SCENE III
MOSCONE, Mistress ANDREWS
MOSCONE Me voici, mistress Andrews.
Mistress ANDREWS
Bien. (Plus bas.) As tu jamais vu l'homme qu'on appelle George Washington ?
MOSCONE
L'ancien arpenteur de lord Fairfax ? Oui, mistress. Il est marié : il demeure là-bas, à Mont-Vernon.
On dirait que tu crains de m'approcher, Moscone.
MOSCONE, se grattant l'oreille et se rapprochant un peu.
C'est que, voyez-vous, mistress Andrews, depuis le plongeon que nous avons été obligés d'exécuter, l'excellent Bob et moi, je me méfie des aventures.
Mistress ANDREWS
Veux-tu revoir l'Italie ?
MOSCONE, rêveur.
Momentino. Si j'étais riche... très riche...
Mistress ANDREWS, à son oreille.
Un mot. Ce n'est plus, seulement, de ma fortune que je dispose, mais de celle de lord Cecil.
MOSCONE, à paît.
Bob désire revoir Londres, je jouerai donc sa tète. Haut. Mistress, je suis tout à vous, moi et les miens : mais il faut que vous ayez du sang de volcan dans les veines, pour...
.Mistress ANDREWS, l'interrompant.
C'est que je suis la fleur d'une tige de feu, Moseone. — Ecoute : ce sir George Washington va venir à l'assemblée par ce chemin. (Tirant un pli de sa ceinture.) Tu lui remettras ceci et tu t'éloigneras. — Tu vois, ce n'est guère difficile.
MOSCONE, prenant la lettre.
Et ensuite? C'est l'ensuite qui est le sérieux, avec vous.
Mistress ANDREWS, lui glissant une bourse dans la main.
Tu viendras me rejoindre ici, à l'assemblée. Tu vois: je suis généreuse pour peu de chose.
Voilà tout?
Voilà tout.
MOSCONE. hésitant.
Mistress ANDREWS
MOSCONE. soupçonneux et inquiet.
Cela vous intéresse donc, mistress, la discussion des Yankees?
Mistress ANDREWS, fronçant les sourcils.
Si tu aimes les guinées, ne me questionne jamais.
MOSCONE
Oli ! vous pouvez doubler les nœuds de ce bàillon-là sans que je m'en plaigne. — Tenez, mistress, je crois qu'il sera bon de m'éloigner très vite une fois ce pli remis en mains, n'est-ce pas?