, ont laissé de nobles souvenirs militaires, ne mont point semblé devoir être omis. Je m'explique. L'embarquement de Howe, lors de l'attaque des ouvrages de Bunker-Hill, n'étant qu'un fait analogue à celui, par exemple, de la destruction de la statue du roi George III, je ne devais m'en préoccuper, dans une œuvre d'art, qu'en tant que trait accessoire : libre à moi d en disposer, de l'adapter à l'ensemble de mon œuvre, non selon la seule exactitude historique, mais pour le mieux de limpression générale que je désirais laisser. Toutefois, quant à ces soldats, voulant rendre hommage à leur mémoire en les nommant, j'ai supposé que des officiers de leur parenté faisaient partie de l'état-major anglais.

Le personnage de lord Raleigh Cecil a dû être modifié pour l'intérêt et la possibilité du drame. Lord Cecil est une personnalité considérable de cette époque ; j'ai donc, sous un voile de circonstances, à peu près toutes imaginaires, incarné en lui le principe du Royalisme, comme j'ai incarné en Stephen Ashwell le principe de la Liberté.

Lord Cecil remplace donc et résume, en ce drame, lord Percy, le général Howe, d autres encore. Il est le souverain d'or frappé à 1 effigie du roi d'Angleterre.

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