‹ Le Nouveau Monde;Chapitre 24 sur 140 · SCÈNE X · texte numérisé non relu

SCÈNE X

RUTH, seule.

Se venger?... (Se levant.) Mais, c'est le tuer, qu'il veut dire ! Oh ! il le fera !... Quoi ! j'ai déjà ravi à Stephen le prix de sa tendresse fidèle, — là-bas, dans notre Irlande, si par quelque soir de retour et de joie il m'appelait sur le seuil ancien, les serviteurs lui diraient, en indiquant la route de ce manoir: « — C'est là, maintenant, Ashwell, que demeure celle qui fut ta fiancée ! Elle s'appelle, aujourd'hui, Lady Cecil ! Passe ton chemin : tu es oublié. » — Et ce n'est pas tout : voici que je deviens pour lui la cause de quelque mort inconnue, terrible ! ,,,., .

(Silence.)

Ma conscience est troublée ici, je l'avoue. Le devoir d'épouse, dont je suis à demi dégagée, ne peut pas exiger que je laisse assassiner un innocent ! — Que faire? Ah ! le sauver. — Mais comment? mon Dieu ! que faire ? Par qui l'avertir? Comment veiller sur lui? A qui me confier? Comment oser parler, maintenant, ici, au dernier de mes serviteurs ? Ah ! c'est affreux ! (Silence.) Non ! Stephen ne mourra point par moi, pour moi ! Non, non! cela, c'est impossible. Et sous le coup de cette indigne menace, je ne sais, vraiment, jusqu'à quel point Rulh Moore, l'injure au front, peut désormais demeurer sans déshonneur, sans lâcheté, sous le toit de lord Cecil.

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