ACTE QUATRIEME
Mistress ANDREWS
Ah! je me souviens ! — On m'a parlé d'une histoire... Miss Ruth ne lui a-t-elle pas sauvé la vie ?
MARY
Oui, mistress Andrews. Une fois, au crépuscule, dans la clairière, à Mont-Vernon, Dahu s'était endormie dans les feuilles. Une grande freusée, le vampire, était venue battre de l'aile sur son sommeil. Oh ! elle était perdue ! Ce soir-là, justement, Ruth passa auprès d'elle, en rentrant. Elle aperçut Dahu étendue sous la hideuse bête, et elle abattit le monstre d un coup de pistolet. — Ruth connaissait déjà Dahu; mais, depuis, Dahu lui a voué toute sa sauvage tendresse. Elle est peu parleuse. Elle paraît et disparait : — elle a suivi l'armée à travers les bois.
Mistress ANDREWS, pensive, à elle-même.
Oui. ces sauvages n'oublient pas !
VAUDREUIL, à la fenêtre.
Elle passe à travers le camp.
STEPHEN, de même.
La voilà qui saute à cheval et s'enfuit.
[Descendant.)
Si nous allions retrouver miss Ruth ? Elle est faible ; il serait bon de l'accompagner.
VAUDREUIL Certes ! Tu as raison.
STEPHEN. avec une préoccupation inquiète.
Puis... Ah ! je crains pour elle, ce soir, je ne sais quel danger ! (Mistress Andrews tressaille.) Allons, viens, Henri ; venez, Mary! marchons vite.
MARY
Et vous, mistress Andrews ? Voyez ! par ce beau clair de lune?
Mistress ANDREWS, montrant son litige, froidement.
Moi. je reste ; à cause des blessés.
[Vaudreuil, Stephen et Mary sortent par la porte du milieu.)